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L’Homme et son Dieu

« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! » Il est logique que cette formule émane de l’Occident, sachant qu’il est, d’après son étymologie, le lieu où le soleil meurt derrière l’horizon. Quand Nietzsche écrit cette sentence à la fin du XIXe siècle dans Le Gai Savoir, il est difficile de lui donner tort tant il est vrai que la civilisation occidentale a laissé mourir la présence de Dieu dans l’Homme.

 

La « mort de Dieu » se manifeste par la foi dans l’Homme, c’est-à-dire dans le progressisme, qui repose sur l’idée d’une humanité qui se surpasse à mesure qu’elle se détache des entraves de la religion. Or, comme on en trouve l’idée qui transparaît chez Dostoïevski, si Dieu est mort, alors tout est permis. La suite logique de la « mort de Dieu », c’est la mort de l’Homme et l’idéologie mortifère qui prévaut en Occident en est l’implacable conséquence.

Si la mort de Dieu est une absurdité métaphysique, le caractère religieux de la foi en Dieu qui a donné consistance à l’Occident et l’agonie de cette foi ne font en revanche aucun doute. Aussi, pour comprendre le mal qui a occis l’Occident, il faut d’abord comprendre ce qu’est une religion.

Tradition métaphysique et religion révélée

Il est difficile en Occident de donner une définition convaincante de la religion tant celle-ci y a façonné intégralement le rapport à Dieu. L’accès à la connaissance pure, à la métaphysique, a été obstrué et celle-ci n’est parvenue que de manière incomplète. Il est donc extrêmement difficile pour les Occidentaux d’accéder à la métaphysique en dehors de la religion. Dans l’Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, René Guénon propose une définition de la religion qui permet d’en comprendre les spécificités.

« Nous dirons que la religion comporte essentiellement la réunion de trois éléments d’ordre divers : un dogme, une morale, un culte ; partout où l’un quelconque de ces éléments viendra à manquer, on n’aura plus affaire à une religion au sens propre de ce mot. » [1]

Pour Guénon, le dogme s’appuie sur une doctrine. La doctrine prend une coloration particulière propre à la forme religieuse. Cette forme revêt un caractère « sentimental » qui fait que l’on sort de l’ordre purement intellectuel. En d’autres termes, il ne s’agit plus de métaphysique pure, mais de croyances qui ont le mérite d’offrir une voie accessible à un certain type d’hommes. Le cycle de la Révélation correspond donc à une humanité qui a perdu l’accès direct à la métaphysique et qui, par le biais du Livre révélé à des hommes choisis (les prophètes), retrouve un cheminement vers le divin.

Quant aux deux autres éléments, la morale relève de l’ordre social tandis que les rites ont à la fois un caractère intellectuel en tant qu’ils expriment de manière symbolique et sensible la doctrine, et un caractère social puisqu’ils instaurent des pratiques obligatoires au sein de la communauté religieuse.

Arrêtons-nous sur le dogme. Il est une interprétation spécifique d’une doctrine qui repose sur les principes métaphysiques. Rien en métaphysique n’est limité puisqu’il s’agit de la connaissance universelle. Or, le dogme est une traduction particulière, donc limitée, d’une vérité sans limites. Si l’on voulait formuler les choses simplement, on pourrait dire que la doctrine est un ensemble de principes métaphysiques qui ont valeur d’outil, tandis que le dogme fait de cet outil une relique. Si le dogme permet une plus grande accessibilité aux réalités métaphysiques par le biais d’une relation « sentimentale », pour reprendre l’expression de Guénon, avec le divin, il est aussi la cause d’une réduction de ces mêmes réalités à une vision dogmatique, qui fige une vérité supérieure dans un écrin de plus en plus réduit. C’est ainsi qu’il devient une relique, d’abord vénérée, puis idolâtrée, avant d’être dédaignée, pour finir par être subvertie.

