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Scandale du périscolaire : Emmanuel Grégoire invente le « coupable mais pas coupable »

Peut-on être la solution quand on est le problème ? Généralement, non. C’est pourtant ce qu’essaye de faire la mairie de Paris, qui couve un énorme scandale, qui vient d’éclore, depuis des années, au moins dix ans selon les premières remontées parentales.

 

 

Peu à peu, par bribes, on apprend que le système mis en place par la mairie pour encaisser le choc parental est vérolé. Pour faire simple : ceux qui sont responsables de ce secteur et de son effondrement moral sont aussi ceux qui sont mandatés pour réparer les dégâts. C’est à peine pensable et c’est pourtant vrai.

La mairie tente d’éteindre l’incendie en appelant en renfort ceux qui ont mis le feu à la petite enfance, qui ont couvert les criminels, ou qui ont négligé la sécurité en matière de recrutement. Car il faut bien parler de criminels : toucher à un enfant, c’est ce qu’il y a de plus grave.

Emmanuel Grégoire : responsable mais pas coupable

La première question appelle une réponse simple. Elle ne viendra jamais.

Sotto  : « Vous avez été pendant des années le premier adjoint d’Anne Hidalgo, est-ce que vous vous sentez une responsabilité dans ces drames ? »

Grégoire  : « Oui, je l’ai dit, déjà, je considère qu’il y a une responsabilité collective évidente. »

Botter la responsabilité personnelle en touche collective, pour qu’elle se noie dans les méandres de l’administration parisienne, bien verrouillée, on le verra. L’accusé botte ensuite en touche dans un passé personnel, nébuleux, donc invérifiable.

Grégoire : « C’est un sujet qui me touche personnellement, qui me renvoie à des choses que j’ai subies et dont j’ai tu la gravité pendant longtemps. »

Pour un peu, on penserait que Grégoire est la victime principale du scandale du périscolaire à Paris ! Mais Sotto n’en a cure et reprend l’accusé de volée.

Sotto : Vous en avez parlé il y a quelques semaines, et c’est évidemment, vous faites partie des victimes, et c’est un drame personnel que vous avez vécu et ça personne ne le conteste, mais ça n’exonère pas d’une éventuelle responsabilité politique.

 

La déresponsabilisation générale des hommes politiques pris la main dans le sac est écœurante. S’il s’agit de quelques robes ou bijoux offerts par de grandes marques à Rachida, on s’en fout. Mais le scandale du périscolaire, et encore, on ne parle que de Paris, touche des centaines de familles.

Il y a des enfants tout petits engueulés, battus, attouchés, et même violés. Cela ne peut pas être pensable sans une complicité active ou passive du système administratif, c’est-à-dire de la mairie, puisque les premières alertes qui remontent à dix ans ont été étouffées. Et l’affaire n’est pas terminée.

 

 

Le résumé du procès d’un animateur par Alain Weber sur X

À quoi joue la mairie de Paris, à quoi joue le maire de Paris ?

Procès David G. : la Mairie de Paris se terre dans le silence. Qui protège-t-elle ?

Ce mardi 26 mai 2026 s’ouvre au tribunal correctionnel de Paris un procès qui fait froid dans le dos. David G., 36 ans, animateur périscolaire vacataire à l’école Alphonse-Baudin dans le 11e, comparaît pour des faits d’une gravité absolue : agressions sexuelles sur huit enfants de 3 à 5 ans, harcèlement sexuel sur deux collègues animatrices et agression sexuelle sur une troisième. Les faits se seraient déroulés entre septembre 2024 et avril 2025. L’accusé nie tout en bloc.

Mais ce n’est pas le seul scandale de cette audience. Le véritable séisme, c’est l’absence inexplicable, non, inexcusable, de la Mairie de Paris comme partie civile. Employeur direct de ce prédateur présumé, la Ville avait l’obligation morale de se tenir aux côtés des familles, de défendre ces tout-petits qu’elle était censée protéger après l’école. Au lieu de cela, elle choisit le mutisme. Elle se défile. Pourquoi ? Que cache cette lâcheté institutionnelle ? La Mairie refuse-t-elle d’assumer ses responsabilités écrasantes dans le recrutement, le suivi et la gestion de ce dossier ?

Et ce n’est pas tout. Le pire émerge à la barre ce mardi même : une animatrice témoigne avoir reçu un appel de la Mairie de Paris lui ordonnant de ne rien dire de négatif sur l’institution, sous peine de « subir les conséquences ». Une menace explicite. Une tentative d’intimidation délibérée pour museler les témoins internes. Qui a passé cet appel ? À quel niveau de la hiérarchie cette instruction a-t-elle été donnée ?

Une enquête immédiate, interne ET judiciaire, est impérative. Nous exigeons des noms, nous exigeons des comptes.

Tout cela dessine un tableau nauséabond de couverture systémique. La Mairie savait-elle ? A-t-elle enterré les signalements pour éviter le scandale ? Pourquoi a-t-on déplacé des animateurs suspects d’une école à l’autre malgré les alertes, comme on déplace un meuble encombrant ?

Le contexte est accablant : des dizaines de suspensions pour faits sexuels dans le périscolaire parisien en quelques années. Derrière ces chiffres, une gestion catastrophique : recrutement de vacataires sans aucun contrôle sérieux, absence de formation digne de ce nom, et une culture du « pas de vague » qui broie les victimes.

La colère des parents est légitime. Elle est saine. Ce procès, premier éclat public d’une série noire qui s’annonce, met en lumière une faillite collective abjecte. Protéger nos enfants, c’est exiger la vérité, pas un silence complice. En refusant de se constituer partie civile, en laissant planer l’ombre putride de pressions sur les témoins, la Mairie de Paris ne se contente pas d’être défaillante : elle apparaît complice. Complicité par omission, complicité par volonté d’étouffer.

Que la justice fasse toute la lumière, impitoyablement. Les familles, l’opinion publique, la société tout entière attendent des comptes, pas des manœuvres de protection. La protection de l’enfance ne supporte aucun compromis. Et ceux qui ont couvert, ceux qui ont menacé, ceux qui se taisent aujourd’hui devront répondre de leurs actes.

L’archive qui tue

 

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