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David Nahmad – Dominique Lanzmann-Petithory – ELNET

Confiscation

Condamné par la justice new-yorkaise à restituer la toile d’Amedeo Modigliani, Homme assis (appuyé sur une canne), spoliée à un galeriste juif sous l’Occupation, le collectionneur et milliardaire David Nahmad a interjeté appel. Le 3 avril 2026, au terme d’une bataille judiciaire de onze ans, le juge Joel M. Cohen, de la Cour suprême de l’État de New York, avait ordonné la remise de l’œuvre à la succession d’Oscar Stettiner. L’œuvre, peinte en 1918 et estimée à plus de 20 millions d’euros, représente selon l’institut Restellini le chocolatier Georges Menier.

Galeriste parisien réfugié en zone libre, Stettiner voit sa collection dispersée en 1941 par un administrateur provisoire mandaté par le Commissariat général aux questions juives. Le tableau est vendu en 1944, disparaît jusqu’à sa réapparition en 1996 lors d’une vente Christie’s, où il est acquis pour le compte d’International Art Center (IAC). Bien que David Nahmad l’ait d’abord nié, les Panama Papers ont révélé, en 2016, qu’il était l’unique propriétaire d’IAC. Devant la cour d’appel, les avocats de Nahmad avancent désormais un nouvel argument. Il y aurait erreur sur le tableau, l’œuvre réclamée ne serait pas celle confisquée à Stettiner. La défense avait déjà soutenu qu’il s’agissait d’un autre Modigliani, argument écarté par le juge en première instance.

Né en 1947 à Beyrouth, domicilié à Monaco, le marchand d’art et collectionneur David Nahmad est le fils du banquier juif sépharade Hillel Nahmad. Son fils, Hillel « Helly » Nahmad, directeur de la galerie Helly Nahmad sur Madison Avenue à New York, a été condamné le 30 avril 2014 par la cour fédérale de Manhattan à un an et un jour de prison pour son rôle de meneur dans l’exploitation d’une vaste entreprise illégale de paris sportifs.

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Compétition victimaire

Dans un entretien publié fin mai par Le Figaro, Dominique Lanzmann-Petithory, veuve du cinéaste Claude Lanzmann (1925-2018) et présidente de l’association Claude-et-Félix-Lanzmann, est revenue à la charge pour que l’allée centrale du square de la place-des-Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d’Hiver, dans le XVe arrondissement de Paris, porte le nom du réalisateur de Shoah. Tirant parti des commémorations du centenaire de la naissance du cinéaste, marquées par de nombreuses initiatives tout au long de l’année 2025 et par l’inauguration, le 27 janvier 2026, d’un buste de Lanzmann sur ce même square, elle relance sa demande auprès du nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, élu en mars 2026. Le projet avait été voté sans difficulté en conseil d’arrondissement l’année dernière, mais lors de la délibération du Conseil de Paris, le 18 décembre 2025, les élus EELV, sous l’impulsion de l’élue écologiste Alice Coffin, s’y sont opposés en invoquant des accusations de violences sexistes et sexuelles visant le cinéaste.

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Ingérence

Dans le contexte du renforcement de la lutte contre les ingérences numériques étrangères en France, le lobby pro-israélien ELNET France, dirigé depuis 2011 par Arié Bensemhoun (successivement président de l’UEJF, cofondateur de SOS Racisme, président du CRIF Midi-Pyrénées), suscite l’attention de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui envisage son inscription au répertoire de l’influence étrangère, selon une enquête de Marianne du 18 juin dernier.

Pour rappel (cf F&D 543), ELNET (pour European Leadership Network) est une ONG internationale cofondée en 2007 par au moins deux membres de l’AIPAC : le « philanthrope » américain Larry Hochberg et Raanan Eliaz (ancien membre du Conseil national de sécurité israélien et conseiller senior auprès du cabinet du Premier ministre israélien). Dédiée au renforcement des relations entre l’Europe et Israël, ELNET est notamment enregistrée auprès du Parlement européen. Sur le même modèle, ELNET France exerce son lobbying auprès des parlementaires français, multipliant les invitations en Israël dans des hôtels luxueux, tous frais payés, pour la visite d’institutions et de sites particuliers. Selon Mediapart, une centaine de membres de LR ou de la Macronie en aurait déjà bénéficié, dont Aurore Bergé, Benjamin Haddad, Yaël Braun-Pivet.

Avant Bensemhoun, ELNET France a été présidée par l’homme d’affaires Pierre Dassas, membre du comité directeur du CRIF depuis 1992, et par l’investisseur Jean-David Bénichou. Comme l’a rappelé Blast dans son enquête du 27 mai 2025, Emmanuel Macron, qui a rencontré Bénichou lorsqu’il était ministre de l’Économie et travaillait à l’implantation de la French Tech à Tel-Aviv, a également entretenu des liens avec Bensemhoun en 2016, ce dernier figurant dans les Macron Leaks au titre de donateur pour la campagne électorale présidentielle de 2017. Les deux hommes ont été présentés au futur président par Philippe Guez, représentant du MEDEF en Israël, ancien vice-président en Israël de la banque Rothschild.

 

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2 commentaires

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  • #3623070
    Le 28 juin à 16:39 par Léon Ziclone

    Est-il possible à nos experts en restitution si aptes à dénicher les moindres failles en terme d’attribution de propriétaires, par quels moyens ceux-là ont acquis certains chef-d’œuvre ?

    Catégorie de laquelle j’exclue totalement aussi bien les œuvres de ce dégénéré transalpin que celles de l’autre d’Espagne qui ne sont que des artistes ratés qui ont très bien sus se vendre (même post-mortem). Quand on compare ces raclures peintes avec du Van Gogh ou du Segantini, voire même du Gustave Moreau, « y a juste pas photo, en fait ! »

    Il serait grand temps de déboutonner une tapée de fausses gloires de l’art comme cette m... totalement immorale de Picasso, ce cinglé de Modigliani, cet opportuniste de Duchamp. Et je n’ai rien d’un passéiste crotté, admiratif sans borne d’un Debussy ou d’un Mahler. Bref, juste au passage.

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  • #3623117
    Le 28 juin à 21:07 par Sedetiam

    Il y a quand même plus d’esbrouffeurs que dans Blanche Neige, au cœur de cette histoire...
    Ne vous faîtes pas chier : une cheville Molly, une vis « cruciforme », c’est important et vous accrochez le bazar au Panthéon à une jambe.

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