Michel Onfray, c’est un peu le Houellebecq de la philo : il est toujours là où est la crête de la vague. Il s’agit d’accompagner le mouvement, qu’il soit sociologique ou politique (mais rarement philosophique, c’est trop compliqué), afin de séduire les foules, de vendre du livre et de faire tourner son business.
Le philosophe des opinions, pas des idées
Parti de la gauche primaire, comme le rappelle avec perfidie le journaliste (gauchiste) de l’INA, Michel est devenu un philosophe libéral au sens économique et sexuel, ou un libéral philosophe, le libéralisme étant le nouveau fascisme.
Il refuse, comme beaucoup d’anciens gauchistes passés à droite, la qualification de facho [1], mais ce n’est pas une infamie : c’est le prix à payer pour le retournement de veste, pardon, l’évolution personnelle.
Michel, après un long et fastidieux départ dans la gauche, découvre avec délectation la brutalité re-virilisante des idées de droite. Enfin, il peut faire de la punchline et du buzz, notamment en associant les musulmans aux djihadistes : ce n’est qu’une question de degré, dit-il.
Il n’est pas interdit de changer d’avis ou de couleur politique, mais dans certains métiers, ça entame la crédibilité. Pour un électricien, ce n’est pas trop grave de passer de gauche à droite (avec l’âge, c’est plus souvent dans ce sens) ; pour un philosophe, ça pose vraiment problème, parce que c’est son métier de penser, c’est-à-dire de ne pas trop se tromper. Le Onfray d’aujourd’hui jette aux chiens le Onfray d’hier.
Singe savant camé à la caméra
Accro aux médias, il se doit d’avoir un avis sur tout, quel que soit le sujet. Il a bien commencé avec la bouffe et la philo ! C’est le savant intégral nouveau genre, qui n’a plus peur de se dédire, ce qui n’est pas très grave puisque le public gobe et oublie. Un jour le vaccin est vital, le lendemain dangereux.
Pour satisfaire les deux camps dans chaque domaine, il est capable, après avoir dit tout et son contraire, de nous ordonner de faire selon notre conscience, ce pour quoi on n’a pas besoin de lui. C’est la méthode Houellebecq, toujours être du côté du plus fort, quelle que soit sa raison (celle du plus fort, évidemment).
Naturellement, il faut accepter de se gourer plus que de raison, mais l’attrait de la lumière médiatique est plus fort que l’intégrité intellectuelle. L’addiction aux médias balaye toutes les pudeurs, toutes les autocritiques, toutes les hésitations. Quand on est accro, une seule chose compte : sa came. On est capable de vendre sa mère, ses frères, ses idées (?), pour une dose de Salamé, de Ferrari, de Baffie.
L’idée, la seule, au fond, est d’avoir toujours raison. On remarque, paradoxalement, qu’il faut pour cela accepter de beaucoup se tromper, et de tromper les autres.


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