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Vers la sionisation intégrale du christianisme ?

Urgence du révisionnisme biblique

Tucker Carlson a déclaré la guerre aux chrétiens sionistes qui répètent bêtement que la Bible leur commande de soutenir Israël (un des pasteurs invités à Jérusalem ce mois-ci a même déclaré qu’Israël est la preuve de l’existence de Dieu). Carlson qualifie l’idée selon laquelle « Dieu préfère certaines personnes en fonction de son ADN » de « plus ancienne hérésie chrétienne », car « le fondement même du christianisme est que cela n’est plus vrai » (it’s no longer true). Dire cela, c’est implicitement reconnaître que « cela était vrai autrefois ». Sur ce point, chrétiens sionistes et chrétiens antisionistes sont d’accord. L’histoire d’Israël écrite par Israël dans l’Ancien Testament dit que Dieu a choisi la lignée de Jacob. On parle bien d’ADN choisi par Dieu. Cela ne fait pas débat.

 

C’est là tout le dilemme du christianisme. Et c’est la principale raison pour laquelle je ne me considère plus comme chrétien. Je rejette absolument de croire que les Juifs (Judéens, Israélites, Hébreux, peu m’importe) ont été choisi par Dieu, hier, aujourd’hui ou demain. L’État d’Israël actuel, cette organisation mafieuse, terroriste et génocidaire, se sert de son histoire biblique pour justifier non seulement son existence, mais son mépris du droit international. Il est urgent de remettre en question cette histoire qui fait des Juifs les chéris de Dieu et les éternelles victimes du reste du monde : appelons cela le révisionnisme biblique.

On m’objecte qu’il ne faut pas saper les fondements du christianisme. Mais du révisionnisme biblique ou du christianisme, lequel est le plus nécessaire au salut du monde ? Ma réponse est que le révisionnisme biblique est infiniment plus important : l’Occident peut survivre sans le christianisme, mais il ne pourra pas survivre sans le révisionnisme biblique. Pourquoi ? Parce qu’Israël est un monstre qui ne pourra être vaincu que si l’on s’attaque à la source ultime de son pouvoir : son narratif biblique. Le christianisme soutient ce narratif biblique. Le christianisme fait donc partie du problème et non de la solution.

Voilà la logique qui motive mon travail de réflexion et d’écriture sur ce sujet, entamé avec mon livre Du yahvisme au sionisme, toujours disponible chez Kontre Kulture. En complément, je m’efforce de montrer pourquoi l’Occident n’a pas besoin du christianisme, et ferait mieux de revenir aux sources helléno-romaines de son génie, comme il l’a fait à la Renaissance (mon article « Le génie helléno-romain de la Renaissance »). Il y a dans cet héritage tout ce dont nous avons besoin comme ressources spirituelles et outillage religieux.

Qui rend témoignage à qui ?

Tandis que, sous Théodose Ier et ses fils, le christianisme devenait la religion officielle et obligatoire de l’Empire romain, et que tous les cultes traditionnels étaient interdits, les temples expropriés ou détruits, une seule religion non chrétienne restait légale : le judaïsme, soit la religion tenue pour responsable de la mort du Christ. Étrange situation ! Augustin la justifiait par sa « théorie du peuple témoin » :

Les Juifs qui l’ont tué et qui ont refusé de croire en lui [...] ont été dispersés dans le monde entier [...] et ainsi, par le témoignage de leurs propres Écritures, ils témoignent pour nous que nous n’avons pas inventé les prophéties concernant le Christ [...] Il s’ensuit que lorsque les Juifs ne croient pas en nos Écritures, leurs propres Écritures s’accomplissent en eux, alors qu’ils les lisent les yeux fermés. [...] C’est afin de rendre ce témoignage qui, malgré eux, nous est fourni par leur possession et leur conservation de ces livres, qu’ils sont eux-mêmes dispersés parmi toutes les nations, partout où l’Église chrétienne se répand. (La Cité de Dieu xviii, 46)

Comme Caïn qui a assassiné son frère Abel, dit encore Augustin, les Juifs sont sous la protection de Dieu, qui promet une vengeance septuple à leurs meurtriers. Ainsi, jusqu’à la fin des temps, « la préservation continue des Juifs sera une preuve pour les chrétiens croyants de la soumission méritée par ceux qui, dans l’orgueil de leur royaume, ont mis le Seigneur à mort » (xii,12) [1].

La « théorie du témoignage » d’Augustin est alambiquée. L’argument selon lequel les Écritures juives témoignent de la vérité du christianisme est discutable mais compréhensible. Mais en quoi la persistance du peuple juif rend-elle témoignage de la vérité chrétienne, alors que le peuple juif rejette cette vérité sur la base de ses Écritures ? La disparition des Juifs en tant que nation ne serait-elle pas une meilleure preuve que Dieu a transféré sa providence vers le « Nouvel Israël » ?

Il faut savoir qu’Augustin a reçu une formation de sophiste. Ce qu’il fait ici, c’est obscurcir l’évidente réalité inverse : c’est le christianisme qui rend un témoignage en faveur de la prétention extravagante des Juifs d’avoir été choisis par Dieu comme instrument du salut du monde. Aucun Romain instruit n’avait jamais pris cette prétention au sérieux avant que le christianisme ne la cautionne. Que les Juifs, par leur simple existence, témoignent de la vérité du christianisme est une affirmation pour le moins contestable. En revanche, que les chrétiens témoignent de la vérité du judaïsme biblique est plus qu’incontestable : c’est une prémisse du christianisme, toutes confessions confondues. Christ signifie Messie et présuppose le rôle spécial d’Israël dans la dispensation divine. Ainsi, alors que les Juifs disent aux chrétiens qu’ils ont tort, les chrétiens disent aux Juifs qu’ils avaient raison.

L’ascension du pouvoir juif sous la chrétienté : démonstration

Le peuple juif a donc continué son existence en tant que nation dispersée dans tout le monde romain, au milieu de l’hostilité chrétienne mais sous la protection du gouvernement, dans un isolement relatif par rapport à la société chrétienne.

Sous ce régime, sa démographie a connu l’une des plus formidables croissances en Europe. Les lois interdisant aux chrétiens d’épouser des Juifs ou même de manger à leur table (Concile d’Elvira au début du IVe siècle) ont renforcé l’identité et la cohésion juives, car l’endogamie et la pureté rituelle sont les commandements les plus importants de la Torah.