Dans les trois religions du Livre, chacun des dogmes prend une coloration particulière. Le judaïsme s’appuie sur la Loi, le christianisme sur l’Amour, l’islam sur l’Intelligence. Chacun de ces aspects ouvre la voie à une adhésion des populations, mais lorsque le dogme est subverti, c’est justement sur cet aspect particulier que la religion est le plus affectée : il suffit de constater ce que deviennent la Loi, l’Amour et l’Intelligence lorsque ces supports de la foi perdent tout lien avec la doctrine, et donc avec ce qu’il y a de métaphysique dans la religion. Si l’on voulait simplifier par une image parlante, on pourrait dire que la doctrine est au service de Dieu et que le dogme, une fois coupé de sa doctrine, devient trop souvent l’occasion pour les Hommes de se servir de Dieu à des fins toutes terrestres. C’est en somme ce que dit Jean de La Fontaine, dans la fable L’Âne portant des reliques.

Un Baudet, chargé de Reliques,
S’imagina qu’on l’adorait.
Dans ce penser il se carrait,
Recevant comme siens l’Encens et les Cantiques.
Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit :
Maître Baudet, ôtez-vous de l’esprit
Une vanité si folle.
Ce n’est pas vous, c’est l’Idole
À qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.

D’un Magistrat ignorant
C’est la Robe qu’on salue.

C’est en ce sens que l’on peut dire qu’un dogme peut mourir. La doctrine, quant à elle, n’est pas soumise à ces contingences.

Une fois la définition d’une religion établie, il est plus aisé de comprendre pourquoi le confucianisme par exemple n’est pas une religion. Il repose sur des rites à caractère social. La doctrine métaphysique n’y est pas présente, contrairement au taoïsme dont les rites sont métaphysiques et non sociaux. Dans un cas comme dans l’autre, la morale est absente, comme d’ailleurs dans l’hindouisme. En ce qui concerne cette dernière tradition, la forme sentimentale, qui sert de liant entre une morale et une doctrine, est totalement absente. La tradition hindoue repose sur un ensemble d’écrits fondamentaux que l’on appelle le Veda et qui signifie la connaissance. Ces textes sont le fruit du travail d’une « collectivité intellectuelle » que l’on nomme Vyasa. Ces écrits ne sont que la transcription d’une tradition orale dont l’origine échappe à l’analyse historique. Il ne s’agit donc pas de textes issus d’une Révélation, comme dans le cas des prophètes de la tradition abrahamique, mais d’une inspiration transmise par filiation traditionnelle. L’origine du Veda est dite Apauruṣeya, c’est-à-dire non humaine. Mais comme l’explique Guénon, rechercher l’origine du Veda est vain dans la mesure où cette inspiration « peut se produire à n’importe quelle époque » [2]. En réalité, la connaissance pure, la métaphysique, est étrangère à toute idée de progressisme. Il n’y a pas de concept métaphysique à inventer ou à découvrir. Chacun peut, au prix d’une intention initiale et d’un effort authentique, entendre l’écho proche ou lointain de la connaissance intégrale.

Le lien entre le Ciel et la Terre

Les traditions issues d’une inspiration ou les religions révélées s’appuient les unes comme les autres sur un moment, grandiose et mystérieux, où s’établit un point de contact entre le divin et l’humain. Si, dans le cas de traditions comme l’hindouisme, ce moment très ancien semble atemporel, il fait en revanche l’objet d’un récit central dans les religions du Livre.

On retrouve dans les civilisations les plus anciennes la nécessité d’unir l’espace et le temps au service de la manifestation d’un ordre universel. Les travaux d’Howard Crowhurst montrent comment les anciens bâtisseurs utilisaient une géométrie sacrée avec cet objectif. Les grands ensembles mégalithiques, comme celui auquel appartient le grand menhir de Locmariaquer dans le Morbihan, sont le fruit d’une harmonie mathématique dont les desseins sont métaphysiques.

