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Marathon de Paris 2026 : fierté, religion et suicide gaulois

Ce dimanche 12 avril eut lieu le cinquantième anniversaire du Marathon de Paris. L’Italien Yemaneberhan Crippa, d’origine éthiopienne, a gagné chez les hommes.

 

 

Au début le sport était une activité populaire, la choule, donnant le rugby ou le jeu de paume, ancêtre du tennis. Les Anglais n’ont rien inventé, simplement édicté des règles une fois le pouvoir pris après Waterloo (1815).

La société de loisirs et de consommation a amené le sport de masse. Les années 1970 et 1980 peuvent être considérées comme l’apogée du sport, il devenait professionnel, organisé. La population découvrait les bienfaits de l’activité physique, le tennis pour les bourgeois, le football, le vélo ou la course à pied pour les pauvres. Une société de plein emploi avec du temps libre à foison, saine car l’argent était limité. Un âge d’or du sport fut cet âge d’argent – rencontre de la gratuité du sport et du développement économique et médiatique assez harmonieux. Avant 2000, le sport en France était ludique et artistique, le french flair en rugby, le prof Prost ou les Brésiliens d’Europe pour le football. Le Capital n’avait pas gagné, la culture de la gagne n’était pas à l’ordre du jour. La France gagnait dans les secteurs qui comptent. La Chine n’est même pas qualifiée pour le Mondial de football.

Le chef-d’œuvre absolu du cinéma Marathon man (1976) fit beaucoup pour le développement de la course à pied. Le Français qui s’était mis à courir suite à la victoire du patriote Mimoun aux JO de 1956 s’enthousiasma encore davantage pour ce qu’on appelait le jogging. Dustin Hoffman courait comme un dératé à New-York, pendant que d’anciens bourreaux allemands sadiques des camps de la mort étaient retrouvés, en plein New-York des années 1970, et mourraient heureusement à la fin dans d’atroces souffrances. Les nazis étaient un peu bêtes pour se cacher à New-York quand même [deux millions de juifs habitent NY, NDLR].

 

 

La même année, le premier Marathon de Paris eut lieu et compta 126 participants ; le Français étant alors plus porté sur la drague comme sport, et les plaisirs de la table. C’était ce qu’on appelle la douce France. Quand je le fis, ce satané Marathon, en 1999, je trouvais l’inscription de 190 francs – 28 euros – déjà bien élevée pour courir 42 km et 195 mètres un dimanche matin en plein Paris, ce n’est pas un signe d’intelligence extrême, même si l’expérience vaut la peine d’être vécue. Je savais bien que je ne faisais que combattre une dépression qui couvait en m’entraînant, plus l’addiction au tabac. Nous étions 27 000. Je frôlais la barre mythique des trois heures.

En dépit d’un temps correct, je ne réitérais pas l’expérience car trop de sacrifices, de bières amicales et d’autres plaisirs de jeunes ajournés. À la limite, la course à pied est un moyen, celui d’être en grande forme physique pour conquérir des femmes. Pour avoir une médaille, faire « un temps », il faut s’entraîner dur, sortir peu, intérêt limité. En 2026 la course à Paris est limitée à 60 000 coureurs, on appelle ça une jauge depuis la novlangue Covid, ce qui fait déjà plus de 10 millions de recettes d’inscription.

Et puis 100 000 Gaulois ou 200 000 tous ensemble réunis un matin, ça en fait du monde à surveiller.

Le Marathon de Paris est pour résumer le plus grand rassemblement de Gaulois de l’année, voir la vidéo, qui trouvent une « raison de vivre » dans une société sans objectif, avec trop de temps libre et rien pour l’occuper. Pendant qu’il ne fait plus d’enfants, que la femme s’est libérée, il court, le Gaulois sans femme. D’ailleurs on se félicite que 20 000 femmes aient participé cette année. Quel homme normal rêve que sa femme fasse du marathon ?

La course n’est plus une activité ludique et personnelle, c’est devenu une appartenance sociale, dont il faut montrer les résultats quotidiennement sur une application, Strava, tout en achetant une paire de chaussures à 500 euros, quand l’entrée de gamme à 18 euros Décathlon fait parfaitement l’affaire.