Réciproquement, l’hostilité des Juifs envers le Christ et le christianisme s’est inscrite dans le judaïsme rabbinique. Le grand érudit juif Jacob Neusner va jusqu’à affirmer que « le judaïsme tel que nous le connaissons est né de la rencontre avec le christianisme triomphant » (« rencontre » est un euphémisme) [2].

L’antagonisme entre les deux seules religions légales au sein de la chrétienté est devenu une partie intégrante de l’une comme de l’autre, et constitue un principe structurant de la chrétienté durant toute son histoire. Remarquons bien que jusqu’à la Révolution française, le judaïsme avait droit de cité en Occident, mais pas l’islam.

Par conséquent, la chrétienté mérite pleinement d’être qualifiée de judéo-chrétienne dans le sens où le judaïsme et le christianisme étaient les deux seules religions légales et existaient dans une opposition dialectique nécessaire aux deux : les juifs étaient le « peuple témoin » pour les chrétiens, et les chrétiens le peuple témoin pour les Juifs, en plus d’être le nouveau visage d’Haman.

Le baptême forcé des Juifs était théoriquement interdit, bien qu’il ait eu lieu en temps de crise. Gratian de Bologne, dans son recueil de droit canonique compilé dans les années 1140 (le Decretum), cite une lettre du pape Grégoire le Grand (590-604) et un décret du quatrième concile de Tolède (633), confirmant que les Juifs ne devaient pas être convertis de force, mais seulement persuadés « par des moyens doux plutôt que par des moyens durs, de peur que l’adversité n’aliène l’esprit de ceux qu’un argument raisonnable aurait pu attirer » [3]. Contrairement à la christianisation forcée et massive des païens aux IVe et Ve siècles, la conversion des Juifs ne devait pas être forcée (en théorie tout au moins).

Contrairement aux hérétiques chrétiens, les Juifs n’ont jamais été pourchassés par l’Inquisition, ni torturés ou brûlés sur le bûcher, à moins d’être soupçonnés de « judaïser » après avoir reçu le baptême. Cela arrivait inévitablement, car les Juifs qui se convertissaient (généralement pour éviter l’exil forcé) devaient cesser d’être juifs, mais pas de lire leur Bible. Ils conservaient l’essentiel de leur judaïsme, tout en étant libérés de toutes les restrictions imposées à leurs frères non convertis. Tout naturellement, certains, comme l’évêque de Burgos Alonso Cartagena (1384-1456), fils du grand rabbin de la même ville, estimaient qu’un juif converti était un meilleur chrétien, car il ne s’était pas vraiment converti, mais avait plutôt approfondi sa foi juive [4]. À notre époque encore, si l’on prend comme exemple l’archevêque de Paris Jean-Marie Lustiger, on peut dire que la conversion d’un juif au christianisme était généralement une demi-conversion.

La sanctification chrétienne du Tanakh juif a découragé les Juifs de toute remise en question de leurs Écritures, et les a en fait empêché de se libérer de leur conditionnement mental. Tout Juif qui rejetait l’inspiration divine de la Torah était non seulement banni de sa communauté juive, mais ne trouvait aucun refuge parmi les chrétiens : c’est ce qui est arrivé à Baruch Spinoza et à beaucoup d’autres. Les chrétiens ont prié pour que les Juifs ouvrent leur cœur au Christ, mais ils n’ont rien fait pour les libérer de Yahveh.

Jean Chrysostome (vers 346-407), le théologien grec le plus influent de son époque, a proposé une explication ridiculement absurde du comportement sociopathique des Juifs :

Il n’y a rien de plus misérable que ces gens qui n’ont jamais manqué d’attaquer leur propre salut. Quand il fallait observer la Loi, ils la foulaient aux pieds. Maintenant que la Loi a cessé d’être contraignante, ils s’efforcent obstinément de l’observer. Qu’y a-t-il de plus pitoyable que ceux qui provoquent Dieu non seulement en transgressant la Loi, mais aussi en la respectant ? (Première homélie contre les Juifs ii, 3)

Quelle confusion ! D’un côté, on dit aux Juifs que leur Yahveh est le vrai Dieu et que leur Bible est sainte, mais de l’autre, on les critique pour des comportements qu’ils ont précisément appris de Yahveh et de la Bible. On les accuse de comploter pour dominer le monde, alors que c’est précisément la promesse que Yahveh leur a faite : « Yahveh ton Dieu t’élèvera au-dessus de toutes les nations du monde » (Deutéronome 28:1). Ils sont considérés comme méprisant les autres nationalités, mais c’est leur dieu qui leur a appris cela : « Toutes les nations sont comme rien devant lui, elles ne sont pour lui que néant et vide. » (Isaïe 40:17) On leur reproche leur matérialisme et leur cupidité, mais là encore, ils imitent Yahveh, qui ne rêve que de pillage : « Je secouerai toutes les nations, et les trésors de toutes les nations afflueront » (Aggée 2:7). Par-dessus tout, ils sont réprimandés pour leur séparatisme, bien que ce soit là l’essence même du message que Yahveh leur adresse : « Je vous distinguerai de tous les peuples, afin que vous soyez à moi. » (Lévitique 20:26)

En raison de la sanctification de l’Ancien Testament, les chrétiens considéraient les Juifs comme une race métaphysiquement supérieure et le judaïsme comme la religion originelle de Dieu. Avant Jésus, Dieu avait parlé aux Juifs et à eux seuls. Le dieu d’Israël est Dieu, les autres dieux sont des démons. Le christianisme accordait ainsi aux Juifs un pouvoir symbolique considérable. Le même Jean Chrysostome se plaignait que de nombreux chrétiens « se joignent aux Juifs pour célébrer leurs fêtes et observer leurs jeûnes » (Première homélie i,5).

N’est-il pas étrange que ceux qui vénèrent le Crucifié célèbrent des fêtes communes avec ceux qui l’ont crucifié ? N’est-ce pas un signe de folie et de la pire des démence ? [...] Car lorsqu’ils voient que vous, qui vénérez le Christ qu’ils ont crucifié, suivez avec révérence leurs rituels, comment peuvent-ils ne pas penser que les rites qu’ils ont accomplis sont les meilleurs et que nos cérémonies sont sans valeur ? (Première homélie v,1-7).

À la grande horreur de Chrysostome, certains chrétiens se font même circoncire. « Ne me dites pas, les avertit-il, que la circoncision n’est qu’un simple commandement ; c’est précisément ce commandement qui vous impose tout le joug de la Loi. » (Deuxième homélie ii,4)

Alors que les Romains avant Constantin se moquaient de la prétention délirante des Juifs à l’élection divine, le christianisme a appris aux Gentils à accepter cette prétention. Alors que les Romains avaient interdit la circoncision des nouveau-nés, la Chrétienté l’autorisa aux Juifs.

