On pose ça là, car ça creuse des questions que nous avons soulevées ici même. Il s’agit de l’alliance diabolique entre le diable et la sainte, Dominique Pelicot et son épouse Gisèle, devenue célèbre pour avoir couché avec cinquante hommes en dormant. Ces hommes croyaient coucher avec une femme complice, ils dorment aujourd’hui en prison. L’affaire est close. En fait, non : elle comporte des béances.
Après l’ingénierie sociale, l’ingénierie intime
Sabine Prokhoris, psychanalyste et philosophe, a écrit un manuscrit sur le sujet, qui a été refusé par tous les éditeurs. Alors elle le met partiellement en ligne. Ainsi commence ce cinquième et dernier chapitre.
« Gisèle Pelicot, notre Quichotte. » Tel est le titre du premier des articles de vibrants hommages à l’héroïne de Mazan qu’a publiés la revue La Règle du jeu dans un numéro d’anthologie. Avouons avoir balancé entre la consternation et le rire, à lire ces pages lyriques, enrôlant Cervantes dans un combat nettement plus douteux que tous ceux que livra l’impérissable héros de son inépuisable et génial roman.
Le numéro pieux s’intitulait « Les Questions de l’affaire Pelicot ».
Sauf que, de questions sur l’étrange et symptomatique légende qui naquit au cours des quelques semaines du procès de Mazan, nulle trace. Au contraire : une pierre de plus à l’édifice mondial d’une dévotion aveuglée, auto-flagellation masculine en prime pour saluer humblement la « victoire morale » (sic) de Gisèle Pelicot.
Pourtant, si malséant que cela puisse apparaître, il convient d’en formuler quelques-unes, parce qu’en cette étrange affaire, bien des emprises, et des plus noires, se ramassent en un nœud gordien pervers, pour le coup – nœud dont on n’aura garde d’oublier qu’il maintenait un joug –, dont il serait urgent de parvenir, plutôt que de vouloir le trancher, à « ôter la cheville ». Nous ne prétendrons pas le faire ici. Il s’agira seulement d’indiquer quelques pistes et de formuler certaines interrogations, nécessaires et on l’espère éclairantes au terme de ce parcours. Remarques, on l’espère, de nature à dessiller le regard sur ce qui a pu se jouer d’une part au sein d’un couple particulier, dont le lien – un indéfectible amour n’ont cessé de répéter l’un et l’autre – interroge ; d’autre part, au plan collectif, dans l’héroïsation d’une figure telle que celle de Gisèle Pelicot.
On avait écrit que le délire autour de Gisèle avait fini par ressembler à celui autour des survivants de la Shoah. Gisèle était l’unique survivante de la Shoah perpétrée par les hommes contre les femmes. Elle jouira de la couverture planétaire de son histoire, il est vrai pas banale, de ses exhibitions dans ses vidéos, diffusées lors de son procès, et dans tous les médias mainstream, qui ont cru la main sur le cœur le récit de l’ange et du diable. En d’autres temps, l’affaire Fourniret avait aussi son ange, la pauvre épouse manipulée, et son diable, le terrible tueur en série sous la coupe duquel elle était. On saura qu’il n’en était rien.
Le pelicovirus, c’est l’homme
Il y a donc une relecture obligatoire de cette affaire comme il y a eu une relecture, immédiate pour notre cas, du coronavirus, enfin, du covidisme qui en a été la conséquence.
Sur le sujet MeToo, et son incarnation Gisèle Pelicot qui a mis toute la presse extatique à genoux, on écoutera sagement cette vieille connaisseuse des hommes et du sexe.
😨« Une femme n’est pas consentante sous prétexte qu’elle a bu ? »
🎙️ Brigitte Lahaie, était au micro d’Olivier Guenec pour son livre « 50 nuances de bonheur » aux Éditions Fayard
💥 Elle évoque #ENOFF sa notion du consentement #Europe1 pic.twitter.com/XrVcULNLR1
— Europe 1 (@Europe1) May 27, 2026
Il semble que les féministes et les titres de presse qui ont foncé tête baissé dans le chiffon rouge Pelicot vont devoir faire un petit mea culpa, ou un gros aggiornamento. On attend sereinement celui de ce bon vieux Traquenard.
Ce qui est étrange, c’est que la diction de Gisèle rappelle celle de Brigitte, une femme qui a été durement attaquée sur les réseaux sociaux, et qui est un jour sortie de son silence pour dire la vérité, avec quelques lapsus, au grand public.


et
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