Dieu, les juifs et nous : un contrat civilisationnel frauduleux

Publié le : mercredi 3 juillet 2024
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On entend souvent, dans la bouche des rabbins, que l’antisémitisme est la jalousie de celui qui n’a pas été choisi par Dieu — une sorte de complexe de Caïn.
Jacques Attali propose une variante plus subtile : « L’antisémitisme trouve sa source principale dans la détestation de celui à qui on voudrait ne rien devoir. » [1] Que doivent les chrétiens aux juifs ? Dieu. Avant les juifs, nous ne connaissions pas Dieu. Grâce à eux, nous Le connaissons. Notre dette est incommensurable. Ça nous énerve.

 

Pas bête. Mais approfondissons un peu, et nous verrons qu’il ne s’agit pas d’ingratitude, mais plutôt de l’intuition qui chatouille notre conscience, que nous avons été escroqués : le dieu que nous ont refilé les juifs est un faux, un dieu en toc, un clown grotesque, un imposteur, un pantalon à une jambe.

Nous nous sommes fait avoir. Nous avons signé un contrat civilisationnel qui depuis deux mille ans nous interdit d’accéder à l’idée de Dieu par la raison seule, comme nous l’avaient enseigné les Grecs et les Romains, et qui exige à la place notre adhésion à la « révélation » exorbitante que Dieu est le dieu d’Israël. Les juifs nous ont ainsi dépouillé de la liberté spirituelle la plus essentielle, et ont obtenu de notre part la reconnaissance de leur divine exceptionnalité, soit un pouvoir symbolique que rien ne pourrait plus arrêter.

Comment ont-ils faits ? Sommes-nous stupides à ce point ?

La civilisation de la ruse

La première tentative bien documentée de cette escroquerie revient à l’école d’Esdras, qui, à Babylone sous domination perse, au Ve siècle avant J.-C., a édité la première version du Tanakh (remaniée plus tard par les Hasmonéens). Comme je l’ai montré dans Du yahvisme au sionisme, la ruse transparaît dans les Livres d’Esdras et de Néhémie : celui qui est désigné comme « Yahvé, le dieu d’Israël » dans le corps du livre, est assimilé au « Dieu du Ciel » des zoroastriens dans les faux édits attribués aux rois perses, autorisant la reconstruction du temple [2].

On ne sait pas très bien dans quelle mesure la ruse a fonctionné avec les Perses. Mais depuis ce jour, la relation d’Israël à l’Empire (et plus largement avec les gentils) se fonde sur ce même double langage : on affirme aux gentils et à l’administration impériale que le Temple de Jérusalem est dédié au Grand Dieu universel, mais on enseigne aux juifs qu’il est en réalité réservé au dieu d’Israël, et interdit aux non-juifs. Ce double langage devient un double sens paradoxal : Yahvé est simultanément le Grand Dieu universel et le dieu national d’Israël. Et ce double sens paradoxal est intériorisé par les juifs eux-mêmes.

Une autre facette de cette ruse est le double sens de la judéité, qui signifie pour les juifs la séparation ethnique (condition de survie collective dans l’exil et la dispersion), mais qui est présentée aux gentils comme un culte du Dieu universel. Le premier sens est pratique, le second théorique ; la pratique est pour les juifs, la théorie est pour les gentils. Mais le double sens est intériorisé, et les juifs considèrent que ce qui les unit est à la fois une religion (le judaïsme) et une communauté génétique (la judéité).

La ruse est une part essentielle de la judéité, parce qu’elle est inscrite dans la Bible hébraïque. C’est en trompant son père Isaac, son frère Ésaü et son oncle Laban que Jacob devient l’ancêtre éponyme d’Israël (Genèse 25-36). John Anderson en a fait le sujet d’un livre sur la « théologie de la tromperie » dans la Torah. Il s’efforce d’expliquer comment Jacob peut être à la fois « un filou sans vergogne » (an unabashed trickster) et l’élu de Yahvé, ou comment Yahvé peut-il être « complice de la tromperie de Jacob » ? Sa solution est que Yahvé devait agir de manière immorale (selon nos critères humains si limités) dans le but supérieur de « perpétuer la promesse ancestrale » [3]. La même chose pourrait être dite de nombreuses autres histoires de la Torah, comme Tamar se déguisant en prostituée pour séduire son beau-père afin de produire la tribu de Juda (Genèse 38), ou Joseph asservissant le paysans égyptiens par la dette afin d’offrir à ses frères « des propriétés foncières en Égypte, dans la meilleure partie du pays » (Genèse 43-48). Il n’y a de paradoxe que pour celui qui, comme Anderson, est victime de la tromperie biblique centrale et croit que « Yahvé, le dieu d’Israël » est Dieu. Si Yahvé est simplement « le dieu d’Israël qui prétend être Dieu », alors tout est parfaitement logique : tel Dieu, tel peuple, et vice versa.

Israël est donc la civilisation de la ruse, du double langage et du mensonge. La ruse fut initialement pour les juifs un mode de survie collective, mais elle est devenue au fil des siècles un mode vie et une stratégie de domination.

Rome, qui n’a pas d’autre pensée que la philosophie grecque, est la civilisation de la sagesse, synonyme de vérité. Même si Rome a aussi une passion impériale, celle-ci se fonde sur la passion du droit, qui est une application pratique de la raison grecque. J’ai opposé, dans mon article précédent (« Israël ou le droit international : lequel l’emportera ? »), Rome comme civilisation du droit et Israël comme civilisation de la Loi. Mais on peut aussi opposer Rome comme civilisation de la raison et Israël comme civilisation de la ruse.

Je vais rappeler les grands moments de la lutte à mort entre les civilisations romaine et juive, qui commence à l’époque hellénistique et s’achève avec la conversion de Rome au christianisme. Mais auparavant, réglons la question de Dieu : les Romains croyaient-ils en Dieu ? Autrement dit : avions-nous besoin des juifs pour connaître Dieu ?

Le Dieu des Romains

Nous considérons normalement le conflit religieux entre Rome et Jérusalem comme un conflit entre polythéisme et monothéisme. Ce n’est pas faux. On peut même dire qu’il n’y avait pas plus polythéistes que les Romains : ils étaient si hospitaliers envers les dieux étrangers qu’ils accueillaient même ceux des peuples vaincus. Le succès du mithraïsme en est l’illustration.

Mais l’opposition entre polythéisme et monothéisme reste à la surface des choses. Les Romains éduqués, qui écoutaient ou lisaient les philosophes, croyaient en l’unité du divin, c’est-à-dire en un Dieu unique. Il n’y avait pas de conflit profond entre le polythéisme et l’idée de Dieu.

La tension était résolue de deux manières. Tout d’abord, au sommet de tous les dieux trônait le dieu suprême, Jupiter, dont le nom signifie simplement « Dieu le Père » (de diu et pater). Ensuite, tous les dieux pouvaient être considérés comme des manifestations diverses du même Dieu suprême (ou encore comme des allégories des forces naturelles). C’est l’argument du traité de Cicéron Sur la nature des dieux, dans lequel « Dieu » et « les dieux » sont des expressions équivalentes. (Rappelons au passage que la source dite « élohiste » de la Bible hébraïque emploie aussi indifféremment le singulier El et le pluriel Elohim).

Voyons les choses ainsi : pourquoi Dieu serait-il masculin plutôt que féminin, et singulier plutôt que pluriel ? Les Grecs, comme les Égyptiens, trouvaient naturel d’imaginer le divin comme à la fois une diversité et une unité. Autrement dit, la multiplicité des dieux et des déesses constitue une face du divin, mais l’unité en est l’autre face. Le polythéisme est un monothéisme inclusif.

La plupart des Romains instruits étaient éclectiques dans leurs idées philosophiques, mais l’école la plus influente était le stoïcisme. Elle avait, à la fin de la République, la faveur de Cicéron et, à l’apogée de l’Empire, celle de l’empereur Marc Aurèle. Que les stoïciens aient professé une forme de monothéisme ne fait aucun doute. Au IIIe siècle avant J.-C., le philosophe stoïcien Cléanthe a écrit un célèbre Hymne à Zeus qui célèbre ce Dieu suprême « qui a plusieurs noms, mais dont la force est une et infinie », qui « dirige l’esprit universel qui anime tout, et vit dans tous les êtres », par qui « la confusion devient l’ordre », et qui attire l’âme de chaque homme « jusqu’à cette raison éternelle, qui lui sert de guide et d’appui dans le gouvernement du monde ».

On dit que les stoïciens confondaient Dieu et le Cosmos (ou la Nature), et pour cela on leur colle l’étiquette toute moderne du panthéisme. Mais il faut se méfier des mots et des traductions : kosmos signifie « ordre », et peut désigner à la fois ce qui ordonne et ce qui est ordonné. Quant au mot qu’on traduit par Nature, phusis, il a un sens dynamique : c’est ce qui fait advenir les choses [4]. Diogène Laërce (début du IIIe siècle après J.-C.) résume ainsi l’opinion des stoïciens :

« Dieu [Theos] est un vivant immortel, raisonnable, parfait, intelligent, bienheureux, incapable d’admettre en lui aucun mal, ordonnant par sa providence le monde et les choses qui sont dans le monde. » [5]

Par une sorte d’humilité philosophique, on ne prétendait pas connaître Dieu, encore moins ce que Dieu veut, ce que Dieu dit ou ce que Dieu aime. Ce genre d’anthropomorphisme pouvait s’appliquer aux dieux, pas à Dieu. Dieu reste, pour le philosophe, l’inconnaissable, ou du moins l’indicible, puisque dire quoi que ce soit sur Dieu, c’est imposer une limite à l’infini. Dieu est ce vers quoi tend la raison humaine, sans jamais l’atteindre.

