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Proudhon : Les carnets interdits – La vérité sur le pouvoir juif

Nous donnons ci-dessous la traduction d’un article paru sur The Occidental Observer le 29 avril 2026. Comme l’auteur a aussi fait un article sur Alphonse Toussenel et un sur Charles Fourier, nous avons donc une passe de trois qui donne une vue d’ensemble de l’antisémitisme de gauche en France dans la première moitié du XIXe siècle.

 

Et cette vision peut se résumer ainsi : ce n’est pas une frange marginale de la gauche qui était antisémite, c’est le contraire, à part les Saint-Simoniens, tous les autres étaient antisémites. Et, à notre avis, cet antisémitisme n’était pas idéologique, mais bien racial.

Petit bonus : dans cet article paru sur The Occidental Observer, E&R est cité en lien hypertexte, c’est dans ce passage :

« Qualifier Heine et Weill d’« agents secrets » s’inscrivait dans un contexte personnel précis : Proudhon les soupçonnait d’avoir dénoncé son associé allemand, Karl Grün, qui diffusait ses idées auprès des intellectuels allemands à Paris, ce qui entraîna son expulsion de France. »

ou en anglais :

« Calling Heine and Weill “secret spies” had a specific personal context – Proudhon suspected they had informed on his German associate Karl Grün, who had been disseminating Proudhon’s ideas among German intellectuals in Paris, leading to Grün’s expulsion from France. That broader pattern is borne out by the public record. Antisemitic themes recur across his major published works. »

Francis Goumain

 


 

Parmi les grandes voix anarcho-révolutionnaires du XIXe siècle, Mikhaïl Bakounine était loin d’être le seul à dénoncer la nocivité de l’influence juive. Son contemporain français, Pierre-Joseph Proudhon, formulait une critique au moins aussi virulente, et peut-être d’une portée supérieure.

 

Proudhon est largement reconnu comme étant le « père de l’anarchisme », sa philosophie politique, pionnière dans la critique de la propriété et de l’État, aura ainsi façonné des générations de penseurs radicaux. Pourtant, sous la masse de ses écrits, dans ses carnets privés, se cache un germe d’antisémitisme si virulent, si extrême, que certains chercheurs l’ont qualifié de précurseur du fascisme.

Pierre-Joseph Proudhon est né le 15 janvier 1809 à Besançon [FG : comme avant lui, Charles Fourier d’ailleurs, et aussi comme les frères Lumière, antisémites, et Victor Hugo, antisémite aussi ; décidément, Besançon…]. Son père était tonnelier et aubergiste, et la famille vivait dans une extrême pauvreté. Malgré ces conditions, Proudhon obtient une bourse pour le collège de Besançon. Profitant de son métier d’imprimeur, il poursuit sa formation en autodidacte : pour faciliter le travail de composition des caractères d’imprimerie, il avait appris le latin, puis le grec et l’hébreu. Ses origines paysannes, marquées par la misère, influencèrent profondément sa vision du monde. Il idéalisait une société d’artisans et de paysans autonomes, affranchis de toute exploitation.

Proudhon fut le premier à se déclarer publiquement « anarchiste » en 1840. Son slogan le plus célèbre, « La propriété, c’est le vol ! », figure dans son premier ouvrage majeur : Qu’est-ce que la propriété ? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement. Il ne prônait pas l’abolition totale de la propriété privée, mais établissait une distinction entre propriété illégitime – la propriété permettant l’exploitation d’autrui – et possession légitime, c’est-à-dire l’usage et la propriété directs par les travailleurs.

Son apport à la philosophie politique comprend en premier lieu le mutualisme, un système économique fondé sur les coopératives ouvrières, le crédit mutuel et le libre-échange, qui rejetait à la fois le capitalisme et le socialisme d’État. Il a également développé une théorie du fédéralisme, envisageant des communautés décentralisées et autonomes au sein d’une fédération volontaire qui remplacerait l’État et le monopole privé.

Dans le sillage de la révolution de 1848, Proudhon est élu député et s’engage dans ses célèbres polémiques avec Karl Marx. Son ouvrage Le Système des contradictions économiques, ou la Philosophie de la misère, paru en 1846, fut réfuté du tac au tac par La Misère de la philosophie de Marx, publié en 1847. Cette controverse contribua à la scission historique entre les ailes anarchiste et marxiste du mouvement ouvrier. Mikhaïl Bakounine, Pierre Kropotkine, Emma Goldman et Benjamin Tucker s’inspirèrent largement des idées de Proudhon.

