Wemby, Olise, Seixas, Marchand : France, productrice de diamants
27 avril 07:02, par Langue et PoiesisJe crois que l’auteur de cet article ne mesure pas l’étrangeté des performances de Paul Seixas en cyclisme.
On parle quand même d’un gamin de 19 ans qui a monté une bosse de 1,5km à 10,% de pente moyenne (passage à 20%) à près de 25kmh, soit environ une puissance insensée de 9w/kg, et après 230km de course à 43 de moyenne et 3700m de dénivelé positif. Voyez les vidéos de spectateurs filmant le passage des deux premiers , dont Seixas, dans la bosse pour se rendre compte de la vitesse : les mecs étaient à deux doigts de décoller.
Le pb dans le cyclisme actuel, mais même dans le sport de haut niveau en général, est qu’on a supprimé la souffrance et donc le souffle épique inhérent à la conception Coubertinienne. Si effectivement les coureurs cyclistes du passé ne tournaient peut-être pas à l’eau claire, il y avait encore la souffrance.
Mais aujourd’hui on passe à un stade ultérieur : l’homme augmenté. L’épo, qui n’était en réalité qu’un produit que certaines gloires des années 90 s’injectaient, a été remplacée par des pratiques dites de zone grise comme l’ingestion de cétones exogènes, l’inhalation de monoxyde de carbone en micro dose, les caissons hypoxiques visant à simuler les conditions de la haute altitude pour forcer les adaptations physiologiques à advenir.
Ce sont des pratiques bien connues et réelles dans le cyclisme actuel. Dès lors, la question est : où se situe le dopage ? Où se situe le naturel ?le naturel qui s’adapte n’est ce pas déjà une forme de dopage ?
En guise de premiers éléments de réponse, je dirais que ce qui est une adaptation naturelle, donc une amélioration naturelle, c’est ce qui est de l’ordre de la physiologie pure intrinsèque. Le dopage c’est du supra physiologique, en tant qu’il est reçu par la physiologie comme une amélioration, certes, mais surtout comme un intrus au détriment d’un fonctionnement sain, normal, naturel et optimal du corps. On rajoute qqch que "naturellement", "spontanément", la physiologie ne saurait développer par elle même dans des conditions données. Et évidemment, cela implique des effets secondaires dévastateurs, et pas nécessairement immédiats, mais bien souvent intervenant avec un décalage de plusieurs années, voire plusieurs décennies.
La souffrance paraît alors sous contrôle, de plus en plus mediée, estompée, par la médicalisation à outrance et l’assistance technologique, contribuant ainsi à estomper (et le mot est faible) l’humanité fondamentale de l’homme. C’est ça l’homme augmenté.
Alain Soral et E&R
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