Éloge du culte des ancêtres

Publié le : dimanche 13 février 2022
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Source : E&R
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L’exemple de l’Asie

 

Les Asiatiques ne montrent aucun signe d’un désir de mort collectif. Ils sont généralement fiers de leur origine ethnique et de leur nationalité. Je pense que cela a beaucoup à voir avec leur rapport aux ancêtres. Le culte des ancêtres est une partie essentielle des traditions asiatiques, et, bien qu’il ait reculé dans les grandes villes, il est encore largement pratiqué. Les anthropologues préfèrent parler de « vénération des ancêtres » ; les morts ne sont pas divinisés, mais on leur exprime respect, gratitude et fidélité, et l’on attend d’eux qu’ils guident et protègent les vivants – ou les réprimandent quand ils agissent mal. Les ancêtres ne sont pas tous bons, mais il vaut mieux vivre en paix avec tous. Honorer les ancêtres n’est pas seulement une coutume religieuse ; c’est une obligation morale, car c’est un prolongement de la piété filiale, qui est considérée unanimement en Orient comme le fondement de la morale : de par votre piété filiale, vous participez à la piété filiale de vos parents, etc.

En Chine, malgré des décennies d’endoctrinement communiste, la vénération des ancêtres est encore très répandue. Elle trouve un soutien dans le confucianisme, aujourd’hui remis à l’honneur. Bien que Confucius ait peu à dire sur l’existence des esprits, il met l’accent sur la piété filiale et le respect dû aux ancêtres. Beaucoup de Chinois participent à des offrandes rituelles aux morts, indépendamment de leur appartenance religieuse. Les catholiques restent réticents, malgré le fait qu’en 1939 l’Église est revenue sur son interdiction formelle prononcée en 1707, estimant que le culte des ancêtres n’était finalement pas une cérémonie religieuse et était donc tolérable.

La vénération des ancêtres est, lit-on ici [1], « l’un des éléments qui composent l’identité culturelle du Vietnam ». Aujourd’hui encore, peu importe qu’ils s’identifient comme bouddhistes, chrétiens ou autre chose, presque toutes les familles vietnamiennes, riches ou pauvres, ont un autel dédié aux ancêtres dans la maison. Partout en Orient, mais au Vietnam plus qu’ailleurs, la loyauté envers les ancêtres et l’amour de la nation sont organiquement liés, car les ancêtres sont ceux qui ont construit la nation et protégé son intégrité territoriale à travers les siècles.

Le culte des ancêtres a une longue et riche histoire en Corée, et constitue toujours une part importante de la vie traditionnelle dans les villages. Les rites sont pratiqués tout au long de l’année, pour les ancêtres jusqu’à la cinquième génération. Certains catholiques se joignent à ces rites ancestraux, mais pas les protestants évangéliques. De nombreux Coréens font occasionnellement appel au chamanisme, qui traite principalement des conflits entre les vivants et les morts (les bons comme les mauvais). Même en Corée du Nord, selon une estimation récente, 16 % de la population totale croit au chamanisme.

Au Japon, malgré la criminalisation des traditions nationales après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des gens conservent un reliquat de vénération envers leurs morts, même s’ils prétendent n’avoir aucune religion. Nobushige Hozumi, qui a écrit pour les Occidentaux un livre intitulé Ancestor-Worship and Japanese Law en 1901, a mis en garde contre le préjugé occidental selon lequel les ancêtres inspirent la peur. C’est l’amour, et non la peur, qui constitue le fondement anthropologique du culte des ancêtres. Il s’agit simplement d’une continuation des liens familiaux.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, il y avait trois niveaux de culte des ancêtres au Japon, explique Hozumi : la famille, le clan et la nation. Chaque famille honore ses propres ancêtres, ceux dont on se souvient directement ou indirectement, sur trois, quatre générations ou parfois plus. Les morts sont honorés individuellement aux anniversaires de leur décès, mais aussi collectivement à certaines dates, qui sont l’occasion de retrouvailles familiales. Des moines bouddhistes ou des prêtres shintoïstes peuvent intervenir dans certains rites, selon les familles.