 

 

Ces mégalithes unissent le temps et l’espace pour mettre en évidence l’unité du cosmos au sens étymologique du terme, c’est-à-dire l’ordre de l’univers à l’intérieur duquel s’inscrit l’existence humaine. Les chiffres utilisés sont comme des notes qui jouent la musique des sphères. Crowhurst démontre de manière convaincante que les Hommes qui ont installés, on ne sait plus comment, ces blocs de plusieurs dizaines, voire centaines, de tonnes, maîtrisaient déjà le théorème de Pythagore, le nombre d’or, et utilisaient des unités de mesures comme le yard mégalithique (formulé par l’ingénieur Alexander Thom dans les années 1950), le pied et même le mètre. La mesure étalon, c’est la Terre : on sait que le mètre est une fraction du méridien terrestre, et d’après Crowhurst, le pied anglais est basé sur une fraction « harmonique » de l’équateur.

Ces connaissances, comme dans le cas du Veda, sont issues d’une transmission traditionnelle dont la source nous est méconnue (mais pas inconnue). La maîtrise de l’architecture sacrée s’est transmise oralement jusqu’aux bâtisseurs de cathédrales qui utilisaient le nombre d’or pour mettre en forme, sur Terre, l’unicité divine par l’harmonie mathématique, comme une partition sacrée. On trouve ainsi, sur la façade de la cathédrale de Reims, des musiciens juchés sur des gargouilles, représentant la musique des sphères.

Dans les religions révélées, le lien entre l’Homme et son Dieu est personnifié par la figure du Prophète qui entre en présence du divin et reçoit un dépôt dont il a la charge auprès des Hommes. Mais si, durant son existence terrestre, il est une manifestation du lien entre le Ciel et la Terre, que devient ce lien lorsque le prophète meurt ? Le temple de Salomon fut construit sur le modèle du triple carré, comme les constructions mégalithiques, bien antérieures au Temple, que l’on trouve en France ou en Grande-Bretagne. Les prêtres du Temples, (les cohanim) sacrifiaient deux fois par jour, un agneau le matin, un autre au crépuscule, pour maintenir le lien avec Dieu. Dans le christianisme, le Christ est, après l’Ascension, le garant de ce lien, médiateur entre le Ciel et la Terre. Pour l’islam, une différence fondamentale s’établit entre les deux principales voies : les sunnites et les chiites reconnaissent Mohammed comme le sceau de la prophétie. Avec le message coranique, Dieu vient clore le cycle de la Révélation. Pour l’islam sunnite, le Prophète n’ayant pas désigné d’héritier, les califes portent après lui la charge de son message. Cela pose d’importantes questions pour la communauté islamique une fois que le califat disparaît. Dans le chiisme, les savants partent du principe que la « Terre ne peut rester vide d’un garant ». Le lien entre le Ciel est la Terre est donc l’imam. Le chiisme duodécimain, majoritaire en Iran, en reconnaît douze. Le dernier Imam est appelé le Mahdi. Depuis son Occultation majeure située vers 940, le Mahdi demeure, dans l’islam chiite, le guide des croyants et le lien entre le Ciel et la Terre, restant invisible aux yeux de chair mais présent dans les cœurs.

En l’absence physique du médiateur entre Dieu et les Hommes, et dans l’attente de sa parousie, il faut pourtant que le lien se maintienne. Sans parler des structures religieuses qui permettent d’entretenir les trois supports des religions (dogme, rites, morale) la question du maintien de la justice sur Terre est une manifestation de la continuité de la relation de l’Homme et son Dieu. Du point de vue métaphysique, la justice est ce qui est en ordre dans le cosmos. Ainsi, dans l’hindouisme, le terme dharma signifie « manière d’être » et désigne la nature essentielle de chaque être. En agissant en conformité avec sa nature, l’être trouve sa place dans l’ordre total, au sein d’une hiérarchie. Ce faisant, on rend justice à cet ordre que l’on reconnaît en même temps que l’on se rend justice à soi-même. Du point de vue moral, la justice est ce qui contient le mal dans sa tendance à l’expansion. Le symbole de la justice est une balance, c’est-à- dire justement ce qui maintient l’équilibre.

