Merci à Donald Trump d’avoir arrêté la guerre au quarantième jour, comme nous l’avions écrit ici.
Le 47e POTUS a le sens du récit biblique. Il y a quelque chose de très pensé, de très construit, de très coproduit dans cette guerre de quarante jours, qui peut évidemment repartir, car une fois que le tabou du bombardement d’un autre pays a été brisé, il n’y a plus de limites.
C’est surtout valable pour les Israéliens, qui créent des premières, et qui les installent dans l’esprit du grand public. Une fois passé le choc du bombardement d’un autre pays, sans autre raison que la destruction de l’Autre, cela devient un fait accompli, puis une habitude, et enfin, une normalité.
Vincent Desportes : « C’est une défaite des États-Unis.
Trump a abandonné son agenda.
Il a perdu. »pic.twitter.com/UbPtI2HkRt https://t.co/KPmBd4FPUU
— Broke (@BrokeSource) April 8, 2026
Ce mercredi 8 avril 2026 est donc celui de la trêve entre Iraniens et Américains, les Israéliens se sentant floués d’un massacre à plus grande échelle, puisqu’ils ont visé des installations civiles, les installations militaires présentant trop de menaces. On l’a vu avec le sauvetage des deux pilotes américains. Justement, restons sur cet exemple, ou plutôt ce narratif. Ces narratifs.
Les deux belligérants principaux, l’agresseur américain et le défenseur iranien, ont chacun pondu leur communiqué de victoire. Le premier a envoyé 200 hommes et une armada aérienne pour sauver deux bons gars (des bombardeurs, mais c’est un autre sujet), le second a piégé l’équipée sauvage dans le désert.
Le narratif iranien (en anglais mais les images parlent)
"American Special Forces fell directly into a trap set by Iranian forces"
WATCH : Information obtained by Press TV regarding the recent operation by the American-Israeli coalition in the central Isfahan province reveals a MAJOR STRATEGIC DEFEAT for the enemy. pic.twitter.com/xqA6EYl5jV
— Press TV (@PressTV) April 8, 2026
Le narratif américain (par l’andouille Cabarrus)
Pour une fois, les cris de victoire de Donald Trump correspondent à la qualité de l'exploit réalisé par les commandos américains qui ont pu récupérer les deux pilotes sains et saufs. pic.twitter.com/fqlKRVu34m
— Thierry de Cabarrus (@tcabarrus) April 5, 2026
Le narratif neutre
Selon une version des faits, il n’y a pas eu de sauvetage héroïque des pilotes de "F-15" en Iran.
À la place, les événements se seraient déroulés ainsi : le premier avion "MC-130J" a atterri sur une route, après quoi les Forces spéciales ont commencé à sécuriser le… pic.twitter.com/jxn7S9XhS6
— Octar Ruga (@OctarRuga) April 7, 2026
Sortons des hypothèses politiques ou du cinéma pour faire un tour du côté de la realpolitik, qui tourne toujours autour de l’argent (le dollar), du pétrole (le détroit d’Ormuz) ou de l’uranium (le nucléaire civil ou militaire).
Clérotte chez Aberkane (PhDx3) a creusé la thèse de l’uranium
L’administration Trump a présenté une opération héroïque de sauvetage d’un pilote de F-15 et de son officier système d’armes abattu au-dessus de l’Iran la semaine dernière. Cette version officielle vendue comme un succès parfait sans aucune perte américaine cache en réalité une tentative bien plus ambitieuse qui a tourné au désastre total. Selon les faits qui émergent de sources indépendantes et de déclarations iraniennes l’objectif principal était de s’emparer d’un stock stratégique d’uranium enrichi à soixante pour cent estimé à quatre cent cinquante kilogrammes et stocké dans des tunnels près d’Ispahan.
La piste agricole désaffectée choisie pour l’atterrissage improvisé des deux C-130 se trouvait à moins de trente-cinq kilomètres des installations nucléaires clés ce qui rend la coïncidence impossible. Les Iraniens ont laissé les forces spéciales américaines pénétrer profondément dans leur territoire avant de refermer le piège. Au lieu d’une simple mission de secours il s’agissait d’une opération spéciale à grande échelle impliquant plus de cent hommes destinée à localiser et à extraire cet uranium sous couvert du sauvetage du colonel pilote.
Le journaliste d’investigation Pascal Clérotte pense que c’est Netanyahou qui décide (mais la trêve lui donne peut-être en partie tort), et Aberkane rappelle que Netanyahou dormait dans la chambre d’enfant de Jared Kushner quand il passait à New-York.


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