Si Dieu est inconnaissable, en revanche les lois par lesquelles Il gouverne le Cosmos sont en partie accessibles à la science humaine. Ces lois constituent une sorte de principe intermédiaire, la pensée ou parole créatrice de Dieu, appelée Logos dans la tradition platonicienne. Le fait que l’univers obéisse à des lois témoigne de l’existence de Dieu, comme l’a dit Cicéron :

« Que peut-il y avoir en effet d’aussi manifeste, d’aussi évident, quand nous regardons le ciel et contemplons les choses célestes, que l’existence d’une divinité douée d’une intelligence supérieure qui les gouverne. » [6]

Le Dieu des juifs

Les juifs affirment que tous les dieux grecs et romains sont à la fois inexistants et abominables. Quant au Dieu suprême, que les Romains considèrent comme l’inconnaissable, les juifs estiment qu’il est effectivement inconnu des non-juifs, car seuls les juifs le connaissent. Seuls les juifs connaissent le vrai nom de Dieu, révélé à Moïse pour la première fois (Exode 3). Les juifs connaissent aussi l’adresse de Dieu : il réside dans le Temple de Jérusalem et nulle part ailleurs.

Et bien entendu les juifs savent que Dieu est le dieu d’Israël. Comment est-ce possible ? Dieu Lui-même explique en Deutéronome 32:8-9 qu’Il a délégué à chaque nation un « fils de Dieu » (ange ?) mais qu’Il s’est réservé Israël, pour le destiner au gouvernement du monde.

Tandis que selon les Romains, Dieu communique avec les hommes par la raison, qui leur permet d’accéder à la connaissance, et par là à la vertu qui est le vrai bonheur, le dieu juif, au contraire, communique avec Son peuple par la Loi. « La connaissance du bien et du mal », l’objet principal de la philosophie grecque et romaine, est le fruit défendu en Genèse 3, un récit dans lequel on détecte une polémique contre l’hellénisme (ce qui prouve en passant que ce récit date de l’époque hasmonéenne). Cela fait dire au Romain Celse (vers 178), que le dieu juif est l’ennemi du genre humain « puisqu’il a maudit le serpent, de qui les premiers hommes reçurent la connaissance du bien et du mal », c’est-à-dire la conscience morale [7]. Il n’y a pas d’autre critère moral dans la Bible hébraïque que l’obéissance aux lois et aux ordres arbitraires de Yahvé.

Le Dieu suprême est pour les Romains, et les stoïques en particulier, un principe d’unité, et donc de concorde entre les hommes. C’est pourquoi Dante, adepte discret du stoïcisme, écrira que « le genre humain se rend le plus parfaitement semblable à Dieu quand il est le plus parfaitement un. En effet la vraie raison de l’unité est en Dieu seul » (De la monarchie, I, 8).

Le dieu juif, au contraire, introduit la division : sa Loi vise à séparer le peuple élu du reste de l’humanité. Avant même que naisse Abraham, le dieu juif déteste voir les hommes s’entendre entre eux pour accomplir de grandes choses, comme par exemple « une tour dont le sommet pénètre les cieux ». « Vite, se dit-Il, descendons, et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres » (Genèse 11,7). Étant donné que la civilisation hellénistique était fondée précisément sur l’usage universel du grec, on repère dans cette histoire de la tour de Babel, tout comme dans celle du jardin d’Éden, une déclaration de guerre contre l’hellénisme.

Car avant de s’opposer à Rome, Jérusalem s’oppose à la civilisation hellénistique, partagée entre le royaume séleucide et le royaume lagide (ou ptolémaïque). Et comme nous allons le voir, ce choc des civilisations est intimement lié au choc des religions : les souverains hellénistiques combattent le séparatisme des juifs, qui s’appuie sur leur affirmation incompréhensible selon laquelle leur dieu ethnique est le Dieu universel, en d’autres termes, que le Dieu universel préfère les juifs et ne veut être adoré à Jérusalem que par les juifs.

Rome contre Jérusalem : le choc des civilisations

En 167 avant J.-C., le roi Antiochus IV Épiphane, prenant au mot l’affirmation des juifs selon lesquels Yahvé est le Dieu suprême, soit Zeus, voulut consacrer leur temple à ce dernier. La plupart des Judéens (il n’y a pas encore de mots distincts pour « juif » et « Judéen ») n’y voyaient pas d’objection. Mais comme toujours dans l’histoire d’Israël, une élite fanatique a déclenché une guerre civile et pris en main le destin d’Israël. Cet épisode est intéressant car il prouve la nature trompeuse du monothéisme juif. Non seulement les élites juives méprisaient les dieux des autres peuples, détruisant leurs sanctuaires partout où ils le pouvaient, mais ils refusaient aux gentils le droit de partager le culte de leur dieu national, tout en prétendant qu’il était le Dieu suprême de toute l’humanité. C’était insupportable pour les Grecs. Au cours de cette période sont apparues les premières expressions écrites de judéophobie, qui incluent plusieurs versions de l’histoire selon laquelle les juifs ne se sont pas échappés d’Égypte comme ils le prétendent, mais en ont été chassés comme des lépreux.

On retrouve cette histoire par exemple chez Diodorus Siculus, qui raconte également que, lorsque le roi Antiochus VII Euergète assiégea Jérusalem en 134 avant J.-C., ses amis « l’engageaient vivement à anéantir complètement le peuple juif, ou, du moins, à détruire ses institutions et à le forcer de changer sa manière de vivre. Mais le roi, plein de magnanimité et de mansuétude, se contenta de prendre des otages et acquitta les juifs des accusations portées contre eux, après avoir exigé le tribut qu’ils lui devaient et abattu les murs de Jérusalem » [8]. Ainsi, le royaume hasmonéen survécut, jusqu’à ce que, profitant d’une guerre civile provoquée par une rivalité dynastique, le général romain Pompée en prenne possession et mettre fin à l’indépendance juive (63 avant J.-C.).

Paradoxalement, on observe aussi durant cette période une intense activité apologétique et même prosélytique juive. Nul ne l’incarne mieux que Philon d’Alexandrie (mort vers 45 après J.-C.), qui s’efforce de montrer que tous les philosophes grecs se sont inspirés de Moïse, ce qui est une façon de conquérir Rome de l’intérieur. « C’était tenter au profit du judaïsme, ce que le christianisme réalisera quatre siècles plus tard », explique le cardinal Jean Daniélou, qui précise par ailleurs que Philon est lié par son frère à « la grande banque internationale juive », créditrice de la famille impériale [9].

En Israël se développe cependant un nationalisme messianique antiromain, dont le contexte transparaît dans les évangiles. En 66 après J.-C., l’empereur Néron envoie le général Vespasien et son fils Titus soumettre cette Jérusalem rebelle. La guerre dura quatre ans et se termina par le pillage et la destruction du temple. Comme dit plus haut, les Romains avaient coutume d’accueillir les dieux des peuples vaincus, par une cérémonie d’evocatio. Mais le dieu des juifs, Yahvé, était considéré comme inassimilable, voire malfaisant. Aussi ses objets sacrés furent-ils traités comme un vulgaire butin de guerre. De plus, comme les juifs du monde entier avaient obligation de payer deux drachmes par an pour leur temple, Vespasien les obligea désormais à payer cet impôt au temple de Jupiter au Capitole [10]. Le message ne pouvait être plus clair.

Sous la dynastie suivante (les Antonins), l’empereur Trajan dut réprimer des insurrections juives dans toute la Diaspora, notamment en Afrique du Nord (115-117). Son héritier Hadrien fit face à un grave soulèvement messianique à Jérusalem, dirigé par le messie autoproclamé Shimon Bar Kochba, qui réussit à établir un État indépendant pendant quelques années (132-135). La campagne militaire romaine fit 580 000 morts selon Dion Cassius, qui ajoute : « À Jérusalem, Hadrien fonda une ville à la place de celle qui avait été rasée, la nommant Aelia Capitolina, et à l’emplacement du temple du dieu, il éleva un nouveau temple à Jupiter. » [11] Les juifs furent bannis de la ville et la circoncision fut interdite dans tout l’Empire. Le nom d’Israël fut effacé et la nouvelle province fut rebaptisée Syria Palæstina (en souvenir des Philistins d’origine grecque). Hadrien pensait ainsi avoir fait disparaître Israël une bonne fois pour toute.

Il faut donc retenir que la lutte entre Rome et Jérusalem est une dynamique centrale de l’histoire de l’Empire romain. Cette réalité a été largement sous-estimée dans l’historiographie occidentale, héritière d’une civilisation chrétienne dont la vocation était de réconcilier Rome et Jérusalem.

Rome conquis par Jérusalem

Israël survécut à la tentative romaine d’éradication, par la culture talmudique de la Diaspora. Israël survécut dans – et peut-être même par – la haine de Rome. Cette haine couvait certainement au sein de la communauté des 97 000 captifs juifs ramenés à Rome par Vespasien (selon Flavius Josèphe), dont beaucoup furent affranchis, et certains même, comme Josèphe lui-même, adoptés dans la famille impériale, c’est-à-dire anoblis. Dans les deux premiers siècles de notre ère, la haine vengeresse envers Rome s’exprime de façon cryptée dans une littérature juive apocalyptique qui reprend les codes symboliques du Livre de Daniel : Rome est assimilée à la quatrième bête de la vision de Daniel, munie de dix cornes, qui « mangera toute la terre, la foulera aux pieds et l’écrasera » (7:23).

