On va commencer cet article-repas spirituel de pré-réveillon par deux paragraphes signés Alexandre Devecchio, extraits de la rubrique Bataille des idées dans Le Figaro du 23 décembre 2025. C’est pour se mettre dans l’ambiance de la France racaillisée.
C’est le cadeau de Noël du Sénat aux Français : une prime de 5 % sur les assurances pour couvrir les dégâts causés par les émeutes urbaines et les manifestations qui dégénèrent. Pas de jaloux, ce nouveau prélèvement s’appliquerait à tous les contrats, qu’ils soient pour des particuliers, des entreprises ou des collectivités. Il viendrait alimenter un fonds d’indemnisation, semblable à ceux pour les catastrophes naturelles et le terrorisme, dans lequel il serait possible de puiser pour indemniser les victimes. Initialement proposée par le gouvernement, cette mesure a été adoptée discrètement par un amendement sénatorial le 18 décembre. [...]
Au-delà du coût qu’elle génère pour les honnêtes citoyens, cette surprime choque sur le plan des principes. Le fait qu’elle prenne pour modèle la taxe sur les catastrophes naturelles est un symbole. Est-ce à dire que les émeutes sont comparables à un phénomène météorologique inévitable : un orage sévère, une inondation ou une tempête ? Le message envoyé par l’État est qu’il ne peut rien contre l’ensauvagement et que nous allons devoir nous y habituer comme il va falloir vivre avec les conséquences du réchauffement climatique.
Tout le monde tape sur les racailles, sauf les flics, qui sont dirigés par le ministre de l’Intérieur, lui-même choisi et dirigé par une obscure organisation qu’on appelle généralement Lecrif, ou Lagrif. Et sauf les gauchistes, pour qui les racailles sont des frères de combat, alors que les racailles, quand ils rencontrent des gauchistes, au mieux les ignorent, au pire les tabassent. On n’a jamais entendu un gauchiste dire ou taguer ARAB, soit All Racailles Are Bastards, car ça constituerait un bug dans la Matrice : l’antiracisme qui se mord la queue, l’antiraciste qui se fait tarter par le racisé.
Racailliser le problème
Les racailles ne sont qu’un symptôme, certes pénible, comme tout symptôme, mais ils ne sont pas la maladie (relire Béa Bach). La maladie, c’est le néolibéralisme et l’oligarchie qui en profite, pour laquelle les racailles sont un excellent dérivatif, un contre-feu social et une préoccupation pour le peuple, plus une police de tout en bas. Une milice même pas payée, quasi bénévole, mais qui se paye sur la bête.
Taper sur les racailles est facile, ils n’ont rien pour eux. Tout le monde les déteste, ils sont bêtes, moches et méchants, et leurs valeurs, mélange de blédard et d’américanisme, ne sont pas françaises. Ils ne foutent rien, sauf si mentir, voler, escroquer et droguer les Blancs déprimés ou diminués sont des métiers. Paraît qu’il n’y a pas de sot métier, c’est vrai, mais il y a des métiers plus ou moins utiles socialement.
Personnellement, on place le banquier d’affaires ou de prêt (tiens, les fusacs reprennent, nous dit la presse libérale) au même niveau que la racaille : tous deux sont des embrouilleurs qui tentent de nous voler un maximum de fric avec le minimum de travail, d’où la violence. La violence est un raccourci. Le bon Français travaille, il fabrique par exemple du pain ou des baraques, mais c’est trop lent pour le banquier ou la racaille, disons la racaille d’en haut et celle d’en bas, qui préfèrent gagner du fric plus vite sans se faire chier. D’où le procédé de la violence, à comprendre comme une accélération d’un process (historique), celui du travail lent, qui rapporte peu.
Le concept d’accélération
Concrètement, le bankster et la caille – ces deux parasites sociaux – se servent dans la poche du travailleur, le bankster de manière indirecte, numérique, lyophilisée ; la racaille, de manière directe, dans la poche physique du blaireau ou du boloss. Même schéma pour l’amour : les uns draguent, évoluent doucement, avec une forte probabilité d’échec ; les autres violent.
C’est plus facile, ça évite le long chemin culturel socialement admis, par consensus : approcher la femelle, lui parler gentiment, ne pas l’effrayer, l’attirer avec des mots, des billets (doux ou durs), des attentions, ce genre de choses, et enfin lui sauter dessus mais au ralenti. La caille, elle, c’est à coups de pied au cul à la cave, viol collectif avec chiens qui finissent le boulot. Plus la vidéo qui tournera sur les réseaux, histoire de faire du beurre et marrer les potes.
Les socialistes diront que c’est par misère, intellectuelle, culturelle ou matérielle, et que la pauvreté excuse tout, le vol et même le viol, ces raccourcis, ces accélérations sur le chemin des buts personnels. L’instinct sans le filtre social. C’est pour ça que les droitiers gentils demandent qu’on éduque les violeurs et les voleurs, mais par définition, ces derniers n’aiment pas l’école : parce que, comme pour le boulot, ça rapporte trop peu et trop lentement. Et puis certains n’ont pas envie de changer : proposez à un voleur accro à l’adrénaline de bosser à la caisse d’Auchan pour 900 balles par mois, entre 15 filles-mères de banlieue, il va préférer les mettre sur le trottoir, c’est-à-dire dans un Airbnb, histoire de rester dans la modernité.
Le bled ou le front
Donc si l’on ne peut pas éduquer, civiliser, franciser ces voleurs-violeurs, alors que peut-on en faire ? Nous, on a une idée, comme toujours : des militaires. T’as pas de boulot, tu chômes ? Au front ! C’est eux qu’on enverra en Ukraine courir sous les bombes planantes russes, pas les bons Français. Et là, deux options : soit ces parasites (re)prennent Odessa, et on récupère la gloire pour la nation ; soit ils disparaissent, et le problème est réglé.
Souvent, il existe des solutions miracle à des problèmes insolubles, mais ça demande un peu d’imagination. Et si les voleurs-violeurs ne veulent pas faire la guerre pour nous ? Bon ben retour au bled. Le bled ou le front, la valise ou le cercueil. Et après on va dire qu’on est racistes, alors qu’on est socialement créatifs. Ensuite, ils auront droit à de beaux monuments aux morts pour la France.


et
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