Alain Soral interviewé par l’agence de presse russe Tass
19 mai 07:31, par LouisLa proximité culturelle est infiniment plus grande entre France et Angleterre qu’entre France et Russie. D’abord, la France et l’Angleterre possèdent une même structure ethnique, les dosages sont différents mais ce sont les mêmes ingrédients : sur un fond celtique, une première couche romaine puis une seconde germanique. Ensuite, du fait de la proximité géographique et des dynasties royales respectives, l’Angleterre a été française et la France a été anglaise. Religieusement, l’anglicanisme n’est qu’un catholicisme non papal. Les échanges commerciaux, culturels, religieux, ont été incessants entre la France et l’Angleterre. Et au fond c’est cela « l’Europe de l’Ouest », la France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal et l’Italie du Nord : ces quelques pays qui partagent le même mélange celtique-romain-germanique. La Russie en est très loin, vraiment, c’est un autre monde. L’Université de Cambridge a été fondée en 1231, celle d’Oxford en 1248, la Sorbonne en 1250... l’Université de Moscou n’a été fondée, elle, qu’en 1755... soit 5 siècles ans plus tard.
Le pays dont la Russie est le plus proche culturellement, l’équivalent pour la Russie de l’Angleterre pour la France, c’est la Pologne. A l’époque où les universités françaises et anglaise étaient en genèse entre le XIe et le XIIIe siècle, les langues russe et polonaise achevaient à peine leur différenciation. Anne de Kiev comprenait aussi bien le russe que le polonais, et de la même façon, la Russie a été polonaise et la Pologne a été russe. A peu près tout ce qu’on observe entre la France et l’Angleterre, on l’observe entre la Russie et la Pologne : proximité ethnique (purement et simplement slave), culturelle (plus grande proximité linguistique mais plus grande différence religieuse) et rivalité de frères ennemis. Russes et Polonais boivent de la vodka, mettent de l’aneth dans le poisson et du pavot sur le pain, comme Français et Anglais mangent du boeuf/beef, du mouton/mutton et de la poularde/poultry...
La Russie n’arrive en littérature qu’au XIXe siècle... glorieusement mais tardivement ; quand la source des littératures française et anglaise est commune, c’est le cycle arthurien, qui remonte, lui, au substrat celtique pré-germanique et pré-romain.
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