Le PSG de Luis Enrique, c’est l’Ajax d’Amsterdam des années 70, une équipe où tout le monde attaque et tout le monde défend. Cela demande un haut potentiel physique, un gros turn-over des joueurs (les plus cavaleurs restent en moyenne une heure sur le terrain) et une grande solidarité entre joueurs, soit une confiance totale en l’autre.
À l’origine, le football total de Rinus Michels
Tout le monde sait ça, même la presse mainstream, on ne va pas la recopier. Pourtant, Luis Enrique a un autre modèle : c’est l’entraîneur de baseball de l’équipe des As d’Oakland du début des années 2000. Il y a 25 ans, cette équipe se traîne en bas de tableau de ligue mineure, et il lui reste deux stars. Son coach (l’entraîneur est un autre gars) décide de renverser la table, et il ose virer, l’une après l’autre, les deux stars auxquelles les fans tenaient. Tout le staff hurle au blasphème, les journalistes lui prédisent une saison catastrophe, la télé le traite de loser.
Billy Beane tient bon, et remonte une équipe avec un supercalculateur, un jeune diplômé de Yale, qui évalue non pas la valeur de chaque joueur, mais ce que chaque joueur peut apporter à l’équipe. Ils arrivent à composer une équipe pas chère avec des traînards, des ratés, des expulsés, des marginaux de la ligue, mais qui fonctionnent parfaitement ensemble (le baseball permet ce genre de calculs). Au début, l’équipe patine, puis, lentement, elle commence à gagner, et enfin, elle enchaîne la plus grande série de victoires jamais vue en un siècle de baseball, devant toutes les équipes mythiques de ce sport.
L’équipe des As a été construite sur une compatibilité et une interopérabilité entre les joueurs, et l’ensemble (le tout est alors plus que la somme des parties) est très efficace. Inversement, l’équipe précédente avec ses deux stars (dont une All Star) c’était un peu le tonneau avec deux lattes trop hautes, et les autres trop basses, par définition. Pour elle, le tout était inférieur à la somme des parties.
Comme le dit le petit gros qui assiste Beane, il faut acheter des victoires, pas des joueurs. Vingt ans plus tard, Luis reprend ce principe interopérationnel et achète des victoires avec une équipe, disons-le après le départ de Mbappé, de quasi-inconnus. À part les fans de foot, personne ne connaissait les nouveaux joueurs du PSG, qui aujourd’hui sont reconnus dans le monde entier.
Après la série des As d’Oakland, de grandes équipes se sont mises à faire pareil, en achetant des victoires plutôt que des stars. Logiquement, la troisième étoile du PSG devrait être encore plus difficile à aller chercher.
Quant à nous, eh bien on est un petit PSG, avec deux stars qui sont parties, l’une au Maccabi Tel Aviv, l’autre à l’Inter de Milan. Toute ressemblance avec des personnes...
La seule réussite de l’Europe, c’est le foot
⏳J-10 avant la conférence de François Dubois à Tournai.
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