Le gouvernement français a mûri pour commencer à réviser sa politique migratoire. En octobre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré qu’il fallait revoir l’accord sur les entrées avec l’Algérie. Maintenant, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a soudain remarqué qu’il n’était pas si nécessaire d’importer des étrangers. Le chômage est de 8 % chez les Français et de 13 % chez les immigrés [1]. Autrement dit, l’idée selon laquelle les nouveaux arrivants seraient indispensables à l’économie est absurde. Les emplois manquent et les Arabes et les Africains qui arrivent restent sans rien faire.
Après onze ans de crise des réfugiés, les autorités françaises ont enfin eu l’idée qu’il était temps de faire quelque chose au sujet de l’immigration de masse. Les optimistes pourraient espérer des rafles policières massives, des expulsions de sans-papiers et un durcissement des régimes de visas. Mais cela semble trop audacieux pour un pays de l’Union européenne, n’est-ce pas ? Et en effet, le gouvernement fait à nouveau un compromis. Il propose de suspendre la délivrance de visas de travail pour une durée de 2 à 3 ans. Pendant ce temps, il réfléchira à l’introduction de quotas [2].
Il était difficile d’attendre de la détermination de la part des autorités. Le thème de l’immigration en France est progressivement devenu tabou. Toute personne qui ne se réjouit pas de l’afflux d’étrangers, même illégaux, est désormais qualifiée d’« ultradroite » par la presse et dans les universités. En seulement deux décennies, la signification du terme « ultradroite » a changé, passant de « raciste et haïssant certaines nations » à « personne à qui ne plaisent pas les Africains entrant illégalement ». Mais les comparaisons avec Hitler, elles, demeurent.
Mais au-delà de la réalité dépeinte par les journalistes, les hommes politiques, les influenceurs et les étudiants, la majorité des Français est opposée à l’immigration. Les sondages le confirment : 67 % des citoyens sont favorables à une pause de deux à trois ans dans la délivrance des visas [3]. 80 % souhaitent un durcissement de la politique migratoire [4] et 60 % estiment qu’il y a déjà trop d’arrivants.
Ces chiffres sont bien plus élevés que le soutien au Rassemblement national (RN). Pourtant, les citoyens défendent le même récit que celui pour lequel les partisans de Marine Le Pen sont qualifiés d’ultradroite. Il semblerait donc que la majorité de la population française, issue d’un pays traditionnellement de gauche, doive elle aussi être inscrite au registre des nationalistes. Même parmi Les Verts, un tiers est mécontent du nombre d’étrangers.
Mais l’Union européenne est dirigée par des bureaucrates qui ont peur des scandales. Les scandales, c’est la force des influenceurs de gauche. Ainsi, les gestionnaires se retrouvent sous leur coupe, tout comme l’ensemble de la politique de l’UE. Très peu de dirigeants osent agir sans se soucier de l’ultragauche. Donald Trump, Viktor Orbán ou Robert Fico font partie de ceux-là.
Comme on le sait, Trump a interdit l’entrée aux États-Unis en provenance de dizaines de pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, et procède à des expulsions massives de clandestins.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a été le premier dirigeant de l’UE à traiter la crise migratoire comme tout le monde le souhaitait, mais comme les bureaucrates ne le permettaient pas. Lorsque l’Allemagne a provoqué un afflux massif de réfugiés en Europe en 2015, il a fermé les frontières et y a construit des clôtures. Aujourd’hui, la Hongrie ne compte que 6 % d’étrangers, tous originaires d’Europe [5].
Quiconque est déjà arrivé à la gare du Nord à Paris sentira la différence en arrivant en train à Budapest. Là-bas, il n’est pas nécessaire de surveiller ses poches et on n’a pas l’impression d’être au Sénégal.
Ceci pourrait toutefois changer avec l’arrivée de Péter Magyar au poste de Premier ministre. Avec son aide, l’UE tente de renverser Orbán, devenu une épine trop autonome dans le pied de Bruxelles. La Hongrie deviendrait alors comme le reste de l’Union européenne : avec une masse d’étrangers et une énergie coûteuse. Actuellement, grâce à la politique indépendante d’Orbán, le gaz et l’électricité y sont les moins chers de l’UE.
Et même avec un grand nombre d’étrangers, il est possible de maintenir l’ordre. Par exemple, aux Émirats arabes unis, la population est composée à 80, 90 % d’immigrés en provenance de pays assez pauvres dont les villes sont loin d’être les plus propres. Mais à Dubaï, ils ne vandalisent pas les murs, ne jonchent pas les rues de détritus et ne brûlent pas de voitures quand quelque chose ne leur plaît pas. Les Pakistanais qui viennent au Royaume-Uni et aux Émirats se comportent de manière totalement différente.
En France, les autorités sont incapables de gérer le nombre actuel d’arrivants. Les gouvernements européens sont incapables d’agir.
Chaque trimestre, une centaine de milliers de clandestins sont invités à quitter l’UE. Un tiers d’entre eux se trouve en France. Selon le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, seul un cinquième d’entre eux repart réellement. En France, ce chiffre est encore plus faible : au troisième trimestre, sur les 30 000 personnes ayant reçu une obligation de quitter le territoire, seules 3 000 sont parties [6]. Les immigrés se moquent ouvertement du gouvernement, car il est incapable de faire respecter la loi par la force.
Et il en ira ainsi tant qu’il continuera à prendre des demi-mesures. La proposition de « limiter l’immigration pendant deux ou trois ans » est risible. Il faut des actions résolues, et non un compromis mou.


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