L’Apocalypse de Jean, qui clôt le canon chrétien, appartient typiquement à cette littérature. Rome y est appelée « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre ». Elle est « assise sur une Bête écarlate couverte de titres blasphématoires et portant sept têtes et dix cornes ». Les sept têtes représentent les sept collines de Rome. « Et cette femme-là, c’est la Grande Cité, celle qui règne sur les rois de la terre. » L’ange proclame : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ; elle s’est changée en demeure de démons » ; « en un seul jour, des plaies vont fondre sur elle : peste, deuil et famine ; elle sera consumée par le feu ». « Alleluia ! Oui, sa fumée s’élève pour les siècles des siècles » (17:5-19:3). Vient ensuite une vision de « la Cité sainte, Jérusalem, qui descend du ciel, de chez Dieu » (21:10).

Comment expliquer cette diabolisation de Rome dans la religion qui, au IVe siècle, deviendra la religion de Rome ? Il faut renverser la question : comment expliquer que Rome s’est convertie à une religion dont la prophétie programmatique est la chute de Rome et la renaissance de Jérusalem ?

La conversion de Rome au christianisme est l’une des plus grandes énigmes de l’histoire, que nul historien n’a encore résolue. Ce qu’on sait, c’est que le christianisme s’est d’abord répandu à Rome par le bas. Selon l’auteur païen Celse, écrivant sous Marc Aurèle (161-180 après J.-C.), les prédicateurs chrétiens, qui étaient encore à cette époque majoritairement juifs, ciblaient les personnes ignorantes et crédules, les esclaves et les femmes en particulier [12].

En convertissant les masses incultes au christianisme, ont-ils hâté la chute de Rome ? De grands esprits l’ont pensé. Citons Ernest Renan :

« Durant le IIIe siècle, le christianisme suce comme un vampire la société antique, soutire toutes ses forces et amène cet énervement général contre lequel luttent vainement les empereurs patriotes. […] L’Église, au IIIe siècle, en accaparant la vie, épuise la société civile, la saigne, y fait le vide. Les petites sociétés tuèrent la grande société. La vie antique, vie tout extérieure et virile, vie de gloire, d’héroïsme, de civisme, vie de forum, de théâtre, de gymnase, est vaincue par la vie juive, vie antimilitaire, amie de l’ombre, vie de gens pâles, claquemurés. » [13]

Cette accusation n’est pas sortie du cerveau anticlérical de Renan. L’aristocratie sénatoriale romaine, restée majoritairement païenne jusqu’au Ve siècle, pensait de même. Il semblerait d’ailleurs que la faveur accordée au christianisme par les empereurs après Constantin soit un aspect de la lutte de pouvoir entre l’empereur et le Sénat. C’est ce que suggère la décision de l’empereur de retirer de la Maison du Sénat l’Autel de la Victoire, avec sa statue de la déesse ailée tenant une branche de palmier. En 384, le sénateur Symmaque écrivit à l’empereur Valentinien II (ici en anglais) pour le supplier de restaurer l’autel et, avec lui, les « cérémonies ancestrales » qui apportent la bénédiction des dieux à Rome : « Qui est assez amical avec les barbares pour ne pas vouloir un Autel de la Victoire ? » demande-t-il.

De toute évidence, il y avait ici bien plus qu’une simple lutte de pouvoir entre les empereurs chrétiens et les sénateurs païens. Supprimer la déesse de la Victoire du Sénat romain ! Peut-on imaginer un geste symbolique plus sinistre ?

On sait qu’au début du Ve siècle les derniers païens tenaient les chrétiens responsables du sac de Rome par Alaric (410). C’est pour leur répondre que le grand saint Augustin écrivit La Cité de Dieu. Il ne conteste pas que les chrétiens se désintéressent de leur cité terrestre, se souciant uniquement de leur cité céleste. Mais il veut rassurer les Romains : en les dépouillant de leurs biens terrestres, les Wisigoths ont agi pour le salut de leur âme et les ont rapprochés de Dieu. Quant à leurs filles violées, aucun mal ne leur a été fait, puisque leur âme n’a pas été contaminée – à moins bien sûr qu’elles n’aient éprouvé du plaisir (I, 10).

Lorsque Rome se releva, elle était devenue une colonie de Jérusalem, avec un pape siégeant dans le palais impérial du Latran. Jérusalem devint, pour les descendants des Romains, la Ville sainte. Dix-huit siècles après que Rome fut tenté d’effacer Israël de la surface de la terre, l’Occident, éduqué dans l’idéalisation de ce même Israël antique, l’a recréé.

Et ce Dieu juif que nous avons adopté, qu’est-Il devenu ? Il est mort. Nous l’avons rejeté, comme un corps étranger qu’il était : plutôt vivre sans dieu qu’avec cette repoussante parodie de la divinité ! Quant au pouvoir de ceux qui nous l’ont fait adopter il y deux mille ans, il est plus vivant que jamais.

N’est-il pas temps de dénoncer l’abus de confiance dont nos ancêtres ont été victimes, et renouveler le contrat qui nous liait à la raison gréco-romaine ?

Bien entendu, nous garderons Jésus, dont l’histoire sublime nous enseigne tout ce que nous avons besoin de savoir sur les élites de Jérusalem et leur façon de faire crucifier leurs ennemis par le pouvoir impérial romain.

Nous garderons aussi la Reine du Ciel, que les Grecs, les Romains et tous les peuples du monde ont adorée, mais que les prophètes de Yahvé détestaient par-dessus tout, et nous ferons nôtre la parole de ces juifs admirables qui refusaient de cesser de la vénérer et répondaient à Jérémie : « En ce qui concerne la parole que tu nous as adressée au nom de Yahvé, nous ne voulons pas t’écouter. » (Jérémie 44:16)

Laurent Guyénot

Notes

[2Laurent Guyénot, Du Yahvisme au Sionisme, KontreKulture, 2016, p. 51.

[3John E. Anderson, Jacob and the Divine Trickster : A Theology of Deception and Yhwh’s Fidelity to the Ancestral Promise in the Jacob Cycle, Eisenbrauns, 2011, p. 1.

[4Pierre Hadot, Le Voile d’Isis. Essai sur l’histoire de l’idée de nature, Folios/Gallimard, p. 27-28.

[5Vie et opinions des philosophes illustres, VII, i, §147.

[65. De la nature des dieux, II, xii, §34.

[7Origène, Contre Celse, VI, 28.

[8Diodore de Sicile, XXXIV, 1, dans Théodore Reinach, Textes d’auteurs grecs et romains relatifs au judaïsme, 1895, p. 56-57.

[9Jean Daniélou, Philon d’Alexandrie, Arthème Fayard, 1958, p. 24 et 14.

[10Martin Goodman, Rome and Jerusalem : The Clash of Ancient Civilizations, Penguin, 2007, p. 454.

[11Ibid., p. 484. Eusèbe de Césarée a une chronologie différente, mais c’est une source plus tardive.

[12Louis Rougier, Celse contre les Chrétiens (1965), Le Labyrinthe, 1997, p. 17.

[1312. Ernest Renan, Marc-Aurèle et la fin du monde antique (Histoire des origines du christianisme, livre VII), 4e éd., Calmann Lévy, 1882, p. 589-90.

Approfondissez la question, avec Laurent Guyénot

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Le 3 juillet 2024 à 16:28 par VaeVictis80
#3387865

Mais le Dieu des Évangiles et celui du Tanakh est-il le même. L’un ne s’oppose pas à la pensée platonicienne tandis que l’autre pue la fraude et la superstition. Exclusivisme dans l’un universalisme dans l’autre, haine et meurtre du premier, amour et paix du second. Sacrifices et interdits alimentaires pour l’un, eucharistie et fin des superstitions pour l’autre. Ce sont les pharisiens qui ont traduit le Tanakh, et la version que nous avons est à posteriori des évangiles. De même, les deux Talmuds datent du IV.° et VII° siècles ? Même le livre d’Enoch colle mal avec le Tanakh. Le judaïsme que l’on devrait plutôt appeler néo-pharisianisme ne serait-il pas plus récent que le Christ ?

Le 4 juillet 2024 à 06:35 par paramesh
#3388041

Le judaïsme que l’on devrait plutôt appeler néo-pharisianisme ne serait-il pas plus récent que le Christ ?

mais c’est une évidence le judaïsme date de Maïmonide et c’est une réaction face au triomphe du christianisme. les premiers à le dire sont les juifs eux même : L’invention de la religion juive, une leçon du professeur Henri Atlan Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe https://www.youtube.com/watch?v=jI3WSr7-KU4&t=454s

Le 3 juillet 2024 à 16:48 par ursus
#3387875

J’aime bien l’illustration de Marx déguisé en Dieu... le Dieu du peuple élu des prolétaires ! Comme a dit Hindi : le marxisme est le judaïsme pour les goys... une maxime qui résume bien la volonté de contrôle des peuples par les deux bouts (capitalisme/marxisme) !

Le 4 juillet 2024 à 20:40 par Anonyme
#3388428

Pourriez-vous développer le lien judaïsme/marxisme, s’il vous plaît ?

Le 4 juillet 2024 à 21:30 par One step beyond
#3388452

Il s’agit plus vraisemblablement de la représentation cartoon de Dieu dans le film des Monty python : la vie de Brian.

Le 5 juillet 2024 à 08:46 par paramesh
#3388597

Pourriez-vous développer le lien judaïsme/marxisme, s’il vous plaît ?

par exemple : deux religions messianiques et materialistes

Le 5 juillet 2024 à 09:57 par ursus
#3388644

@Anonyme Penchez-vous donc sur les "prêtres" qui ont diffusé, contrôlé, punis les réfractaires, que ce soit dans la tentative avortée en Allemagne sous la république de Weimar et la révolution de 1917 en Russie qui, elle, a réussie (après l’échec de celle de 1905) ! Le marxisme est un noachisme destin aux non-juifs... et venez pas me dire qu’il n’y a pas une certaine religiosité dans ce dernier (idéologie = dogme, ceux qui ne se soumettent pas au dogme sont désignés comme des mécréants) !