Cependant, pour saisir pleinement la vision du monde de Proudhon, il faut aller au-delà de ses polémiques publiques et se pencher sur ses écrits personnels. La déclaration la plus notoire de son antisémitisme provient de son carnet privé, dans un passage daté du 26 décembre 1847 et publié à titre posthume en 1960 et 1961 :

Race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer. Par le fer, ou par la fusion, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse. Tolérer les vieillards qui n’engendrent plus. Travail à faire. Ce que les peuples du Moyen Âge haïssaient d’instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La haine du juif [...] doit être le premier article de notre foi politique […].

La haine de Proudhon visait à la fois les juifs en général et les personnalités. Dans la même entrée de son journal, on trouve :

H. Heine, A. Weill et d’autres ne sont que des espions infiltrés ; Rothschild, Crémieux, Marx, Fould, êtres pervers, bilieux, envieux, amers, etc., etc., qui nous haïssent.

Qualifier Heine et Weill d’« agents secrets » s’inscrivait dans un contexte personnel précis : Proudhon les soupçonnait d’avoir dénoncé son associé allemand, Karl Grün, qui diffusait ses idées auprès des intellectuels allemands à Paris, ce qui entraîna son expulsion de France.

Ce schéma de pensée antisémite est en réalité récurrent et se trouve disséminé et confirmé dans ses œuvres majeures.

Dans Césarisme et Christianisme, 1860, on peut lire :

Le Juif est par tempérament anti-producteur, ni agriculteur, ni industriel, pas même vraiment commerçant. C’est un entremetteur, toujours frauduleux et parasite, qui opère, en affaires, comme en philosophie, par la fabrication, la contrefaçon, le maquignonnage. Il ne sait que la hausse et la baisse, les risques de transport, les incertitudes de la récolte, les hasards de l’offre et la demande. Sa politique en économie est toute négative, c’est le mauvais principe. Satan, Ahriman, incarné dans la race de Sem.

Dans De la justice dans la Révolution et dans l’Église (1858), Proudhon accusait ainsi les Juifs d’avoir perverti la bourgeoisie européenne :

Les Juifs prospèrent sur fond de décadence générale, en Europe comme en France, rendant la bourgeoisie, haute et basse, semblables à eux.

Dans France et Rhin, publié à titre posthume en 1867, il déplorait que la France soit « envahie par les Anglais, les Allemands, les Belges, les Juifs » et autres étrangers.

Curieusement, cela n’a pas empêché Proudhon de rencontrer Marx durant son exil à Paris, entre fin septembre 1844 et février 1845. Ils eurent de longs échanges intellectuels, que Marx lui-même qualifia de « débats interminables qui duraient souvent toute la nuit ». Le 5 mai 1846, Marx, alors à Bruxelles suite à son expulsion de France, écrivit une lettre à Proudhon l’invitant à rejoindre un réseau de correspondance socialiste et s’adressant à lui chaleureusement, comme à un pair. Leur relation se détériora par la suite quand Marx se mit à éreinter l’œuvre de Proudhon. Et à ce moment-là, comme on l’a vu dans son carnet, Proudhon s’est souvenu que Marx était un fils de rabbin, sa mère étant également juive.

Proudhon était étroitement lié à Alphonse Toussenel, socialiste français et disciple de Charles Fourier, auteur en 1845 des Juifs, rois de l’époque, l’un des ouvrages antisémites les plus marquants du XIXe siècle en France. Une seconde édition, encore plus virulente, parut en 1847, soit l’année où Proudhon fit sa fameuse entrée dans son carnet – ce qui a amené les historiens à considérer que l’antisémitisme des deux hommes se renforçait mutuellement.

Ces dénonciations répétées n’ont pas échappé à l’attention des chercheurs. J. Salwyn Schapiro, historien juif américain, qui écrivait dans l’American Historical Review en juillet 1945, fut le premier universitaire influent à souligner le contenu antisémite de Proudhon. Dans son article « Pierre Joseph Proudhon, précurseur du fascisme », il qualifie l’antisémitisme de Proudhon de « pierre de touche du racisme », qu’il joint à ses autres préjugés – la misogynie, le racisme envers les Noirs et le soutien aux Sudistes – pour affirmer que Proudhon était un proto-fasciste.