Le pouvoir symbolique accordé aux Juifs leur facilitait d’autres formes de pouvoir. Il y a eu des périodes où le lobby juif exerçait une grande influence culturelle, économique et même politique. Au milieu du IXe siècle, l’évêque de Lyon Agobard se plaignait à l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, que les Juifs produisaient « des ordonnances signées de votre nom et scellées d’un sceau d’or » leur garantissant des avantages scandaleux, et que les envoyés de l’empereur étaient « terribles envers les chrétiens et doux envers les Juifs » (Sur l’insolence des Juifs). Agobard se plaint même d’un édit impérial imposant le dimanche plutôt que le samedi comme jour de marché afin de plaire aux Juifs. Dans une autre lettre, il se plaint d’un édit interdisant à quiconque de baptiser les esclaves des Juifs sans la permission de leurs maîtres. Louis le Pieux aurait été sous l’influence de sa femme Judith, un nom qui se traduit par « Juive ». Elle était si amicale envers les Juifs que l’historien juif Heinrich Graetz émet l’hypothèse qu’elle était secrètement juive, à l’instar d’Esther dans la Bible. Les Juifs étaient si estimés que Bodo, un diacre franc à la cour de Louis le Pieux, se convertit au judaïsme [5].

Certes, au cours des siècles suivants, les Juifs furent expulsés d’un royaume chrétien après l’autre. Mais les expulsions juives ne contredisent pas l’influence juive. Au contraire, elles étaient liées comme un effet à sa cause. Chacune de ces expulsions était une réaction à une situation inconnue dans l’Antiquité préchrétienne : les communautés juives acquéraient un pouvoir économique démesuré, sous la protection d’une administration royale (les Juifs servaient de percepteurs d’impôts et de prêteurs aux rois en temps de guerre), jusqu’à ce que ce pouvoir économique, source de pouvoir politique et social, atteigne un point de saturation, provoque des pogroms et oblige le roi à prendre des mesures. Les Juifs d’Angleterre, par exemple, d’abord amenés comme administrateurs et usuriers par Guillaume de Normandie, étaient devenus très riches et influents au XIIe siècle, l’un d’entre eux en particulier, Aaron de Lincoln, étant « peut-être l’homme le plus riche d’Angleterre », jusqu’à ce que le roi Édouard Ier, ne parvenant pas à les forcer à renoncer à l’usure, les expulse en 1290 [6]. Les Juifs revinrent en force au XVIIe siècle, d’abord sous le nom de Marranes, lorsque, selon l’historien juif Cecil Roth, « le puritanisme représenta avant tout un retour à la Bible, ce qui favorisa automatiquement un état d’esprit plus favorable envers le peuple de l’Ancien Testament » [7].

Parce que cela est écrit sous leur nez dans leur livre saint, les chrétiens n’ont jamais pris conscience que le contrat mosaïque n’est rien d’autre qu’un programme de domination mondiale par la nation juive, présenté frauduleusement comme une licence divine pour voler et assassiner. La vulnérabilité des sociétés chrétiennes face au pouvoir juif est directement liée à cette cécité que leur inflige l’Église. En 1236, le pape Grégoire IX a publiquement condamné le Talmud comme « la cause première qui maintient les Juifs obstinés dans leur perfidie », comme nous le rappelle E. Michael Jones [8]. Le Talmud a donc été brûlé. Mais le Talmud n’est rien d’autre qu’une série de commentaires sur le Tanakh. De nombreux chrétiens continuent de blâmer le Talmud pour la misanthropie juive, alors que le Talmud n’a que très peu d’influence aujourd’hui en dehors des cercles orthodoxes juifs. D’ailleurs, le sionisme a été fondé sur le rejet du Talmud et le retour à la Bible. Les dirigeants israéliens, de Ben Gourion à Netanyahou, justifient explicitement leur mépris du droit international par la Bible, jamais par le Talmud. Je pense que c’est une erreur fatale et impardonnable de ne pas reconnaître que le Tanakh juif, l’Ancien Testament chrétien, est le manuel du comportement démoniaque d’Israël sur la scène internationale. Comme l’a écrit H. G. Wells, la Bible décrit « une conspiration contre le reste du monde ». Dans la Bible, « la conspiration est claire et nette, […] une conspiration agressive et vindicative. […] Ce n’est pas de la tolérance, mais de la stupidité que de fermer les yeux sur leur nature » [9].

Les sionistes chrétiens ont le vent en poupe

Dans « Le mythe d’un Occident "judéo-chrétien" : pourquoi cette étiquette ne tient pas la route », Lorenzo Maria Pacini affirme que le terme « judéo-chrétien » est une contradiction sur le plan théologique. Le christianisme, dit-il, « est basé sur la croyance que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu et le sauveur de l’humanité. Le judaïsme rejette explicitement Jésus en tant que Messie, le considère comme un faux prophète et, dans de nombreux textes rabbiniques, le dénigre sévèrement ». L’auteur passe à côté de l’essentiel : la notion même de messie est juive et présuppose qu’Israël est la nation élue de Dieu. Je comprends parfaitement qu’un chrétien rejette le terme « judéo-christianisme », car il veut insister sur ce qui distingue le christianisme du judaïsme. Mais du point de vue juif, le christianisme est une hérésie juive. Les chrétiens sont d’accord avec les juifs pour dire que Dieu s’est révélé uniquement à Abraham, Jacob et Moïse – alors que toutes les autres civilisations, y compris les Romains, adoraient le diable – et qu’il avait prévu d’envoyer le Messie en Israël. Le seul désaccord porte sur le Messie. Si Jésus-Christ, en plus d’être le Fils de Dieu, est le Messie d’Israël, alors véritablement, « le salut vient des Juifs » (Jean 4:22).

Ne vous méprenez pas : je ne soutiens pas l’idée que la civilisation occidentale est judéo-chrétienne, et encore moins que « tout a commencé au mont Sinaï », comme l’écrit Josh Hammer dans son grotesque ouvrage Israel and Civilization : The Fate of the Jewish Nation and the Destiny of the West. Au contraire, j’ai soutenu (ici et ici) que le véritable génie de notre civilisation dans les domaines de l’art, de la science et de la philosophie est hellénistique et romain, et qu’il s’est épanoui malgré le christianisme plutôt que grâce à lui. Je ne suis même pas disposé à attribuer les cathédrales au christianisme, car elles ont été construites par des guildes de « francs-maçons » dont la foi chrétienne n’a rien à voir avec leur art. Ce que je dis, c’est que, dans la mesure où nous sommes chrétiens, nous sommes judéo-chrétiens. Les seuls chrétiens qui n’étaient pas judéo-chrétiens étaient ceux qui rejetaient l’Ancien Testament, comme le manichéen Faustus qui qualifiait Augustin de demi-chrétien parce qu’il adorait le dieu juif (Augustin, Contra Faustus i,2).

