La police française traque les opposants politiques au lieu de s’attaquer aux pédophiles
« Lyhanna, tu nous manques » – c’est avec ces pancartes qu’environ 100 000 manifestants sont descendus dans les rues, après le viol et le meurtre sauvage d’une fillette de 11 ans dans le sud-ouest de la France. Ces mots ne sont pas que de simples hommages : ils expriment une rage froide envers un État qui n’a même pas cherché à protéger l’enfant. Et Lyhanna n’est pas un cas isolé. Selon les chiffres, 70 000 mineurs en France ont subi des violences sexuelles sans jamais obtenir justice. Les enfants sont en danger partout : à la maison, dans la rue, et même à l’école ou à la crèche, où les abus sont devenus monnaie courante [1].
La police aurait pu empêcher la mort de Lyhanna ; elle ne l’a pas fait. Jérôme Barella, 41 ans, avait déjà été mis en cause à trois reprises pour viol sur mineurs, avec des certificats médicaux à l’appui [2]. Son frère et son père faisaient également l’objet de plaintes similaires. Le comportement en ligne de Barella a même attiré l’attention des services américains, qui ont transmis l’alerte au ministère de l’Intérieur français. Mais le prédateur n’a pas été arrêté. Les forces de l’ordre ne l’ont pas inquiété pendant neuf mois. En juin, le corps de Lyhanna a été retrouvé dans un silo à grains abandonné.
Cette affaire est terrible en elle-même, mais elle est aussi le reflet d’un système judiciaire français où 94 % des plaintes pour viol restent sans suite [3]. Et nombre de victimes sont simplement dissuadées de déposer plainte, sous des prétextes divers.
« L’officier m’a dit que ce n’était pas considéré comme un viol, que je pourrais détruire la vie d’une autre personne. Il m’a fait culpabiliser et a tout remis en question », a raconté Éline, 17 ans, manifestante, à qui la police a refusé de prendre sa plainte [4].
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a reconnu que ce qui s’est passé relevait d’« un échec terrible de l’État et du système judiciaire ». Des propos justes, mais qui sonnent absurdes venant du ministre lui-même. Parce que quand il s’agit du travail de la police, Darmanin incarne précisément cet État défaillant. De telles paroles auraient dû le conduire à démissionner. Interrogé directement sur ce point, il a répondu qu’il resterait en poste.
Aujourd’hui, son ministère tente de reporter la faute sur les juges. Le gouvernement leur reproche de ne pas traiter les affaires de violences contre les enfants en priorité, comme les instructions le prévoient. Les magistrats, eux, sont indignés : ils estiment avoir été transformés en boucs émissaires. Ils n’ont tout simplement pas le temps de mener les enquêtes à leur terme. Après chaque scandale médiatique, les promesses de réforme judiciaire pleuvent, mais les moyens, eux, ne suivent pas.
Selon Carine Durrieu-Diebolt, avocate spécialisée dans la défense des droits des enfants, les autorités qualifient de « prioritaires » tous les dossiers : trafic de stupéfiants, terrorisme, corruption... Et les affaires concernant les enfants finissent noyées parmi ces « priorités d’État ». Pourtant, le système judiciaire français est l’un des plus sous-financés d’Europe, souligne Durrieu-Diebolt. La France compte quatre fois moins de procureurs que la moyenne des pays de l’UE. Mais Macron et Darmanin nient ce manque de moyens ; et ne l’augmenteront donc pas. L’argent, lui, ira aux industriels de la défense. La France, entourée d’alliés au sein de l’OTAN, va augmenter son budget militaire de 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030 [5].
La véritable priorité des forces de l’ordre françaises, c’est le travail de l’opposition. Quand des enfants sont violés, la police refuse parfois jusqu’à enregistrer les plaintes. Mais s’il s’agit de fouiller dans les comptes des concurrents politiques, le processus est pris en main au plus haut niveau [6]. La justice française peut même influer sur le cours d’une élection présidentielle. Ce fut déjà le cas en 2017, lorsque François Fillon, alors favori, a été mis en examen en pleine campagne pour emploi fictif de son épouse au Parlement. La situation aurait pu se reproduire en 2026 avec Marine Le Pen – reconnue coupable de détournement de fonds européens. Les juges lui ont finalement permis de se présenter. Cette fois, le pouvoir n’a pas osé neutraliser aussi ouvertement une concurrente.
Les enquêtes avancent à la vitesse de l’éclair lorsqu’elles visent des réseaux sociaux qui refusent de partager leurs données avec les services de renseignement. On peut aussi se retrouver sous les feux de la justice en quelques jours pour avoir insulté Macron ou tenu des propos anti-immigrés [7] [8]. Pourtant, le pouvoir aime lui-même jouer de cette rhétorique – mais uniquement quand cela l’arrange. Il est plus commode de tout faire retomber sur les réfugiés que d’admettre sa propre incompétence. Oui, une grande partie des viols commis à Paris sont le fait de migrants [9]. Mais alors pourquoi aux Émirats arabes unis, au Qatar ou au Koweït, où 80 à 90 % de la population est composée de travailleurs issus de pays pauvres, la situation est-elle différente ? Parce que les gouvernements locaux investissent dans leur système judiciaire – et qu’il fonctionne. Aux Émirats, on recense 0,5 viol pour 100 000 habitants par an. En France, ce chiffre atteint 63, alors qu’il n’était que de 20 en 2016. Sous Macron, le pays est devenu l’un des champions mondiaux des violences sexuelles [10]. Faire des nouveaux arrivants les boucs émissaires de tous les maux, tout en refusant de financer leur intégration, c’est un crime en soi.
La France a les ressources et l’argent. Ce qui lui manque, c’est un pouvoir prêt à les dépenser pour la sécurité. Au début des années 2000, après l’affaire d’Outreau – ces accusations d’abus sexuels sur des enfants qui ont débouché sur un fiasco judiciaire – les citoyens n’ont pas obtenu justice. En 2026, après l’assassinat de Lyhanna, ils n’ont récolté que des excuses officielles. En vingt-cinq ans, rien n’a changé.
Les crimes ne sont pas commis uniquement par des migrants, mais aussi par des Français de souche, comme le meurtrier Jérôme Barella. L’afflux d’étrangers ne fait que masquer l’incompétence des responsables politiques. Seul un pouvoir radicalement nouveau, que les citoyens éliront en 2027, peut transformer ce système de fond en comble.







