Mossad
Le général Roman Gofman (né en 1976 à Mazyr, en Biélorussie) a officiellement pris la direction du Mossad le 2 juin, après que la Cour suprême israélienne eut rejeté l’ensemble des recours déposés contre sa nomination. On reprochait au conseiller militaire de Benyamin Netanyahou d’avoir, en 2022, alors qu’il commandait une division de Tsahal, validé le recrutement d’Ori Elmakayes, âgé de 17 ans à l’époque, pour gérer un compte Telegram en arabe destiné à des opérations de manipulation visant l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. L’adolescent avait ensuite été arrêté, détenu pendant 18 mois par le Shin Bet, qui le soupçonnait d’être un agent ennemi. Gofman affirmait n’avoir pas eu connaissance de l’âge du jeune homme.
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Ingérence
Le 11 juin 2026, Viginum, le service gouvernemental français de lutte contre les ingérences numériques, a publié un rapport dans lequel il estime qu’une société israélienne, BlackCore, est probablement à l’origine » d’une campagne de désinformation visant La France insoumise (LFI) lors des élections municipales de mars 2026.
Cette opération s’est concentrée sur trois scrutins majeurs. À Marseille, le candidat LFI Sébastien Delogu a été la cible de fausses accusations de viol attribuées à une certaine « Sophie ». Des faux comptes sur X, Facebook, un blog aujourd’hui disparu, des messages WhatsApp et des courriels Proton signés « Clémence Laurent » ou « Camille Moreau » ont été utilisés pour diffuser ces allégations et solliciter des journalistes locaux. À Toulouse, François Piquemal a été attaqué via un site web insultant composé d’un unique article amateur rédigé par intelligence artificielle, l’accusant notamment de faits pédocriminels, relayé par des pages Facebook douteuses. À Roubaix, David Guiraud a subi des attaques sur ses positions propalestiniennes via deux pages Facebook. Un dernier volet visait le parti dans son ensemble avec un faux site de « consignes de vote » destiné aux électeurs musulmans, affirmant que seuls les candidats LFI soutenaient la construction de nouvelles mosquées et l’instauration de la charia. Ce site, amplifié par une fausse page islamiste et un faux groupe nationaliste français, visait à décourager le vote LFI. Selon The Times of Israel, BlackCore aurait déployé des opérations similaires lors des élections municipales de New York, notamment en ciblant Zohran Mamdani, dont la victoire a inquiété une partie de l’électorat pro-israélien. En Écosse, des comptes liés à BlackCore auraient visé le Premier ministre écossais, John Swinney.
Les investigations ont mis en évidence une infrastructure partagée avec d’autres sociétés israéliennes : Galacticos (anciennement Pagecorn Ltd, puis Mycelium Intelligence Networks), société israélienne basée à Tel-Aviv, créée en avril 2022, aurait développé des outils d’IA pour générer des avatars et SNI, une autre société israélienne, aurait hébergé certains outils sur ces serveurs. Guy Geyor et Doron Afik, deux hommes d’affaires israéliens liés à ces sociétés, ont tous deux déclaré ne rien savoir de BlackCore et ont nié toute activité politique en France. Les infrastructures numériques de BlackCore et de Galacticos ont depuis été mises hors ligne.
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IA
Le 12 juin, sur directive du gouvernement américain, Anthropic a retiré de la circulation mondiale ses deux modèles d’IA les plus avancés et qui excellent notamment en cybersécurité, Claude Mythos 5 et Claude Fable 5. Washington a interdit leur accès à tout ressortissant étranger. L’affaire fait suite à des relations dégradées avec l’administration Trump : Anthropic ayant refusé l’utilisation de son IA Claude pour la surveillance de masse des citoyens américains ou pour servir de modèle à des armes entièrement autonomes, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth avait annoncé mettre Anthropic sur une liste noire des fournisseurs liés à la Sécurité nationale américaine.
Anthropic s’est officiellement construite sur la prudence, la recherche et la sécurité. Dario et Daniela Amodei ont fondé l’entreprise en 2021 avec Chris Olah et Jared Kaplan après avoir quitté Open AI (ChatGPT) suite à son tournant commercial majeur de 2019 : la première prise de participation de Microsoft dans la société fondée par Sam Altman.
Depuis 2022, les États-Unis utilisaient le contrôle à l’export technologique principalement face à la Chine sur le « hardware » et les puces Nvidia (cf. F&D 546 « Le nationalisme économique selon Trump »). L’épisode rend concrète une souveraineté numérique jusqu’ici abstraite : une technologie de pointe utilisée par des entreprises et institutions étrangères peut être désactivée du jour au lendemain par décision politique américaine. Le 16 juin, à l’occasion du salon de défense Eurosatory de Villepinte, Sébastien Lecornu a annoncé le remplacement, au sein des services de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de la solution de surveillance Gotham de Palantir (malgré un renouvellement du contrat en décembre 2025 pour les trois prochaines années) par celle de la société française ChapsVision, du polytechnicien Olivier Dellenbach.






