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Les États-Unis face à l’Iran : une défaite stratégique aux conséquences inattendues

Dans cet entretien, Rachid Achachi et Youssef Hindi analysent les récentes évolutions autour du conflit en Iran mais en commençant par le début, à savoir les vrais objectifs de cette guerre, et dans quelle mesurent ils sont contradictoires.
Ils analysent également les conséquences inattendues de cette guerre qui s’est soldée par une défaite stratégique des États-Unis.
La plus grave des conséquences au niveau politique est naturellement la tension entre Trump et Netanyahou, qui fera que, tôt ou tard, l’un des deux sera sacrifié. Lequel ?

 

Au sommaire :

00:01:45 – Quels étaient les vrais objectifs de guerre et pourquoi ont-ils changé à plusieurs reprises ?
00:10:35 – Qui détient le vrai pouvoir en Iran ?
00:17:11 – Comment expliquer l’impréparation de l’armée américaine dans ce conflit ?
00:25:01 – Le lobby militaro-induriel américain est-il à l’origine de l’échec militaire américain ?
00:30:03 – Comment expliquer le fait que ni l’armée américaine, ni l’armée israélienne, n’ont rien appris sur le plan technique et militaire du conflit en Ukraine (drone FPV, brouillage électronique...) ?
00:43:31 – Pourquoi les États-Unis s’opposent fermement à l’intervention d’Israël au Liban ? quel est le non-dit derrière ces tensions ?
00:54:29 – La menace de fermeture du détroit d’Ormuz et ses conséquences économiques ont-t-elles été surexagérées ?
00:58:30 – Entre Trump et Netanyahou, est-il nécessaire que l’un des deux soit mis hors-jeu politiquement ? Pourquoi, et lequel des deux est le plus fragile ?
01:06:48 – Israël a-t-il perdu les États-Unis et leurs élites ?

 

 

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6 commentaires

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  • Je trouve que Hindy est très pertinent pour analyser la politique "profonde".
    Par contre sur ce sujet on est dans un conflit en cours et le résultat est incertain.
    Sur le plan militaire les états unis ont à nouveau montré qu’ils étaient capable d’acquérir une supériorité aérienne avec peu de pertes. Par ailleurs quand les états unis et israel commence à bombarder un pays, ils s’arrêtent rarement.
    Je ne parlerai pas de victoire iranienne car cette guerre ne modifie pas le rapport de force militaire en faveur de l’iran.
    Par ailleurs les "gardiens de la révolution" étant désigné "organisation terroriste", on est tenu par le droit (et par certaines associations détestables) de ne pas en faire l’apologie.

    Maintenant le régime iranien a tenu malgré de lourde pertes. On voit qu’une part critique de la population le soutien. Par ailleurs les dirigeants iraniens assassinés ont certe conduit leur pays dans une confrontation difficile, mais n’ont pas exigé de leur population des sacrifices supérieurs à ceux qu’ils ont pris. L’histoire retient souvent ce critère (quand les gagnants ne se chargent pas d’effacer de l’histoire les gens pensant mal).

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  • Le rapport du Brookings Institute de 2009, intitulé "Which Path to Persia ?" dont l’option de faire porter le chapeau au premier ministre frappé de psychopathie, comme au Chapitre 5 "Leave it to Bibi : Allowing or Encouraging an Israeli Military Strike", décrit avec une grande précision le dilemme stratégique qui a culminé en 2025-2026. Les USA et Israël ont suivi une voie proche de "Leave it to Bibi" + airstrikes, mais les résultats sont ambigus, comme prédit dans le document : retard du nucléaire iranien, mais pas de solution définitive, tensions transatlantiques (ici US-Israël), et retour à la diplomatie. Cela valide l’analyse Brookings sur la complexité du "problème iranien" et les pièges des options militaires, mais il s’agit bien d’une aventure US de tentative de domination mondiale (cf. couper le pétrole sous le pied de la Chine), même si les sionistes d’extrême droite, sont dans l’idée de tout raser.
    Où bombarder consiste à gagner du temps.
    L’imprévu ayant été la qualité et la précision de la riposte iranienne, dont le sursaut s’est effectuée à la manière des étoiles de mer. Tu penses couper la tête et il en apparaît cent. C’est ce qui s’est passé avec le fumeux régime iranien qui devait s’effondrer dans toute sa verticalité, selon les clowns : mauvaise pioche, il s’est reproduit en toute horizontalité, chaque entité en toute indépendance d’action.
    Voilà une stratégie à étudier en Histoire... de la guerre.