Des aptitudes spirituelles atrophiées

Les recherches en microbiologie des vingt dernières années ont démontré l’impact prépondérant du microbiote. Les bactéries influent directement sur le caractère des êtres vivants à tel point que l’on a parlé du microbiote comme d’un « deuxième cerveau ». Lorsque l’on entrevoit le rôle que peuvent jouer des bactéries sur notre manière d’être, on peine à imaginer les dommages que peuvent causer les excès de l’alimentation moderne, l’omniprésence des plastiques, l’emploi massif de la chimie de synthèse, le recours quasi exclusif à une médecine moderne qui ignore avec arrogance les équilibres internes de l’être humain, etc.

Qu’en est-il, dans le cas de l’homme moderne, de ses aptitudes spirituelles ? Possède-t-il un organe d’intellection propre à la Connaissance pure, c’est-à-dire la métaphysique ? Les traditions s’accordent sur la place du cœur. Il ne s’agit pas du cœur biologique, et cela même si l’on sait qu’il existe un réseau neuronal cardiaque capable d’une certaine autonomie fonctionnelle. Il s’agit du cœur spirituel.

Les religions révélées le définissent comme un organe de compréhension. Dans le Premier Livre des Rois, Salomon s’adresse ainsi à Dieu : « Accorde à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal. » [3]

Dans les Évangiles, Jésus explique ceci à ses disciples : « Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. » [4]

Le Coran le rappelle en de nombreux versets. Par exemple : « Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, des yeux avec lesquels ils ne voient pas, des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas... » [5]

Dans le Veda, il est dit que la parole se compose de quatre niveaux, connus par les Brahmanes. Trois d’entre eux sont cachés dans le secret du cœur, le quatrième étant le langage humain [6].

Dans les Upanishad, le cœur est le siège de l’atman, c’est-à-dire du « soi ». Enfin, puisque l’on pourrait multiplier les exemples, citons ce passage du Chandogya Upanishad : « Dans cette cité de Brahman, il y a une petite demeure en forme de Lotus. À l’intérieur de cette demeure se trouve un petit espace. Ce qui est contenu dans cet espace doit être recherché ; c’est cela qu’il faut désirer connaître. » [7]

Cette demeure en forme de lotus est le cœur spirituel (Hṛdaya), que l’on retrouve mentionné dans le Coran dans le célèbre verset de la lumière : « Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. » [8]

C’est par l’organe d’intellection du cœur que l’Homme peut voir son Dieu.

* * *

Au final, qu’est-ce qui est mort en Occident ? Et en parlant d’occident, il faut ici le considérer comme le point de vue qui y domine et qui s’est étendu bien au-delà des limites du monde occidental au sens géographique et civilisationnel. Le Coran décrit l’épisode des idoles lors duquel Abraham, voulant faire revenir son peuple au monothéisme, brise une à une les idoles que ces derniers adoraient et n’en laisse qu’une seule intacte. C’est celle-ci qu’il accuse, devant son peuple, d’avoir brisé toutes les autres. Pendant un instant, les idolâtres se rendent compte de l’absurdité de l’accusation et de l’impuissance de ce qu’ils adorent, avant de se laisser aller au désir de vengeance à l’encontre d’Abraham. Lorsque Nietzsche affirme que « Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! », il fait en réalité le même constat. Ce qui est mort, ce n’est qu’une relique, une idole affublée du nom de Dieu.

