On se demande si avec cette pélamide en pyjama qui égrène ses 40 critères Camron n’est pas tombé sur une humoriste. Mais sait-on jamais, aujourd’hui, les néo-féministes sont devenues dingues. Même leurs mères sont effarées.
Le féminisme est tellement monté à la tête des jeunes femmes que même les boudins ont des exigences de stars : Brad Pitt, ou rien. Sinon un chat, comme Bibou. Sa maîtresse est à retrouver sur TikTok.
Ce qu’ignore cette jeune femme c’est que pour faire vivre une famille, les hommes réalisent des exploits quotidiens : ils sont confrontés à une violence sociale que femme et enfants ignorent généralement. C’est plus dur d’assurer la protection d’une famille – le job du lion (même si la lionne aujourd’hui travaille) – que de vendre du shit dans la rue.
La meilleure illustration en est la série Breaking Bad, qui ne doit pas être vue seulement comme une énième série sur la drogue, mais bien comme une allégorie de la difficulté d’être père dans un monde dur... et féministe, deux bâtons dans les roues. L’homme prend sur lui une part de la violence sociale pour protéger sa famille. Nécessairement, il doit être dur, mais à l’extérieur, pas à l’intérieur. Le mauvais père, c’est celui qui est dur à l’intérieur et doux à l’extérieur.
La force et la douceur sont appelées à se marier
La violence sociale, soit l’éternelle lutte des classes, fait que les femmes seules, ou indépendantes, deviennent dures à leur tour, et perdent parfois leur grâce. On ne dit pas qu’elles doivent rester à la maison faire la cuisine, d’ailleurs, elles ne savent plus vraiment cuisiner. L’uberisation est passée par là. Mais vivre sans homme c’est s’endurcir, et quelque part devenir un peu homme, disons une femme-homme, une femme masculine, masculinisée. C’est une loi d’airain, pas moyen d’y échapper.
C’est pourquoi ce genre de femme a du mal à trouver son alter ego : les rôles sont troublés, la frontière homme-femme floue. On ne sait plus si l’homme doit être courtois avec une telle femme qui peut s’envoler à la moindre contradiction, ou concurrence sur le marché de la rencontre. C’est pourquoi beaucoup de femmes de tête (les girls boss) ne trouvent pas couple, préférant consommer de l’homme-objet. Une attitude objectivement masculine. Elles n’auront pas droit à un homme-sujet, ou viril, qui recherche son complément en femme, c’est-à-dire une femme très féminine. Pas forcément soumise, mais pas dominatrice !
Le féminisme a fabriqué des hybrides, des femmes-hommes, des femmes viriles. Soit. Mais ces néo-femmes ou ces post-femmes ne peuvent plus entrer en contact avec des hommes traditionnels. Pour elles, il n’y a logiquement et concrètement plus d’hommes, car ces derniers recherchent toujours un maximum de féminité, et certaines n’en ont plus beaucoup en magasin. Le féminisme poussé à l’excès se retourne contre ses créatures.
Le mariage entre la force et la douceur est naturel. Le mariage entre la force et la force ne l’est pas, comme celui entre la douceur et la douceur...


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