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  • Combien de cercueils américains
    ont été rapatrié pendant la confrontation
    avec l’Iran ?

     

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  • Réduire une relation géopolitique complexe à une simple rivalité entre deux ego. Or, Trump et Netanyahou ne sont pas des acteurs isolés ; ils sont pris dans des systèmes de contrepoids (Congrès américain, coalition gouvernementale israélienne, armée, services de renseignement, opinion publique, etc.). Aucun des deux n’a les moyens politiques de "sacrifier" l’autre unilatéralement.
    rump est le président d’une superpuissance ; Netanyahou est le chef d’un État allié mais dépendant en partie du soutien américain. Le rapport de force est dissymétrique. Si "sacrifice" il devait y avoir, il serait bien plus probablement du côté israélien, mais encore faudrait-il que Trump ait intérêt à le faire – or, il n’a aucun intérêt stratégique à affaiblir un allié clé au Moyen-Orient,
    Pour Donald Trump, l’urgence est électorale. Il doit avant tout gagner les midterms de novembre 2026 pour conserver le contrôle du Congrès . La guerre avec l’Iran est devenue un boulet politique pour sa base : elle fait grimper les prix de l’énergie (le carburant a dépassé les 4 dollars le gallon), et les électeurs républicains isolationnistes se sentent trahis par cette aventure militaire coûteuse . Des figures conservatrices influentes comme Tucker Carlson ont même quitté le parti pour cette raison . Trump doit donc désescalader et conclure un accord avec l’Iran avant novembre, quitte à brusquer son allié. Pour Benjamin Netanyahu, l’urgence est sécuritaire et politique. Il est lui aussi sous pression électorale en Israël. Pour lui, la guerre n’est pas un boulet, c’est une nécessité pour afficher une "victoire totale" contre l’Iran et le Hezbollah . Il a besoin de prolonger le conflit pour survivre politiquement. La "mise en scène" des midterms oblige Trump à agir pour son propre camp, quitte à "sacrifier" les intérêts politiques immédiats de Netanyahu sur l’autel d’un accord avec l’Iran. C’est une logique de "America First" poussée à son paroxysme. Après les midterms il est à parier que ça continuera quel que soit le résultat les US ne peuvent se permettre l’abandon d’un nœud stratégique qui mettrait en difficulté le monopole dollar.

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  • Biden a méthodiquement détruit les accomplissements d’Obama en politique étrangère. Son retrait des troupes d’Afghanistan devait avant tout permettre de redoubler l’aide militaire en Ukraine... Mais aucun président américain n’a eu la stupidité abyssale et la faiblesse morale de céder, comme Trump, aux pressions israéliennes pour entrer en guerre contre l’Iran. Il ne peut que rêver d’obtenir un accord aussi bon avec l’Iran, c’est pourquoi il n’a jamais pu admettre l’erreur qu’il a faite en brisant unilatéralement l’accord nucléaire iranien d’Obama.

    Malgré le rappel encore récent de la divulgation des dossiers de l’assassinat de JFK, les gens dorment pendant qu’on assiste pratiquement à la répétition du conflit secret opposant Ben-Gourion (qui tenait mordicus à l’arsenal israélien) à JFK (qui tentait d’obtenir un accord de non-prolifération nucléaire). À la différence, majeure, que c’est, cette fois-ci, publiquement, diffusé en direct, avec des impacts potentiellement catastrophiques sur l’économie mondiale, suscitant la peur dans la population mondiale, jusqu’au plus haut niveau des gouvernements, de voir éclater une nouvelle guerre mondiale et même une guerre nucléaire hors de contrôle.

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