Donald Trump a une nouvelle fois sidéré l’opinion mondiale en niant la responsabilité du Pentagone dans la mort de 168 écolières à Minab. À bord de l’avion présidentiel, il a déclaré aux médias : « Non, à mon avis, compte tenu de ce que j’ai vu, c’est l’Iran qui l’a fait. » Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, qui l’accompagnait, a botté en touche, tout en restant dans la ligne de son patron : « Nous enquêtons bien sûr, mais la seule partie qui cible les civils, c’est l’Iran. » [1]
L’Iran a rendu publiques des photos de débris de missile portant la mention « Made in USA ». Des experts militaires intervenant sur CNN, la BBC et d’autres chaînes ont identifié, à partir de ces fragments, un Tomahawk, un type de missile de croisière en dotation dans l’arsenal américain. Face à ces éléments, la Maison-Blanche préfère nier, même devant des preuves matérielles, d’autant qu’aucune procédure judiciaire internationale ne l’atteint [2].
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une guerre surprise contre l’Iran dans le cadre de l’opération Epic Fury, abattant l’ayatollah Ali Khamenei dès la première heure. Mais au-delà des assassinats politiques, la coalition américaine a rasé un bâtiment d’école primaire pour filles à Minab, tuant environ 180 personnes, pour l’essentiel des élèves âgées de 7 à 12 ans et du personnel enseignant, avec plus de 90 blessés [3].
???????? We do not forgive ! We do not forget !
168 victimes iraniennes, en majorité des écolières.
Derrière chaque enfant tué, il y a un monde qui s'effondre, une étincelle de vie qui s'éteint et des parents, une famille, des amis dévastés par le deuil.#warcrime ???????????????? pic.twitter.com/0pREWEOgqd
— master13 (@claudechatnoir) March 10, 2026
Lors d’une récente apparition publique, le président américain Donald Trump a qualifié les dirigeants iraniens de « malades, malades mentaux. Méchants, fous, malades ». Mais que doit-on conclure de la Maison-Blanche après un tel acte ? [4]
Les images et vidéos de l’enterrement collectif de 168 enfants ont fait le tour du monde, devenant instantanément le symbole emblématique de l’agression américano-israélienne. La Turquie figure parmi les rares pays à avoir organisé des événements de deuil. Le 5 mars, à Istanbul, l’Union des jeunes Turcs (TGB) et l’Association des femmes de la République (CKD) ont tenu une action baptisée « Anges de Minab » devant le Consulat général d’Iran. Les manifestants arboraient 168 sacs à dos scolaires, des peluches, des cahiers et du matériel pédagogique en hommage aux victimes [5].
Le président du TGB, Kayahan Çetin, interpelle sur la neutralité face au conflit : « Imaginez : un matin, vous envoyez votre fille à l’école, et sur ordre des voyous américano-israéliens, elle ne revient jamais... À ceux qui prônent la "neutralité", nous demandons : acceptez-vous que les États-Unis et Israël tuent des enfants dans cette région d’un simple clic ? Pouvez-vous l’accepter ? »
Les organisateurs ont rappelé que la compassion ne saurait être entravée par les clivages religieux (sunnites ou chiites) ni par les divergences politiques entre États. Il s’agit d’une tragédie humaine, et l’indifférence y équivaut à une complicité criminelle.
Le 8 mars, l’Union turque des élèves a organisé une action similaire à Ankara. L’initiative #AngelsOfMinab s’est tenue devant l’ambassade d’Iran, manifestant la solidarité des élèves turcs avec leurs camarades qui meurent sous les bombes américaines.
L’ONU a également réagi [6], mais en pure perte : elle réclame une enquête confiée... aux responsables eux-mêmes. Qui imagine les États-Unis et Israël se repentir pour ces 168 fillettes tuées ?
Sans surprise, aucun aveu de culpabilité n’a été formulé. À 500 ou 600 mètres de l’école se trouve une base du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Washington continue à frapper au plus près de zones civiles tout en refusant de considérer les morts d’enfants comme des pertes inacceptables. Le Pentagone a en outre choisi de cibler simultanément l’école et la base du CGRI à l’heure de cours. Il ne reste dès lors que la condamnation venue des citoyens et des mobilisations comme #AngelsOfMinab pour dénoncer ces crimes.