Le 5 juillet 2024 à 12:44 par Saturnin Pompier
#3388744

Marx ! Je pensais que c´était Dieudonné.

Le 3 juillet 2024 à 16:50 par Pacôme Ladislas
#3387877

Une escroquerie a tous les étages. Si Dieu ne nous parle pas, c’est qu’il n’a rien à nous dire directement. Il a envoyé son fils pour que l’on puisse le comprendre, à notre niveau. Et ce qu’a dit Jésus a une autre gueule que la torah, non ?

Le 3 juillet 2024 à 23:38 par Amitié
#3387995

On peut aussi considérer que Jésus révèle le sens caché des Écritures, qui avait été obscurci par l’endurcissement du cœur de l’homme.

« [Jésus] leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. […] Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » (Luc 24).

Le 6 juillet 2024 à 04:01 par anonyme
#3389149

Il a dit tout et son contraire et en plus, sujet à interprétation (sinon il n’y aurait pas eu de schisme) ! Le tout rapporté et exagéré par ses disciples admirateurs !

Le 3 juillet 2024 à 16:57 par Amitié
#3387879

Il est dommage de rejeter à ce point ce qui visiblement nous dépasse. Il est vrai que l’époque ne nous aide pas… Par exemple, l’assimilation de Babylone à Rome est une vision d’historien, très limitée, à moitié complotiste et certainement pas au niveau de Saint Jean. Les sept collines peuvent être interprétées autrement, en rapport avec la doctrine traditionnelle des cycles. Il existe un équivalent hindou.

Mais enfin, une question : vos critiques sur l’Ancien Testament pourraient être appliquées au Coran. Pourquoi ne pas le faire ? Vous rejoindrez ainsi Caroline Fourest, Raphaël Enthoven et Charlie Hebdo…

Je respecte bien sûr votre liberté. Il est vrai aussi que les textes sacrés ne s’adressent pas à tous, et que pendant longtemps, ils furent réservés à une élite qualifiée pour les étudier. Je dirai surtout qu’il faut une « intention droite », comme partout, pour en ouvrir les mystères. Le risque, sinon, est de révéler ses propres limites, sa propre obstination, et finalement, sa propre misère.

Voici le risque éternel : le trésor était là, et nous l’avons méprisé. Il est vrai que le Roi est venu, et que nous l’avons crucifié.

Le 4 juillet 2024 à 04:53 par anonyme
#3388026

"nous l’avons crucifié." ? Désolé j’étais pas là et j’ai crucifié personne ! L’Occident n’a rien à voir là dedans ! Le culte de la culpabilité collective et éternelle... c’est signé !

Le 4 juillet 2024 à 07:35 par PL
#3388063

Oui, rien ne permet de dire que quand l’Apocalypse parle de Babylone la Grande, il veut dire Rome, si il avait voulu dire Rome il laurait dit puisque Rome existait déjà.

Babylone est un terme générique désigant à la fin des Tamps une grande capitale de la dépravation, vouée au culte du Veau d’Or, actuellemant ça pourrait être Londres, New York, Jérusalem, Paris, Bruxelles ou Berlin, les candidats sont nombreux. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas Moscou, ni Damas, ni Ankara, ni Pyongyang.

Le 4 juillet 2024 à 07:43 par PL
#3388065

@ anonyme "J’ai crucifié personne"

Jésus a été crucifié par les Pharisiens et par tous ceux qui se réclament d’eux, par tous ceux qui ont rejeté son enseignement.

"Les gens sans valeur, ce sont de gens qui a un moment de leur vie, ça peut être à l’âge de 12 ans, on rejeté la notion de vérité." (Simone Weill)

Le 4 juillet 2024 à 11:14 par inference.deductive
#3388183

La grande Babylone, c’est toute la terre.

Le 4 juillet 2024 à 11:55 par Amitié
#3388202

@Anonyme : En vous focalisant sur la dimension historique, vous passez à côté de l’essentiel et de ce que signifie « l’Agneau immolé ». C’est la « beauté assassinée » qui devrait ouvrir votre cœur, dans ce que l’Orthodoxie appelle le « baptême des larmes ». La doctrine du péché originel a un sens ontologique profond, que visiblement vous ne soupçonnez pas.

@PL : Je suis d’accord. Le sens spirituel des deux cités a été donné par Saint Augustin : « Deux amours ont fait deux cités : l’amour de Dieu au détriment de soi, l’amour de soi au détriment de Dieu ». Ceci n’empêche pas d’autres lectures, historiques ou eschatologiques.

Le 3 juillet 2024 à 17:00 par bonnet Phrygien
#3387882

Le simple bon sens pour un chrétien,ou pour un homme de philosophie gréco-romaine, est aux antipodes du dieu juif. Ces éclaircissements sont cependant forts utiles pour étayer ce bon sens. Cet antagonisme qui existe depuis toujours s’est traduit au cours de notre histoire, naturellement dans tous les domaines:religieux,philosophique,artistique,musical,économique... Même si dans certains domaines le dieu juif a supplanté le dieu chrétien(amour de l’argent des marchands du Temple) le fond de morale chrétienne l’a toujours condamné comme étant contraire "à la charité chrétienne",à la justice,à l’amour de son prochain,c’est pour celà que cet antagonisme perdurera aussi longtemps que ces religions se côtoieront. Le simple bon sens voudrait aussi que la France soit gouvernée par un pouvoir représentant ses croyances philosophiques et religieuses:et tant que cette constatation ne sera pas comprise,on ira dans les ennuis comme on le voit depuis l’époque mitterrandienne...

Le 3 juillet 2024 à 17:22 par fajs
#3387899

Merci Laurent, C’est une grande enquête policière. Pensant à Constantin, c’est comme si sa femme lui avait mis un passager clandestin dans la poche. Un passager qui se réveille à la création de Constantinople pour être Yahvé, à la place du Dieu solaire universel de Constantin.

Le 3 juillet 2024 à 22:58 par One step beyond
#3387991

C’est avec le « Dieu solaire de Constantin »que la brillante civilisation occidentale aurait pu éclore ? Quant à la vision philosophique de Dieu par les penseurs Grecs, elle fait intégralement partie de l’église Catholique traditionnelle théorisée par Saint Thomas d’Aquin et Saint Albert le grand pour ne citer qu’eux, bien plus que la bible de l’ancien testament. Ancien testament des juifs qui n’a d’intérêt que par l’annonce de la venue du Christ. Il n’y a aucune perte des philosophes Grecs mais poursuite, achèvement et sublimation. Sinon nous aurions pu continuer à sacrifier à Zeus/Jupiter et ses turpitudes, aux crises de jalousie de Hera/Junon ou adorer des hommes à tête d’éléphants, des déesses sanglantes aux 10 bras, des bouddhas obèses etc etc..

Le 4 juillet 2024 à 13:10 par Amitié
#3388238

Une religion paraît toujours absurde quand elle nous est lointaine.

Pour un Hindou, une religion qui adore un homme nu et ensanglanté sur une Croix, n’est pas plus absurde qu’une religion qui adore un Dieu à tête d’éléphant ou à plusieurs bras. Agni, le dieu védique du sacrifice primordial, est-il si différent de l’Agneau « immolé dès la fondation du monde » ?

De même, pour un musulman, qui adore le Dieu unique, il est monstrueux d’adorer un Dieu en trois personnes, et encore plus absurde de parler d’un Dieu qui aurait connu la mort sur une potence.

Les dieux multiples de l’Antiquité sont-ils si différents de nos anges et de nos saints patrons ? Et quant aux tourments des divinités païennes, qui semblent vous amuser, sont-ils si différent d’un Père qui envoie son Fils en sacrifice, d’un Crucifié qui offre son cœur transpercé ou d’une Vierge qui apparaît dans une grotte ?

N’avez-vous pas vu l’étrange ressemblance entre tous ces archétypes, malgré leur grande diversité de formes apparentes ? Osiris n’est-il pas ressuscité ? Odin n’a-t-il pas été pendu à l’Arbre du Monde ? Les Hindous, comme les Druides, ne parlent-ils pas d’une Coupe d’Immortalité ? Et la descente du Coran dans le Prophète n’est-il pas comparable à la descente du Verbe dans la Vierge ? Y’a-t-il jamais eu d’autre religion sur terre que l’unique révélation du Verbe sur la « Croix du Cosmos » ?

Moi, je dis que le plus absurde dans tout ceci, c’est ce monde où l’on affirme doctement que l’Etre est sorti du néant, que la matière subsiste par elle-même, et que si l’homme porte en lui la nostalgie de l’infini, ce n’est pas parce qu’il se souvient de son origine, mais parce qu’il est un singe qui rêve…

Le 4 juillet 2024 à 14:45 par Titus
#3388273

@amitié

Osiris ou Zeus sont des personnages mythologiques, tandis que Jésus Christ est un personnage historique.

Le 4 juillet 2024 à 16:42 par One step beyond
#3388322

@ amitiés on juge un arbre à ses fruits. Quels sont les fruits de l’hindouisme ? Les fruits de l’Islam ? les fruits du bouddhisme ? Quelles civilisations et quelles sociétés ont-ils produits ? Bien sûr, tout peuple a son génie et la civilisation occidentale est en pleine décadence depuis qu’elle a abandonné la foi Chrétienne véritable et non pas « suicidaire » comme le prétend Zemmour mais plutôt « suicidée » comme le démontre P.Hillard, Y.Hindi, M.Vernochet et tant d’autres. Par qui ? Là est la réponse. Chercher la cible et vous trouverez l’archer.