La course est une religion où l’homme est sa propre fin, un dimanche matin. Plus personne ne va à la messe ni ne célèbre la Passion du Christ, mais il doit bien y avoir un besoin ontologique de souffrance pour s’exposer gratuitement sans rien à gagner, se faire mal, pour rien, sauf payer les organisateurs du Marathon. La course fait partie de la religion moderne, ce qui relie les hommes. L’homme comme fin en soit. Il suffit de regarder tous les youtubeurs faisant une course parler d’accomplissement, de franchir ses limites, et toutes sortes de conneries répétées sans comprendre. Il n’y a rien de glorieux à courir pour échapper au vide de sa vie, d’ailleurs la star mondial du trail Kilian Jornet le reconnaît intelligemment.

 

 

 

 

Le running est une métonymie du sport moderne que l’on pourrait décliner. Devenu une simple extension du capital dans une société ou l’homme a peu de sexualité – voir Extension du domaine de la lutte –, il l’a maintenant accepté comme norme ; il court pour gérer sa testostérone. Et quand il a franchi la ligne d’arrivée, il a le droit de s’inscrire a une autre course s’il a réalisé le « cut », le temps limite. Reparti pour une nouvelle course. Etc.

Pour les acharnés du genre, il y a les ultra comme le 100 km, ou l’Iron Man, 3.8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon. L’aventure moderne du Blanc qui n’a plus que ça comme fierté et raison d’être, qui occupe tout son temps et ses économies. Car aujourd’hui tout est fierté en somme. La course à pied est pour résumer la fierté de la masse écrasée par la crise économique et ne se retrouvant pas dans les fiertés gratuites et subventionnées, proposées par la République. Une forme d’ascétisme que l’on s’impose, et que l’on montre au public en participant à une course « officielle ». Il faut toujours une reconnaissance officielle. Une petite passion christique présentée en public, dont tout le monde se fout. Sinon pourquoi courir 42 kilomètres ? Se sentir exister, souffrir avec d’autres gens tout aussi perdus.

Ces 60 000 personnes inoffensives déploient une somme d’énergie phénoménale pour accomplir collectivement et individuellement ce parcours. Imaginons que la moitié de ses forces s’unissent, une formidable communauté verrait le jour.

Quelques Africains aussi participent, raflent presque toutes les médailles, mais eux c’est pour l’argent. On peut les penser plus intelligents. L’intelligence est une donnée très relative. Un QI de 105 n’est pas un avantage pour tout. À trop réfléchir, on tergiverse trop.

Sauf Jimmy Gressier, mais lui est un Africain mentalement, très pauvre, issu d’une famille nombreuse, il était prêt à souffrir comme un Spartiate. Car pour sortir deux médailles mondiales en 2025 dans les disciplines reines du 10 000 et 5 000 mètres, il faut un immense talent, pas mal de réussite, et être prêt à mourir. Un vrai héros fasciste gaulois, Libération se charge de nous le rappeler en cas de doute. Respectueux de la dignité de Geoffrey Epstin, il condamne justement le criminel Gressier – qui est peut-être coupable, là n’est pas le propos.

À partir des années 1990, des contrats publicitaires énormes virent le jour, le sport devint une manne financière infinie, pour occuper une population toujours plus oisive, fonctionnarisée donc dépressive, et accrochée aux écrans. La parallèle avec Rome est saisissant mais la modernité raffine les supplices. Si le Romain aimait voir les gladiateurs s’entre-tuer, l’homme moderne court sans raison.

Le sport est devenu une religion, dans une société où plus personne ne travaille, où la solitude pèse. La population n’a plus de vrais objectifs à atteindre, le narcissisme est à son comble : la course à pied payante s’impose. En caricaturant, on peut dire que les Blancs occupent le vide leurs existences en faisant des marathons. Et les Africains, moins bêtes, cherchent un débouché économique dans le foot, sommet de la hiérarchie économique en France.

Le coureur est peut-être un schizophrène, gauchiste validant toutes les idéologies nouvelles, n’assumant pas son fascisme de coureur de fond.

Martin Hingis

 

Mimoun, Gressier et les marathon men

 
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85 commentaires

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  • #3607278

    Beaucoup de personnes, sans doute sédentaires et hors de forme, qui cherchent une excuse pour ne pas courir, sur cette page...

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  • #3607288

    Après quoi courent-ils ? Sans doute après leur ombre perdue depuis longtemps dans la course à gagner sa vie...
    L’ennui profond des sociétés occidentales modernes a engendré des comportements qui traduisent un mal plus profond... le goût du lucre, le fantasme du toujours-plus, la performance comme unique objectif.

