C’est l’effet direct de la mégacrise. Tout le monde a vu une fois dans sa vie, et peut-être joué au jeu du pousse-pièces dans une fête foraine. On achète des jetons, on les balance dans la fente, le gros tas de pièces avance vers le précipice, et c’est le jackpot (pour le forain).
@funeternity Ça tombe de partout au coin pusher #coinpusher #poussepiece #feteforaine #amusement #hasard #chambouletout ♬ son original - Fête Foraine Forever
La crise sociale, c’est pareil : l’oligarchie injecte de la paupérisation, et ceux qui sont au bord du précipice, en termes de survie, basculent dans le vide. C’est-à-dire la violence, contre soi – la dépression, la drogue, le suicide – ou contre les autres.
Avec des millions de crevards sur notre sol, prévoir une défense active. Les SDF, eux, ne sont pas dangereux : ils ne se rackettent et ne se tuent qu’entre eux, c’est un sous-monde, un infra-monde qui ne touche pas le nôtre. Pas de révolte à attendre de leur côté, ce sont des zombies, mais trop lents pour attraper et dévorer des vivants.
En 15 ans, les vols de pauvres par des pauvres ont explosé
En revanche, le danger viendra de la partie de la classe pauvre qui va basculer dans la misère, et la misère est mère de tous les vices, comme la misère morale de nos dominants, mais eux ont le cul au chaud. La société française, ce bâtiment à trois étages et sept parties – on va s’expliquer –, s’enfonce dans le marais.
Il y a tout en haut l’oligarchie, les mégariches, les intouchables, qui forment la couche supérieure de l’immeuble avec rooftop et protection policière rapprochée. Une sorte de septième ciel.
En dessous, on a la classe moyenne, partagée en trois parties : la classe moyenne supérieure, celle qui est en contact avec l’oligarchie (les gros jobs des hauts cadres du Système) ; la classe moyenne moyenne, celle qui s’en sort tout juste ; et la classe moyenne inférieure, celle qui est en contact avec le prolétariat, lui-même subdivisé en trois parties.
Nous y trouvons les ouvriers et petits employés, qui tiennent grosso modo sur un ou deux smic ; les précaires, qui touchent un peu de fric de l’État et qui complètent avec du black ou de l’autoentreprise foireuse ; et enfin, le sous-prolétariat, les migrants, les superpauvres et les petits truands, dealers et compagnie. La cour des miracles du parvis de Notre-Dame.
Voilà l’architecture sociale, sur laquelle s’exerce la dynamique de paupérisation due à la gestion ultralibérale du pays, qui fait que l’argent est aspiré vers le haut et ne ruisselle plus trop en bas. Conséquence, les micro-braquages par des petits bandits ou des bandits improvisés vont se multiplier. Exemple ce 25 avril avec un braqueur de boulangerie. De boulangerie !
Les gendarmes ont été appelés pour un vol à main armée dans une boulangerie. À l’arrivée des militaires, l’homme avait braqué plusieurs salariés du commerce et était sur place depuis une dizaine de minutes a utilisé son arme de poing et tiré dans leur direction. Les gendarmes ont riposté. Grièvement blessé, l’homme a été secouru par les forces de l’ordre avant de décéder quelques instants plus tard. (Le Figaro)
Tout le monde va descendre d’un cran, sauf le rooftop au soleil ainsi que le sixième étage, nécessaire à l’oligarchie pour maintenir ses prébendes. En dessous, ça va non seulement descendre mais se resserrer. Déjà, la classe moyenne, c’est-à-dire ceux qui survivaient jusqu’à présent correctement, se contracte. Sa partie inférieure glisse vers le troisième étage, qui est l’antichambre de l’enfer social.
Il y aura plus de vols, plus d’agressions, plus de violences, plus d’injustices, puisque, les riches étant bien protégés, soit par les flics soit par les centres-villes, ce sont les pauvres qui vont être victimes des miséreux. Et l’injection de centaines de milliers de migrants chaque année – une piqûre de poison social ! – accélère ce processus.
Le meilleur gardien du peuple travailleur pauvre, c’est encore le miséreux venu d’Afrique et le délinquant. Il n’ont pas le sens du collectif, pas de désir de construction sociale et personnelle via l’instruction, le syndicalisme ou la politique, ils incarnent le travailleur idéal au sens des rooftopistes. Le migrant ne pense pas, il survit. Il ne s’intéresse pas aux autres, seule sa gueule ou sa tribu comptent. On ne peut pas construire avec lui, on ne peut que détruire l’existant, ce qui a été bâti en mille ans de France.
Aucun de ces deux-là qui se gonfraient au dîner de @Le_CRIF pendant que des enfants étaient brûlés vif à #Gaza ne saurait être Président sans souiller la République Française. pic.twitter.com/invKmtHZae
— Erwan DAVOUX 🇫🇷 (@erwandavoux) April 24, 2026
Et de la même façon que la classe moyenne se contracte sous l’étau des mégariches et des miséreux, de l’oligarchie et du sous-prolétariat, le vote central est en train de se contracter, envoyant de plus en plus de monde vers les extrêmes, LFI et RN. C’est le prolétariat électoral, mais coupé en deux.
Pour l’instant, l’architecture politique ne tient que sur cette fracture, un centre fragile avec deux ailes de plus en plus puissantes. Et c’est ce centre, complice de l’oligarchie, qui nourrit ce rejet vers les extrêmes. Lénine avait raison, le capitalisme est en train de vendre la corde qui le pendra.


et
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