Egalité et Réconciliation
https://egaliteetreconciliation.fr/
Evènements

Laurent Guyenot – Déclin et chute de l’empire chrétien

E&R Gironde recevait Laurent Guyénot le samedi 29 novembre 2025 à Bordeaux pour une conférence intitulée « Déclin et chute de l’empire chrétien ».

 

 

« Pourquoi sommes-nous chrétiens ? »

Voir aussi, sur E&R

 
Alerter

43 commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

  • Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
  • Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
  • Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Afficher les commentaires précédents
  • #3623123
    Le 28 juin à 21:43 par savonarole

    C’est difficile de quantifier la part ou pas de la chretienté dans la civilisation européenne , et dans chaque domaine pris à part , en effet on y trouve autre chose , mais jusqu’à la mort du roi en France , la puissance ne résidait elle pas dans cette présence patriarcale protectrice et vertueuse , rempart à la barbarie , et porteuse de providence ?
    Cet immateriel là est il juste un songe d’enfant ou portait il réellement le monde chrétien à plus qu’une tribu ?
    Cette illusion , cet espoir , cette promesse ,dans les coeurs n’est elle pas la grande force transcendante qui ,bien sur accompagnée de choses moins vertueuses , a conquis des millions d’ètres en dehors de nos frontières , qui sont d’ailleurs les plus actifs à vénérer cet héritage de nos jours ?

     

    Répondre à ce message

    • #3625237
      Le 6 juillet à 19:18 par ProtégeonslaPalestine

      Remettre en cause ou quantifier la contribution de la chrétienté au socle civilisationnel européen est un indice de perdition du savoir. La Révélation chrétienne fut le premier rite de passage de l’amour endogame (storgê), des liens du clan au paradigme du bien commun comme dépassement de l’intérêt tribal : le message du Prophète Jésus était une invitation à envisager l’Autre comme égal en devoirs, en dignité et en droits imprescriptibles.

      Cette reconnaissance du statut de l’alterité marqua l’abolition des féodalités fondées sur le sang, la naissance, la classe, la race : le catholicisme a redéfini l’homme en tant qu’essence dotée d’une qualité et d’une valeur non indexables sur son rendement : la Révélation chrétienne a aboli l’utilitarisme appliqué à l’homme pour lui substituer l’universalisme des égards dûs à sa condition.

      Dès lors, la chrétienté porte devant l’histoire et la morale, la gloire d’avoir aboli le tribalisme des castes. Cette promotion ontologique de l’homme fut reprise par l’islam, via la notion d’égalité des hommes et de servitude à Dieu Seul. Ainsi Saint Paul, dans son Épître à Philémon, encourage t-il ce dernier à libérer son esclave en fuite, à lui rétrocéder son statut d’égal en droits :

      « S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé. »

      Cet égalitarisme de principe, ce goût de l’Autre est né en Palestine avec Jésus, et essaima dans toute la littérature occidentale : dans ses Essais, Michel de Montaigne dit de son ami Estienne de la Boétie : « Parce que c’estoy moy, parce que c’estoy luy », pour signifier non seulement leur solidarité de vues mais leur équivalence ontologique. Cette topique chrétienne de l’égalité universelle traverse également l’œuvre de Victor Hugo : dans la préface des Contemplations, ce dernier écrit : « Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. » Le je subsume un nous tacite : l’individu devient l’emblème du genre humain, le singulier enserre la totalité, se veut plénier.

      Ce postulat que des êtres de même nature jouissent, en valeur absolue, d’une identité en dignité constitue, après les 10 Commandements de Moïse et avant le principe de subordination de la raison à l’indivisibilité, à l’absoluité, et à la souveraineté de Dieu en islam, la pierre angulaire du mondialisme des origines : la chrétienté a jeté les fondements de l’Autre comme alter ego.

  • #3623159

    Qu’on m’explique pourquoi tous les pays chrétiens sont en décadence (Occident) quand tous les autres pays non-chrétiens progressent, se renforcent et prospèrent (Asie, monde musulman). Pourquoi le wokisme est spécifique aux pays chrétiens ?

     

    Répondre à ce message

    • #3623174
      Le 29 juin à 06:34 par Tic et Toc

      Tout simplement parce que le wokisme (progressisme) est un outil créé spécialement pour apporter cette décadence au sein des sociétés chrétiennes.