Dire, comme je l’entends souvent, que le problème est que le christianisme a été infiltré par les juifs (par le calvinisme, les jésuites, la Bible de Scofield, Vatican II ou autre) est une tautologie : le christianisme est une infiltration juive de la civilisation romaine depuis le début. Les chrétiens antisionistes affirment que le sionisme chrétien est fondé sur la fausse doctrine du dispensationalisme, qui prétend que la promesse de Dieu à Israël est toujours valable. C’est en partie vrai (seulement en partie, car tous les chrétiens sionistes ne sont pas dispensationalistes). Mais voyons si cela est contraire au christianisme.

Dans son Épître aux Romains, certainement l’un des textes les plus influents du Nouveau Testament, Paul affirme que la promesse de Dieu à Israël est éternelle et que les Juifs « sont toujours bien-aimés à cause de leurs ancêtres. Il n’y a aucun changement de la part de Dieu concernant les dons qu’il a faits ou son choix » [« car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance », dans la traduction de la Bible de Jérusalem] (11, 28-29). Ce que Paul dit essentiellement aux païens, c’est que les Israélites sont toujours le peuple élu de Dieu. Le contrat est toujours valable. Les Juifs n’ont pas été désélectionnés. Dieu a dû faire un détour par les Gentils, mais à la fin, « tout leur sera rendu » (11, 12). « Une partie d’Israël s’est endurcie, jusqu’à ce que soit entrée la totalité des païens, et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit » (11, 25-26). Dans la célèbre métaphore de Paul sur la greffe, Israël est comme un bon olivier planté par Dieu, et les chrétiens païens sont comme des branches coupées d’oliviers sauvages (mauvais) et greffées sur Israël (11, 17). Paul avertit ensuite les païens convertis de ne pas se sentir supérieurs : « Ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte. » (11, 18) Les branches greffées peuvent être coupées si elles échouent, tandis qu’il sera facile pour « les branches naturelles » d’être « greffées sur leur propre olivier » (11,24).

Avant d’être chrétien (un nom qui n’existe pas encore), Paul est un Juif cosmopolite qui cherche un moyen pour que son peuple progresse vers sa destinée ultime à travers l’Empire romain plutôt que contre lui. Son état d’esprit est très similaire à celui de Flavius Josèphe qui, dans La Guerre des Juifs (vi, 5), réinterprète les prophéties messianiques juives comme faisant référence à Vespasien. Ce qui a poussé les Judéens à se révolter contre Rome, écrit-il, « c’était une prophétie ambiguë tirée de leurs Écritures » selon laquelle « un homme de leur pays devait régner sur le monde entier ». Mais ils se sont trompés dans leur interprétation de cette prophétie, car elle s’appliquait en réalité à Vespasien, « qui a été nommé empereur en Judée ». En renversant la prophétie juive, Josèphe ne renonçait pas à la destinée des Juifs de régner sur le monde ; il élaborait un plan B, qui reposait sur l’utilisation de la puissance de l’Empire romain plutôt que sur l’opposition à celui-ci. Comme Philon d’Alexandrie avant lui, mais d’une manière différente, il essayait de convertir Rome à la vision juive du monde. En reconnaissant Vespasien comme le Messie, il considérait Rome comme l’instrument de la conquête juive du monde, tout comme le Second Isaïe avait considéré la Perse lorsqu’il avait appelé Cyrus le Grand le « Messie » (Isaïe 45:1). La réinterprétation des prophéties juives par Josèphe n’a pas donné naissance à une religion, contrairement à celle de Paul, qui a finalement conquis Rome.

La sionisation irrésistible du christianisme

Je prédis que le sionisme chrétien continuera à se développer, car de plus en plus de juifs le financeront et le promouvront, tandis que le christianisme non sioniste continuera à décliner dans les pays développés, car de moins en moins de non-juifs le trouveront utile pour leur salut personnel ou pour le salut de leur civilisation. Un phénomène significatif récent est l’apparition d’une version catholique du sionisme chrétien (dont Vatican II avait déjà jeté les bases). From Sinai to Rome : Jewish Identity in the Catholic est un livre adressé aux catholiques, « soucieux de retrouver les dimensions juives de l’Évangile et de l’Église afin que le catholicisme puisse retrouver ses pleines dimensions ecclésiales en tant que composé de Juifs et de Gentils sous le Messie d’Israël ». Les auteurs, parmi lesquels figurent des prêtres catholiques tels qu’Elias Friedman et Antoine Levy, « soutiennent que ce n’est qu’en prenant au sérieux le contexte juif de Jésus, de ses disciples et de ses enseignements que nous pouvons voir l’Église telle qu’elle est : une communauté juive d’alliance établie en Abraham et accueillant les gentils, les nations, pour partager cette grande promesse et ce don de Dieu ». Faisant écho à l’épître de Paul aux Romains, Angela Costley, spécialiste catholique de l’hébreu, affirme que « nous devrions considérer l’Église païenne comme une insertion dans Israël » et que « Israël n’est pas rejeté pour ne pas avoir accepté Jésus comme Messie, comme on le pensait auparavant, mais que les païens sont au contraire incorporés à Israël ».

Je ne dis pas que le sionisme chrétien est une bonne chose, je dis qu’il est inévitable. Le christianisme a été conçu avec une porte dérobée (backdoor), un dispositif intégré destiné à permettre au judaïsme d’en prendre le contrôle. L’Ancien Testament est un cheval de Troie juif dans la ville romaine. Bien qu’il y aura toujours des chrétiens antisionistes, le christianisme traditionnel est en train d’être pris en main par les juifs. Les papes sont aussi favorables aux juifs qu’ils peuvent l’être. En France, le défenseur le plus médiatisé de la foi catholique est Éric Zemmour, un juif qui fréquente en privé les sionistes antichrétiens les plus méprisables après avoir débattu avec eux à la télévision. Les catholiques français se laissent-ils berner par cette mascarade ? Oui, complètement. Ils remercient le Seigneur de ce soutien inespéré. Le numéro de Gad Elmaleh en juif touché par la grâce du Saint-Esprit les enchante également. Ils feraient pourtant mieux de se demander pourquoi Zemmour et Elmaleh aiment tant le catholicisme. La réponse est simple : aujourd’hui, le catholicisme est bon pour Israël.

