Bally Bagayoko est le nouveau maire – noir – de Saint-Denis, le Chicago du 93, pas de La Réunion. Il est couleur locale, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, on commence, dans les villes de banlieue, à avoir une représentation ethnique de la population. Ethnique plus qu’idéologique ? Raciale ou démocratique ?
Sur CNEWS, le maire de Saint Denis Bally Bagayoko est comparé à un singe et à un « chef de tribu ».
Je saisis l’ARCOM. Ce racisme crasse et décomplexé est intolérable. Soutien total à @BallyBagayoko. Sa dignité est notre fierté face à ceux qui par leurs paroles déshonorent la… pic.twitter.com/4gUIkLWpK1
— Mathilde Panot (@MathildePanot) March 28, 2026
Le problème, c’est que ça va ensemble, et que derrière l’ethnie, il y a l’idéologie. L’idéologie, en vérité, est partout. Bagayoko n’est pas seulement noir par que Saint-Denis est colorée, mais parce que la couleur correspond, aujourd’hui en France, à une couche sociale, à une sociologie, et donc à une idéologie. Car c’est la couche sociologique qui fait le vote.
On pose une autre question : Bagayoko a-t-il été élu seulement parce qu’il est noir, parce qu’il incarnerait la population de couleur du 93, ou pour d’autres déterminants ? Noir égale-t-il pauvre, pauvre égale-t-il gauche, précisément LFI ?
« L’antiracisme a besoin de voix et de visages incarnés, et non pas de porte-paroles éloignés de ses réalités. Cette époque du porte-parolat est révolue. Nous la voulons derrière nous... »
Quand Rima Hassan humiliait Mathilde Panot en direct :
« L’antiracisme a besoin de voix et de visages incarnés, et non de porte-parole éloignés de ses réalités. Cette époque du porte-parolat est révolue. Tout ce qui est fait sans nous est fait contre nous ! » pic.twitter.com/yJM4NFGONg— Surmulot (@SurmulotsNews) August 24, 2025
Il y a un an, la Blanche Panot avait avalé l’idée que les représentants du petit peuple des banlieues devaient avoir la couleur des banlieues, se tirant ainsi une petite balle dans le pied (blanc).
Mais au fond, cela a-t-il de l’importance, on veut dire la couleur, par rapport à l’idéologie ? Nous pensons que l’idéologie prime la couleur, même si parfois, elles semblent se chevaucher. Aujourd’hui, la femme blanche défend l’homme noir... qui la remplace doucement.
Est-il à ce point marqué par le racisme ?
On ne réduira pas ici Baga à sa couleur, ce serait stupide et le gars s’exprime bien, il sait même prononcer les « r » sans tomber dans les « w ». Avant lui, le député Delogu se faisait rembarrer par les identitaires pour son manque de culture. Les droitistes pensaient qu’il avait des racines turques, alors qu’il est issu d’un croisement hispano-algérien et italo-arménien.
Le problème de Baga, c’est qu’il retourne lui-même dans le poncif SOS Racisme, avec sa manif – c’est-à-dire l’exploitation des attaques sous la ceinture de la droite identitaire – et sa négritude affichée, alors qu’il n’en a idéologiquement pas besoin.
Au cas où vous n'auriez pas encore compris qu'avoir des "valeurs" ne garantit en aucune façon que vous soyez meilleur que quiconque, et que c'est même d'ailleurs souvent l'inverse.
Cet homme, par exemple, se sert de "l'antiracisme" pour manifester sa médiocrité, son… pic.twitter.com/3RTjlfEOOJ
— Outofnone (@Outofnone1) April 9, 2026
S’extraire de leur essentialisme, c’est ce qu’il y a de plus dur pour les hommes, qui ont tous une extraction qui leur colle à la peau, par définition. On voit depuis peu sur les réseaux sociaux des Africains qui se moquent d’eux-mêmes en singeant à mort cette négritude fabriquée ou exploitée à des fins racistes par les colons blancs. Bon, là c’est du pas fait exprès, mais c’est l’idée :
Si on était identitaires version CNews, on titrerait la vidéo suivante « le chef de tribu Baga sort de sa case pour fêter son élection à la mairie de Saint-Denis ».
@kiag468 #BalliBotMogis #TrendingReels #TrendingReels #Foryoupage ##FYP #FYP #ViralTikTok #MillionViews #TechMagic #SmartBot #AITrend #RobotVibes #Innovation ♬ original sound - kiag468
La recolorisation du maire de Saint-Denis ne va pas changer grand-chose à cette ville, qui renferme 36 % de pauvres. Le « dynamisme démographique » souligné par l’INSEE ne se reflète pas dans le dynamisme économique, loin de là.
Avec 1,6 million d’habitants, la Seine-Saint-Denis est un département en constante évolution. Avec une population jeune et cosmopolite et une économie majoritairement tertiarisée, elle bénéficie d’un dynamisme démographique et économique soutenu, mais souffre de fragilités sociales persistantes. Le taux de chômage y est élevé, et la pauvreté prégnante. L’inadéquation entre profil des emplois et niveau de qualification des résidents contribue à l’intensité des navettes domicile-travail.
Dirigée par des Noirs ou des Blancs, la SSD (Seine-Saint-Denis) reste le département le plus pauvre de France. Selon la gauche, c’est parce que l’État y est défaillant, notamment en matière de santé, de justice et de sécurité. En vérité, personne ou presque ne veut bosser là-bas, chez les fonctionnaires. Pourtant l’État a injecté des milliards dans le 93, pour un résultat assez consternant. Alors, où est la faille ?
Pour la droite Brighelli, tout est une question d’éducation. Il faut dire que le département concentre la majorité des arrivages de nouvelles couches de migrants, ça n’aide pas. Une classe de 35 élèves avec 25 nationalités différentes, ça ne produit pas des ingénieurs en masse, comme en Iran. Y a pas que les ingénieurs !, nous lance un cancre du fond de la classe, il y a aussi les rappeurs, les footballeurs et les basketteurs (et les dealeurs, et les violeurs). Certes.
Après Tatayoyo, Wembanania !
Dans un esprit de réconciliation générale, on va faire plaisir à tout le monde avec les exploits de Wemby. Attention, Wemby n’est pas né dans le 93 mais au Chesnay, dans le prestigieux 78 ! De plus, même s’il a des origines congolaises par son père, sa famille côté mère est de pure aristocratie blanche !
Victor Wembanyama grandit dans un environnement sportif : son père, Félix (2,01 m), originaire de la république démocratique du Congo, est sauteur en longueur et triple-sauteur (records respectifs à 7,41 m et 15,56 m) tandis que sa mère, Élodie de Fautereau-Vassel (1,90 m), et ses grands-parents maternels Michel et Marie-Christine de Fautereau-Vassel, sont liés au monde du basket-ball. (Wikipédia)
Aujourd’hui, cet aristo-athlète fait les beaux jours des Spurs de San Antonio. Donc négritude plus éducation égale réussite, comme pour les Bleus noirs de 2018 coachés par le petit Blanc Deschamps !


et
!








