Le Somaliland n’était à ce jour reconnu par aucun autre pays. C’est désormais chose faite, après qu’Israël en a fait l’annonce ce vendredi 26 décembre. Il s’agit d’une première pour cette République autoproclamée qui a fait sécession de la Somalie.
Ce territoire de la taille de l’Uruguay (175 000 km²), situé à la pointe nord-ouest de la Somalie, est dorénavant considéré comme « un État indépendant et souverain », selon un communiqué des services du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Une déclaration « conjointe et mutuelle » a été signée en ce sens par les deux pays.
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Le Somaliland a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991, alors que la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l’autocrate Siad Barre. Il fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaies, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparée à la Somalie, minée par l’insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.
Mais il n’était jusqu’alors reconnu publiquement par aucun pays, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde reliant l’océan Indien au canal de Suez.
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La reconnaissance a provoqué la colère en Somalie, où le gouvernement tient ce vendredi soir une réunion de crise, selon deux sources au sein du cabinet du Premier ministre somalien. « La Somalie a déjà pris contact avec ses principaux partenaires internationaux », a déclaré l’une d’entre elles.
Son chef de la diplomatie s’est ainsi entretenu avec ses homologues en Égypte, Djibouti et Turquie. Les quatre ministres de ces États ont exprimé leur « rejet total et leur condamnation » de cette décision, et souligné leur « plein soutien à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie », selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.
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Pour Israël, l’intérêt d’un tel rapprochement est aussi géostratégique, estime dans un récent rapport l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) basé à Tel-Aviv. Engagé sur plusieurs fronts régionaux depuis le début de la guerre à Gaza et l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, « Israël a besoin d’alliés en mer Rouge pour de nombreuses raisons stratégiques, notamment une potentielle campagne contre les Houthis » du Yémen, analyse l’INSS. « Le Somaliland est un candidat idéal pour une telle coopération » : son territoire offrirait « un accès potentiel à un terrain d’opérations ».
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