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Félix Niesche – Café des poètes

Peut-être revivrai-je, mais Félix c’est éteint. J’ai bien écrit « c’est », cela est, et non pas « s’est » éteint : il n’est pas mort, mais sa tâche est terminée. Je reprends le flambeau de ses griffes émoussées.

 

Ce renouveau est une adaptation nécessaire au changement brutal de perspective. Parlons crûment et durement : la « dissidence » est devenue sa propre obstruction, elle s’est transformée en son contraire, devenant l’Obstacle, l’entrave majeure à son déploiement.
C’est une flagrance dont l’éclat aveuglant, empêche qu’on la voit, hormis le poète bien entendu, d’où la description du glob qui est de Rimbaud.
Ce ne sont ni la force du pouvoir en place, ni l’inertie des masses, ni la volonté ennemie ni la servitude volontaire, mais l’insondable crétinisme de tous les penseurs de la dissidence, qui ânonnent depuis vingt ans leurs mêmes stupidités idéologiques, ralentissant l’intelligence de la situation, mais qui, depuis que le pouvoir a accéléré son offensive, deviennent son atout majeur, sa nécessaire négativité afin que le Mal devenant une totalité étouffe jusqu’à la plus petite étincelle de vie.

La médiocrité a ceci de supérieur qu’elle se continue longtemps pour que la nouveauté n’apparaisse qu’à l’heure dite, et prédite, mais minuit a depuis longtemps tinté au beffroi de l’Occident, l’incrédulité aurait dû sonner l’heure des bouleversements, au lieu que seul l’effroi de la période covidée fut l’unique phénomène surprenant, mettant en jachère et ralentissant ce qui eût dû être mis en ébullition.

L’horreur pétrie de sang qui fait rage en Palestine divise le monde en deux camps irréductibles selon sa fracture essentielle : le Capital et le Travail. Hélas cette radicale césure est gâtée par la politicaille, la guéguerre des fantoches de l’antisionisme contre ceux du dit « sionisme ».

Une fois de plus l’idéologie viendra remplacer l’ontologie.

Coin philo.
Il est de toute première instance de sursumer sio et antissio dans un même concept qui les englobe, et qui seul permet l’effectivité de ce dont il s’agit. (Sursumer veut dire construire une nouvelle entité.) Dans Arabesque je l’avais nommé l’Israël céleste, en contraposé de l’Israël terrestre, « céleste » signifiant idéal et total. C’est le grand Englobant.
Operari sequitur esse, l’agir suit l’être. Le crime est spécifique, sa racine est dans l’être de celui qui le commet.

L’antissionisme qui est là précisément pour nier cela, est le parti israélite contre le parti israélien si l’on regarde la chose avec objectivité.
La tâche de l’antisionisme est d’attribuer le crime à un autre que son fauteur : les Occis dentaux, Donald Trump, le suprémacisme white, le « colonialisme », terme qui remplace la colonisation pour les ignares.
Colonialistes ?, ceux qui pulvérisent superbement toute modernité, égouts, hôpitaux, électricité, crèches et maternités ? Quand la France coloniale, tout au contraire, bâtit cyniquement cette moderne Algérie à la place de cet idyllique coin du grand Empire Ottoman, qui était un gigantesque marché aux esclaves, le couvrant cruellement d’Hôpitaux et de maternités, et centuplant sans pitié sa population.

Tous les sites dits dissidents ouvrent leurs colonnes à des intellectuels musulmans, en costard, qui produisent d’inter-minables diatribes savantes pour conclure inéluctablement dans ce sens. C’est toujours la faute de Trump en dernière analyse.

Georges Ibrahim Abdallah, un vrai de vrai celui-là, a désigné un autre coupable. À peine sorti des geôles hexagonales et exiguës où il a passé 42 ans, le vendredi 25 juillet 2025 au Liban il a incriminé d’abord : « les masses arabes qui ne bougent pas pendant le génocide des Palestiniens ».