Le 4 juillet 2024 à 16:45 par One step beyond
#3388324

Merci à @ titus de cette réponse magistrale.

Le 4 juillet 2024 à 18:43 par Amitié
#3388374

@OneStepBeyond : pour moi, vos propos sont à la fois tristes et graves. Si vous n’avez pas idée de ce qu’est la civilisation hindoue, bouddhiste ou islamique, vous êtes malheureusement très pauvre.

Pour vous donner une idée de ce qu’offre certaines traditions orientales, et qui n’ont rien à voir avec les misérables « fruits de la civilisation » dont vous parlez, je ne vois pas d’autre possibilité que de citer Jésus : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. »

Que celui qui a des oreilles, qu’il entende !

Le 4 juillet 2024 à 19:16 par erg
#3388390

@Titus à supposer même que Jésus soit un personnage historique, ce qui n’est même pas absolument certain, sa résurrection n’est certainement pas un évènement historique, mais bien plutôt un évènement mythologique.

Le 4 juillet 2024 à 20:04 par Titus
#3388408

@erg

Personne ne rmet en cause l’existence de Jésus Christ, même pas ceux qui y auraient le plus intérêt, à savoir les Juifs. Ces derniers ne remettent pas non plus en question le fait que sa tombe, obturée par une énorme pierre et protégée jour et nuit par deux gardes, ait été retrouvée vide le troisième jour.

À la mort du Christ, tous ses disciples étaient effondrés et démoralisés. S’il n’avait pas reparu devant eux en chair et en os, ils n’auraient eu aucune raison de croire ni de témoigner, ni d’accepter de mourir pour cette vérité, et la religion chrétienne, mort-née, n’aurait évidemment pas prospérée.

Le 4 juillet 2024 à 21:17 par One step beyond
#3388442

@amities la grandeur d’une civilisation se juge avant tout à la qualité de vie qu’elle offre à ses contemporains :la santé, l’éducation, l’hygiène, la prise en charge des pauvres et des malades, la condition de la femme, la recherche et les découvertes en vue de l’amélioration des conditions d’existence, la sécurité( liste non-exhaustive). Et c’est l’occident Chrétien qui a porté à son plus haut niveau cette exigence. Ce n’est pas un hasard. L’enseignement de la parole du Christ a produit l’entraide à son plus haut niveau : hôpitaux, hospices, congrégations religieuses de charité et d’enseignement. Nulle part dans les siècles passés la femme n’a été aussi protégée qu’en Occident Chrétien. Pas de polygamie, pas de mariages infantiles, pas de pratiques mutilantes. Pas d’esclavage sur les terres d’occident, interdiction du prêt à intérêt, ce qui ne veut pas dire que tout était parfait, mais cela avait le mérite d’exister. L’Inde a encore du mal à se débarrasser du système épouvantable des castes, du statut inférieur des femmes( sérails) et sa culture du viol( voir les innombrables faits divers). Les pays musulmans ont été les champions de l’esclavage et de l’horrible condition d’eunuque, du pillage(razzias), de la polygamie (harems), du statut inférieur des femmes, des mutilations génitales, de l’islamisation par l’épée. l’Afrique brille par son tribalisme guerrier jusqu’au cannibalisme, son vaudou effrayant, les mutilations hommes et femmes, l’esclavage interne qui perdure encore plus ou moins aujourd’hui. Le trait est cru mais vrai. Et le sens des flux migratoires ne trompent pas. Ensuite on peut parler d’art, philo, littérature, musique, architecture, médecine, technique et science…

Le 4 juillet 2024 à 21:27 par One step beyond
#3388451

@erg Sur l’historicité de NS Jésus Christ, qu’aucun historien sérieux ne met en doute, je vous conseille l’ouvrage synthétique de Christian Petifils. Sur la résurrection, intéressez vous au Saint linceul de Turin et vous serez édifié. Si ce n’est pas suffisant : la tunique d’Argenteuil, l image de la vierge de Guadalupe. Cela vous permettra de poster avec un minimum de connaissance.

Le 5 juillet 2024 à 08:00 par Amitié
#3388570

Cher @OneStepBeyond,

Ce sont des critères matérialistes qui sont rigoureusement nuls par rapport à la possibilité de connaître sa nature profonde, que les Hindous appellent Atman. Une société traditionnelle permet à son peuple de participer à l’Eternité, selon des degrés divers, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui ; votre définition d’une vie bonne sur des critères parfaitement dérisoires, au regard de l’Eternité, en sont hélas la preuve. Rappelons également, en termes chrétiens, que ce qui se joue ici-bas est le Salut, et que le confort d’une vie qui passe n’a aucune valeur : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi [le Christ], la retrouvera. »

Le système des castes hindous n’était pas si différente de la tripartition du Moyen-Age, ce que Soral appelle la triade Oratores / Bellatores / Laboratores. Il y a un équivalent dans la République de Platon. Mais là où je serai d’accord avec vous, c’est que toutes les sociétés traditionnelles sont entrées en décadence ; mais n’est-ce pas justement à cause de la pénétration de l’Occident, de sa science profane et de ses idéologies destructrices ?

Le 5 juillet 2024 à 11:16 par de Bonald
#3388708

One step beyond......vous ne prenez que les points négatifs, faussement généralisés en plus et parfois mal analysés, des cultures et religions que vous citez. Dans le concret, aujourd’hui, ce sont justement ces mêmes cultures qui sont les seules à résister à la dégénérescence que l’on nous impose et à la refuser. Le monde chrétien, lui, est presque complètement largué : ça c’est aussi un fruit qui peut nous permettre de juger des choses.

Le 5 juillet 2024 à 11:23 par One step beyond
#3388714

@amities la tripartition indo-européenne en Occident n’a jamais poussé le paroxysme, qui perdure parfois en Inde, des intouchables et des « fous de Dieu » fakirs et autres spécificités assez répulsives ( veuves brûlées vives sur les ghats des défunts) Mais il faut des conditions et un niveau de vie acceptables pour produire une société qui adhère par libre arbitre et par raison à une religion moralement contraignante, non par la crainte, la peur, l’ambition et les superstitions. Cependant, je reconnais être assez motivé par le refus du wokisme, de la haine de soi et de la culpabilité azimutale envers la civilisation occidentale qui a commis effectivement ses pires méfaits ( communs à toutes les civilisations) après l’abandon la vrai foi catholique par ses dirigeants et qui permet aujourd’hui de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Le 5 juillet 2024 à 15:56 par One step beyond
#3388856

@Bonald Il vous a échappé que le monde Chrétien n’est plus Chrétien et que par ailleurs, il fut le monde le plus férocement et mortellement attaqué par son détracteur interne, qui se revendique comme peuple sémite. Sans Dieu, place au forces du mal. Quand aux excès des religions citées, le but était justement de les pointer du doigt comme excès religieux jamais atteints dans la Chrétienté. Indéniable. Ce qui fait toute la différence pour ceux qui les subissent.

Le 3 juillet 2024 à 18:59 par Sintica
#3387924

Jésus est venu pour créer la Nouvelle Alliance. Sont élus tous ceux qui reconnaissent Jésus comme le Messie, louent ses œuvres et appliquent son enseignement. Jésus est venu délivrer Israël de l’esclavage du péché, tout comme le Monde. Sans lui, nous ne pouvons rien comme il nous l’a dit. Le Temple de Jérusalem fut fendu en deux lors de la crucifixion du Christ. Après sa résurrection, Jésus n’y retourna jamais, lui qui observait scrupuleusement la loi religieuse : si Jésus était retourné au Temple, il l’aurait sanctifié. Il ne l’a pas fait. Le Temple fut détruit quelques années plus tard...car Dieu s’en était allé ailleurs. Et comme Dieu a beaucoup d’humour, surtout pour ceux qui voudraient lui expliquer son plan pour l’humanité, il a rendu impossible la reconstruction du Temple, comme nous l’enseignent les écritures.

Le 3 juillet 2024 à 20:36 par Homme du Nord
#3387953

Formidable article

Le 4 juillet 2024 à 01:19 par Yoann J.
#3388006

Merci Laurent ! Vos articles sont toujours si instructifs et bien documentés : même si l’on peut être septique parfois sur certains sujets, cela fait toujours réfléchir et on apprend bcp. Magnifique travail. Pour ceux qui ne sont pas fermés à l’existence de civilisations extraterrestres (qui, quand on s’intéresse au sujet sérieusement, n’ont quasiment aucune chance de ne pas exister !), je recommande très fortement la chaîne de "Julie Couvreur" sur youtube, notamment la vidéo "la face cachée de Yahvé"... Qui explique, entre autres, que Yahvé est un des Elohim (mot pluriel, comme précisé dans l’article), un être de chair et de sang, sans doute frustré par la petite portion de territoire qu’il a reçu à administrer, et qui n’a eu de cesse d’utiliser "son" peuple pour tenter de s’agrandir... Je résume vraiment mal et cela ne donne sans doute pas trop envie de pousser l’investigation plus loin, mais allez quand même y jetter un œil : ça dure 15 min et c’est lumineux ! En tt cas, perso, j’ai bcp appris avec cette chaîne... Encore merci à Laurent, merci à ER et merci à tous pour vos commentaires !