    • #3623594
      Le 30 juin à 14:39 par Telecaster

      La France jadis catholique est en décadence depuis que le pouvoir est usurpé par la République universelle du genre humain . Il reste un reliquat de catholiques totalement convaincus, et heureux de l’être. Je suis pour ma part un ex-athée, converti par la Sainte Messe.
      Jésus-Christ est Dieu.

    • #3624132
      Le 2 juillet à 12:06 par paramesh

      le catholicisme est en décadence depuis la fin du moyen âge, la preuve : toutes les raisons qui ont mené à la réforme qui au début était une réaction parfaitement compréhensible. or si l’Eglise (la papauté) avait fait amende honorable et accepté de se réformer structurellement, la question ne serait jamais devenue théologique et surtout il n’y aurait jamais eu schisme.
      Dommage que la plupart des catholiques n’aient jamais lu une histoire de la papauté pour bien comprendre ce problème de la perversion d’origine humaine de toute spiritualité religieuse : combien de bons papes (défendant uniquement l’idéal chrétien) dans toute l’histoire de la papauté ? ça doit se compter sur les doigts d’une main.

  • #3623297
    Le 29 juin à 14:14 par géörgÿ schwàrtzµÿ

    Le wokisme est un corpus créé par la société ouverte. Ce n’est pas une idéologie car il n’y a aucune logique, mais un ensemble de préceptes destinés à détruire l’ensemble du monde. Il fonctionne mieux dans les pays de l’OTAN car entièrement soumis aux USA.
    Mais même ailleurs, leur puissance culturelle lui fait marquer des points partout, même en Asie.

    Répondre à ce message

  • #3623930
    Le 1er juillet à 17:17 par Engeammes

    Belle intervention tres argumentée qui me rappelle effectivement la ND qui effectivement considere le christianisme comme un vrai probleme en Europe (pas l UE !) quant à ses racines et son identité La ND a un peu trop insiste sur certaines approches du sacre je pense qu ils voient les choses autrement et effectivement le greco/romain est sans doute plus intéressant pour une nouvelle approche mais on ne peut évacuer le celte/scandive/slave des racines de notre Europe. Encore merci à LG.

    Répondre à ce message

  • #3623955

    Merci Laurent.
    Quelques réflexions :

    • Le génie de la civilisation européenne aurait été un mixte :
    - de compétition entre nations (et pas seulement dans le domaine techno-militaire : artistique, etc.),
    - et de lutte entre deux religions, seules permises, dont une trans-nationale… et proche du culte crypto-oligarchique républicain du mithraïsme (cf. Victor Bogey) - ce qui, au passage, contredit l’opinion de Youssef Hindi (à la suite de Vincent Peyon) sur l’absence de religion républicaine.

    • “On ne sait pas ce que le christianisme a détruit.”
    Cf. la lettre de la philosophie et historienne Simone Weil au Père Couturier :
    « [...] il y a une quasi-certitude. C’est qu’on a voulu nous cacher quelque chose ; et on y a réussi. »
    
Simone Weil, “Lettre à un religieux” (novembre 1942, Œuvres, “Quarto”, Gallimard, p. 1016)
    L’œuvre-vie de cette philosophe aura été d’en ouvrir quelques pistes : (“anti-Tanakh” - mais sans analyse de l’hébreu), folklore, contes, cathares, Egypte, stoïcisme… “Pourtant”, c’est en Christ qu’elle s’est retrouvée “finalement”.

    Répondre à ce message

  • #3624176
    Le 2 juillet à 15:00 par paramesh

    petit rappel : ce qui a fondé la civilisation chrétienne ce sont les monastères, pas les papes. une pratique, pas une théologie. dès que la vie monastique a commencé à péricliter, tous les problèmes qui ont rongé le christianisme ont commencé à faire surface

     

    Répondre à ce message

    • #3624216

      Le christianisme n’a jamais été une civilisation. C’est une religion. On parle pas de civilisation musulmane ou bouddhiste. D’ailleurs toute grande civilisation humaine est antérieure au christianisme (Grèce antique, Rome, Chine, inca, Babylone etc...).

