Nous sommes dans Karma, le dernier film de Guillaume Canet avec son ex, Marion Cotillard. La bande-annonce est sans grand intérêt. Mais la presse se pâme : c’est un film noir ici, noirissime là.
Ce qui nous intéresse, comme toujours, c’est la toile de fond, le message politique, pas toujours conscient dans la tête creuse des réals. Là, il s’agit de l’emprise d’un « gourou manipulateur psychopathe » (la presse), maître d’une secte religieuse chrétienne, oui, chrétienne, « une communauté rigoriste et fermée », écrit Le Monde. On tremble déjà. Le Monde, qui trouve que le film pèche par endroits, a forcément aimé la critique des extrémistes chrétiens. Étonnant, non ?
Le film touche juste dans la description précise de la communauté, son fonctionnement, ses dynamiques troubles, sa grande violence derrière les apparences de liberté et de consentement…
C’est certain que Canet n’allait pas faire un film sur une secte juive en France qui organise des dîners avec des prisonniers français, faut pas rêver. Chez nous, on peut taper sur deux religions : les chrétiens et les musulmans, le reste est tabou.
Faisant écho également à des scandales contemporains comme celui de Bétharram, le film a l’intelligence de se placer jusqu’au bout du côté des enfants, pour mettre en lumière les abus qui se perpétuent dans le silence et dans l’ombre. Au pouvoir mortifère du secret, Guillaume Canet oppose la nécessité des vérités douloureuses, étape indispensable pour se reconnecter aux autres et à sa part d’humanité brisée.
Dans la cuvée Cannes 2026, on a trouvé un film antipédo, parce que le cinéma d’aujourd’hui, au bout de son projet, n’a plus d’imagination. Alors, comme Houellebecq ou Emmanuel Carrère, il surfe sur le sujet sociétal du moment. C’est la fille de Léa Seydoux, l’inexpressive née au milieu des fées de la production, qui découvre que son mari est pédophile. Là encore, on cite Le Monde, qui va nous faire du Goldwin. Il y a le point Godwin, et le Goldwin.
Rien là de quoi surprendre les cinéphiles, qui connaissent de longue date la clinique esthétique autrichienne, et son inclination, tout à la fois acérée et malaisante, pour les abîmes de la monstruosité. Les cinéastes Michael Haneke, Ulrich Seidl et quelques autres nous ont fait passer par ce chemin étroit qui serpente entre Sigmund Freud et Adolf Hitler. Ici, l’histoire d’un couple mixte. Lucy (Léa Seydoux), compositrice française qui déconstruit les clichés masculins de la pop musique, et Philip, réalisateur qui peine à percer, viennent de déménager dans la campagne des environs de Munich avec leur garçonnet.
La Pravda a le mérite de démolir cette démonstration lourdingue, qui en plus fait dans la criminalisation de la figure du père :
Bonheur simple que quelques coups frappés à leur porte un matin par la police vont faire sombrer corps et biens. Munie d’un mandat, une brigade spécialisée vient arrêter Philip et se saisir de son ordinateur. L’homme semble savoir pourquoi, Lucy tombe des nues. Son mari fréquentait, sous le pseudonyme de « monstre doux » des forums pédophiles sur lesquels il postait des vidéos de violences sexuelles.
Un suspense un peu poisseux s’inaugure, qui consiste pour Lucy, révulsée, à savoir si Philip fut un consommateur, et si, surtout, il a ou non touché leur fils. Le doute, au demeurant très relatif, dans lequel nous entretient à cet égard la réalisatrice ne change pas la donne fondamentale du film. Les deux principales figures masculines de ce récit – l’autre étant le père de l’inspectrice de police, victime d’Alzheimer, qui harcèle sexuellement sa garde-malade – y sont en effet peu ou prou inexistantes.
On a conscience d’avoir emprunté au Monde plus que de raison, mais pour une fois que la critique est juste, on n’allait pas se priver de rendre hommage au plus grand journal français, auquel nous sommes abonnés de longue date.
On remarque une chose, dans ce tas de films : quand on tire sur un fil, tout vient, toute cette prod ne tient que sur une même propagande, un même canevas. Étonnant, non ? Encore une cohencidence ?
Pitchs de quelques films en compétition
La Vie d’une femme, de Charline Bourgeois-Tacquet : une romance lesbienne
La Bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi : trois homos pendant la guerre d’Espagne
L’inconnue d’Arthur Harari : l’histoire d’un juif qui s’interroge sur son genre
Garance de Jeanne Herry : une actrice qui ne réussit pas se met à boire
Notre Salut d’Emmanuel Marre : Vichy movie
Fatherland de Pawel Pawlikowski : post-shoah movie
The Man I love de Ira Sachs : une histoire d’amour gay triste des années sida
L’être aimé (El Ser Querido) de Rodrigo Sorogoyen : là on va laisser la main à France Info. « Le réalisateur espagnol est en compétition à Cannes pour la première fois avec un film puissant qui aborde la question des rapports de domination masculine à travers l’histoire d’une paternité ratée en séance de rattrapage. »
Minotaure de Andreï Zviaguintsev : un film antirusse sur la guerre de 2022.
Voilà pour la sélection. Finalement, on va regarder le docu anti-Domenech sur Netflix. Il en prend plein la gueule. On se demande qui était aux instances du foot français en 2008-2010 pour mettre un type aussi dépassé (il composait son équipe avec l’astrologie) au poste du sélectionneur national, avec en plus un groupe de brutes pour tout rafler en AfSud.
L’affaire Knysna c’est l’histoire d’un mec en surclassement, placé tout en haut par l’oligarchie footballistique, qui finit par déglinguer tout l’ensemble, jusqu’en bas de la pyramide. Après Knysna, les gosses ne voulaient plus s’encarter dans les clubs. Une transposition du destructeur de la France, Macron, placé par la Banque.
Molina flingue la FFF


et
!