De ce cadavre, l’Occident a extrait des « valeurs », faites de droits de l’homme, d’égalité, de liberté et de progressisme et fondées sur l’idée que l’homme deviendrait meilleur en étant l’objet de sa propre contemplation. Cette idée a vécu, elle aussi. Ce que l’on appelle l’Occident dégénéré ne croit plus en ses valeurs puisqu’il abandonne toute forme de justice, y compris morale, c’est-à-dire la plus accessible. Même dans le domaine scientifique, qui constituait l’essence de sa domination, le constat est sans appel : nous avons une quantité considérable d’informations sur le monde qui nous entoure, mais nous ne pouvons en tirer une connaissance intégrale. La complexité du corps humain et ses interactions avec son environnement, le rôle des bactéries, microbes, virus… Plus on en apprend, plus l’ensemble nous échappe tellement les équilibres qui régissent le monde dans lequel nous vivons semblent indéfiniment complexes. Ignorance du microcosme, ignorance du macrocosme. On entend parfois que l’on connaît mieux l’univers que le fond des océans. Même lorsqu’ils tentent d’être humbles, les Occidentaux ne peuvent s’empêcher de lover leur ignorance dans l’arrogance la plus complète.

En réalité, si la religion est une forme particulière de la doctrine, il n’existe aucune civilisation qui ne s’appuie sur une Tradition, car ce que nous nommons Dieu, mais que nous ne mentionnons plus beaucoup, n’a jamais cessé d’être concerné par les Hommes. Ce lien ne repose pas sur une croyance, mais sur une certitude métaphysique. La métaphysique, connaissance intégrale, universelle et immuable, ne connaît pas l’altération des dogmes ou l’insuffisance de la raison. C’est une science de la certitude.

Hyacinthe Maringot

 

Notes

[1] René Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Paris, 1983.

[2] Ibid. p 161.

[3] Premier Livre des Rois 3 : 9

[4] Saint Mathieu 13.15

[5] Coran 7 :179.

[6] Rigveda 1.164.45

[7] Chandogya Upanishad verset 8.1.1

[8] Sourate 24, verset 35.

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65 commentaires

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  • #3620781
    Le 18 juin à 17:22 par Stefanovitch

    Avant, seul le clergé avait accès aux textes. On parle donc de religion "révélée" non pas parce que Dieu a communiqué quoi que ce soit aux hommes, mais parce que d’ésotérique ( cachée ) elle est devenue exotérique. Même si il est plus prestigieux de laisser croire que... Si vous étudiez la Bible crayon en main, vous y relèveriez pleins de contradictions apparentes, par exemple Joseph d’Arimathie est présenté tantôt comme un gardien de cimetière et plus tard pratiquement comme quelqu’un d’influent au sein du Sanhédrin ( or Armath = Tombeau ). Comme je l’avais écris dans un post non publié par la modération, lors du procès, Ponce Pilate demande à la foule qui elle veut libérer : Yeshoua ou Barabas ? Or, Barabas signifie étymologiquement "le fils du père". De quoi se poser quelques questions, non ? Qu’un révolutionnaire du nom de Jesus ait existé ne fait aucun doute pour moi, tout comme le fait qu’il possédait quelques dons particuliers ( il avait atteint l’état "Omega" que décrit le jésuite Theillard de Chardin ). Je rappel à toutes fins utiles ces deux citations Papales : " force est de constater que nous avons à faire à un mythe solaire de plus" et "rien ne nous a été plus profitable que cette fable Juive".

     

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    • #3620825
      Le 18 juin à 20:42 par Mouai

      Non, c’est révélé parce qu’une vérité nous extérieurement révélée, et non simplement observée dans l’ordre manifeste. Point.

      La langue de Dieu, celle de la Bible, a forcément plusieurs étages pour résonner aux différents étages de l’homme. Il est stupide de la lire littéralement. Il l’est aussi, sans doute, de la passer par l’Athanor de la vanité intellectuelle. Ce n’est pas ça qui est décisif dans le Salut de l’homme, qui est un mouvement, et non un état de connaissance.

      Oui les juifs ont voulu sauver le Fils du Père (leur tradition) au détriment du Fils de l’Homme (la nouvelle alliance). Et après ? vous n’aviez pas déjà compris ça avant de frictionner la lettre ? ça va vous rendre plus capable de renoncer à vous-même, de marcher vers la Sainteté ?

