Ceux qui travaillent dans l’information ou dans la religion savent que l’avidité est l’un des sept péchés capitaux. On le sait, mais on l’oublie, car la nature humaine est avide. On peut contrôler cette tendance par la raison, la discipline, mais parfois on se laisse glisser.
Avant de raconter cette histoire, un petit rappel sur les sept sœurs (l’homme étant presque parfait, le péché est surtout féminin) : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la paresse, la colère et la jalousie.
« Ces salopards roulent en Porsche avec nos économies » :
victimes d’une gigantesque escroquerie, ils racontent (Le Télégramme)
C’est ce qui est arrivé à une quarantaine de pigeons, qui se sont fait escroquer par une bande organisée qui proposait de faux placements à 5 %. Les voleurs avaient utilisé la charte graphique d’une vraie banque (allemande) en ligne, et employé une véritable équipe de vendeurs par téléphone, qui maîtrisait l’argumentaire et qui savait donner confiance aux gogos potentiels.
Tout cela n’aurait pu fonctionner sans l’avidité, ce ressort qui nous fait penser au MICE du renseignement, on en a parlé lors de notre sujet sur Legend.
« C’est ça, le MICE, c’est un des moyens, c’est ça, c’est les moyens de manipulation. En fait, on part du principe, plus ou moins, qu’on a tous un MICE. Donc ce sont les quatre leviers pour manipuler quelqu’un.
M, pour money, l’argent, évidemment...
I, c’est pour idéologie, ideology...
C, c’est chantage, coertion en anglais, c’est pas le plus propre, et en plus la nature humaine fait que quand quelqu’un est coincé avec le chantage, son réflexe c’est de vouloir s’en sortir, de tout faire pour s’en sortir. […] Quand c’est des salopards, tu acceptes de faire ce genre de chose, c’est pas très difficile moralement, psychologiquement. Le problème, c’est quand c’est des bonnes personnes qui sont au mauvais endroit au mauvais moment, et qui ont accès à l’information. Et là c’est plus difficile de vivre avec. La règle numéro, une c’est que généralement ça se finit mal pour eux.
E, c’est l’ego. Tu peux avoir des gens qui sont richissimes, qui ont pas besoin de plus, idéologie, ils s’en foutent de tout, ils n’ont absolument aucune idéologie, chantage, tu leur donnes des photos d’eux avec des prostituées, ils disent elle est pas mal celle-là je vais garder celle-là, et donc il reste que l’ego, donc t’envoies si possible, en général si c’est masculin une stagiaire féminine dans sa société qui va arriver, qui va dire voilà, je fais mes études dans telle université, sur cette thématique-là, j’étudie le deal Machin que vous avez fait il y a deux ans parce que pour moi c’est le summum du deal, etc., est-ce que je peux vous interviewer une demi-heure… Mais j’aimerais vraiment entendre, de la voix du maître, comment vous avez fait, etc., etc. En général les types ils y vont, ils racontent, ils racontent, ils racontent, mais c’est des one shot. »
Donc nos Bretons ont mis leurs économies dans ce système d’aspiration finement étudié, certains ont perdu 60 000 euros, d’autres 150 000. Beaucoup, qui avaient économisé pour leur retraite, se retrouvent à poil, en état de choc. Tout ça parce qu’ils ont voulu gagner plus avec leur pécule. Dans l’article tragi-comique du Télégramme, le journaliste se demande d’où peut bien venir le coup. Nous, on a une petite idée, mais les personnes au bout du fil n’avaient pas l’accent aflicain. Sinon les gentils se seraient méfiés. Alors, qui, et d’où ?
Au-delà de ce fait divers, douloureux pour ces Français gentils, on peut se dire que ces escrocs ne font que singer le système bancaire en particulier, et le système de prédation politique en général. Ainsi, l’argent ratissé par l’État, lui-même occupé par des factions très privées, n’est pas redistribué comme il faudrait, selon les lois de la république, aux Français qui en ont besoin. Beaucoup de cet argent disparaît, et on peut aisément faire le parallèle entre les contributeurs à l’impôt et les gogos bretons. Il y a une même crédulité. Sauf que dans un cas, on n’a pas le choix, on doit payer son impôt (sauf les super riches), et que dans l’autre, on y va de son plein gré, en chantant, en imaginant des fleuves de lait, des sources de miel et autres fadaises paradisiaques. Il n’y a pas d’argent facile ni d’argent gratuit. Le problème, c’est de faire beaucoup d’efforts pour peu d’argent, et d’avoir une vie dure en échange. Mais alors, pourquoi les gentils (gogos) ne se révoltent-ils pas contre les gangs de prédateurs, qu’ils soient à l’étranger ou au cœur de notre État ?
Parce que la vieille, la très vieille croyance en la force juste de la dominance, en la loi, une loi chevillée au fond de l’esprit de tous, une loi qui garantit le vivre-ensemble, la paix, la prospérité, le travail... Bref, la bonne vieille soumission du troupeau au seigneur. C’est pour ça que les révolutions, au sens propre et au sens figuré, sont si difficiles à réaliser : il faut que chacun opère dans son esprit un tel retournement, tout en ayant une vie difficile, que ça relève du tour de force. Le dressage à l’obéissance est efficace, reconnaissons-le. Nous, si on nous appelle et qu’on nous propose de gagner 5 % sans coup férir, on a tous nos clignotants qui passent au rouge.
C’est comme la loi Yadan qui est censée protéger la pauvre petite communauté juive contre les vilains Français, qui sont pourtant gentils, la preuve : ils donnent tout ce qu’ils ont sans rechigner ! Pour info, la pétition contre (pour, y en a pas) est en train de voguer allègrement vers les 500 000 clics... Il est vrai que protéger la communauté génocidaire, euh, pardon, liée par le cœur à l’État israéliste qui ne fait que se protéger contre les infâmes Palestiniens, Libanais, Iraniens et autres Yéménites en les assassinant, femmes et enfants compris, c’est l’essence même de notre république.
Les gentils contre les méchants
Et attention à l’arnaque aux faux journalistes !
Léa, fausse journaliste : « Vous êtes de plus en plus nombreux à vous faire avoir par de faux conseillers bancaires. »


et
!




M, pour money, l’argent, évidemment...