Traditionnellement, « chaque clan a un dieu de clan ou "Uji-gami" qui est l’éponyme de cette communauté particulière. » Parce que chaque clan occupait un certain territoire, les ancêtres du clan avaient tendance à fusionner avec les divinités tutélaires. Le sanctuaire principal du clan était également le sanctuaire de la divinité protectrice du territoire. Le culte des ancêtres claniques était le plus important jusqu’au XIXe siècle, car l’unité originelle de la société japonaise n’était pas la famille mais le clan, chaque clan étant légalement représenté par son chef. « Le culte des ancêtres communs, et les cérémonies qui s’y rattachent, maintenaient l’apparence d’une descendance commune parmi un grand nombre de parents très dispersés qui étaient si éloignés les uns des autres qu’ils se seraient, sans ce lien, éloignés des interactions familiales. »

Au niveau national, il y avait le culte de la lignée impériale. Ce n’était pas un culte de l’empereur, mais plutôt la participation de la nation au culte des ancêtres de la famille impériale, sur la base de l’hypothèse mythologique qu’ils sont les premiers ancêtres de tous les Japonais. Ce culte national était aussi associé à une forme de monothéisme, puisque Amaterasu O-Mikami, « la Grande Déesse de la Lumière Suprême », était considérée comme la mère du premier empereur. Elle était représentée par le soleil qui rayonnait autrefois sur le drapeau japonais.

Je n’ai pas d’expertise particulière en anthropologie asiatique, mais il me semble qu’il n’y a pas de débat sur le fait que la vénération des ancêtres est une tradition qui a persisté à ce jour dans tout l’Orient, malgré les assauts de la modernité et l’influence de l’individualisme occidental. D’après mon expérience, même les Japonais urbains occidentalisés maintiennent un sentiment de loyauté et de dette envers leurs parents et ancêtres beaucoup plus intense que l’Européen moyen. Cela fait partie de leur constitution mentale. Il va de soi que cela affecte les normes éthiques qu’ils respectent généralement au sein de leur famille, de leur communauté et de leur nation. Il n’est pas difficile de comprendre que ce sentiment a aussi un effet fort sur la stabilité des familles : lorsque l’être humain se ressent comme un élément d’une chaîne générationnelle plutôt que comme un électron libre, lorsqu’il se situe existentiellement entre ses parents et ses enfants, il se sent davantage responsable de la stabilité de son propre foyer : celui-ci n’a pas pour vocation principale son bonheur personnel, mais la transmission. On ne peut être responsable que devant quelqu’un, et c’est là toute la vertu sociale du culte des ancêtres.

Enfin, il est aisément compréhensible que le culte des ancêtres participe au sentiment patriotique, l’enracine dans le cœur de chaque enfant, tout au moins dans une nation ethniquement homogène, qui corresponde à l’idée que s’en fait Peter Brimelow lorsqu’il dit : « essentiellement, une nation est une sorte de famille étendue » (Alien Nation, 1991). [2]

Pour toute personne soucieuse de restaurer une fibre nationale en Occident, il y a là matière à réflexion. Sommes-nous, Européens, fondamentalement différents ? Notre cerveau, pour une raison évolutive, est-il câblé différemment et tout simplement incapable de fonctionner sur ce mode holistique et transgénérationnel ? L’histoire nous apprend clairement qu’il n’en est rien.

 

 

Que sont nos ancêtres devenus ?

 

Un excellent livre d’anthropologie historique sur les Aryens – les Indo-européens, si vous préférez – a été écrit en 1879 par William Hearn sous le titre The Aryan Household, its Structure and its Development. « Dans le monde archaïque, écrit-il, toute unité sociale impliquait une union religieuse. […] La communauté de culte était, en effet, le seul mode par lequel, dans les premiers temps, les hommes étaient réunis et maintenus ensemble. […] Le repas commun préparé sur l’autel était le signe extérieur visible de la communion spirituelle entre la divinité et ses adorateurs. » [3]

L’association religieuse la plus fondamentale pour les Aryens a toujours été la famille, réunie autour du culte de ses morts. Le culte des ancêtres n’était pas seulement une religion domestique, car il s’étendait aux cultes publics des grands hommes, ceux que les Grecs appelaient des héros. Il n’y a pas de séparation claire entre les morts domestiques et les héros vénérés publiquement [4], et l’anthropologie historique nous apprend qu’il n’y a pas non plus de frontière nette entre le royaume des dieux et le monde des morts. L’historien islandais médiéval Snorri Sturluson (1179-1241) documente plusieurs cas de rois morts transformés en dieux ; le grand dieu nordique Freyr, par exemple, était à l’origine un roi suédois vénéré après sa mort en raison des bienfaits qu’il continuait de prodiguer à son peuple (Histoire des rois de Norvège, I, 10).