« Les dirigeants, on les connaît », ajoute-t-il, « on n’attend rien d’eux, mais 120 millions d’Égyptiens à côté des enfants de Gaza transformés en squelettes, que font-ils par exemple ? Rien !… Combien de martyrs sont tombés en essayant d’entrer à Gaza ? Aucun !… La petite suédoise Greta est partie, pendant que les marins égyptiens restent assis à rêver à leur part de paradis. »

Sans doute Lockheed Martin, Boeing Apaches, etc, vendent des machines de mort à Israël mais c’est du capitalisme pas du « sionisme ».

Selon la foi des croyants et suppliants de l’Israël céleste, les « sionistes » seraient des nazis et perdraient de ce fait jusqu’à leur qualité d’être juifs. Et l’on va même tracer un parallèle entre Varsovie et Gaza. Quelle crasse d’ignares mal lavés.
Netanyahou porte-t-il une croix gammée au revers ? Non il porte le sigle du sida : « aides », comme toi, gauchiste !
Le nazisme n’a aucune sorte de rapport, ni de filiation, ni de parenté, avec cela dont il s’agit.
Le régime nazi ayant persécuté, ô combien, les Juifs ! Mais même un admirateur des nazis, si cela pouvait encore exister, trouverait beaucoup à redire sur l’assimilation de la Wehrmacht à Tsahal.

Tout cela est du pipeau pour dissimuler que le dit antisionisme avec ses manifestations étiques et ridicules contre l’extrême droite n’a eu, en fait, aucune incidence sur les atrocités de Gaza. De leur propre aveu, leur espoir gît entièrement dans… l’ONU ! Autant dire dans une caverne de brigands comme l’appelait le général de Gaulle, expression anachronique, car ce ne sont plus des brigands mais des malfrats. Une institution putride et corrompue qui couronne la passivité des masses musulmanes, et la fausse radicalité des islamo-woke d’Europe.

L’abbé Tymon de Quimonte

 

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Félix Niesche, sur E&R

 
 
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11 commentaires

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  • #3589432
    Le 23 janvier à 08:17 par Camille

    L’abbé Tymon de Quimonte !? Ah ben ça alors, je signais déjà mes chroniques d’art de ce pseudo en 1984. Début d’utilisation au RIP d’Arles.

     

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  • #3589478
    Le 23 janvier à 13:08 par Felix Niesche

    J’ai créé le blog "Entretiens avec l’abbé Tymon de Quimonte" en 2007. J’ai inventé ce nom ; ce n’est pas supérieurement intelligent, mais c’est ainsi. J’ai eu un petit succès d’estime pendant deux ans. Au moins une centaine de visites à chaque entretien. Tout le monde m’appelait l’Abbé et personne n’a revendiqué la paternité de ce nom. 
    Tymon, d’abord, ça n’existe pas comme prénom, mais Timon ! Comment un autre aurait il pu vouloir commettre cette même altération ?

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  • #3589508
    Le 23 janvier à 17:29 par rougette

    A vous lire j’ai envie de pleurer...

     

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    • #3589555
      Le 23 janvier à 21:17 par Felix Niesche

      Et, serait il indiscret de vous demander pourquoi ?

    • #3589577
      Le 23 janvier à 23:56 par Lérins

      Oui, rougette, et ça vous explose aussi à la gueule, je ne sais pas si absolument tout est dit, en tout cas l’essentiel, pas une once de démagogie, ni de faux-semblant dans l’analyse, écrite à l’acide, que ne renierait pas un Céline.

      ...Par contraste, ça me fait remonter la nausée d’il y a trois-quatre jours, quand j’ai entendu (sur RFI, je crois) Ségolène Royal, dégoulinante de démagogie, comme de coutume, ancienne "ambassadrice des Pôles" (non mais je t’en foûtrais moi, des fromages de la République" !) expliquer doctement que l’on devait "restituer absolument toutes les Archives" (c’est-à-dire nos propres Archives Nationales, faisant intrinsèquement partie de notre Patrimoine historique) au Gouvernement algérien, concernant l’entièreté de la période française, dans les territoires qui allaient devenir L’Algérie : s’est-t-elle mise en rapport avec ses homologues turcs, pour qu’ils fassent le même travail, pour L’Empire Ottoman, qui a gouverné pendant des siècles les mêmes territoires ?

