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Faits & Documents – Les Lumières sombres : de la Silicon Valley à Trump

Marcel reçoit Pierre de Brague, de Faits et Documents, pour parler de la néoréaction états-unienne, popularisée sous le nom de Lumières sombres. Pas encore vraiment essayée, la démocratie est jugée à bout de souffle, et d’aucuns pensent à comment la remplacer, de manière à gérer efficacement nos sociétés.

 

Au sommaire :

00:00:00 – Accroche – « PDG monarque », État-entreprise, dictature « efficace »
00:00:47 – Intro – Radio 2.2 + présentation de l’invité (Pierre de Brague)
00:01:12 – Définition – Lumières sombres : la démocratie jugée « à bout de souffle »
00:03:06 – Pourquoi ça revient maintenant – Réseaux d’élites & administration Trump
00:08:37 – Détour nécessaire – Libertarianisme & minarchisme (État minimal)
00:12:41 – Ayn Rand & objectivisme : une matrice idéologique
00:20:03 – Curtis Yarvin : profil, parcours, influence
00:25:15 – L’État comme entreprise – « PDG-roi » et logique managériale
00:26:04 – Les « modèles » cités – Dubaï/Singapour/Hong Kong
00:33:56 – La « Cathédrale » – Médias/universités/bureaucratie comme bloc de pouvoir
00:35:04 – « Coup d’État interne » – Yarvin et la stratégie de prise de contrôle
00:38:57 – Nick Land – accélérationnisme, techno-capitalisme, radicalité
00:54:35 – Import en France – Passage de Yarvin, rencontre avec Éric Zemmour
01:02:25 – Conclusion – Où lire la suite (Faits & Documents n°549)

 

 

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Les Lumières sombres, sur E&R

 
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13 commentaires

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  • La démocratie ne peut pas être à bout de souffle puisque nous n’avons jamais été en démocratie.
    Le peuple ne vote pas encore les lois.
    Nous sommes dans un régime de gouvernement soi disant représentatif à tendance oligarchique.

     

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    • #3594643
      Le 21 février à 16:15 par Général Pinochet

      La gauche essaye de nous faire peur avec le "Croque-Mitaine libertarien qui veut abolir la démocratie"... Mais la critique de la démocratie n’a rien de nouveau.

      Qu’est-ce que le "barrage républicain" sinon le refus de l’alternance démocratique ? Les rouges critiquaient la "démocratie bourgeoise" et lui préféraient la "dictature du prolétariat"... les blancs promouvaient le roi, les impériaux l’empereur, les bruns le Duce et les réactionnaires une junte... les démocrates eux-mêmes professaient souvent le suffrage censitaire (les contribuables décident de l’usage de l’impôt)... Aristote critiquait déjà la démocratie comme dégénérant vers la démagogie...

      Le thomisme, réactivé au XXème siècle par des penseurs comme Jouvenel, critique la démocratie comme fusion de l’autorité (peuple) et du pouvoir (roi). Dans la royauté traditionnelle, l’autorité du peuple limite le pouvoir du roi. Mais si le peuple prend le pouvoir, alors il n’a plus de raison de se limiter lui-même. D’où les régimes totalitaires (durs ou doux) modernes.

      De même, la critique libertarienne de la démocratie est très ancienne... Elle se trouve déjà chez Frédéric Bastiat au XIXème siècle... 51% n’ont pas légitimité à spolier 49% sous prétexte qu’ils sont majoritaires... La démocratie encourage les partis et les démagogues à promouvoir une "guerre civile permanente", chaque groupe social essayant d’arranger la loi à son propre profit et au détriment des autres groupes sociaux. Alors que la loi, dans la perspective libertarienne, doit "rendre à chacun le sien" selon l’antique formule du droit naturel.

      Bref... ce n’est pas question d’adhérer mais de se documenter à titre intellectuel. Au-delà de leur esthétique "cyber-punk", les néo-réacs américains réactivent simplement de grandes questions classiques de la philosophie politique.

    • " le refus de l’alternance démocratique"
      Vous supposez que nous sommes en démocratie ou que nous pourrions l’être selon les formes en vigueur. Vous ne comprenez pas que le peuple ne peut pas prendre ni exercer le pouvoir (executif). Il peut seulement voter les lois (législatif). Le dernier référendum date de 2005.
      Il faut lire le contrat social.

  • Ce n° F&D sur les " lumières sombres " est très intéressant. J’évoque volontiers les "lumières tamisées", mais je reconnais qu’elles ne le sont plus et que nous sommes à présent plongés dans le noir d’un enfer terrestre dont on se serait bien passé.

    Le petit ouvrage "Les Néo Conservateurs - une élite impériale" de Laurent Ozon complète fort bien l’enquête de F&D. Et ô surprise... 90% des individus qui composent ces néocons américains ou européens sont issus de la communauté de Kionsait...

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  • #3594627

    Très intéressante vidéo. On voit que le sujet est maîtrisé.