      Beaucoup de gens font les érudits, (re)tournent à l’hébreux, etc. A chaque fois, cela n’a qu’un but : rejeter l’Eglise de Dieu - son enseignement/magistère, et en définitive sa légitime ascendance sur les âmes.

      C’est très bien qu’il y ait des rats de l’écriture, des passionnés du labyrinthe. Il est possible que, parfois, cela accouche d’une perle qui égaye la pensée, ou rassérène les extases mystiques. Mais il faut qu’ils se souviennent, que cette âpre recherche à la source du Nom les rapproche au mieux d’une totalité divine qui n’est complètement vraie que dans l’autre monde, et ne peut pas être vécue à la lettre ici bas, qu’elle soit hébraïque ou pas.

      Le paradis et toutes ses règles bien ordonnées au Verbe, où peut-être le Mal et le Bien se confondent, ce n’est pas pour tout de suite. Je pensais que les erreurs des deux derniers siècles nous avaient vacciné contre ces niaiseries gnostiques. Qu’il n’y aurait plus personne pour dire : "nous sommes mûrs, nous n’avons plus besoin d’Eglise, maintenant il va suffire d’être gentil avec l’autre, et l’autre le sera avec nous, parce que l’homme est bon par nature..".

      Ce dont nous avons besoin, éternellement, c’est d’une Loi solide qui a intégré le péché originel et digéré le Mal (sans le nier). C’est de l’éclairage de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, pour faire son chemin dans le monde déchu. C’est d’un ordre politique qui protège ce chemin (le garde autant que par prudence le conscrive). C’est ce dont le plus grand nombre à besoin, en dépit de tous ces maîtres, ces marginaux très instruits de tout sauf de la vérité humaine, et qui pensent pouvoir être des guides en saccageant l’Eglise fondée par le Christ lui-même.

    • #3621195
      Le 20 juin à 13:31 par Stefanovitch

      @Mouai :
      « Non, c’est révélé parce qu’une vérité nous extérieurement révélée, et non simplement observée dans l’ordre manifeste. Point. » Ce n’est que ton opinion et, en tant que tel, ne vaut que par le crédit que tu lui accorde.
      « La langue de Dieu, celle de la Bible » Dieu étant par nature adimensionnel et atemporel, j’en doute fortement.
      Juste pour info, certains apocryphes de nag hammadi ont clairement des connotations gnostique, tout comme le livre d’Enoch cité par le Christ lui-meme.
      Tu cherches Dieu dans une église, moi je le cherche dans sa manifestation. Vaux tu mieux que moi pour autant ?
      Pour le reste, je te laisse à tes déductions péremptoires et expéditives digne de l’inquisition.

  • #3620822
    Le 18 juin à 20:24 par Chibreman

    Chacun de nous pauvres humains n’existait pas il y a quelques décennies. Et il n’existera plus dans quelques décennies.

    Donc en somme Dieu, qui vit depuis toujours et à toujours, est bien plus vivant et réel que nous tous.

    A méditer...

     

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    • #3620898
      Le 19 juin à 05:49 par Alençon

      "Chacun de nous pauvres humains n’existait pas il y a quelques décennies. Et il n’existera plus dans quelques décennies."

      Tu n’ as pas de parents ? Tu n’ as pas d’ enfants ? Ton âme est née il y a quelques décennies et n’ en a plus pour longtemps ?
      Si chaque génération recommençait à zéro , ça serait l’ avènement de l’ égalité (républicaine) par le bas.. heureusement , ou hélas pour certains , les individus sont dotés par "la nature" avec une différenciation (injustice) telle , que certains naissent tels des anges et d’ autres tels des rats.. et ce , quel que soit leur race et environnement socio-culturel (n’ en déplaise aux jaloux fanatiques) .

  • #3620999
    Le 19 juin à 13:03 par Charles

    Le Livre des comptes et des contes judaico-coranique est l’écriture de la servitude...
    La parole du Christ révolutionnaire est le logos incarné de l’émancipation...

