Ukraine : l’Union européenne a soutenu un putsch contre un gouvernement démocratiquement élu
24 février 2014 04:50, par GaëlBonjour,
il me semble que certains s’arrangent facilement avec la réalité en prétendant que les russes n’auraient rien à faire en Ukraine alors que des considérations historiques et géopolitique plaident au contraire en faveur de cette présence, du moins en ce qui concerne l’est.
D’abord l’histoire russe commence à Kiev avec la conversion du Prince Vladimir Ier au christianisme orthodoxe à l’occasion de son mariage avec une princesse byzantine (d’ou en partie la prétention russe d’être la "Troisième Rome" et donc l’appellation de Tsar ou Caesar) ainsi que l’adoption d’un alphabet adapté du grec, le cyrillique. Malgré diverses invasions l’est de l’Ukraine actuelle est toujours resté orthodoxe (je rappel que la Russie est historiquement et ce depuis la chute de Constantinople la protectrice de la chrétienté orthodoxe) et a été partie intégrante de la Russie du XVII ème siècle à 1991.
Autre considération, géopolitique celle là, croire que la Russie va se laisser dépouiller sans réagir du port de Sébastopol est d’une naïveté et/ou d’une malhonnêteté incroyable. Cela fait des siècles que celle-ci compte parmi ses objectifs prioritaires un accès aux mers chaudes, l’affaire de Syrie en est un très bon exemple, alors selon le principe du "qui peut le plus peut le moins", si les russes n’ont pas lâché la Syrie ce n’est sûrement pas pour abandonner l’Ukraine ou au moins l’est et surtout la Crimée. D’ailleurs il y a lieu de se demander dans quelle mesure cette affaire est liée à la guerre en Syrie (BHL, "c’est bon pour Israël"), car en effet il serait certainement plus difficile à la Russie d’intervenir en Syrie sans le port de Sébastopol. Si le nouveau gouvernement prétendait les en expulser il y a fort à parier qu’il se produirait, à plus grande échelle, ce qui s’est déjà produit en Géorgie, c’est à dire une attaque militaire suivie d’une partition du pays avec reconnaissance de l’indépendance d’une partie du pays (bon plus une annexion qui ne dit pas son nom, c’est sûr, mais que s’est-il passé au Kosovo ?).
Autre considération géopolitique et économique, la majorité du gaz russe en transit vers l’Europe occidentale passe par l’Ukraine. Il est évident qu’une Ukraine sous contrôle des Etats-Unis (l’Ukraine bientôt en faillite ? mais quelle formidable occasion que de placer celle-ci sous perfusion du FMI, donc sous contrôle politico-financier de Washington !!) serait un formidable moyen de pression sur la Russie.
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