Le 4 juillet 2024 à 08:43 par miles davis
#3388095

"Julie Couvreur". Sérieux ? La "meuf" qui envoûte les mecs avec sa voix... elle pourrait vous vendre n’importe quoi. C’est à cause de youtubeuse comme elle, avec ses théories qui date du 19eme siècle, que des gens sérieux passent pour des nazes. Elle incarne ce "complotisme à une jambe" de base, qui permet aux comploteurs de se protéger et de faire passer Alain Soral et Dieudonné pour des platistes. Rien que ses clips sur l’Egypte, qui rapporte beaucoup d’argent, sont une compilation de mensonges que je n’ai vu nulle part ailleurs, à part peut être sur la chaîne de ces escrocs de Gaïa... Réveillez vous !

Le 5 juillet 2024 à 22:30 par Yoann J.
#3389097

A miles... Curieux : sous prétexte que sa voix serait envoûtante (moi je dirais plutôt monocorde et soporifique, mais bon...), que les théories exposées sont parfois datées, que ce type de vidéos seraient utilisées par des personnes malhonnêtes pour discréditer Soral et Dieudo (comme si elles avaient besoin de ça !) et que parfois les éléments avancés sont moins convaincants (voir farfelus), il faudrait tout balayer d’un revers de main ? Ce n’est pas mon avis et c’est justement un des points de mon message initial en ce qui concerne M. Guyénot : même si on n’est pas d’accord sur tout, ce genre de travail fait réfléchir. De mon point de vue, Julie Couvreur fait un travail formidable d’analyse et de recherche. Je peux tout à fait concevoir que ça ne vous parle pas, mais je ne crois pas avoir besoin de "me réveiller" : qui sait, si ça se trouve, c’est elle qui est le plus proche de la vérité !

Le 4 juillet 2024 à 09:39 par toto la ciboulette
#3388139

Ce qui a tué Rome c’est au 4ième siècle une maladie de type fièvre hémorragique suivi de la peste venant d’Asie qui a initié une perte de croyance qui a donné plus tard la naissance de l’Islam, quand Byzance a commencé à reconquérir tout le pourtour méditerranéen (Egypte, Tunisie ...) en remontant à la fois coté sud de l’Espagne et coté sud de l’Italie, un ou des volcans sont entrés en éruption en Islande générant un voile du soleil pendant plusieurs année entrainant la fin l’optimum climatique de l’antiquité et des famines généralisés.

Le 4 juillet 2024 à 09:55 par inference.deductive
#3388150

Impressionnant de confusion et de mélange entre ce qui est de la terre et ce qui est du ciel. La maîtrise très approximative du corpus chrétien doublé de l’orgueil des hommes qui pensent pouvoir exister sans Dieu ne conduit qu’au néant. Vous êtes peut-être christique mais très loin d’être chrétien. N’oubliez pas que ceux qui lisent les paroles de Dieu, des prophètes ou des apôtres, comme les lisaient les pharisiens d’autrefois et les juifs d’aujourdhui, blessent le Christ de la même façon qu’eux. L’erreur est humaine certe, mais persévérer dans l’erreur est démoniaque.

Le 4 juillet 2024 à 12:24 par Lérins
#3388220

Vous n’avez pas compris du tout la démarche de Laurent Guyénot, qui est tout sauf un matérialiste je crois mais bon...c’est normal depuis où vous vous exprimez. Il ne prend pas de pincettes, pour tenter de démêler l’écheveau du fatras théologico-spiritualiste, lourdement revêtu duquel L’Humanité avance cahin-caha, pour le meilleur et pour le pîre.

Dans la séquence historique que nous vivons - deux millénaires et quelque, une paille au regard du Cosmos - il est maintenant crucial de dénoncer la fraude civilisationnelle, dont les dégâts risquent d’être incommensurables. Je sais, la chute des oripeaux, et des vielles peaux peut être très douloureuse, elle est poutant cruciale.

Le 6 juillet 2024 à 07:51 par anonyme
#3389243

Les croyances contre la Raison ! "Le Savoir requière des compétences. La Croyance n’en exige aucune.". Merci à Laurent Guyénot !

Le 4 juillet 2024 à 10:33 par bougre
#3388169

Il se trouve que les chrétiens n’ont pas le même Dieu que les juifs qui ont refusé de reconnaitre Jesus comme étant le Messie , Dieu fait homme.

Son message qui prône le Pardon, l’Amour est la Paix entre les hommes semble leur déplaire jusqu’à ce jour comme l’illustre le massacre perpétré contre la population palestinienne en vue de créer un grand Israel justifié par une mauvaise interprétation du statut de peuple élu.

Le peuple juif n’est élu que parce qu’il a été choisi par Dieu pour accueillir le seul vrai Messie, Jesus né à Bethléem dans une étable, dans la pauvreté comme un premier enseignement pour l’humanité.

Ce modèle de simplicité n’a pas convenu au pharisiens de l’époque qui attendait un Roi couvert de richesses matérielles qui serait craint et autoritaire. Or il leur a semblé qu’on ne pouvait croire et obéir aux paroles d’un indigent, quelque soit la sagesse de son discours et l’exemplarité de ses actes.

Par la validation de la crucifixion de Jesus les juifs se sont volontairement exclu de la Chrétienté et ne cessent depuis 2000 ans de promouvoir l’idée qu’un autre messie juif viendra pour dominer le monde et récompensera le peuple autoproclamé pour sa ferveur et sa patience..

On n’est pas obligé de croire à cette version sans pour autant être antisémite.

Le 4 juillet 2024 à 20:59 par inference.deductive
#3388438

Mettons les pieds dans le plat voulez-vous ?!

La publication suprême du Jesus Seminar est un ouvrage qui passe en revue les quatre évangiles bibliques et l’évangile de Thomas et cherche à déterminer ce que Jésus a vraiment dit et enseigné. Il divise les paroles de Jésus tirées des évangiles en catégories en fonction de la probabilité que Jésus les ait vraiment prononcées. Les mots en rouge indiquent les mots que Jésus a probablement prononcés. Les mots en rose représentent les paroles que Jésus a probablement prononcées. Les mots en gris indiquent des mots que Jésus n’a probablement pas prononcés, mais qui sont proches de ce qu’il aurait pu dire. Les mots en noir représentent des mots que Jésus n’a absolument pas prononcés. Il est intéressant de noter que dans cet ouvrage du Séminaire Jésus, il y a plus de mots en noir qu’en rouge, rose et gris réunis. Presque tout l’évangile de Jean est en noir. Il est également intéressant de noter que l’évangile de Thomas présente un pourcentage de mots rouges et roses nettement plus élevé que les évangiles bibliques. Il est absolument ridicule, voire offensant, de penser qu’un groupe de « savants » aujourd’hui puisse déterminer avec plus de précision ce que Jésus a fait et n’a pas dit que les auteurs des évangiles, qui ont écrit au cours du même siècle où Jésus a vécu, enseigné et est mort. , et a été ressuscité.

Et c’est un membre de ce groupe qui vient nous expliquer ce qu’est Dieu et ce qu’il n’est pas ? Allons donc !

Le 5 juillet 2024 à 07:24 par Laurent Guyénot
#3388554

Je n’ai jamais été membre du Jesus Seminar, ni participé à leurs travaux, réservés aux érudits spécialisés, ce que je ne suis pas. Vous avez trouvé cette fausse info dans le dossier Guyénot mis en ligne par egregoor sur X. Vous auriez dû lire ma réponse. Ce qui est intéressant dans The Five Gospels du Jesus Seminar, ce n’est pas les couleurs, mais l’exégèse historique des paroles de Jésus. De toute manière, ça n’a jamais été ma référence principale. Et ce que Jésus a dit ou n’a pas dit n’a aucun rapport avec cet article.

Le 5 juillet 2024 à 10:56 par One step beyond
#3388684

@ cher Monsieur Guyénot Pour savoir ce que NS Jésus Christ a dit, il suffit d’ouvrir un missel : tout y est.  Dont l’adresse aux juifs « on vous a dit…mais moi je vous dis.. » Et pour faire court, lors de la Pentecôte, il leurs a demandé d’apporter cette parole( l’évangile) aux peuples du monde entier. Pas de peuple élu. 12 apôtres vont partir, pauvres, persécutés, martyrisés et réussir à convaincre des masses innombrables, construire des civilisations glorieuses dont nous sommes pour beaucoup les héritiers. Contrairement à ce qui a pu être écrit, et pour cela il faut s’intéresser aux pères fondateurs de l’église qui ont pris le relais des apôtres, essuyant des vagues effrayantes de persécutions, ce n’est pas une religion qui a touché les faibles, les esclaves et les femmes, sans l’exclure, sinon cette religion aurait eu du mal à survivre. Puis-je vous conseiller les archives audio de l’Abbé Bayot, spécialiste des premiers temps de l’église, personnage qui devrait vous plaire, d’une érudition époustouflante, docteur en philosophie, doté d’un humour aiguisé. Merci pour vos travaux magistraux sur le 11/09 et sur les Kennedy.

Le 5 juillet 2024 à 21:22 par Wali
#3389062

@OneStepBeyond : Cela doit être un peu plus compliqué que cela, puisque l’ouverture aux non-Juifs n’a été actée qu’au Concile de Jérusalem, vers l’an 50.

Si vous relisez les Actes des Apôtres, vous voyez que le baptême d’un non-Juif est une innovation de Saint Pierre, lorsque, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, il accorde le baptême au centurion Corneille, et doit s’en justifier devant les Apôtres troublés. On sait combien l’abandon de la circoncision a été difficile dans l’Eglise naissante.

En même temps, l’Avènement du Messie devait nécessairement faire « éclater » l’Ancienne Alliance qui avait permis son Incarnation. Selon une analogie célèbre, la Vierge est la fleur d’Israël, le Christ est le fruit.