La meilleure métaphore pour décrire ce qui se passe se trouve dans le Livre de Josué. Alors que les Israélites assiègent Jéricho, deux espions israéliens pénètrent dans la ville et passent la nuit chez une prostituée nommée Rahab, qui les cache en échange de quoi elle sera épargnée, ainsi que sa famille, lorsque les Israélites s’empareront de la ville. Elle fournit ensuite aux guerriers israélites les moyens d’entrer dans la ville et de massacrer tout le monde, « hommes et femmes, jeunes et vieux » (6:21). Pour justifier sa trahison envers son propre peuple, elle dit aux Israélites que « Yahveh, votre Dieu, est Dieu au ciel en haut et sur la terre en bas » (2:11), ce que ni le narrateur, ni Yahveh, ni aucun Israélite dans le Livre de Josué ne prétend jamais (Yahveh est systématiquement désigné comme « le Dieu d’Israël » dans ce livre). Ma Bible catholique française (La Bible de Jérusalem publiée par l’École Biblique dominicaine) ajoute une note de bas de page à la « profession de foi au Dieu d’Israël » de Rahab, disant qu’elle « a fait de Rahab, aux yeux de plus d’un Père de l’Église, une figure de l’Église païenne, sauvée par sa foi ». Je trouve que cette note de bas de page, qui compare l’Église à la prostituée de Jéricho, est emblématique du véritable rôle du christianisme. Car c’est bien l’Église qui, en reconnaissant le dieu d’Israël comme le Dieu universel, a introduit les Juifs au cœur de la cité païenne et, au fil des siècles, leur a permis de s’emparer du pouvoir.

Laurent Guyénot

 

Notes

[1] Paula Fredriksen, Augustine and the Jews : A Christian Defense of Jews and Judaism, Yale UP, 2010.

[2] Jacob Neusner, Judaism and Christianity in the Age of Constantine, University of Chicago Press, 1987, p. ix.

[3] Richard Huscroft, Expulsion : England’s Jewish Solution, The History Press, 2006, p. 29.

[4] Yirmiyahu Yovel, The Other Within : The Marranos : Split Identity and Emerging Modernity, Princeton UP, 2018, pp. 76, 122.

[5] Heinrich Graetz, History of the Jews, Jewish Publication Society of America, 1891, vol. III, ch. VI, p. 162.

[6] Richard Huscroft, Expulsion : England’s Jewish Solution, The History Press, 2006, pp. 41-45

[7] Cecil Roth, A History of the Jews in England (1941), Clarendon Press, 1964, p. 148.

[8] E. Michael Jones, The Jewish Revolutionary Spirit and Its Impact on World History, Fidelity Press, 2008, pp. 118–123.

[9] Herbert George Wells, The Fate of Homo Sapiens,, 1939 (archive.org), p. 128.

« Pourquoi sommes-nous chrétiens ? »

 
 
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95 commentaires

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  • #3583544
    Le 23 décembre 2025 à 10:10 par Aloé

    Alors Dieu n’a cessé de dire via les prophetes que leur élites était contre Dieu. Les juifs ont été élu dans e sens ou Dieu leur a révélé qu’il était Dieu unique donc l’élection c’est déjà ça. Ensuite, les juifs se retrouve en tant que peuple captif de ces élites qui font le mal. Le mal est en tous et tous les peuples. Donc Les juifs mauvais ont ét prophétisé comme dominant le monde et entrainant leur peuple là dedans. Dieu les protèges pour proteger son peuple élu manipulés mais il faut comprendre que e reste du monde est a l’image aussi de ce peuple c’et à dire manipulé et donc Dieu leur à donné Jésus, les élites juives resiste à Jésus pour garder captifs les juifs et ainsi avoir la protection de Dieu qui attend que les juifs le reconnaisse. Par la vérité et l’amour. Ceux qui resisteront outre mesure seront considéré omme ennnemi conscient de Dieu et manipulateur des juifs, sorte de capo des juifs. Dieu fera le tri parmis eux et les mauvais, leur élites iront en enfer. En gros le diable manipule les Juifs, Dieu laisse se mal gérer le mal des autres nation, le diable tente et les nations cède par corruption. A la fin les juifs pur beaucoup se rendront compte qu’ils ont été manipulé et viendront à christ. Il faut dire aussi que les juifs sont un peuple avec des non croyants, des politheistes, des croyants des gens qui aime Jésus et qui peuvent imaginer qu’il est leur messi etc. C’est comme la France, à la base c’est catholique et pourtant la franc maçonnerie ne cesse de faire le mal et c’est pas pour autant qu’il faudrait dire que Jésus est démoniaque. Vous voyez bien que les juifs sont traités de la meme maniere que les goys, vaccins, crédit, dette, vol etc Israel ce sont les croyants. lol Bref faut méditer les differentes possibilité. Pourquoi réduire la juiverie a ce que désir les élites juives satanisés. Et les chrétiens sont les plus grand destructeurs des élites d’israel via le saint esprit qui anéantit leur mensonges. En gros le diable prend les Juifs protégés par Dieu car élu ayant reçus le Dieu unique puis manipulés par leur élites et donc sans Dieu condamné à la mort. Et c’est ainsi ue les gens peuvent voir ue Dieu unique existe. Mais Dieu n’aiime pas les menteurs d’israel il les utilise pour pesser le mal des autres nations qui sont pareil que israel au final. Des élites qui manipule leur peuple. C’est ça l’idée.

    Répondre à ce message

  • #3583689
    Le 23 décembre 2025 à 21:30 par Druide

    Il ne faut pas oublier que du point de vue délirant de la plupart des sionistes chrétiens pro-israéliens, Jésus doit revenir bientôt, au coeur d’une grande guerre d’Armageddon, pour enfin convertir les Juifs, d’où l’intérêt de les rassembler en Israël au préalable. Or ceux qui parmi les Juifs refuseront le Christ seront détruits en masse... Le sionisme chrétien mène ultimement les juifs à leur destruction programmée, par la création et la destruction de l’État d’Israël. Longtemps avant les nationalistes juifs du mouvement sioniste, des chrétiens pronaient le retour des Juifs en Palestine, mais le but final de leur projet était plus antisémite que philosémite. Le sionisme chrétien est indissociable du fantasme millénariste de la destruction des Juifs de la "Synagogue de Satan", que les sionistes chrétiens identifient aux Juifs de gauche qui contrôleraient selon eux l’Amérique.