    Cela dit, le libertarianisme (dont je partage beaucoup de traits sans en être totalement adepte) est un courant bien plus complexe qui se divise en diverses mouvances : paléo-libertariens, géo-libertariens, libertariens de gauche, etc.

    Je vous suis depuis longtemps et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, E&R partage beaucoup de traits avec les fondements de cette pensée libertarienne. L’attachement à une liberté d’expression totale, le refus de la mémoire officielle, l’attachement aux libertés individuelles (pendant la "crise sanitaire", vous avez été l’un des seuls mouvements de droite ayant dénoncé les dérives liberticides), à la propriété, à la légitime défense, etc. Vous êtes, dans les faits, bien plus proches du libertarianisme classique que ne le sont des partis autoproclamés national-libéraux comme Reconquête, par exemple.

    Le reflux de l’Etat et son cantonnement aux questions régaliennes me semble être une nécessité à notre époque où l’Etat-providence s’arroge le droit de nous dicter ce que nous pouvons dire, penser et même ressentir (il y a des sujets où existe presque une obligation d’émoi... les vrais savent).

    Cela étant dit, le libertarianisme a aussi des limites : il ne prévoit aucun mécanisme pour endiguer la concentration des pouvoirs et les monopoles, ce qui mène in fine à une ploutocratie. Or, il n’y a aucune différence pratique entre être exploité par l’Etat ou par le marché, les deux sont des mécanismes coercitifs broyant l’individu et les groupes. Une synthèse intéressante a été trouvée par Chesterton et Hilaire Belloc : le distributisme. C’est une doctrine proche du libertarianisme, à ceci près qu’il se méfie des grandes entreprises comme de l’Etat et qu’il favorise la petite propriété, la PME, les coopératives, les circuits courts, etc.

     

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    • #3594665
      Le 21 février à 18:30 par Général Pinochet

      entièrement d’accord ! ... E&R est un cas d’école de libertarianisme... un entrepreneur intellectuel talentueux et viril qui fonde un média indépendant... bref, la base... "l’élite naturelle qui se dégage par le libre-marché"... Et cette remarque (qui est un compliment !) s’adresse à presque toute la dissidence : des hommes blancs entrepreneurs individualistes diffusant leur production intellectuelle par la fondation d’une entreprise privée... dans n’importe quel système collectiviste, la dissidence serait impossible.

      Malheureusement, la France a été colonisée intellectuellement par le socialisme (la ripoublique victimaire). La plupart des patriotes ont des idées socialisantes alors qu’en réalité ils sont l’incarnation parfaite d’une élite libertarienne !

      Le collectivisme est dysgénique : il consiste concrètement à ponctionner les productifs pour financer les improductifs. Certes, il faut une charité chrétienne pour les plus faibles. Mais pas au point de pénaliser les forts pour exalter les faibles. Le socialisme marche sur la tête.

      J’espère profondément que les idées libertariennes entreront dans le camp patriote français au sens large. D’autant que les fondateurs intellectuels du libertarianisme (Bastiat et Molinari) étaient des économistes catholiques français.

      Et vivent les libertariens qui s’ignorent !

  • #3594633

    Toujours cette volonté de libérer le peuple au nom d’intérêts personnels et égoïstes ! Quelles différences avec le néolibéralisme financiarisé si ce n’est d’y mettre un turbo ? Là le critère d’intelligence se fait à l’aulne de celui qui fait le plus de fric, très moral tout ça !
    Vouloir limiter l’Etat au maximum d’un côté tout en prétendant qu’il soit géré comme une entreprise est un peu contradictoire, non ? Car il me semble que les entreprises sont dirigées par des PDG qui ont au contraire des pouvoirs très étendus (un peu comme dans une monarchie absolue, d’où le despotisme éclairé auquel j’adhère totalement). C’est tellement mal ficelé que ça indique que ce n’est qu’un cache-nez pour faire diversions de leurs intentions antichristiques avec leur technocratie transhumaniste accélérée. C’est de l’antihumanisme au premier degré donc du satanisme au nom du progrès et de l’efficacité, selon quels critères si ce n’est les leurs ? Tous les chemins menant vers l’enfer (sans tenir compte de Dieu) sont toujours pavés de bonnes intentions ! Bref, je trouve qu’E&R devrait pousser l’analyse un peu plus loin que ça et y apporter une pensée critique pro-chrétienne qui serait salvateur car le monde entier les regarde et les écoute, vous n’avez pas idée à quel point. En un mot j’appellerais ce mouvement de pensée le "protestantisme zombie" pour reprendre la référence de Todd.

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  • #3594676

    En résumé et en globalisant ce Système pervers et mortifère, ce serait un monde d’esclavagisme pour 8 milliards de Terriens réduits à l’impuissance et sans autre droit que celui de se taire, et le Graal pour quelques millions - 6, peut-être ... - la machine contrôlant les 8 milliards, dont une bonne partie sera éliminée physiquement parce que remplacée par l’IA, laquelle représente - aujourd’hui ! - 15% de la dépense énergétique mondiale : bienvenue dans un monde orwellien, en nettement pire !?

