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L’affaire du chat Benkemoun assassiné par la SNCF

L’affaire du chat (de) Benkemoun commence le 2 juillet 2026 à la gare de Lyon. Le maître part avec son fils et son chat dans un sac, monte dans le TGV, mais le chat se sauve. Le journaliste raconte.

 

 

Les analyses de ce fait divers éclatent sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas les pro et les anti-chat, mais les pro et les anti-Benkemoun (attention, pas question d’antisémitisme ici, pour une fois). On a choisi une analyse un peu plus approfondie que l’interrogatoire de Praud, celle de @grm_off.

L’affaire du chat de Benkemoun raconte surtout notre effondrement face à la responsabilité individuelle.

Qu’un homme pleure son animal, c’est humain. Qu’il transforme ce drame intime en procès médiatique contre la SNCF, c’est le symptôme d’une société qui cherche toujours ailleurs la cause de ses propres négligences.

Selon son propre récit, la famille arrive au dernier moment, court jusqu’au train, le chat est transporté dans un sac, puis il ouvre la fermeture avec ses griffes et s’échappe sur les voies. Voilà le point central : un chat stressé peut ouvrir une fermeture éclair. C’est précisément pour cette raison qu’un animal se transporte dans une caisse rigide ou dans un dispositif sécurisé, fermé, adapté, conçu pour empêcher la fuite.

La première responsabilité appartient au propriétaire. C’est une idée simple, presque brutale, devenue inaudible : nos choix produisent des conséquences. La SNCF devait agir raisonnablement. Elle a arrêté le trafic, mobilisé des agents, tenté de retrouver l’animal. Ensuite vient l’arbitrage réel : sécurité ferroviaire, centaines de voyageurs, zone dangereuse, horaires, responsabilité pénale, continuité du service.

La société contemporaine adore inverser cette chaîne. L’individu prend un risque, l’institution doit absorber le choc. La faute privée devient un scandale public. La douleur devient une créance morale. L’émotion efface la causalité. Où est l’exigence adulte ? Celle qui consiste à assumer ce qui dépend de soi avant d’exiger du monde qu’il répare nos imprudences.

Quand une civilisation transforme chaque négligence personnelle en procès collectif, elle fabrique des victimes professionnelles, des institutions paralysées et des individus incapables de répondre de leurs actes.

À Paris, ville woke par excellence, la mort d’un animal domestique prend des proportions politiques. On peut aimer les animaux et avoir une réflexion juste sur l’exagération de monsieur Benkemoun, qui attaque la SNCF. La SPA soutient le plaignant et l’affaire remonte jusqu’à Jean Castex, l’ancien Premier ministre devenu PDG du groupe SNCF. Faudra-t-il que Brigitte intervienne en personne, et dédommage Benkemoun avec les pièces jaunes ?

 

 

Tous les jours, malheureusement, des chats sont écrasés sur les routes. À la campagne, ils sont à moitié sauvages puisqu’ils ne connaissent pas de barrières, alors que les chiens ne peuvent sauter par-dessus. En ville, et surtout à Paris, un chat ne peut survivre longtemps en liberté, c’est pourquoi on voit maintenant des célibataires se promener avec leur chat (leur unique compagnon, peut-être trouvé sur Tinder) en laisse.

Un chat en laisse, ça prouve que quelque chose cloche : prendre un animal semi-sauvage en milieu urbain, ça ne peut que mal finir, d’un côté ou de l’autre. Soit l’animal souffre, soit le maître souffre.

Dans l’affaire Gina, du nom du chat du journaliste, ce n’est pas la SNCF qui est responsable, ni le félin, évidemment, mais le maître, et au-delà, la situation, celle d’un félin lâché, volontairement ou pas, en milieu urbain. L’argument avancé de la SNCF qui fait attendre des clients pendant des heures lors d’une panne n’a rien à voir avec le protocole d’attente de vingt minutes quand un animal échoue sur les voies. La seule réponse technique serait de construire des rames avec une trappe d’entrée entre les roues pour récupérer les animaux !

 

 

L’animal de compagnie est une institution en France, et, comme le disent beaucoup, un membre de la famille. Alain Delon lui-même reconnaissait qu’il pleurait plus la mort de ses chiens que celle de ses nombreux amis, car l’attachement est plus fort, le lien organique quotidien : un animal ne vous trahit jamais (nous une fois notre chat s’est barré dans un petit château chez une mamie qui lui donnait des trucs plus chers à manger).

Mais prendre soin de son animal consiste aussi à ne pas commettre d’erreurs : la responsabilité incombe à l’humain, au maître. L’affaire Gina Benkemoun ne devrait pas être le procès de la SNCF, de la rame de TGV ou même d’une voiture écraseuse, mais bien celui de la déresponsabilisation.

2006 : Alain Lipietz obtient la condamnation de la SNCF
et 62 000 euros de réparations pour les familles et leurs ayant-droit (3’58)

 

SNCF et réparations

 
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