Frédéric Krier, un historien dont l’ouvrage de 2009 Sozialismus für Kleinbürger : Pierre Joseph Proudhon, Wegbereiter des Dritten Reiches reste l’étude scientifique la plus exhaustive reliant Proudhon à l’idéologie nazie, a relevé l’omniprésence de l’antisémitisme de Proudhon dans sa pensée. Krier voyait une continuité intellectuelle et historique entre la critique morale de l’« intérêt » – c’est-à-dire l’usure – formulée par Proudhon et la volonté nazie d’abolir « l’esclavage de l’intérêt » qui visait bien sûr les Juifs. Il soutenait également que Proudhon était une variante du XIXe siècle de l’hérétique gnostique chrétien Marcion, dont la veine théologique antijuive imprégnait tout son antithéisme.

L’affadissement de l’anarchisme moderne, devenu une simple armée de fantassins au service d’un statu quo dominé par les juifs, constitue une lamentable trahison de l’héritage révolutionnaire des Proudhon et des Bakounine. La connivence des « anarchistes » contemporains (les antifas se revendiquent généralement de l’anarchisme) avec l’establishment saute aux yeux.

Revenir à la volonté de Proudhon de placer la question du pouvoir juif au cœur même de sa critique politique est essentiel pour le dissident contemporain. Ce n’est qu’en s’affranchissant des tabous qui étouffent la recherche que nous pouvons espérer comprendre et mettre au défi les forces juives qui façonnent notre monde.

Jose Nino

 

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10 commentaires

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  • #3615523

    J’admirais Proudhon depuis longtemps.
    Maintenant, je sais que je ne m’étais pas trompé.

    Et pour répondre à cette éternelle insulte de "Haine des Juifs", qu’ils nous jettent au visage, nous devrions tous répliquer "Haine des Chrétiens".

     

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  • On ne peut pas dire qu’ils soient beaux, grands et forts avec des yeux bleus. Cela n’est pas très engageant...

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  • ...reliant Proudhon à l’idéologie nazie...

    Gottfried Feder, (1883–1941), économiste allemand, membre fondateur du Parti ouvrier allemand (DAP), précurseur du NSDAP, a été directement influencé par les écrits de Proudhon.

    Feder a intégré la critique de l’usure dans ses propres travaux, notamment dans son livre "Das Manifest zur Brechung der Zinsknechtschaft der Völker" (1919), où il dénonce le "capitalisme financier" et l’"esclavage par l’intérêt".

    Cette critique a été reprise dans le Programme en 25 points du NSDAP (1920), où le parti promet d’"abolir le revenu des riches sans travail et sans effort" et de "briser l’esclavage de l’intérêt" .

    Ces formulations reprennent directement des thèmes proudhoniens.

    Hitler lui-même a reconnu l’influence de Feder dans "Mein Kampf" (1925), où il écrit : "Feder a été le premier à me montrer clairement la différence entre le capital créateur et le capital parasitaire."

    Bien qu’Hitler ne cite pas explicitement Proudhon, l’inspiration de Feder par Proudhon est documentée.

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  • "Les Juifs prospèrent sur fond de décadence générale, en Europe comme en France, rendant la bourgeoisie, haute et basse, semblables à eux"

    D’une cruelle actualité qui explique l’engrenage infernal qui place le peuple, depuis des siècles, en position de subordonné machinal, incapable de comprendre les tenants de sa servitude.

     

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    • #3615657

      @bougre

      Cette décadence est organisé par eux par la corruption, le racket ou la "neutralisation", enfin je pense aux Rothschild, Soros ou Rockfeller. Il suffit de lire les messages dans l’affaire Epstein.

      Pas étonnant qu’ils soient toujours gagnants dans leurs transactions puisqu’ils "initient" le chaos et en retirent les bénéfices...

      Au lieu d’essayer d’expliquer la décadence et se perdre en conjectures, il vaut mieux couper la tête de la pieuvre... mais il nous faut un homme décidé, pas de ces avortons qui se pavanent sur les plateaux - TV essayant de plaire à Ariane Rothschild pour occuper le fauteuil de l’Elysée...

    • La phrase de Proudhon semble décrire parfaitement le Mitterandisme.

  • #3616443

    ç’est avec ce genre d’article qu’on comprend mieux que l’antisémitisme est un concept purement juif, Proudhon n’était pas plus antisémite que Ciceron, Marx Shakespeare ou Voltaire, il était juste un fin observateur de la société de son époque et il en concluait au rôle parasitaire et négatif évident de la communauté juive pour son pays. En fait tous les grands hommes de l’Histoire sont des antisémites pour les juifs.

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