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  • #3607292

    Pour le foot il ya du racisme à l’intérieur de ce sport les joueurs de couleurs sélectionnant uniquement les joueurs de couleurs en écartant systématiquement les blancos en ne leurs passant jamais la balle . On peut donc prédire une perte d’excellence dans ce sport le plus lucratif de tous ...... car qui dit corruption , dit perte de la compétition ....

     

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  • #3607301
    Le 16 avril à 09:44 par Sturmgewehr-Kalachnikova

    Il semblerait que certains des commentateurs n’aient jamais pratiqué la course à pied.
    Ils ne connaissent pas le shoot que déclenche un effort soutenu et prolongé. Le bien-être que cela procure. Ils ne connaissent pas la camaraderie que génère la course à plusieurs. Ils ne connaissent pas les bonnes retombées sur la santé, physiques et mentales. Ils ne comprennent pas que tout le monde ne peut être marathonien, surtout ceux qui n’ont pas essayé. Pour les plus performants le Marathon n’est pas la fin mais une étape importantevers d’autres épreuves.

    La première étape a été de se bouger le cul le samedi matin. La course n’est qu’un sport parmi tant d’autres. Essayez l’aviron ou la boxe...

     

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    • #3607324

      Absolument !

      Quand je lis certaines phrases sur cette page, je ne peux que conclure qu’elles émanent de gens, sans doute sédentaires et en surpoids, qui n’ont rien compris à la course à pied et n’en ont jamais fait. Ils ne diraient pas de telles énormités autrement.

      Et nombre de ces propos illustrent parfaitement le cas de celui qui regarde le doigt quand on montre la lune...

    • #3607410
      Le 16 avril à 20:14 par Bernard Lapotre

      L’alcool, la drogue, le sexe, la grande bouffe, déclenchent aussi des shoots de bien-être intenses partagés dans une joyeuse camaraderie, là n’est pas le propos. Ce ne sont que des compensations rendues nécessaires par le thanatisme du temps contemporain.

    • #3607509
      Le 17 avril à 07:27 par Sturmgewehr-Kalachnikova

      Bernard Lapotre
      Bien sur que la question est là. Les points que tu citent, sont tous négatifs pour toi dans ta recherche du plaisir.
      On peut ajouter aussi le dépassement de soi qui est un des moteurs pour s’équilibrer dans une société dont beaucoup d’éléments sont confus. La course à pied c’est une compétition avec soi même où le jeu est d’avoir plus de retombés positives que d’efforts fournis. Je propose un autre exemple : Tu as un chien et bien il t’apportera plus que ce que tu lui donnes. Enfin c’est mon avis.

  • #3607340

    L’argent a pourri le sport.

    Le tour de France est devenu avant tout une marque, qui s’est internationalisee, que tout le monde connaît jusqu’en Australie. Ce n’est plus un tour de France, il fait 200km ici et la, et passe par des pays voisins. Bientôt le TDF sera 200km en France, puis une étape de 200km à Dubai, puis une étape en Pologne, etc... et bien sûr une étape à tel aviv.
    Avec des messages publicitaires partout, parce que c’est devenu une histoire de pognon.

    Mon grand père m’a raconté qu’à son époque, les cyclistes s’arrêtaient au bar boire un coup avant de repartir en course. C’était un vrai tour de France, c’était plus amateur, mais les gens pouvaient s’identifier aux cyclistes, que leur ressemblaient.

    J’ai vu un doc sur le sport aux usa, c’est pareil, tous les sports sont devenus des histoires de fric. Football, base-ball, etc étaient accessibles à tous, aujourd’hui, entre la licence, les équipements, les compet le week-end, les déplacements, ça coûte une fortune.
    Une sélection est faire par le fric. C’est triste, les vrais talents ne sont pas repérés. Pareil qu’en entreprise, ce sont les bourgeois qui ont les bons contacts qui obtiennent les bons postes. Autrefois, il y avait une méritocratie.

