Le grand dilemme étasunien : faut-il sacrifier la Syrie ou Israël ?
21 février 2014 20:48, par solmedLa question posée en titre révèle les limites de Françoise Compoint en tant qu’analyste ne maitrisant pas totalement ce qui se joue à une échelle globale. Il faudrait en premier lieu poser sur la table la réalité totale, la guerre est globale et elle se joue en des batailles sur différents théâtres à l’échelle de la planète : Moyen Orient/Asie, Europe de l’Est/Europe Occidentale et Amérique du Sud. Tous les points chauds sont autant de batailles liées les unes aux autres. Parler de Syrie/"Israël" en oubliant leur incidence sur le théâtre ukrainien c’est ne pas comprendre qu’il s’agit là de marchandages qui entrainent forcément des formes de troc entre les deux géants qui s’affrontent par proxy sans se livrer totalement. Et ne pas comprendre la réaction de l’Iran qui envoie sa flotte dans l’Atlantique à proximité du Venezuela c’est atrophier l’analyse d’une donnée essentielle dans ce qui se joue sur tous les fronts.
Ce qui est établi avec certitude c’est l’accord cadre Russo-américain d’un "Win Win" (gagnant/gagnant) comme l’a évoqué John Kerry lors d’une importante réunion tenue très récemment près de la mer morte en Jordanie avec toute sa diplomatie basée au Moyen Orient et les principaux services américains. Ce "Win Win" signifiant qu’aucun des deux géants ne sort perdant à l’échelle globale mais les pertes sont forcément à mettre au débit de forces régionales, or les USA ont déjà acté la montée en puissance de l’axe irano-syrien (auquel ajouter l’Irak et le Hezbollah), l’Iran devenue la puissance régionale n°1 au Moyen Orient (l’accord récent des 5+1 n’aurait pas pu passer autrement) et la Syrie, porte stratégique de l’Asie et clef essentielle de la question palestinienne (les rencontres de Genève ne pourraient exister sans la reconnaissance de la victoire du gouvernement Assad). Au rayon des perdants il reste la Turquie (que l’Iran essaie de préserver), l’Arabie Saoudite (dont l’élite dirigeante a changé) et "Israël" dont la durée de vie est incertaine. Il ne s’agit donc plus de sacrifier l’un ou l’autre car toutes les tergiversations concernant un accord global avec l’Iran et la Syrie proviennent du fait de l’effondrement imminent de l’entité sioniste. Les remarques de Scheuer ne sont destinées qu’à préparer un probable désengagement américain s’il n’était obtenu aucune garantie sur la sécurité "d’Israël". Or à ce jour, aussi bien les iraniens, les syriens que le Hezbollah ont dit non... Voilà donc un début d’explication aux propos de Scheuer ;)
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