La théorie selon laquelle le culte des morts est la racine primordiale du religieux avait été défendue par Numa Denis Fustel de Coulanges dans son ouvrage magistral La Cité antique, publié en 1864 : « Cette religion des morts paraît être la plus ancienne qu’il y ait eu dans cette race d’hommes. Avant de concevoir et d’adorer Indra et Zeus, l’homme adora les morts […]. Il semble que le sentiment religieux ait commencé par là. » [5] Chez les Grecs et les Romains de l’Antiquité lointaine, le « foyer » (étymologiquement, « l’âtre » ou le « feu ») était le lieu de culte le plus important, souligne Fustel de Coulanges :

« La génération établissait un lien mystérieux entre l’enfant qui naissait à la vie et tous les dieux de la famille. Ces dieux étaient sa famille même, theoi eggeneis ; c’était son sang, theoi sunaimoi. L’enfant apportait donc en naissant le droit de les adorer et de leur offrir les sacrifices ; comme aussi, plus tard, quand la mort l’aurait divinisé lui-même, il devait être compté à son tour parmi ces dieux de la famille. Mais il faut remarquer cette particularité que la religion domestique ne se propageait que de mâle en mâle. »

« Hors de la maison, tout près, dans le champ voisin, il y a un tombeau. C’est la seconde demeure de cette famille. Là reposent en commun plusieurs générations d’ancêtres ; la mort ne les a pas séparés. Ils restent groupés dans cette seconde existence, et continuent à former une famille indissoluble. Entre la partie vivante et la partie morte de la famille, il n’y a que cette distance de quelques pas qui sépare la maison du tombeau. À certains jours, qui sont déterminés pour chacun par sa religion domestique, les vivants se réunissent auprès des ancêtres. Ils leur portent le repas funèbre, leur versent le lait et le vin, déposent les gâteaux et les fruits, ou brûlent pour eux les chairs d’une victime. En échange de ces offrandes, ils réclament leur protection ; ils les appellent leurs dieux, et leur demandent de rendre le champ fertile, la maison prospère, les cœurs vertueux. »

Il existe un lien évident entre le culte des ancêtres et l’espoir d’une vie heureuse après la mort, car chacun espère être, son heure venue, bien accueilli par ses ancêtres reconnaissants. Ceci est symbolisé dans les processions funéraires romaines, où il était de coutume de porter l’image du nouveau défunt en tête de cortège, tandis que les représentations de ses propres parents étaient portées à sa rencontre depuis le mausolée familial, pour l’accueillir à mi-chemin et l’accompagner jusqu’à la tombe familiale.

Parce que chaque homme s’attendait à ce que ses descendants mâles assurent à ses mânes paix et bonheur, « il en a découlé d’abord cette règle que chaque famille dut se perpétuer à jamais. Les morts avaient besoin que leur descendance ne s’éteignît pas. Chacun avait donc un intérêt puissant à laisser un fils après soi, convaincu qu’il y allait de son immortalité heureuse. C’était même un devoir envers les ancêtres dont le bonheur ne devait durer qu’autant que durait la famille. » Une autre conséquence était l’horreur de l’adultère : « Car la première règle du culte est que le foyer se transmette du père au fils ; or l’adultère trouble l’ordre de la naissance. » Si le fils de l’adultère participe au culte ancestral, et s’il est finalement inhumé dans le tombeau familial, « tous les principes de la religion sont violés ; le culte est souillé, le foyer devient impur, chaque offrande au tombeau devient une impiété […] et il n’y a plus de bonheur divin pour les ancêtres. »

En revanche, parce que « la famille antique est une association religieuse plus encore qu’une association de nature », il était possible de s’intégrer à la famille par le rituel religieux. C’est pourquoi « la femme n’y sera vraiment comptée qu’autant que la cérémonie sacrée du mariage l’aura initiée au culte ». De même, « l’adopté y sera au contraire un véritable fils, parce que, s’il n’a pas le lien du sang, il aura quelque chose de mieux, la communauté du culte » ; « le devoir de perpétuer le culte domestique a été le principe du droit d’adoption chez les anciens. » Même l’esclave (servus) devient membre de la famille à travers une cérémonie qui « avait de l’analogie avec celle du mariage et celle de l’adoption. Elle signifiait sans doute que le nouvel arrivant, étranger la veille, serait désormais un membre de la famille et en aurait la religion. […] C’est pour cela que l’esclave devait être enseveli dans le lieu de la sépulture de la famille. »

En conclusion, il est indiscutable que le culte des ancêtres était central dans les traditions grecque et romaine, ainsi que dans les traditions germaniques et celtiques.