Le 6 juillet 2024 à 09:58 par paramesh
#3389341

les historiens sérieux sur la question du christianisme primitif : Henri-Irénée Marrou, Marcel Simon Henry Maurice Goguel Marie-Émile Boismard François Blanchetière Paul Veyne Francis Delaisi aussi a écrit un bouquin passionnant et plus politique sur l’histoire de l’Eglise primitive : L’Église et l’empire romain. De l’étable de Bethléem au dôme de Sainte-Sophie, et sur Marcion : Adolf von Harnack (un grand theologien protestant)

Le 6 juillet 2024 à 10:05 par inference.deductive
#3389347

@Laurent Guyénot

La quatrième de couverture de votre livre "Le Roi sans Prophète" indique ceci : Laurent Guyénot allie une formation de chercheur scientifique et une maîtrise de théologie. Il est membre du Jesus Seminar, une assemblée internationale d’exégètes bibliques.

Vous confirmez que c’est faux ?

Le 6 juillet 2024 à 13:36 par Funes
#3389501

"Adolf von Harnack (un grand theologien protestant)" : rédhibitoire ! Un "théologien" protestant est un contre sens. Un théologien ne peut être que catholique. Au lieu de théologien il faudrait écrire tartuffe.

Le 5 juillet 2024 à 09:22 par paramesh
#3388614

pour clarifier l’apparente contradiction polythéisme et principe unique supérieur, le cas de l’hindouïsme est révélateur car actuel : pour un hindou (j’en suis un) les dieux sont une création humaine, une façon intuitive d’approcher le divin par bribes, mais le divin, le principe supérieur lui est unique et surtout inconnaissable. c’est l’enseignement des upanishad qui affirment que tous les dieux imaginés par l’homme participent de ce principe premier nommé : para maha ishvara (le grand seigneur de l’au delà). si on comprend cette démarche, et qu’on la rapporte aux trois religions du livre, on doit comprendre qu’elles ont été toutes les trois constituées par des hommes même si on accepte l’idée de révélation (les hindous parlent eux d’intuition inspirée par le divin). chaque religion se fait une idée du divin, de l’unique, du principe premier qui est par essence inconnaissable pour l’homme. Pour en revenir au christianisme et au dieu d’Abraham, la question a été posée dès les origines du christianisme et un schisme a failli se produire avec Marçion. celui ci a perdu et d’autres ont gagné mais cela reste avant tout une histoire d’hommes, d’interprétation humaine et non de révélation Marcion est après coup devenu un hérétique, on dirait aujourd’hui un antisémite si la raison est universelle, la foi, elle ne l’est pas je préfère infiniment l’humilité hindoue à l’arrogance universaliste de la révélation D’ailleurs en tant qu’hindou je me revendique aussi chrétien par ma culture d’origine, en me fondant exclusivement sur les évangiles ma spiritualité est shivaïte mais ma morale reste chrétienne, Quant à Yavhé c’est objectivement un dieu tribal, rien de plus ; je ne vois pas ce qu’on peut y ajouter.

Le 6 juillet 2024 à 08:09 par Wali
#3389255

Merci pour votre témoignage. Mais si vous êtes hindou, vous devez croire à la manifestation cyclique des Avataras ; et vous devez aussi savoir que le neuvième Avatara (l’Avatara non-aryen) peut être identifié soit au Bouddha, soit à Jésus, selon les interprétations.

De même, vous devez savoir que le huitième Avatara (Krishna) a révélé l’unité des trois voies (karma, bhakti, jnana), ce qui présente une certaine analogie avec les trois religions du monothéisme abrahamique.

Je ne vois pas pourquoi la perspective abrahamique serait plus tribale que la perspective hindoue, qui repose sur le système de castes ; d’ailleurs, normalement, on ne peut pas devenir hindou, on doit naître hindou (sauf peut-être dans les voies tantriques).

YHVH signifie : « Je suis celui qui suis », ce qui a des correspondances dans la doctrine hindoue. On sait aussi que la Trinité a une correspondance avec le ternaire hindou Sat, Chit, Ananda (Être, Conscience, Béatitude).

Toute religion est d’origine non-humaine, c’est ce qui fonde son « économie du salut » et la relie au Sanatana-Dharma. Ce qui est vrai en revanche, c’est que toute religion apparaît relative au point de vue absolu ; tout en haut de la Montagne, tous les chemins pour y monter paraissent égaux. N’empêche qu’il faut bien un chemin !

Le 16 juillet 2024 à 10:31 par paramesh
#3394336

si vous êtes hindou, vous devez croire

1. non, l’hindouïsme n’est pas une croyance car c’est une meta religion qui fait le pont entre différentes religions (un shivaïte n’a rien à voir avec un vishnouïte). C’est avant tout une expérience mystique, or toute expérience demande de s’affranchir des dogmes. il n’y a aucun dogme dans l’hindouïsme, seulement des techniques de salut (yoga), des commentaires sur le divin (upanishads et des récits d’expériences (bagavad gita, vedanta).

la perspective hindoue, qui repose sur le système de castes

non, les varnas sont un apport aryen (védique) ce sont les lois de Manu, des lois politico sociales or l’ hindouïsme puise ses sources dans le proto shivaïsme des civilisations de l’Indus bien avant les migrations aryennes et la civilisation védique. d’ailleurs beaucoup d’écoles shivaïtes ( Mahaviras, Kapalikas etc) ne respectent toujours pas les lois des varnas

Sat cit ananda,

sat est shakti, l’énergie pure, sans conscience. c’est justement de l’union de l’énergie et de la conscience que nait l’univers. De plus la trinité est chrétienne, Yavhé, lui n’a rien de trinitaire.

on ne peut pas devenir hindou, on doit naître hindou

oui et non, devenir hindou est une naissance, l’initiation implique de venir nu et de recevoir son nom. Seul l’aryen, celui qui porte le cordon, est deux fois né). pour ce qui est des étrangers, sur les 12 autorités suprêmes de l’hindouïsme, une seule ( shivaïte de Vanarassi) refuse aux étrangers le droit d’être initiés (mais aussi pour les non aryens).

pour tout le dernier paragraphe, totalement d’accord avec toi.

il n’y a qu’une vérité mais mille chemins pour y parvenir ( et certains sont plus difficiles, sans compter ceux qui ne mènent nulle part).

Le 16 juillet 2024 à 20:38 par Wali
#3394592

Merci pour ces précisions.

Je peux donner quelques hypothèses aussi : YHVH signifie « Je suis celui qui suis », ou « L’Etre est l’Etre ». Il s’agit bien d’une Trinité, qui correspond à ce qu’on dit en Inde : « L’Etre se connaît Soi-même par Soi-même ».

À cela, on peut ajouter que YHVH est composé de seulement trois lettres. Sa prononciation était en trois syllabes, « Jehovah », et non Yahvé comme il se dit aujourd’hui. Certains voient même un rapport entre ce Tetragramme et la « circumincession des hypostases », mais je ne m’aventurerai pas dans ce domaine un peu spéculatif.

J’ajouterai encore que l’ajout de la lettre Shin au cœur du Tétragramme forme un Pentagramme : Yeshoua (YHSVH). Cette lettre est bien connue dans la Kabbale pour ses rapports avec la Shekinah, qui est la Shakti hindoue.

Amicalement

Le 5 juillet 2024 à 09:52 par de Bonald
#3388640

La connaissance de Dieu se fait bien par la révélation mais celle-ci doit ensuite immédiatement être accompagnée de la Raison pour vérifier que ces Révélations sont cohérentes et logiques et en sont bien. Notre raisonnement seul ne peut suffire à comprendre Dieu car nous sommes trop limités pour comprendre l’infini juste par nous-mêmes. Par contre, ceux qui n’accompagnent pas la révélation par la raison, on peut évidemment leur faire gober absolument n’importe quoi vu que ces révélations peuvent aussi se faire via des humains et se révéler être de fausses révélations. On devient alors un bigot.

Le 5 juillet 2024 à 14:11 par Amitié
#3388790

Vous inversez les choses. La Révélation est supérieure à la raison, puisque la raison, par définition, ne peut que « réfléchir » la lumière, elle n’est pas la lumière elle-même.

En l’absence de connaissance par illumination directe, la foi permet de se mettre dans les bonnes dispositions. Elle oriente ainsi la raison dans ses recherches, jusqu’au « Second Avènement du Christ », qui est la connaissance par illumination directe (ce que les Orthodoxes appellent la « lumière incréée »).

Sans cette perspective du Second Avènement, la foi reste effectivement lettre morte, et donc, comme vous dites, « bigoterie ». Mais la foi authentique est mouvement vers Dieu, et c’est pourquoi le Christianisme est un « salut par la foi ».

Le 6 juillet 2024 à 11:12 par de Bonald
#3389411

Amitié........certes mais la foi vient aussi de Dieu, est un cadeau de Dieu et donc déjà une sorte de révélation en soi qui, effectivement, oriente ensuite notre raison dans la bonne direction.

Le 5 juillet 2024 à 19:13 par Miville
#3388979

Il y a quelque chose qui cloche gravement dans cette thèse : le fait est que le judaïsme tel que nous le connaissons aujourd’hui est une religion qui n’existait ABSOLUMENT PAS avant la compilation et la diffusion du Talmud en tant que seul texte sacré prioritaire d’étude obligatoire pour tout juif pieux.

La religion mosaïque, dont Jésus avait hérité en tant que dernier des Mohicans, n’avait presque rien à voir et il convient aussi de remarquer que toutes les citations imputées à Jésus et présentées comme des messages radicalement nouveaux étaient des reprises textuelles de proverbes faisant partie intégrante de la tradition populaire orale de l’époque.

