On appelle ça un petit fait divers à grande portée, il n’y a qu’à voir le ruban de commentaires sous la vidéo. On commence par elle, et on attaque l’analyse politique. Car la mésaventure de ce jeune homme est éminemment politique.
tout le monde sait qui a loué ce Airbnb lol pic.twitter.com/WT8LAKLa9S
— Le Glaive (@leglaive_) April 22, 2026
Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour deviner qui a loué l’appart : tout le monde le sait, comme dirait le mantra sur X. Une bande de racailles à ballons a donc fait la fête et souillé un bel espace, qui semble aussi fait pour ça. La fête et le rangement, ça fait deux, ce que beaucoup de commentateurs rappellent. Mais ça, c’est l’analyse superficielle, les méchants contre les gentils.
La peau, comme un gâteau, a plusieurs couches. La réalité, c’est pareil. Sur BFM, on s’arrêterait au fait div, genre les jeunes sont des sagouins ; sur CNews, en perte de vitesse d’ailleurs, on évoquerait à demi-mot toujours les mêmes, en prononçant ici et là le mot racailles, avec un Messiha qui se lâcherait sur les barbares de nos banlieues ; enfin, sur Le Monde, on aurait droit à une réflexion sur les plateformes et le risque de location à des inconnus. Nous, on réunit les trois couches et on fait dans l’analyse des effets secondaires de la vaccination ultralibérale de la société française.
L’ultralibéralisme, c’est-à-dire l’exploitation de tous et de tout par tous, où tout est marché potentiel (voir les vidéos de portées de chatons trop mimi sur TikTok pour se faire du beurre sur le dos des nanas seules), est une source de violences, de conflits, d’injustices. Il y a un vendeur et un acheteur, un plus fort et un plus faible, un arnaqueur et un arnaqué. Car il s’agit de prendre le maximum en donnant le minimum, c’est la loi du dieu Ultralib. Pour ça, tous les coups sont permis, le plus fort, le plus rusé, le plus amoral gagne, ce qui débouche sur une société profondément amorale et violente. La violence n’est que la conséquence de la rupture des lignes morales.
Et si c’était de bons Français ?
Et si c’était des mecs du RN pour faire accuser des rabzas ?
Se faire de l’argent avec un bien est risqué. Cela suppose de la confiance mutuelle et c’est justement ce qui disparaît dans notre société américanisée. On se méfie de tout le monde, car tout le monde peut être prédateur : le riche prédate le pauvre, ça c’est clair, mais le pauvre peut voler ou tuer le riche, c’est le risque du métier. L’oligarchie peut détrousser le peuple, comme elle le fait aujourd’hui, mais le peuple peut se cabrer, et se venger.
Ceux qui pensent que le Gaulois dans le Français est mort se trompent : il est endormi. On n’efface pas comme ça 2 000 ans de métabolisme, de gauloiserie inscrite dans l’ADN, du moins dans la mémoire collective. Certes, le Gaulois réfractaire est bien enfoui dans le Français, et tout a été fait pour ça par la dominance. Mais plus la crise – c’est-à-dire la violence sociale ou le terrorisme haut-bas – se durcit, plus l’aiguille traverse les couches. Et au bout, il y a le Gaulois qui n’a plus peur de rien. On n’y est pas encore, mais on en a eu un avant-goût fin 2018.
C’était un message d’avertissement à destination de l’oligarchie et des racailles, c’est-à-dire au combo des emmerdeurs-profiteurs d’en haut et d’en bas. Le Gaulois se situe dans la couche sous-cutanée, que l’aiguille approche. Et il est chatouilleux.


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