     

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    • #3621056
      Le 19 juin à 17:35 par ProtégeonslaPalestine

      Démontrez l’intégralité de votre postulat par des citations tirées de chacun des livres, suivies de micro-analyses pour nous convaincre que vous n’êtes pas qu’un fanatique prosélyte et étriqué, qui prêche pour sa paroisse dans un gazouillis d’enfant. Sitôt fait, on verra si on s’enrôle ou si on pouffe de rire.

  • #3621061
    Le 19 juin à 17:58 par Remi_Pierre

    ’’Dieu est mort"" : délire de toute puissance des puceaux qui n’ont pas vécu.

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  • #3621096
    Le 19 juin à 22:59 par Femme

    Cela soulève aussi la question de la mort de Jésus. D’un point de vue chrétien, Dieu s’est fait homme : Il est mort et a ressuscité.
    ​S’agit-il d’une partie de Lui ? Non, puisque Dieu n’a ni commencement ni fin. Affirmer qu’une partie de Lui s’est incarnée reviendrait à dire que Dieu est fractionnable et qu’Il a des limites. A-t-il alors pris une simple enveloppe humaine ? Non plus, puisqu’il ne peut être contenu.
    ​Si Dieu est en dehors de la création, comment peut-il s’incarner ? Évidemment, de mon point de vue actuel de musulmane, c’est absolument incohérent. Pourtant, quand j’étais catholique, ce concept ne me posait pas de problème car il s’agissait d’un "Mystère".
    ​Pourquoi Dieu aurait-il besoin de s’incarner ? Est-ce si difficile à envisager que Jésus ne fût qu’un homme ? Sa naissance miraculeuse d’une mère vertueuse, ses miracles et ses enseignements ne sont-ils pas assez merveilleux en soi, sans qu’il soit nécessaire de lui attribuer la divinité ?
    Oui, je touche là au cœur de la foi chrétienne et je sais très bien ce que l’on pourrait me répondre.
    ​Et pour faire un peu de provoc, avec respect, on pourrait dire qu’en voulant rapprocher Dieu des hommes par l’Incarnation, les chrétiens ont fini par Le faire mourir ! Peut-être un prémisse au modernisme...

     

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    • #3621114
      Le 20 juin à 05:13 par The bleu horse

      La religion juive, chrétienne et musulmane, leur prophètes, depuis Adam jusqu’à Mohamed promeuvent un Dieu unique, la compassion, la charité et la patience. Elles ont toutes des siècles d’exégèses.
      La Torah, les évangiles et le Coran, ne sont pas des traités de logique ou de physique. la foi n’est pas une adhésion intellectuelle.

    • #3621170
      Le 20 juin à 09:52 par Femme

      Blue Horse, je comprends ce que vous voulez dire, bien que la foi puisse à mon sens être appuyée par une adhésion intellectuelle, du moins en partie. C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai mis un pied dans la religion musulmane. C’est à dire que l’adhésion intellectuelle valide la source. On peut tout à fait concilier logique humaine et foi dans le Coran, qui d’ailleurs encourage les croyants, juifs, chrétiens ou musulmans, à raisonner.
      Si le Coran est considéré comme une révélation directe à un prophète (c’est à dire des mots provenant directement de Dieu), le nouveau testament lui est, selon l’islam, une inspiration, normalement divine, mais corrigé, reformulé, altéré selon la logique humaine. Encore une fois c’est le point de vue musulman et je connais les arguments chrétiens.
      En islam, le Coran est le Verbe littéral, les évangiles non. Chez les chrétiens, c’est Jésus qui est le Verbe incarné.

    • #3623064
      Le 28 juin à 15:41 par Talon

      Pour commencer, j’ai du mal à prendre aux sérieux vos idées
      "Affirmer qu’une partie de Lui s’est incarnée reviendrait à dire que Dieu est fractionnable et qu’Il a des limites" sans même juger de la valeur du raisonnement (et vous, quand vous engendrez, vous vous fractionnez ?) j’ai surtout du mal à croire qu’une conversion/déconversion puisse se faire sur ce type d’incompréhensions anthropologiques (comme si on comprenait tout dès le départ), bref tout ça ressemble plutôt à une réflexion qu’on se fait après coup, donc peu signifiante, mais peu importe

      Pourquoi Dieu aurait-il besoin de s’incarner ?

