Céline, c’est le Tchernobyl des lettres : on en apprend et on en prend tous les jours.
Cette fois-ci, un certain Sapaudia nous ressort une lettre à son avocat de l’auteur du Voyage. Écrite pendant l’épuration, et pendant que LFC est en taule au Danemark. Nous avons isolé un passage. Il en reste plein sur sapaudia.org.
On a bien aimé la petite phrase sur ses « livres humoristiques et rabelaisiens et antisémites » !
Il me reste à expliquer pourquoi je suis moi tout spécialement en butte aux haines des partis politiques actuellement au pouvoir en France.
1° En raison de mes livres humoristiques et rabelaisiens et antisémites et surtout pacifistes parus en France avant la guerre (Bagatelles et l’École) il y a 10 ans !
2° Sans doute encore bien davantage en raison de mon attitude anticommuniste et du pamphlet que je fis paraître (mea culpa) à mon retour d’un voyage en Russie (1936), où je m’étais rendu d’ailleurs entièrement librement et à mes frais.
Évidemment que le Parquet de Paris (ni la Légation) ne peuvent avouer au Gouvernement danois les véritables motifs des poursuites que l’on m’intente. Le Parquet de Paris se ménage lorsqu’il sera en possession de ma personne de me liquider d’une façon ou d’une autre, « sans autre forme de procès » comme écrit La Fontaine, ou de fermer les yeux sur certain meurtre comme il a été procédé avec mon éditeur Robert Denoël. L’essentiel est de tenir la bête, à l’abattre l’on parvient aisément. Parmi tant de haines dont je suis l’objet je dois encore compter sur celle de presque tous les littérateurs français, jeunes et vieux, race diaboliquement envieuse s’il en fut, et qui ne m’ont jamais pardonné mon entrée si soudaine, si éclatante dans la littérature française. Ceux-là ne respireront que le jour où je serai exécuté. « Le Voyage au bout de la nuit » les empêche positivement de respirer, de vivre depuis sa parution (1932). Je me trouve un peu dans la même situation que Manet ou Monet après leur découverte de « l’Impressionnisme ». 10 000 peintres de l’époque eussent été parfaitement prêts à les assassiner (et même le public), seulement ils n’ont pas donné dans leur vie le bon motif d’assassinat, et moi j’ai été assez bête pour le donner. Tout est là.
Dès la parution du « Voyage » je devins l’objet de toutes les sollicitations et amabilités des divers partis politiques, qui m’offraient évidemment dans leurs rangs les places les plus flatteuses et les plus éminentes. Le parti communiste à cet égard se montra particulièrement pressant. Mon style dynamique, ma truculence, ma force pour tout dire, me désignaient au remplacement d’Henri Barbusse déjà très malade à l’époque. Le « Voyage au bout de la nuit » dès sa parution fut traduit aux soviets à plusieurs cent mille exemplaires (alors qu’il était interdit par Hitler). Ces faits ne sont pas oubliés par le Parti communiste en France. Le P. communiste possède une mémoire remarquable ; ce n’est pas tendre pour les écrivains qui ont décliné d’avance et féroce pour ceux qui ont publiquement dénigré son système. C’est mon cas avec « Mea culpa ». Or le P. communiste forme l’aile marchante, active du Gouvernement français actuel. On ne lui refuse rien. Je n’ai pas besoin d’en dire davantage.
À toutes fins utiles cependant j’insiste bien sur ce fait qu’à aucun moment ni avant ni pendant la guerre je n’ai été autre chose qu’un écrivain, à l’état pur si j’ose dire, jamais journaliste, jamais propagandiste, jamais politicien, jamais militaire. Français, médecin et écrivain – voilà ce que je suis et rien d’autre. Aucun compromis. J’ai tiré mes revenus de mes livres, ils me suffisaient très largement. Je n’arrivais pas à dépenser le quart de ce que je gagnais. Mon train est très modeste vous le savez sans doute par mon ami Varenne. Peut-on m’accuser au moins d’avoir entretenu des relations amicales avec l’ambassade d’Allemagne à Paris ? Je n’y ai jamais mis les pieds ni avant ni pendant la guerre, et je sais qu’on m’y détestait, que l’on m’y traitait d’anarchiste désastreux et redoutable. C’était aussi l’opinion à Berlin puisque tous mes livres y furent interdits (y compris les antisémites) dès l’avènement d’Hitler. Tout ceci peut être facilement prouvé. Nul doute que si les Allemands avaient finalement gagné la guerre ils m’eussent fait abattre, liquider, comme veulent le faire actuellement les magistrats du Parquet du Tribunal « très spécial » de Paris.
J’ai voulu établir la paix entre la France et l’Allemagne. J’ai trop souffert moi-même de la guerre, mutilé à 75 p. 100, engagé volontaire des deux guerres, pour ne pas y penser tout le temps, j’y ai trop pensé.
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Le sommaire de l’émission :
00:00 – Intro : L’idole (je n’en peux plus)
01:00 – Le combat pour les Blancs, avec Habib, Bolloré et Drahi
06:18 – Rochedy ou Sarkozy, qui fait le plus Blanc ?
08:19 – Humiliation permanente des Français, de toutes origines
17:19 – Comprendre Céline
27:39 – Le concept de « Blancs » dans la géopolitique
34:55 – On ne peut pas tout lire
37:42 – Racisme juif et judéophobie
42:16 – Petite pique envers la langue anglaise
46:17 – Soral est-il drôle ?
49:19 – « Pour être un comique en France… »


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