    • #3625153
      Le 6 juillet à 12:07 par paramesh

      ouvre un dictionnaire, la religion est l’épine dorsale d’une civilisation. la civilisation occidentale est chrétienne ce qui inclut d’ailleurs les conséquences des différents schismes. (et si elle n’était pas chrétienne elle serait quoi ? juive ? musulmane ?)
      Bien sûr elle est aussi de culture gréco romaine, mais seulement par des restes de culture profane, pas de religieuse, ça fait une sacrée différence. mais la partie religieuse intéressante de la pensée grecque a été intégrée au christianisme naissant, autre autres le néo platonisme).
      Et bien sûr il y a des civilisations islamiques bouddhistes et hindoues.

    • #3625283
      Le 6 juillet à 22:23 par ProtégeonslaPalestine

      @Anonyme, Si tout le monde remet en cause le socle chrétien de la civilisation occidentale à l’aune de sa nostalgie d’un âge d’or antique ou de son adhésion à une autre religion, on aboutit à une réécriture de l’histoire.

      Dans la mesure où le dogme chrétien a donné naissance à :

      - une liturgie qui rassemble des fidèles de la société civile dans des communions, processions, célébrations, pélerinages

      - une musique sacrée (chants grégoriens, chants du vendredi saint en latin, opéras)

      - des constructions monumentales (églises, cathédrales, l’abbatiale Saint-Austremoine est un édifice de style roman dans le du Puy-de-Dôme),

      - un faste architectural (châteaux de la Loire, Versailles) en l’honneur d’une royauté de droit divin

      - une peinture sacrée (scènes de nativité, d’adoration, de crucifixion, de lapidation)

      - des représailles génocidaires de l’appareil d’État pour mater les insurrections de chrétiens contre-révolutionnaires (200 000 Vendéens massacrés),

      - l’art gothique (cathédrale de Sens, abbaye de Saint-Denis)

      Parce qu’elle a redessiné, à la gloire de Dieu, la topographie des villages avec l’église pour nexus centripète, créé desréseaux de solidarité (Scouts, Croix Rouge, Compagnons du Devoir, Emmaüs, Restos du Cœur), influé sur la vie politique (Talleyrand était homme d’église), philosophique (René Descartes a produit le Discours de la méthode sous l’impulsion de sa foi catholique), et même scientifique (l’inventeur de la calculatrice Blaise Pascal était janséniste), la chrétienté se trouve indubitablement au fondement de la civilisation occidentale.

      Ceux qui ont lu attentivement Platon et Aristote ne manqueront pas de voir en eux des pré-chrétiens.

  • #3624328
    Le 3 juillet à 01:43 par Léonard

    Monsieur Guyénot n’a pas l’air très au courant de l’existence du Taoïsme, dont le Stoïcisme n’est qu’une approximation.

    Sur la colonisation européenne, puisqu’on se garde bien de parler d’une certaine autre : à l’heure actuelle, tout dégât a été soit réparé par l’action humanitaire, soit payé en aides, soit "vengé" par la criminalité et l’incivilité omniprésentes. On ne doit accepter AUCUNE culpabilisation supplémentaire. Cessez de vous rabaisser, car on ne respecte que ceux qui se respectent.

     

    Répondre à ce message

  • #3624759
    Le 4 juillet à 23:42 par Saturnin Pompier

    "La Cité Antique", de Fustel de Coulanges.

    Livre 5 - Le régime municipal disparaît - Chap. II - La conquête romaine

    « Rome est la seule cité qui ait su par la guerre augmenter sa population. Elle eut une politique inconnue à tout le reste du monde gréco-italien ; elle s’adjoignit tout ce qu’elle vainquit. Elle amena chez elle les habitants des villes prises, et des vaincus fit peu à peu des Romains. En même temps elle envoyait des colons dans les pays conquis, et de cette manière elle semait Rome partout ; car ses colons, tout en formant des cités distinctes au point de vue politique, conservaient avec la métropole la communauté religieuse : or, c’était assez pour qu’ils fussent contraints de subordonner leur politique à la sienne, de lui obéir, et de l’aider dans toutes ses guerres.