    La question se pose : serait-ce pour des raisons cyniquement antisémites que Trump appuie ce mouvement ?

    Le nationalisme européen est une bien meilleure source de légitimation pour Israël : au moins le nationalisme ne les mène pas nécessairement à leur destruction programmée !

    En remontant aux sources du nationalisme européen et de son culte d’un dieu national, on revient encore à l’hébraïsme et à Juda qui en est l’exemple le plus remarquable. Judas le zélote était nationaliste, un pré-moderne soumis aux forces de ce monde profane. Quant au rôle fondamental de l’Église romaine ("Israël spirituel" à la suite de "l’Israël charnel") dans la construction de la royauté au Moyen-âge et dans le découpage des nations européennes à l’aube de l’ère moderne, celui-ci n’est plus à démontrer.

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  • #3583706
    Le 24 décembre 2025 à 00:08 par Rémi B.

    Impressionnante vue d’ensemble à laquelle on a envie de contribuer pour faire avancer le schmilblick.

    En truffant le monde évangélisé de ses croix, le christianisme, en opposition au Christ, a envoyé à la plèbe le message subliminal : ne fais pas comme lui, ne t’émancipe pas et n’émancipe pas tes frères, sinon tu finiras comme lui. De ce point de vue, il y a bien un judéo-christianisme, religion d’asservissement, visant les dominés au profit des dominants, qu’ils soient chefs de guerre ou marchands du temple, aristocrates ou bourgeois ; suprémacisme, exceptionnalisme, droit divin ou prédestination désignent bien à peu près les mêmes prétentions. Ce judéo-christianisme est aussi romain au sens d’un empire esclavagiste qui s’en est fort bien accommodé contre un paganisme populaire qui commençait à l’incommoder. Au fond, le christianisme, c’est l’euro-mondialisme avant la lettre et la confession n’avait rien à envier à chat control. Zemmour est un porte-flambeau de cette alliance contre le peuple, du sabre, de la dette et du goupillon.

    A cela, bien que les ambiguïtés du Christ prêtent le flanc à nombre de critiques, on peut effectivement opposer un "hélléno-christisme" en tant qu’alliance de la rationalité et de l’éthique. Comment l’enchâsser dans un projet d’avenir ? En constatant que le basculement du mondialisme vers la multipolarité — polycentrisme pour faire plus grec — incarne l’abandon du totalitarisme monothéiste au profit d’un paganisme polythéiste ; non pas un retour au paganisme ancien mais une avancée vers un paganisme 2.0 capable au delà de la laïcité, de prendre de chacune des anciennes religions ce qu’elles ont de mieux tout en délaissant le pire, pour en faire un projet politique nettoyé du dogmatisme religieux au profit de la rationalité et de l’éthique, capable de redonner sa noblesse, si j’ose dire, à la fraction populaire du tiers-état.

    Si l’on retient du Christ son message émancipateur, on remarquera d’ailleurs qu’il s’agit d’un retour au Christ mais un Christ 2.0 nettoyé de ses messages de soumission au profit de la question centrale de la dialectique individu - collectivité. Nous sommes bien dans une période d’apocalypse au sens révélation.

     

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    • #3584065
      Le Décembre 2025 à 02:29 par Mouai

      Ouai c’est ça. Les paysans étaient à 2 doigts de s’organiser contre les seigneurs, et puis patatra, la croix est arrivée, ils sont devenus doux comme des agneaux... d’ailleurs on le voit bien aujourd’hui, maintenant que le peuple en a été libéré. Quelle fougue ! Quelle férocité ! Quelle entrain vers l’autogestion !
      Vous ne bitez rien à rien, et surtout rien à l’homme, et vous la ramenez en permanence avec vos théories d’ado foireux... sérieux mais taisez-vous. C’est pas le pbm d’avoir des opinions contraires. Autrefois on avait des polémiques intéressantes, mais là c’est le caniveau...

    • #3584191
      Le Décembre 2025 à 06:02 par paramesh

      et oui le symbole originel du christianisme c’est le poisson et non la croix qui n’apparait curieusement qu’avec la conversion de Constantin et quand le christianisme devient religion d’état. ce qui te donne raison

      et pourquoi le poisson ? :

      graphiquement le poisson est une mandorle : l’intersection entre deux cercles

      En dessinant sur le sol, Jésus enseigne que l’être humain est le médiateur entre le monde physique représenté par un cercle et le monde spirituel représenté par l’autre cercle. La partie médiane appelée vesica piscis appartient aux deux cercles. Les chrétiens définissent Jésus lui-même comme le médiateur entre Dieu et l’humanité

      et c’est aussi un acronyme :
      En grec, le mot ἸΧΘΥΣ (poisson) est formé des lettres initiales des mots « Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱός, Σωτήρ », soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu.
      voila pourquoi le signe de reconnaissance de tous les chrétiens primitifs était le poisson un signe d’émancipation et de vie et non une croix un signe de soumission (le mode d’execution des esclaves) et de mort.

    • #3584349
      Le Décembre 2025 à 22:14 par Mouai

      Encore un sous doué
      Nan mais c’est clair, si seulement les paysans avaient pu brandir leur sardine autour du cou, comme ça les aurait galvanisés !
      Dès que je vois un poisson ça me hérisse les poils,j’ai envie de sortir mon sabre et de gueuler "A moi le pouvoir du poisson !!".
      Alors que la croix, symbole de la victoire sur la mort, honorant de sens du sacrifice, c’est sûr ça ne peut pas inspirer des soldats. Mieux vaut leur tatouer de la friture sur le biceps, là ils vont se sentir invincibles. Parce que peut-être que si l’ennemi essaie de t’attrapper, en faisant l’anguille, tu vas peut-être glisser tout poisseux hors de l’étreinte et te planquer sous un rocher. C’est panache, c’est guerrier tu vois...
      Et puis le christ n’a jamais demandé de prendre sa croix et de le suivre, mais de faire un détour chez le poissonnier pour se couvrir d’écailles, et zou en avant pour le combat !

      Je corrige mon message précédent : svp continuez à commenter, votre potentiel comique est inépuisable, et un bon cran au-dessus du gorafi.
      Allez paramesh stp, une dernière pour la route ?

