C’est l’histoire de Jérôme Laronze, jeune paysan d’une famille de paysans cultivant leurs terres depuis le XIXe siècle en Saône-et Loire en Bourgogne, qui à 23 ans reprend l’exploitation familiale et la développe en utilisant de nouvelles méthodes pour le bien-être de son troupeau, de belles Limousines.
Il se heurtera rapidement à la grande bureaucratie d’une certaine espèce de fonctionnaires français qui prolifère depuis des décennies contrairement à beaucoup de races de nos vaches. Pas des fonctionnaires qui ont pour mission de servir et d’aider leurs prochains, par exemple Jérôme lui-même qui était pompier bénévole et tant d’autres sans lesquels la France ne pourrait pas fonctionner, mais de la race de ceux qui se multiplient en augmentant chaque année les procédures administratives, les règlements, de ceux qui ont bien compris qu’ils vivent de ces problèmes qu’ils fabriquent eux-mêmes pour continuer à pouvoir se multiplier en écrasant de contraintes diverses ceux mêmes qui les payent avec leurs impôts. Notre belle France est à ce jour numéro 1 au monde des prélèvements d’impôts, avec une pléthore d’organisations qui freinent toutes les initiatives individuelles. Selon la direction du Budget, il existe en France 1 200 organismes publics qui coutent 81 milliards d’euros en 2023, employant 479 000 agents publics.
Jerôme Laronze se retrouvera rapidement traqué comme un malfaiteur par la DDPP, initiales brutales qui rappellent des heures sombres pour designer la Direction départementale de la protection des populations (l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions), servie par des gendarmes en armes qui ont été jusqu’à huit équipes avec fusils d’assaut pour se rendre à la ferme de Jérôme, qui n’a jamais eu de casier judiciaire, contrairement à tant de vrais délinquants qui cumulent des palmarès criminels dignes de films de gangsters et font les unes quotidiennes des médias. S’en suivit un long bras de fer avec l’éleveur, émaillé d’incidents comme la noyade accidentelle de cinq veaux de l’éleveur provoquée par les fonctionnaires lors d’un des multiples contrôles musclés de policiers armés de fusils mitrailleurs. En effet les agents de la DDPP redoutaient que Jérôme Laronze ne s’en prenne à eux, donc tout fut mis en œuvre pour dramatiser la situation en escaladant et en exagérant la dangerosité de cet inoffensif éleveur de vaches limousines. Jusqu’au énième contrôle administratif, celui que Jérôme Laronze décida de ne pas subir en fuyant cette brutalité administrative. S’en suivit une sinistre chasse à l’homme de neuf jours, traqué comme un terroriste, vivant dans sa voiture au milieu de la campagne Bourguignonne, la présence de son véhicule fut signalée à des gendarmes armés, Jérôme aurait selon leur dire foncé sur eux en voiture... Six balles seront tirées en sept secondes : une l’atteint sur le côté et deux dans le dos, démontant la thèse du dangereux malfaiteur chargeant en voiture les forces de l’ordre… Après une agonie estimée de près d’une demi-heure, son cœur s’arrêta de battre.
Au moment où d’autres éleveurs voient leurs troupeaux se faire exterminer sous le prétexte d’éradiquer une maladie bénigne qui se transmet par les insectes, c’est-à-dire que toute la faune sauvage continuera de faire circuler, à moins bien sûr d’exterminer toute la faune sauvage, il est temps que tous les usagers de la campagne se lèvent pour soutenir leurs frères éleveurs qui occupent une place essentielle dans notre société. Il est sans doute utile de rappeler qu’au début 2024 la Cour des comptes (700 personnes pour un budget de 230 millions d’euros, soit 328 000 euros de coût par employé) avait recommandé que la France diminue beaucoup son cheptel bovin pour tenir des engagements de réduction de CO2, qui eux n’ont jamais été soumis au vote des Français mais rendent leur vie de plus en plus difficile. Bientôt neuf ans ont passé, mais le procès de ce qui ressemble étrangement à une exécution n’a toujours pas eu lieu au désespoir de sa famille. Pour l’heure, la justice a seulement reconnu que Jérôme avait été victime de contrôles abusifs.
J’écris ce texte pour que la mémoire et le combat de Jérôme ne sombre pas dans l’oubli et qu’un jour justice lui soit rendue.


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