    Un des traits remarquables de la politique de Rome, c’est qu’elle attirait à elle tous les cultes des cités voisines. Elle s’attachait autant à conquérir les dieux que les villes : Elle s’empara d’une Junon de Veii, d’un Jupiter de Préneste, d’une Minerve de Falisques, d’une Junon de Lanuvium, d’une Vénus des Samnites et de beaucoup d’autres que nous ne connaissons pas. « Car c’était l’usage à Rome, dit un ancien, de faire entrer chez elle les religions des villes vaincues ; tantôt elle les répartissait parmi ses gentes, et tantôt elle leur donnait place dans sa religion nationale. »

    Montesquieu loue les Romains, comme d’un raffinement d’habile politique, de n’avoir pas imposé leurs dieux aux peuples vaincus. Mais cela eût été absolument contraire à leurs idées et à celles de tous les anciens. Rome conquérait les dieux des vaincus, et ne leur donnait pas les siens. Elle gardait pour soi ses protecteurs, et travaillait même à en augmenter le nombre. Elle tenait à posséder plus de cultes et plus de dieux tutélaires qu’aucune autre cité.

    Comme d’ailleurs ces cultes et ces dieux étaient, pour la plupart, pris aux vaincus, Rome était par eux en communion religieuse avec tous les peuples. Les liens d’origine, la conquête du connubium, celle de la présidence des féries latines, celle des dieux vaincus, le droit qu’elle prétendait avoir de sacrifier à Olympie et à Delphes, étaient autant de moyens par lesquels Rome préparait sa domination. »

     

    Répondre à ce message

    • #3624830

      Si la ville de Rome a vu sa population augmenter, c’est par l’afflux d’esclaves et une fois affranchis, la sportula, sorte de RSA de l’époque les faisait vivre sans travailler. D’ailleurs il ne servait à rien de travailler dans la péninsule. Les prix du grain importé d’Égypte étaient très bas.Mais les romains ne faisaient plus d’enfants ! Les empereurs ont prononcé un nombre élevé d’incitations pour des familles de 4 enfants en vain.
      Quant à la religion, il est absolument faux de dire que la plus grande tolérance existait. Les juifs, les. chrétien, le culte d’Isis et autres étaient très mal vus.

      Par contre les dieux grecs, celtes et romains étaient si ressemblants qu’on a pu très facilement les rassembler.

  • #3624763
    Le 5 juillet à 00:06 par Saturnin Pompier

    "La Cité Antique", Fustel de Coulanges.

    Livre 5 - Le Régime municipal disparaît. Chap. III - Le Christianisme

    « Mais peu à peu, nous l’avons vu, la société se modifia. Des changements s’accomplirent dans le gouvernement et dans le droit, en même temps que dans les croyances. Déjà, dans les cinq siècles qui précèdent le christianisme, l’alliance n’était plus aussi intime entre la religion d’une part, le droit et la politique de l’autre. Les efforts des classes opprimées, le renversement de la caste sacerdotale, le travail des philosophes, le progrès de la pensée avaient ébranlé les vieux principes de l’association humaine. On avait fait d’incessants efforts pour s’affranchir de l’empire de cette vieille religion, à laquelle l’homme ne pouvait plus croire ; le droit et la politique, comme la morale, s’étaient peu à peu dégagés de ses liens.

    Seulement, cette espèce de divorce venait de l’effacement de l’ancienne religion ; si le droit et la politique commençaient à être quelque peu indépendants, c’est que les hommes cessaient d’avoir des croyances ; si la société n’était plus gouvernée par la religion, cela tenait surtout à ce que la religion n’avait plus de force. Or, il vint un jour où le sentiment religieux reprit vie et vigueur, et où, sous la forme chrétienne la croyance ressaisit l’empire de l’âme. »

    Ici, Guyénot est en désaccord avec Fustel de Coulanges. Autour de la minute 26.

    Répondre à ce message

  • #3625074
    Le 6 juillet à 05:36 par Le Dieu du Schnaps

    Dans quelle mesure le discours attribué à Jésus s’inscrit-il dans une forme de critique, explicite ou structurelle, du système juridico-politique romain, de ses dispositifs normatifs et de son régime de légitimation de la justice impériale, tel qu’il s’exerçait dans les provinces du Levant ?
    Jésus a-t-il parlé au-dessus de Rome, ou contre elle ?

    Répondre à ce message