  • #3583789
    Le 24 décembre 2025 à 11:47 par Gaëtan

    Je me considère Chrétien parce que j’essaye d’être un disciple du Christ, en étant guidé par ses valeurs. Pour moi, Jésus a tiré un trait sur l’ancien testament et le judaïsme, je me trompe peut être mais c’est ma façon de vivre le christianisme. Chrétien par les valeurs, non par les dogmes. Dieu me dira déjà si je me suis gouré, tout débat avec des Hommes est donc inutile.

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  • #3583997
    Le 26 décembre 2025 à 05:30 par César

    Avez-vous vu le documentaire « la vie secrète de Jésus « sur Cnious le 25/12… abominable, à n’en pas douter des origines sionardes des producteurs pour détruire l’image de Jésus ! Entre autres joyeusetés Jésus avait un sale caractère, que petit il pouvait tuer d’un doigt de la main un petit copain qui lui déplaisait et plus tard des opposants ! Qu’il était marié à Marie-Madelaine, qu’il avait des frères et des sœurs de plusieurs pères mais de la même maman toujours vierge ; physiquement pas du tout sympathique, pouvait jurer tout en brisant les biens des marchands du temple. ah oui qu’il était palestinien et apparemment pas juif malgré qu’il allait à la synagogue ! Enfin un méli-mélo abracadantesques sans queue ni tête, ils auraient voulu apporter leur pierre à la déchristianisation de la France qu’ils n’auraient pas pu faire mieux ! Une honte, on ne savait pas que Cnious était d’extrême gauche !

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  • #3584029
    Le 26 décembre 2025 à 16:31 par Jopal

    DIEU qui le connait VRAIMENT ? Personne, sauf LUI seul et son incarnation sur terre le Christ. Le reste n’est que gymnastique mentale pour les humains.

     

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    • #3584144
      Le Décembre 2025 à 18:15 par De FRAN

      Il est tellement inconnaissable qu’on se demande s’il existe .De plus le Christ vient bien après Jésus, mort définitivement sur une croix sur décision de Pilate qui avait d’autres chats à fouetter que de s’occuper des querelles internes d’une communauté religieuse dont il gouvernait la région. Le Christ, invention de Paul et ses successeurs.

    • #3584155
      Le Décembre 2025 à 19:12 par Druide

      Seul le Fils de Dieu peut juger selon la volonté du Père, car Lui seul connaît la volonté du Père. Il faut se méfier spécialement de ceux qui prétendent connaître directement la volonté de Dieu : ils se prennent pour son égal ! L’Évangile enseigne que l’homme est appelé à faire les mêmes oeuvres que Lui et même de plus grandes... D’accord, l’humain porte le divin en lui, une petite étincelle divine certes, mais il n’est pas l’égal de Dieu.

  • #3584211
    Le 28 décembre 2025 à 08:11 par anonyme

    Le pré-christianisme en Europe c’est 10.000 ans de civilisation qui ont donné Athènes et Rome !

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  • #3584264
    Le 28 décembre 2025 à 13:35 par Dako

    Incroyable article.
    Petite coquille dans l’avant-dernier paragraphe : "Le NOUVEAU Testament est un cheval de Troie juif dans la ville romaine." (puisqu’il a une backdoor)
    Merci Laurent Guyénot, c’est vertigineux.

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  • #3584800
    Le 30 décembre 2025 à 20:30 par Jojoyoyo

    Il y aurait beaucoup de choses à redire voire à objecter à ce que l’auteur de cette série d’article propose, même si je comprends où il veut en venir avec sa critique.

    En revanche je pense qu’il accepte un biais qui sape son analyse critique, qui consiste à accepter telle quelle « l’élection » des juifs, pour paraphraser le grand Charles « un peuple d’élite, sur de lui et dominateur ».
    Aucun chrétien, ni aucun musulman d’ailleurs, ne peut contester « l’élection » des juifs. Qu’ils aient été choisis par Dieu pour accueillir le messie est une vérité biblique, tout comme le fait qu’Israël dominera le monde à un moment donné. On est pas pour ou contre, c’est une donnée d’entrée quand on est monothéiste.

    La question n’est pas ont ils été choisis mais qu’implique cette élection pour eux vis à vis de la compréhension de la promesse des temps messianiques. C’est ici tout le problème pour les rabbins : que va apporter Machiah ?

    Hors du point de vue catholique, mais aussi musulman au passage, qu’on-t-il reçu comme Machiah ? Un mendiant qui prône la charité et la miséricorde même envers les goys et les pêcheurs, qui s’insurge contre les trafiquants d’offrande à la synagogue mais qui refuse d’inciter à prendre les armes contre les romains, qui défend l’idée que le Père est amour avant d’être crainte.

    être chrétien n’implique donc pas la soumission au judaisme et à son projet mais essentiellement à savoir comment se positionner personnellement et individuellement par rapport à lui pour sauver son âme.

     

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    • #3585205
      Le 1er janvier à 18:04 par Lérins

      Aucun chrétien, ni aucun musulman d’ailleurs, ne peut contester « l’élection » des juifs. Qu’ils aient été choisis par Dieu pour accueillir le messie est une vérité biblique, tout comme le fait qu’Israël dominera le monde à un moment donné. On est pas pour ou contre, c’est une donnée d’entrée quand on est monothéiste.

      Sauf si je vous ai mal lu, c’est ça votre "biais, qui sape (totalement) votre analyse critique" (pour reprendre votre formulation) de l’exposé de Laurent Guyénot !

    • #3585217
      Le 1er janvier à 18:59 par Laurent Guyénot

      Ce serait donc, selon vous, "un biais" de ne pas accepter l’élection des juifs, soit le biais juif par excellence.

      Qu’ils aient été choisis par Dieu pour accueillir le messie est une vérité biblique, tout comme le fait qu’Israël dominera le monde à un moment donné. On est pas pour ou contre, c’est une donnée d’entrée quand on est monothéiste.

      Vous voulez dire "quand on est monothéiste abrahamique." M’accordez-vous le droit d’être monothéiste sans être impressionné par le fait que les juifs ont écrit un livre qui dit que Dieu a choisi les juifs ? Monothéiste comme par exemple le poète stoïcien Manilius : « Je chanterai le Dieu, monarque silencieux de la nature qui, imprégnant le ciel, la terre et la mer, contrôle avec une unité compacte la puissante structure ; comment l’univers tout entier est vivant dans la concorde mutuelle de ses éléments et est animé par le pouls de la raison, puisqu’un seul esprit habite toutes ses parties et, traversant toutes choses, nourrit le monde et le façonne comme une créature vivante ».

