C’est une forêt historique, le poumon vert de l’Île-de-France, sa petite Amazonie. Alors qu’elle n’avait jamais brûlé, elle vient de voir 800 hectares partir en fumée. Oui, mais voilà : dix départs de feux, ce n’est plus le hasard, le climat, la canicule. C’est un crime.
Brûler Fontainebleau, toutes proportions gardées, c’est comme brûler Notre-Dame, ou le château de Chambord, c’est un bijou du patrimoine, et plus que cela. Des centaines de milliers de Parisiens ou de banlieusards vont chaque année se nettoyer les poumons dans cette forêt.
Naturellement, France 24 n’y voit pas malice, et n’y voit que du feu. Nuñez, pour une fois, ne raconte pas de salades, comme avec les stats de l’antisémitisme : il confirme une possible volonté de détruire ce patrimoine naturel. Mais alors, qui pourrait en vouloir à une innocente forêt ?
Nul doute qu’il y a des dingues, des pyromanes, qui auparavant étaient guillotinés.
En vertu du Code pénal de 1791, toujours en vigueur en 1809, un individu ayant incendié une propriété de l’État est passible de la peine de mort, laquelle est alors exécutée par décapitation, le peloton d’exécution étant réservé aux militaires. (Source)
Aujourd’hui, ceux qui se font choper, on ne sait même pas s’ils font vraiment de la prison. Vu le sort plutôt enviable réservé aux pédocriminels, on peut parier sur un laxisme d’État.
Autre possibilité, des pompiers, volontaires ou pas, qui mettent le feu pour faire la sortie de leur vie, car les incendies, en réalité, sont rares et font littéralement « bander » les soldats du feu, qui se retrouvent le plus souvent à sortir les personnes fragiles ou blessées du pétrin qu’à manier la lance.
Curieusement, le 30 mai 2026, Le Monde sortait un article inédit sur les risques écologiques que la surfréquentation faisait peser sur cette forêt. L’intro pourrait déclencher un petit réflexe paranoïaque, au vu de la suite :
Les gestionnaires du massif forestier situé à proximité de la capitale, l’un des sites les plus riches d’Europe en termes de biodiversité, réfléchissent à la manière de faire face à l’afflux croissant de visiteurs.
Et maintenant, les chiffres : 15 à 18 millions de visiteurs par an, dont 500 000 grimpeurs ! Les sols sont les premiers à souffrir, comme l’écrit le quotidien :
Cette fréquentation se concentre sur quelques sites. À l’Isatis, où les premiers blocs sont à une minute de marche du parking, l’érosion du sol est particulièrement visible : à certains endroits, le niveau du sable a baissé de plus d’un mètre en moins de dix ans, laissant de nombreuses racines apparentes. « Cela peut causer à terme la mort des arbres et déstabiliser certains rochers, qui risquent de basculer », souligne Sophie David. « Là où il y a le plus de passages, les sols sont agronomiquement morts », constate aussi Gaétane Potard, secrétaire de l’organisation Respect Bleau, qui œuvre pour une pratique de l’escalade durable.
Les racines souffrent, donc les arbres, mais les rochers aussi, couverts de pof (le nom vulgaire de la magnésie), sans parler de la faune, riche et diverse dans cet écrin. Le site est engorgé, et ses responsables réfléchissent depuis 2023 à des mesures pour alléger la tension touristique. Le feu est venu leur donner la solution.