    Quant au Christianisme là-dedans, je ne suis pas très sûre que l’écrasement sans pitié de la majorité des humains par une minorité de psychopathes déjantés prétendant s’affranchir de toutes les règles qui ont "civilisé" le monde occidental, et la toute-puissance de cette minorité - dénuée de toute morale !? - relèveraient vraiment de la parole du Christ...

    Et pour ce qui est de la France, il est plus que temps de mettre en place une vraie démocratie digne de ce nom en laissant cette fuite en avant hystérique et délétère vers un monde déshumanisé - au plein sens du terme ! - à ces fous furieux américains, et posons-nous la seule question qui vaille : avons-nous la moindre leçon à recevoir de ces brutes dégénérées poussant le monde à l’Apocalypse sur ordre ?!

     

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    • Si vous mettez en place une vraie démocratie en France vous obtiendrez un état libertarien, car les gens productifs voudront avoir le choix de comment gérer leur vie et rejetterons cette solidarité (assistanat) nationale confiscatoire et appauvrissante.
      Et là le système socialiste tombe car on passerait dans une société du contrat concurrentiel.
      C’est pour ça qu’il n’y aura jamais de vraie démocratie dans ce pays. L’absence de modèle concurrent les maintient en place.

    • #3594970

      @ Mel

      Absolument pas !
      Une vraie démocratie suppose aussi
      - un État fort, avec nationalisation de la Banque, reprise en main de l’École et de la Santé, et mise en place de grands projets,
      - des référendums sur demande d’un quorum de Français à définir, et qui seront respectés, ce qui nous changerait de l’inculte à talonnettes, par exemple...
      - revenir au mandat présidentiel à 7 ans !

      En résumé : des hommes capables et intègres, mais surveillés par les Français, qui auront le droit de les sanctionner, s’ils visent autre chose que la grandeur et le redressement de la France !

    • Mais nous ne sommes plus dans les années 60 !
      Il n’y a plus d’état fort ni d’hommes politiques capables et intègres en France.
      Nous croulons sous les dettes et sommes soumis à des créanciers internationaux et des fonctionnaires incapables et carriéristes.
      Votre démocratie est chimérique. A moins de faire défaut de paiement et tourner la planche à billets...mais alors bienvenue en Argentine pré-Milei.

      Non, quand le domaine publique n’est plus capable le peuple devrait au moins avoir l’alternative du privé concurrentiel pour sa survie !
      Mais on nous l’interdit, ne serait-ce que de quitter la sécurité sociale ou de cotiser uniquement pour sa propre retraite.

      En l’état actuel des choses ce n’est pas de démocratie dont nous avons besoin, mais de retrouver de la richesse pas une bonne dose de minarchisme .

  • #3595237
    Le 25 février à 01:35 par Général Pinochet

    - Très bel entretien, Messieurs ! Je partage entièrement la conclusion de Pierre de Brague : "l’incroyable immobilisme des états européens" (la "cathédrale" social-démocrate est tétanisée)... Et la très juste allusion que la France serait potentiellement déjà néo-réactionnaire : n’oublions pas que De Gaulle était une sorte de néo-réactionnaire tourné vers le futurisme, l’identitarisme et le royalisme (au-delà de l’image papy-gâteau qu’on en donne aujourd’hui), qui a d’ailleurs influencé JD Vance.
    - Ayn Rand... la "Grève" dont elle parle est la grève silencieuse du désengagement invisible des personnes réellement productives au sein d’une société bureaucratique... et le déclin inéluctable que cela entraîne... on peut l’observer autour de nous. Donc, même si je ne partage pas son "objectivisme", je pense que le constat est très parlant pour des dissidents.
    - L’état comme "entreprise de sécurité" (sic) et le citoyen comme "client" a été conçu pour la première fois par Gustave de Molinari en 1849 dans son petit livre "De la production de la sécurité". C’est l’acte d’invention de l’anarcho-capitalisme.
    - Au contraire, dans le minarchisme, l’état ne peut pas être une entreprise, car il s’inscrit dans la filiation du droit naturel (Aristote, Thomas d’Aquin, John Locke, Frédéric Bastiat) et de la communauté politique. On est sur un imaginaire beaucoup plus classique. Le Serment des rois de France était d’essence minarchiste (même si en pratique c’est plus compliqué).
    - Entièrement d’accord que l’échec du Nouvel Ordre Mondial (social-démocrate néo-conservateur) a déblayé le chemin à la droite (néo-réac).
    - Je reste sceptique sur Nick Land et la fin de l’homme. Ca me semble un illuminé comme il en a existé à chaque époque.
    - Je partage plutôt votre vision pragmatique que la néo-réaction est un mélange de libertarianisme, de techno-futurisme et de nationalisme identitaire destiné à sauver l’Occident face aux puissances autoritaires émergentes.
    - J’espère que les patriotes français vont prendre cette vague.

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  • #3595488

    Curtis et Peter ont plutôt le regard "sombre"...
    Ils sont très, très inquiétants.

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