Peut-être que Vladimir Poutine a été abusé par son état-major un peu trop optimiste et sûr de lui ? Peut-être que les services de renseignement russes n’avaient pas envisagé une telle hargne otano-américaine ?
Votre commentaire est excellent, mais ici, il manque un paramètre dans l’équation, et c’est le lobby russe du gaz qui avait intérêt à construire Nord Stream 2 et engranger des bénéfices supplémentaires plutôt qu’à une intervention militaire en 2015 quand le rapport de forces était encore en faveur de la Russie. Vous devez vous souvenir qu’à l’époque les partisans de l’intervention miitaire ont été écartés (Strelkov limogé, Zakhartchenko,Tolstykh, Pavlov abandonnés aux tueurs du SBU) et que Poutine est allé à Minsk se faire escroquer par les Allemands et les Français.
La récente liquidation de certains dirigeants de Gazprom et Novatek par le FSB laisse supposer qu’il y a eu une connivence entre eux et le camp euro-américain, connivence pour ne pas dire trahison : Shulman (directeur général de Gazprom et directeur des transports de Gazprom Invest), Tyulyakov (directeur financier de Gazprom), Avaev (vice-président de Gazprombank), Protosenya (vice-président de Novatek), Pechorin (directeur de la société russe de développement de l’Extrême-Orient et de l’Arctique)... Et d’ailleurs il y a aussi Maganov (président de Lukoil), qui s’était même ouvertement opposé à l’intervention en Ukraine. C’est tout le lobby des hydrocarbures qui est purgé et parce que ses intérêts ont divergé de ceux de la Russie.
Mais en dernier ressort, c’est bien Poutine, Lavrov et les services du Kremlin qui ont fait confiance à ces dirigeants de grands groupes russes et aux signataires occidentaux des accords de Minsk. Et sans doute aussi se sont-ils laissés griser par le retour de la Crimée alors qu’il fallait être beaucoup plus ambitieux et reprendre dès 2015 tout le Donbass qui était alors à portée de main. Le retour de la Crimée et le méga contrat de gaz signé avec la Chine (contrat d’approvisionnement de trente ans pour 400 milliards de dollars) en 2014 ont probablement troublé la vision que le Kremlin avait de la situation en Ukraine et en Europe. Quand Poutine est allé à Minsk en 2015, la Russie était sur un nuage...