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  • #3607373

    Je l’ai fait ce marathon de Paris, super moment. Je ne me reconnait ni dans cet article, ni dans les commentaires.
    À vous écouter on ne fait plus rien, on reste chez sois en se persuadant qu’on vaut mieux que le reste du monde.
    (Je vous emmerde, je tiens à le dire)

     

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    • #3607403

      Je plussoie.
      J’ai aussi fait le marathon de Paris il y a longtemps et aussi celui de quelques autres capitales européennes. Je n’ai jamais été un sportif. C’était un défi mental. J’ai lu l’article en diagonale ainsi que quelques commentaires. Et cela ne ressort pas ici.

      La sensation qu’on ressent une fois qu’on franchit la ligne d’arrivée ne peut s’acheter même avec plusieurs milliards de shekels. Et on le doit à personne sauf à soi-même et à une force invisible qui nous habite tout au long du parcours surtout vers la fin. Sans rancune.

      E&R serait inspiré de confier la rédaction de l’article sur le Marathon de Paris 2027 à quelqu’un qui a réalisé l’exploit. Et je ne suis pas candidat.

    • #3607415
      Le 16 avril à 20:24 par Bernard Lapotre

      On peut passer de supers moments dans tout plein d’activités, du sport à la musique en passant par la permaculture ou le théâtre d’improvisation, ce n’est pas le sujet.
      Le contenu vous déplaît parce qu’il appuie là où ça fait mal.

    • #3607512

      La sensation qu’on ressent une fois qu’on franchit la ligne d’arrivée ne peut s’acheter même avec plusieurs milliards de shekels

      Bien sûr que si elle peut s’acheter, la preuve, vous l’avez fait !

      Demandez-vous pourquoi vous n’êtes pas allé la chercher "gratuitement" à vous balader seul dans la forêt (en courant, si c’est une obsessions pour vous), cette "sensation", et ce qu’il y a derrière. Peut-être qu’ensuite vous comprendrez le sens de l’article, un brun provoc, mais avec du vrai.

    • #3607565
      Le 17 avril à 11:26 par Martin Hingis

      @Anonyme. Personne ne peut l’acheter. Eventuellement la naissance d’un enfant. Mais franchir la ligne d’un marathon ?

  • #3607424

    En fin de marathon, les corps "ayant beaucoup souffert des 6 derniers kilomètres" se délassent avec un goodies gratuit.
    L’homme bobo, croque dans une petite barre énergissante à 5 euros et rentre calmement au bercaille avec sa bande de pote...
    C’est là que certaines courreuses commencent à faire la chasse et la cour aux mâles Alpha, athlétique et musclé.
    Courrir le marathon, permet aussi de faire de belle rencontre.

     

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  • #3607520
    Le 17 avril à 08:46 par Palm Beach Post : "Cult !"

    au lycée, on avait des cours d’EPS (éducation physique et sportive)

    gymnastique au sol : j’étais allé voir les profs (on en avait deux pour le prix d’un)
    "je vais aller m’assoir dans le coin, là, vous m’emmerdez pas, je vous emmerde pas"

    par contre, ensuite, natation,
    avec un lycée juste à côté d’une piscine,
    c’était le panard, pour moi
    autant les courses à pied, les sports d’équipe, beurk

    et c’est marrant, parce que la plupart des autres élèves
    n’aimaient pas la natation,
    peut-être l’adolescence, certains en difficulté avec leur corps

    et puis ça permettait de voir les copines en p’tit maillot,
    pas triste...

    tout ça pour dire, je n’ai jamais eu l’esprit d’équipe,
    ni même un individualiste forcené,
    juste un p’tit poisson dans l’eau...

     

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  • #3607525
    Le 17 avril à 08:58 par Palm Beach Post : "Cult !"

    voir des gens courir,
    je trouve ça déprimant

    pour moi, ça tient de l’aveuglément,
    une sorte de soumission volontaire

    par contre marcher,
    surtout en terrain hostile,
    ça, c’est cool

    tu as le temps de regarder les nuages,
    les p’tits oiseaux, les p’tites fleurs

    tu cours vers où,
    tu essayes de fuir quoi ?

     

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    • #3608059

      La rando en montagne, je comprends ; le marathon au milieu du béton et des ordures dans une métropole ultra-polluée, ça par contre ça me dépasse. Et je ne regrette pas d’être trop con pour comprendre.

  • #3607739

    "c’est devenu une appartenance sociale, dont il faut montrer les résultats quotidiennement sur une application, Strava, tout en achetant une paire de chaussures à 500 euros, quand l’entrée de gamme à 18 euros Décathlon fait parfaitement l’affaire."
    Et tellement vrai.

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