Le retour des « Blancs » – Nouvel extrait gratuit de PCTM ! #5
15 mars 19:45, par Saturnin Pompier1-
Val Guest a dit :
« Il (Laurent Guyénot) a dit que l’Europe n’est pas devenue grande grâce au christianisme mais que c’est le christianisme qui est devenu grand grâce à l’Europe. »
L’idée souvent entendue selon laquelle l’Europe doit sa grandeur au christianisme mérite d’être inversée. Comme l’a formulé avec justesse la citation initiale, l’Europe n’est pas devenue grande grâce au christianisme : c’est le christianisme qui est devenu grand grâce à l’Europe.
Cette inversion s’impose à quiconque observe les faits avec un minimum d’attention. Si le christianisme était intrinsèquement porteur d’une supériorité civilisationnelle décisive, pourquoi cette religion, adoptée par des populations très diverses à travers le monde, n’a-t-elle produit nulle part ailleurs des sommets comparables à ceux atteints en Europe (et dans ses prolongements coloniaux ou culturels) ?
Les Guatémaltèques, les Éthiopiens, les chrétiens de Mindanao, les peuples d’Afrique subsaharienne (où près de la moitié de la population est aujourd’hui chrétienne) partagent exactement la même foi, le même livre sacré, les mêmes sacrements que les Français, les Italiens, les Polonais ou les Autrichiens. Pourtant, les réalisations historiques, artistiques, scientifiques, philosophiques et institutionnelles les plus spectaculaires associées au christianisme sont presque exclusivement européennes. Il n’est pas nécessaire d’allonger la démonstration : l’évidence saute aux yeux.
La clé de cette différence réside dans l’interaction entre la religion et les caractéristiques propres des peuples qui l’ont adoptée. Le christianisme n’a pas transformé de fond en comble le substrat intellectuel, moral ou culturel des populations. Il n’a pas injecté ex nihilo des capacités qui leur étaient étrangères. Il a plutôt agi comme un révélateur, un amplificateur, un cadre qui a permis à des potentialités déjà présentes de s’exprimer pleinement.
Les peuples européens ont mis au service du christianisme un héritage exceptionnel : la rationalité grecque, le sens du droit et de l’organisation politique romaine, une énergie créatrice, une curiosité intellectuelle et une capacité d’abstraction déjà très affirmées dans l’Antiquité païenne. La Grèce des cités et des philosophes, la Rome des légions et du droit étaient déjà des civilisations de très haut niveau bien avant leur conversion. Le christianisme n’a pas créé ces qualités ; il les a accueillies, canalisées, parfois sublimées.
Alain Soral et E&R
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