  • #3589958
    Le 26 janvier à 11:26 par spartacus

    Oui , c’est bien l’esclave qui fait le maitre ...
    Les maitres ont un territoire de 20000 km2 environ grand comme 2 départements français avec dessus 7 771 000 juifs sur les 10 millions d’habitants que compte Israel ....cernés par plusieurs centaines de millions d’arabes et de perses antisionistes ...qui versent des larmes de crocodiles sur le martyr palestinien...sans bouger le petit doigt ...
    Ce phénomène est à analyser . Celui qui veut qu’une poignée de bergers sanguinaires peuvent toujours mener à l’abattoirs des masses entières de moutons dociles et bêlants...pourvu qu’ils soient armés de flingues et d’une volonté politique inébranlable.

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  • #3589997
    Le 26 janvier à 16:16 par koussikoussa et les Arabes

    Dans l’ordre secret des hiérarchies visibles et invisibles, la parole n’est jamais un simple instrument de communication. Elle constitue une projection de l’être dans le tissu du monde, une effusion fragile de la conscience vers l’altérité. Toute parole véritable engage celui qui la prononce, l’expose à la perte, au jugement, à la transfiguration. En ce sens, la censure ne saurait être réduite à un mécanisme profane de restriction. Elle relève d’une épreuve spirituelle, inscrite dans l’économie même du verbe.

    La censure agit comme un feu rituel. Elle ne détruit pas au hasard : elle éprouve. Elle consume les discours frivoles, dissout les intentions impures, anéantit les paroles sans fondement intérieur. Ce qui subsiste n’est pas le plus bruyant, mais le plus dense. Le silence imposé devient alors un laboratoire de maturation, où la parole apprend à se purifier dans l’attente.

    Sous cette pression, le langage se transforme. Il renonce à la transparence naïve pour adopter la profondeur du symbole. Il abandonne l’exhibition pour le signe voilé, la proclamation pour la gravure lente. Chaque phrase devient un sceau, chaque mot une trace, chaque silence une confession. Le verbe cesse d’être un outil de pouvoir pour devenir un instrument d’initiation.

    Cette transmutation engage l’âme entière. Parler sous la menace de l’effacement oblige à une ascèse intérieure. L’individu découvre que toute parole inutile affaiblit l’esprit, et que toute parole nécessaire exige un sacrifice. Il apprend à peser chaque énoncé comme on pèse une offrande.

    De cette épreuve naît une sélection invisible. Les voix inconsistantes se dissipent dans l’oubli. Les voix habitées persistent dans l’ombre. Elles acceptent l’exil et l’incompréhension, car leur fidélité ne repose pas sur l’approbation, mais sur une alliance secrète avec le sens.

    L’élu n’est pas celui qui conquiert l’audience. Il est celui qui demeure fidèle à la parole reçue, même lorsque toute reconnaissance disparaît. Sa voix traverse le temps comme une inscription silencieuse. Il parle comme on scelle un pacte avec l’éternité.

    Ainsi, la censure, loin d’être seulement une mutilation du langage, peut devenir une liturgie obscure. Elle dépouille le verbe jusqu’à sa source, afin que ne subsistent que ceux qui ont accepté d’être consumés pour porter la lumière.

     

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    • #3590067
      Le 27 janvier à 00:35 par Lérins

      Le texte de Monsieur Niesche et ce dernier commentaire, font de ce fil une pure merveille.

      Bon, on est sur E&R, on n’est donc pas étonné de cette qualité politique, littéraire, et philosophique !

  • #3590085
    Le 27 janvier à 05:32 par Limouxin

    Le gauchiste va en manif comme d’autres vont à la messe, pour communier. Avec ses frères spirituels il prie avec ferveur pour l’avènement du monde idéal. Il fait du bruit, parfois il crie avec colère. Il donne aussi un peu d’argent. Puis il rentre chez lui paré à attaquer sa semaine, c’est tellement bon de faire partie des gens biens.

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  • #3590430
    Le 28 janvier à 23:05 par 100

    Article puissamment pensé et admirablement écrit. Bravo !

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