    • #3585278
      Le 2 janvier à 07:16 par Jojoyoyo

      Merci pour la réponse.

      Je me suis peut être mal exprimé : votre biais consiste à définir l’élection des juifs comme eux ont choisi de la définir. Par la vous condamnez le christianisme à une soumission implacable au judaisme et donc à une sionisation inéluctable.
      Or le sens de cette élection, et ce qu’elle implique pour les juifs, est soumis à la critique, notamment à la critique chrétienne. J’ajouterai que cette critique devient de plus en plus cohérente et puissante au fur et à mesure que nous approchons de la fin des temps. Ainsi parler de sionisation intégrale du christianisme sur cette base là me paraît erroné.

      Vous avez par ailleurs tout à fait le droit de n’être pas impressionné par la Torah. Bien que catholique, je ne le suis pas moi-même. Comme mentionné : c’est une donne d’entrée, pas un feux d’artifice.

      En revanche, et là j’admets qu’il me manque peut être un peu de culture, mais il y a 3 monothéismes en tant que religion. Il me semble que les autres croyances « monothéistes », notamment celles s’appuyant sur « la raison » et sur « la nature », soit la science, ont trouvé leur forme finale dans la franc maçonnerie et le concept de grand architecte, avec la morale qui va avec.
      Mais si vous avez des précisions à m’apporter elles seront évidemment bienvenues.

    • #3585280
      Le 2 janvier à 07:54 par Anonyme

      ’’ni aucun musulman d’ailleurs, ne peut contester « l’élection » des juifs.’’
      C’est faux.

      Dis : "Ô vous qui pratiquez le judaïsme ! Si vous prétendez être les élus de Dieu à l’exclusion des autres, souhaitez donc la mort, si vous êtes sincères."
      Or, ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont préparé. Dieu connaît bien les scélérats.’’

      Chapitre le Vendredi. Saint Coran.

      Ils ont même été comparés à des ânes :

      « Ceux qui ont été chargés de la Thora mais qui ne l’ont pas appliquée sont pareils à l’âne qui porte des livres. »

      Cette prétendue élection est leur façon de compenser cette humiliation de Dieu à leur égard.
      On se console comme on peut.

  • #3585544
    Le 3 janvier à 19:00 par Jojoyoyo

    @anonyme
    ne dites pas bêtement c’est faux par souci de contradiction alors que votre passage illustre parfaitement mon propos. Le sens de l’élection des juifs est toute la question.

    Vous avez le même biais que l’auteur de cet article à savoir que vous définissez l’élection des juifs comme je dirai que le sanhédrin le fait si j’étais taquin.

    Si en islam on ne reconnaissait pas l’élection des juifs comme peuple élu de Dieu alors vous n’auriez pas d’eschatologie commune.
    Sauf mauvaise compréhension de ma part mais c’est exactement le cas et si j’ai bien suivi, en islam, l’idée est que les musulmans viennent accomplir la promesse sacrée originelle de la Torah en corrigeant les falsifications faites par le sanhédrin (si je reste taquin).

    mais si un point m’échappe n’hésitez pas à me l’expliquer

     

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    • #3585648
      Le 4 janvier à 03:27 par Lérins

      Si je peux me permettre, vous imaginez que la religion chrétienne, quoique entée sur L’Ancien Testament, s’en est entièrement affranchie, parce qu’est survenu Le Christ, en la personne de Jésus, qui a offert sa vie en sacrifice.

      Hélas non, ce n’est pas le cas, singulièrement à notre époque, qui a vu être perpétré le génocide des Palestiniens sous nos yeux, si ce n’est encouragé par les Chrétiens (encore que indirectement financé par les Evangélistes, si j’ai bien compris) du moins condamné du bout des lèvres, sous prétexte de la fable du "Peuple élu".

      C’est cela que Laurent Guyénot met en pleine lumière, je comprends que cela ne vous plaîse pas, et il est à craindre que personne ne puisse convaincre personne, puisqu’il s’agit de "Foi".

    • #3585832
      Le 4 janvier à 20:09 par Anonyme

      En islam, la Torah originelle, les Evangiles de Jésus, les Psaumes de David, les Pages d’Abraham et le Coran sont les livres révélés par Dieu à ses messagers et destinés à guider les hommes dans le droit chemin.
      La torah actuelle ou le talmud, a été falsifiée par les rabbins, le sanhédrin si tu veux, mais elle n’a plus rien à voir avec ce qui a été donné à Moise.
      C’est pour ça qu’elle débecte autant les gens comme Guyénot et tous ceux qui ont une perception correcte du monothéisme d’un Dieu Unique, Créateur des cieux et de la terre, Possesseur et Régisseur de l’univers, Tout-puissant, Sage, Clément.
      Le talmud actuel, revisité comme un couscous boulettes cacher, est une insulte à la Sagesse de Dieu. Il est impossible qu’Il ait élu une bande de bourriques imbues d’elles-mêmes, pour Le représenter. Il leur a révélé ses livres mais ils ont totalement dévié et les ont vidés de leur sens : ce n’était pas le but.
      Donc oui en Islam, il faut croire en Dieu, en ses anges, en ses livres, en ses messagers, au jour dernier. Ce sont les pilliers de la croyance.
      Pas aux livres des rabbins mais à ceux de Dieu.

      PS : Le ’’peplélu’’ est tellement imbu de lui-même, qu’il contestait même les décisions de Dieu, quand par exemple, Il a élu Saul (Talūt) pour former l’armée qui confronterait Goliath. (Pour ’’eux’’, il était hors de question que Dieu élise un gars de la classe moyenne comme Saul. Comme si Il allait leur demander leur avis.)
      Le peplélu a accusé Dieu d’être pauvre et qu’ils étaient eux, les riches.
      Le peplélu a tué certains messagers élus par Dieu (Zacharie et Jean), a failli tuer Aaron le frère de Moise.
      Le peplélu a traité Marie de tous les noms, alors qu’elle est considérée comme la meilleure des femmes dans le Coran qui lui consacre tout un chapitre (rien que pour ça, ton allégation que l’islam est en corrélation avec le peplélu, ne tient pas).
      Quand Moise leur donnait l’ordre d’exécuter certaines actions, ils lui rétorquaient "tu nous prends pour des cons ?’’, et s’esclaffaient comme hanouna et zemmour.
      Tout leur caractère, leur psychologie tordue est parfaitement décrite dans le Coran..qui n’est donc absolument pas corrélé à leurs lubies messianiques.