Une autre question hante désormais le débat : pourquoi ces filles sont-elles mortes ? Quel est l’objectif de la « Coalition Epstein » dans cette guerre ?
???????? Iran just released a video showing two parallel stories :
A girl getting ready to go to school, and a U.S. soldier getting ready to bomb the school she attends.
Brutal. https://t.co/Ykmv1vm0O8
— China in English (@New_tres) March 10, 2026
Les déclarations publiques des responsables américains ne clarifient rien. Le 2 mars, le secrétaire d’État Marco Rubio a expliqué devant la presse qu’Israël se préparait à attaquer son rival régional et que Washington avait été « entraîné » dans le conflit, de sorte que les États-Unis avaient frappé « de manière préventive » (même si ce mot n’est pas du tout approprié dans ce contexte). Trump a ensuite démenti cette version. Le 3 mars, interrogé à nouveau, Rubio s’est emmêlé dans une réponse embrouillée : « Eh bien, non, c’est... C’était vous... Parce qu’hier, on m’a demandé : intervenez-vous à cause d’Israël ? J’ai répondu non. Je vous le redis : cela devait arriver de toute façon. » [7] Face aux critiques récurrentes, la Maison-Blanche a publié le 3 mars un communiqué listant les buts de l’opération : démanteler les capacités balistiques iraniennes, neutraliser la marine (dix navires coulés), et empêcher l’acquisition d’armes nucléaires – programme déjà « éradiqué » selon Trump en 2025. Un point vise à empêcher les alliés régionaux de Téhéran de poser des engins explosifs sur les routes – confondant djihadistes sunnites comme Al-Qaïda ou Daech (actifs en Irak) avec les milices chiites qui les combattaient [8].
Incompétence totale et ignorance patente. Les analystes qui dénoncent l’absence de stratégie claire à la Maison-Blanche pour l’Iran ont vu juste. Même chaos sur le calendrier de l’opération Epic Fury.
Peu avant le déclenchement, des fuites médiatiques évoquaient une campagne éclair de quelques jours, inspirée du Venezuela – optant cette fois pour l’assassinat plutôt que l’enlèvement. Par la suite, Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont repoussé la fin des frappes : de deux semaines à trois, puis quatre, et récemment à huit semaines potentielles. Malgré son assurance télévisée, le chef du Pentagone patine visiblement et il ne sait absolument pas quand tout cela va se terminer [9].
Selon Politico, le CENTCOM, responsable de la conduite de la guerre, a urgemment requis des spécialistes du renseignement supplémentaires pour au moins 100 jours, avec une possible prolongation de leur séjour au quartier général jusqu’en début septembre. Les conclusions s’imposent d’elles-mêmes.
Les sondages de Trump sont en chute, et son administration s’agrippe à n’importe quelle béquille pour sortir du bourbier qu’elle a elle-même créé. L’Iran ne capitulera pas sous les seuls bombardements aériens ; Washington a donc tenté de pousser simultanément des groupes séparatistes kurdes, azéris et turcs à ouvrir un second front contre Téhéran. Aux premiers, les Américains ont promis, sans fondement, un futur État indépendant, mais personne n’a accepté de se lancer dans une telle aventure. Les populations concernées savent pertinemment que la Turquie ne tolérera jamais la création d’une entité kurde souveraine alors que plus de 20 millions de Kurdes vivent sur son territoire.
Dans ce contexte, il est dans l’intérêt d’Ankara de mettre entre parenthèses ses différends avec l’Iran et de le soutenir en temps de crise pour éviter sa désintégration. Le massacre des 168 écolières de Minab par la coalition américano-israélienne a montré qu’aucun seuil de victimes ne serait épargné tant que la suprématie israélienne au Moyen-Orient n’aura pas été assurée. Au lieu de contribuer à plonger la région dans un chaos irréversible, les Turcs organisent des actions #AngelsOfMinab. Lors de l’une d’elles, la déclaration finale a formulé une thèse limpide, qui sonne comme une réponse à Washington : « Défendre l’Iran, c’est défendre la Turquie. »


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