Seul l’art de Jésus de les employer à propos fit la différence. Comme l’avait dit Jésus, de la religion mosaïque centrée autour du culte rendu au temple de Jérusalem, il n’allait rien rester du vivant de la génération l’écoutant, du fait de la corruption chaque jour plus totale de son contenu par une vaste classe d’opportunistes et de traîtres s’étant accaparé de toutes les institutions et organes de diffusion jusqu’au plus petit dernier. La suite des événements montre qu’il ne s’était pas trompé à ce sujet précis.

Ce n’est pas la peine d’accuser des auteurs biblistes du temps de la brillance de la civilisation grecque de nous avoir légué des messages d’intolérance et d’anti-humanisme : de leur religion il n’est rien resté et il semble qu’à cette époque, de loin, dans le regard d’un badaud, elle ressemblait bien davantage à une sorte d’Islam que de judaïsme. Du tout petit peu que les Romains n’en auraient pas brûlé le Talmud s’est évertué à en faire une déconstruction systématique à la manière de Derrida et dont Derrida suit l’exemple quoi qu’il en soit pour déconstruire la culture française comme si elle faisait partie du même mal à déconstruire.

Or le Talmud selon les vrais archéologues qui en ont fait l’étude comporte énormément d’enseignements et de commentaires, de discussions, d’arguments tirés non pas d’aucune sagesse proche-orientale ancienne mais bien plutôt d’éléments du droit romain poussés jusqu’à l’absurde, de philosophie grecque gnostique tardive, et d’ésotérisme mésopotamien : le Talmud n’est pas dit de Babylone pour rien et il comporte bien plus de textes araméens (langue de la Mésopotamie surtout) qu’hébraïques.

Pour ce qui est du pluralisme culturel et religieux gréco-romain que pleure Guyennot, c’était de la bouche même des Romains un système motivé par le diviser pour régner.

Le 6 juillet 2024 à 01:51 par unathéetoutsimplement
#3389138

M. Guyénot,

avez-vous déjà entendu parler de la théorie de la création du Christ (et donc ce qui en découle) par la dynastie flavienne ? Il est bien probable que oui. Mais, dans le doute, voilà le titre d’une vidéo sur YT en faisant la démonstration : "Origin of Christianity The Piso Flavian Dynasty".

Cette théorie pourrait fournir une possibilité de réponse à votre remarque : "La conversion de Rome au christianisme est l’une des plus grandes énigmes de l’histoire, que nul historien n’a encore résolue."

Je me permets de préciser que je propose ceci sans en donner un avis. Je laisse cela aux plus fervents.

Le 6 juillet 2024 à 04:06 par anonyme
#3389151

Bon courage à Laurent Guyénot pour lutter contre les croyances ! Même avec les meilleurs arguments basés sur l’étude, la connaissance et l’intelligence.

Le 7 juillet 2024 à 12:23 par Mouai
#3389966

le type qui croit que la "connaissance" échapperait à la croyance fait aveu de sa médiocrité, ou tout le moins d’un niveau intellectuel très faible.

Le 6 juillet 2024 à 10:03 par de Bonald
#3389344

Est-ce que les 10 commandements transmis par Moïse ne concernaient que le comportement des Juifs entre eux ou est-ce qu’ils étaient aussi valables concernant le comportement des Juifs vis à vis des autres peuples ?

Le 6 juillet 2024 à 10:22 par de Bonald
#3389364

Je ne crois pas que ce soit le Dieu des Juifs dégénérés que les Chrétiens aient adopté. Le Christ a simplement remis le Dieu réel d’origine au centre et a évacué le Dieu faux des Juifs déviants.

Le 6 juillet 2024 à 10:35 par de Bonald
#3389376

"N’est-il pas temps de dénoncer l’abus de confiance dont nos ancêtres ont été victimes, et renouveler le contrat qui nous liait à la raison gréco-romaine ?"

C’est précisément ce qui s’est fait à la Renaissance qui fût aussi la renaissance du matérialisme, de l’esclavage et de la mysoginie qui n’existaient quasiment pas au Moyen Age. Ca a été le moment où on s’est globalement retournés vers l’Antiquité. Cela n’a pas été mieux et a au contraire favorisé la montée en puissance de ceux-là même qui avaient œuvré pour la fin du Moyen Age, celui-ci ayant été l’apogée du Christianisme. Le "peuple élu" en est largement sorti vainqueur alors qu’il était, au contraire, contenu durant les 1000 ans de l’époque médiévale.

Le 6 juillet 2024 à 19:27 par Joe l’escroc
#3389664

J’attire l’attention des lecteurs sur le fait que Laurent Guyénot prête à saint Augustin une citation qui ne figure pas dans son livre "La cité de Dieu" (Livre Ier, chap. 10) contrairement à ce qu’il prétend :

"Quant à leurs filles violées, aucun mal ne leur a été fait, puisque leur âme n’a pas été contaminée – à moins bien sûr qu’elles n’aient éprouvé du plaisir (I, 10)".

J’invite les lecteurs à vérifier par eux-mêmes en lisant le chapitre 10 du Livre Ier de "La cité de Dieu", disponible sur Gallica (6 pages) :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k299283j/f255.item

Qu’est-ce que ça signifie ? Cet article n’est ni plus ni moins que de la propagande antichrétienne !!

Le 7 juillet 2024 à 10:35 par Laurent Guyénot
#3389915

Il faut lire les chapitre 10 à 20 (chapitre 16 à 19 sur les vierges violées) : j’ai à peine forcé le trait, et je n’ai pas parlé des tortures endurés par certains : c’était pour leur bien.

Le 7 juillet 2024 à 12:16 par Mouai
#3389963

effectivement M. Guyenot, c’est au début du chapitre XVI :

"Ils s’imaginent charger les chrétiens d’une grande opprobre quand, pour exagérer leur captivité, ils ajoutent que non seulement des femmes et des filles, mais encore des vierges même ont été violées. Ce qui pourrait nous faire de la peine en cela, n’est ni la foi, ni la piété, ni même la chasteté, mais la pudeur, qu’il semble que nous devons satisfaire aussi bien que la raison. Aussi nous nous proposons moins ici de répondre à nos adversaires, que de consoler celle des nôtres qui ont souffert cette injure"

on comprend facilement quand on est chrétien de quoi il s’agit, et Saint Augustin est parfaitement clair là-dessus : un viol est une offense, une injure même dit-il, et nous le ressentons dans l’ordre de la pudeur et de la raison, mais un chrétien ne doit pas s’en inquiéter sur le plan de la foi ou de la piété (contrairement au païens qui pensaient que l’opprobre devait rejaillir sur la famille, que la vicitme portait en quelque sorte le péché sur elle désormais, et pouvait être mise à l’écart - ces réflexes se sont maintenus longtemps dans les grandes familles, même après la conversion).

Saint Augustin nous rappelle donc ici, avec grande sagesse, que le corps qui subit ces outrages sans consentement ne saurait "contaminer" l’âme dont il est l’hôte.

Rien de nouveau pour un chrétien, qui sait déjà que tous les maux qu’il aura à souffrir au nom de sa Foi ne doivent pas être regardés comme signe de honte, aveu de défaite, et donc d’un mauvais système de valeur, mais au contraire une épreuve qui doit être tournée en occasion de croître dans la Foi et la louange. Tout le monde le sait... enfin, tous les chrétiens le savent, et aucun d’entre eux ne saurait mal interpréter ce genre de passage.

Etes-vous chrétien M. Guyenot ? Et si non, pourquoi cet intérêt récurrent ? ça me rappelle les historiens juifs qui veulent absolument écrire sur le Moyen-Âge qu’ils n’aiment pas (et donc ne comprennent pas), juste pour nous partager leurs vues matérialistes sur tout ce qui les dépasse.

En tout cas merci, c’est l’occasion pour nous de célébrer une vérité transmise par un de nos pères dans la Foi, et de s’en féliciter ;)

Le 7 juillet 2024 à 14:51 par Joe l’hérétique
#3390036

@Laurent Guyénot Je remarque que ce passage est le seul à ne pas faire l’objet d’une note dans vos références bibliographiques. Pour tous les autres auteurs, vous avez indiqué l’ouvrage et la page.

Vous faites dire à saint Augustin exactement l’inverse de ce qui est écrit dans le livre ! Je cite saint Augustin (livre Ier, chapitre XIX, p. 281) : "Elles [les femmes chrétiennes] vivent, et non point vengé sur elles-mêmes le crime d’autrui, pour ne pas ajouter l’homicide à l’adultère : car elles ont la gloire de la chasteté, c’est-à-dire le témoignage de leur conscience, et au-dedans d’elles-mêmes, et au yeux de leur créateur ; ce qui leur suffit lorsqu’elles ne peuvent rien faire davantage, de peur qu’en voulant éviter les soupçons des hommes elles ne s’écartent de la loi de Dieu."

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k299283j/f282.item

C’est ça que vous appelez "à peine forcé le trait" ? M. Guyénot, êtes-vous gnostique ?

Le 8 juillet 2024 à 17:28 par Alexandre
#3390766

Bonsoir Monsieur Guyénot,

La bible ne parle pas de Dieu à ce sujet je vous renvoie aux travaux de Monsieur Mauro Biglino traducteur de la bible massorète la bible de référence pour la majorité de nos traductions... et de 17 livres aux éditions San Paolo traduites littéralement, vous comprendrez...voir ses conférences YouTube trop top. Meilleures salutations

Le 22 juillet 2024 à 17:37 par Heisenberg
#3396887

Texte fascinant. On est transporté à sa lecture.

Merci Mr Guyénot.

Le 26 octobre 2024 à 14:44 par Guy
#3444517

Et dire que Laurent racontait dans une vidéo qu’avant d’ouvrir les yeux, quand il vivait aux usa, il était convaincu par la vision du monde américaine... on peut parler de changement radical.