Un rapport vient de sortir sur les « défaillances » de la chaîne judiciaire, alliant gendarmerie et justice, dans l’enlèvement et le meurtre de Lyhanna. Naturellement, avec de grands mots, les auteurs du rapport fustigent la chaîne de commandement mais sans livrer de noms (en pâture au peuple), tout en demandant de ne pas généraliser, et de ne pas livrer les responsables à la vindicte populaire.
La faute à pas de chance
« Il s’agit d’une inspection de fonctionnement et non d’une enquête disciplinaire. Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais d’objectiver, d’analyser et de donner à comprendre », ose Jean-Michel Gentil, à la tête de l’inspection générale de la gendarmerie.
Méthode d’enterrement classique de dossier de la part d’une administration au mieux médiocre, au pire complice, la vérité devant se situer entre les deux. Tous les gendarmes ne sont pas corrompus par les sales habitudes locales (des viols de petites filles en série depuis 2017 autour de l’horrible famille Barella), et tous les magistrats ne sont pas pro-pédophiles.
En réalité, deux noms ont été sortis non par la presse, mais par les réseaux sociaux. La presse ne fait pas son travail, elle fait partie, en quelque sorte, de la chaîne de commandement, le premier commandement étant de ne rien dire de gênant. Les régions françaises fonctionnent comme Paris : les pouvoirs (médiatique, politique, économique, judiciaire) sont enchevêtrés, et on ne doit rien dire qui puisse incriminer ces oligarchies locales. Même chose à Auch pour Lyhanna qu’à Paris pour le périscolaire.
Ce sont les agriculteurs persécutés, pour des manifs légitimes (et un peu viriles), par le préfet d’Occitanie et le substitut d’Auch qui sont montés au créneau, et qui ont dénoncé les fausses raisons avancées par les autorités (et la presse) : non, il n’y a pas un manque de moyens mais un manque de volonté à la tête de la justice et de la gendarmerie, qui ont de concert (!) laissé agir des pédocriminels. Et qui le savaient. Le Figaro résume la catastrophe.
Faute de pouvoir débroussailler l’épais maquis de l’affaire Lyhanna, qui apparaît d’ores et déjà comme l’un des pires naufrages judiciaires qu’a connu la France, le rapport d’inspection fait la lumière sur le volet le plus sensible et le plus « dysfonctionnel » du dossier qui concerne le martyre enduré par la petite Rosa dans l’indifférence générale. La fillette de onze ans a été violée à de multiples reprises entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de Jérôme B., dans le Gers. En dépit d’une plainte déposée le 18 août suivant à la brigade de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère de l’enfant, le prédateur sexuel n’a été ni inquiété, ni même entendu jusqu’à sa mise en cause dans l’enlèvement et la séquestration de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé dans le silo d’une entreprise agricole désaffectée. En clair, si les gendarmes et les juges avaient fait leur métier, la tragédie aurait pu être évitée.
Alors, face à l’inaction des autorités, les RS se sont déchaînés, et ont livré deux noms en pâture : le préfet Durand (qui sera remplacé à la fin du mois de juin 2026 après trois ans de « bons » et loyaux services, et muté à la... Cour des comptes !) et le substitut Meyer. Cette dernière, devant une avalanche de menaces de morts, a obtenu une protection rapprochée. Il n’y en a pas eu pour Rosa et pour Lyhanna. C’est le monde à l’envers.
On ne rentrera pas dans les histoires de « dessaisissement » et de « lenteur » administrative, toute la chaîne est coupable, par paresse, par manque de professionnalisme ou par complicité. Emmerder les paysans et laisser des pédophiles connus en liberté, mobiliser 200 gendarmes pour les travailleurs en lutte et zéro pour la petite Rosa, violée cinquante fois !, c’est indigne. Le rapport Noël & Gentil ose évoquer des « défaillances » : ça nous rappelle le rapport Fenech & Pietrasanta qui sortira le cul du renseignement des ronces à coups de « failles » en 2015 après les grands attentats de France. Aucun membre de la DGSE ou de la DGSI n’aura été en taule pour les 150 morts de Charlie et du Bataclan, et aucun membre de la chaîne judiciaire pourrie n’ira en taule dans le Gers pour Lyhanna. L’administration, qui sait si bien pourrir la vie des Français (solvables), sait se protéger de toute critique et de toute accusation.