      Ce n’est pas un besoin, c’est un acte gratuit. Et ne faites pas comme si cela (l’incarnation) ne changeait rien, ou n’ajoutait que peu de sens, ALORS QUE CA CHANGE TOUT (dommage qu’on ne puisse pas écrire en lettre de feu).

      Il s’incarne par amour. Visiblement il ne nous a pas créé juste pour nous regarder de loin et nous filer des ordres. Il a envie de tout partager avec nous. Je vois vraiment pas ce qu’il y a de compliqué. Mais encore une fois, ce n’est pas là-dessus qu’une conversion se fait, sur de simples mots ou raisonnements logiques, ou bien cela est vraiment pauvre et n’emmène pas loin ;

      Et pour finir, cette incarnation, prévue dès le commencement (et qui est supposément à l’origine du refus de Satan qui, comme vous peut-être, trouve cette incarnation indécente..) est devenue d’autant plus indispensable qu’elle s’est muée en acte de rachat, en donnant à la douleur un rôle surnaturel (quand elle est accueillie en Jésus-Christ).

      Je ne vois pas ce qu’il peut y avoir d’attirant dans l’Islam quand on a un tel trésor à portée.
      Je veux dire, est-ce qu’il y a des miracles (avec la même abondance qu’en chrétienté, et surtout de même niveau, type apparition, hosties sanglantes..) ? J’imagine que oui, vu que vous prenez un gars qui marche sur l’eau et ressuscite les morts pour une sorte de simple thaumaturge...

      Parce que si vous aviez réellement cherché (sur le Suaire, les Miracles, les Saints) je ne vois pas quelle "vérité" aurait pu vous attirer vers l’Islam. La France regorge tellement d’histoires fantastiques... Quelle régression....

    • #3623323
      Le 29 juin à 16:56 par Femme

      C’est une invitation au dialogue ?

    • #3624189
      Le 2 juillet à 15:39 par Talon

      Pas plus que votre commentaire initial

  • #3621292
    Le 21 juin à 04:55 par Thebluehorse

    « O Dieu de mon berceau, soit le dieu de ma tombe ! »
    Lamartine.

     

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    • #3621570
      Le 22 juin à 07:12 par Femme

      ​« Seigneur ! Ne laisse pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés. » (Coran, S3-V8)

      Mais c’est vraiment marrant que vous citiez Lamartine. Cet homme a progressivement rejeté les dogmes de l’Église et était profondément admiratif du prophète Muhammad ! Quelle ironie !

  • #3621319
    Le 21 juin à 08:26 par Maurice

    Ὅτι ὁ νόμος διὰ Μωσέως ἐδόθη, ἡ χάρις καὶ ἡ ἀλήθεια διὰ Ἰησοῦ χριστοῦ ἐγένετο…

    Quand la loi a été produite par Moïse ; la joie et la vérité sont venues par le Christ Jésus…

    ΚΑΤΑ ΙΩΑΝΝΗΝ 1- 17
    JEAN 1- 17

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  • #3621445
    Le 21 juin à 17:48 par fajs

    Le monde n’est que volonté au sens du désir d’être !
    Kant a commencé à en parler, Nietzsche un peu plus.
    Schopenhauer ne parle que de çà,
    on peut commencer par lire "Métaphysique de l’amour, Métaphysique de la mort"

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  • #3621581
    Le 22 juin à 07:41 par J.I.

    L’Occident se désespère des affres qu’il a lui-même créé et amplifiés. Pathétique !

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  • #3621666
    Le 22 juin à 13:38 par SSSQ

    NIETSCHE est mort. - Dieu.

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