@marc de café
a) Fin de l’espoir
Disons que j’ai cessé de croire, à mon petit niveau, qu’un espoir résidait dans le FN (mais n’ayant jamais voté pour lui, ceci dit) alors qu’Alain Soral avait carrément mobilisé pour eux, tout en décrivant les diverses tendances qui avaient sa sympathie ou son antipathie, sur la ligne sioniste/non sioniste (Alliot contre Philippot, pour résumer), le leader Marine agissant entre les deux pour maintenir l’unité et la capacité d’action, alors que cette dernière n’abandonnait jamais la doxa officielle anti-musulmane (le fonds de commerce envers tous ceux, nombreux, qui se sentent dépassés par la très importante immigration nord-africaine en France depuis les années 1950) - ce qui était déjà douloureux.
b) Efficacité du discours E&R
Dans mes connaissances, il y a un type bien (bon coeur, bon fonds), affûté, nerveux, 22 ans, survêt Adidas, fume et deale de l’herbe (pour sa conso ? pour se faire des sous ?), ses parents maghrébins première génération, lui français né en France : il déboule le lendemain des européennes chez le vieux bon copain à qui je venais rendre visite (il vient rendre visite à sa tante adorée, copine de mon copain), en clamant bien fort, super jovial, sitôt la porte ouverte : "Salut les gars ! Vous avez voté Marine au moins ?".
Moi, j’avais voté blanc (je sais, je sais). Mon vieux copain et sa compagne sont absents du monde politique - eux, ils essaient juste de survivre avant de basculer dans le quart-monde-, donc pas de réactions notables ; mais j’ai aussitôt percuté l’influence E&R (on est ici dans une ville-préfecture du Sud-Est de la France, taux de chômage explosé par rapport à la moyenne nationale). Et on a un peu parlé, et c’était fun parce que le gars était très sympa et, pour moi, ça matérialisait en direct la puissance E&R.
JAMAIS je n’aurais cru vivre une telle scène. C’était impensable dans les années 90 (oui, je suis né avant les années 90), le monde à l’envers quoi.
Maintenant, j’ai un peu de souci : ici un jeune homme avait repris espoir, avait fait marcher le mécanisme administratif pour la carte d’électeur, était allé plein d’entrain au scrutin électoral.
Mais voilà : entre-temps, la bannière subversive de Marine s’effiloche très rapidement : la normalisation,elle la veut pour de vrai, j’ai l’impression, avec toutes ses compromissions.
Je suis seulement impatient de recroiser ce gars, bien sympathique par ailleurs, pour discuter avec lui.
Voilà, quoi, pas plus, pas moins.