Alors que le rôle de la procureure d’Auch Clémence Meyer avait été pointé pour des supposés manquements, ce sont selon nos informations deux autres personnes qui sont en fait visées dans le rapport : la substitut en charge des mineurs au parquet d’Auch et l’officier de police judiciaire (OPJ) en charge de l’enquête. (La Tribune)
Les responsables – administrativement – de cette tragédie sont connus. Le préfet Durand et le substitut Meyer, en tant que responsables, sont payés pour endosser cette responsabilité. Jusqu’au bout ! Impossible de la diluer dans les étages inférieurs, où les gens ne font qu’obéir aux ordres de ces supérieurs. D’ailleurs, il n’y a pas eu beaucoup de révolte parmi les 200 gendarmes qui ont été envoyés contre les paysans, et pas non plus de révolte quand la maman de Rosa est venue porter plainte pour les cinquante (!) viols subis par sa fille.
L’écœurement monte de toute cette chaîne judiciaire qui sait tant tourmenter les Français, qui les empêche de pique-niquer sur la plage pendant le covidisme, faut voir avec quel zèle en 2020 les gendarmes se sont précipités pour punir... Mais jamais pour protéger ! Là est la faillite de ce corps. Quant aux magistrats, on est bien placés pour savoir que leur rôle est avant tout politique dans une France qui gronde.
Une justice très politique à deux vitesses...
Sur ce sujet, Sud Radio a fait le boulot, le 5 juin 2026. À cette date, le corps de Lyhanna n’a pas encore été retrouvé, mais Barella est le suspect numéro un. Il accumule plaintes et signalements contre lui, des faits classés ou oubliés par la justice.
Lionel Candelon, responsable de la Coordination Rurale dans le Gers : « Moi j’ai entendu M. Patrick Vignal, sur votre antenne hier dire que la justice n’a pas de moyens. Moi je vous garantis que la justice du Gers, le parquet d’Auch, a des moyens considérables, des moyens lunaires, parce qu’en l’espace de moins d’un an, j’ai fait l’objet de quatre auditions, deux pour des posts Facebook, une pour une manifestation agricole et j’ai même fait sept heures de garde à vue à Toulouse pour avoir été à pied devant l’aéroport de Blagnac !
Il y a 30 agriculteurs entre le 1er février et aujourd’hui – parce que demain j’ai encore un agriculteur qui va être auditionné au commissariat de police à coup de trois heures d’audition – ça fait 90 heures de travail juste pour des auditions d’agriculteurs pour des manifestations, et là on apprend que pendant un seul laps de temps, on avait un violeur, un pédophile qui se baladait, libre comme l’air, dans notre département à 30 km de chez nous ! Mais on est où là ? On est dans quel pays ? »
🔴Disparition de Lyhanna
🗣️Lionel Candelon (@coordinationrur) : "Je peux vous dire que la justice du Gers a des moyens considérables ! En un mois, j'ai fait l'objet de 4 audiences pour des posts Facebook sur les #agriculteurs ! Et pendant ce temps, un pédophile se baladait !" pic.twitter.com/U5KJ3R6cWb
— Sud Radio (@SudRadio) June 4, 2026
Nous sommes bien dans un dossier politique, une affaire d’État puisque l’État, au niveau régional, a encore failli. Et la question qu’il faut bien se poser, c’est : est-ce qu’il a failli volontairement, ou involontairement ? Est-il à ce point médiocre, ou corrompu ?
Dans les deux cas, la réponse n’est pas encourageante.


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