On ne se met pas à croire à cause du pari de Pascal, le pari formulé par Pascal est là pour intriguer, pour faire réfléchir et pour aller chercher sur leur propre terrain, ceux qui se sont éloignés de dieu.
Pascal s’adresse à travers son pari aux libertins de son époque, à des joueurs qui sont familiers de ce genre de raisonnements, qui sont souvent d’habiles calculateurs, et pour qui tout est bon quand il s’agit de gagner, et bien pascal qui connait bien ce milieu et qui inventera au passage la notion de probabilité, prend un contrepied parfait puisqu’il leur rétorque à sa façon : la vie aussi n’est qu’un grand jeu, et si tu veux vraiment être sur de gagner à la fin, soit alors un bon chrétien, il y a si peu a perdre et tant à y gagner !
Le pari est là pour poser une question, pour piquer son interlocuteur, pour enclencher un déclic, rien de plus, hélas personne ne semble plus vraiment le comprendre.
Ce qui détermine Pascal, ce soiffard de dieu, c’est bien plus son mémorial que son pari.
Pascal a bien compris que les êtres humains sont des somnambules et qu’il faut les réveiller en permanence de leur léthargie, le pari ce n’est rien d’autre que cela, et nous qui vivons également à une époque où le somnambulisme est devenu un art, où il est tellement difficile de réveiller les gens et de se faire comprendre, nous devrions le comprendre ce grand génie.
Pascal qui comme nous, devait en souffrir, a d’ailleurs écrit cette très jolie chose :
"Le sommeil est l’image de la mort, dites-vous ; et moi je dis qu’il est plutôt l’image de la vie."