Pourquoi alors nous est-il si étranger, à nous qui sommes leurs descendants ? Pourquoi notre sacralisation de l’individu apparaît-elle comme une image inversée des valeurs holistiques de nos lointains ancêtres ? Ayant établi que les Indo-Européens étaient autrefois des adorateurs de leurs ancêtres au même titre que les Asiatiques, nous devons comprendre pourquoi et comment, contrairement aux Asiatiques, nous avons complètement abandonné ce qui constituait autrefois la trame de notre tissu social. Que s’est-il passé ?

 

 

Le christianisme contre le culte des ancêtres

 

Radbod était roi des Frisons de 680 jusqu’à sa mort en 719. Il est considéré comme le dernier souverain indépendant de la Frise avant la domination franque. Selon une légende rapportée pour la première fois dans l’hagiographie du missionnaire franc Wulfram, Radbod avait été persuadé d’accepter le baptême et avait déjà mis un pied dans les fonts baptismaux, lorsqu’il fut saisi d’un doute et demanda à Wulfram : « Vais-je rejoindre mes ancêtres dans l’au-delà, après ma mort ? » Wulfram lui dit sans ambages que c’était hors de question, puisque ses ancêtres, n’ayant pas été baptisés, étaient tous en enfer, tandis que Radbod rejoindrait les bienheureux au paradis. Radbod a alors retiré son pied en déclarant qu’il préférait vivre en enfer avec ses ancêtres que de passer l’éternité au paradis avec une bande de saints mendiants. Peu de temps après la mort de Radbod, cependant, les Frisons ont été battus et baptisés, et l’on n’a plus entendu parler de leur indépendance nationale.

Cette histoire illustre le choc culturel que le christianisme signifiait pour nos ancêtres païens. Le problème n’était pas l’apparition d’une nouvelle religion, d’autant que le repas eucharistique en l’honneur d’un mort déifié n’avait rien de très exotique en soi. Tout aurait été différent si les missionnaires s’en étaient tenus aux paroles de Jésus déclarant « il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père », et qu’il allait en préparer une pour ses disciples (Jean 14,2-4). Mais un rédacteur a ajouté dans la bouche de Jésus cette parole contradictoire, érigé en dogme par l’Église : « Nul ne vient au Père que par moi ! » Le christianisme est le culte d’un dieu jaloux [6], et cela signifiait en ce temps-là la diabolisation et la destruction de tous les cultes ancestraux, et de ce fait la rupture du lien qui unissait les Indo-Européens à leurs ancêtres.

Le choc était venu aux Romains au début des années 390, lorsque Théodose, le fils d’un propriétaire terrien établi en Hispania Carthaginensis et mort à Carthage (et donc très probablement d’origine phénicienne), après avoir accédé dans des circonstances mystérieuses au trône impérial d’Orient, prit le contrôle de l’Occident et imposa l’interdiction de tous les cultes non chrétiens, à l’exception de celui des juifs. Il fut d’abord interdit aux fonctionnaires d’honorer leurs Lares ou leurs Pénates. Il est difficile d’imaginer une politique plus agressive contre la vie organique des Gentils, et il est difficile de comprendre pourquoi et comment les élites romaines se sont soumises à l’injonction, avant de les imposer progressivement au peuple.

Certes, les gens ordinaires ont continué à prier leurs ancêtres à la maison, surtout hors des villes : l’Église les qualifiaient de pagani, c’est-à-dire « gens de la campagne ». Païens et paysans, c’était une seule et même chose. Néanmoins, « le christianisme opéra une rupture très nette par rapport aux croyances et aux usages qui avaient prévalu dans la société antique concernant les défunts », explique le médiéviste Michel Lauwers dans La Mémoire des ancêtres. Le Carthaginois Augustin composa vers 422 un traité sur « les soins dus aux morts », pour affirmer que les rites funéraires traditionnels sont inutiles, et que même le lieu et la manière dont les morts sont enterrés sont sans importance : « Les fidèles ne perdent rien à être privés de la sépulture comme les infidèles ne gagnent rien à la recevoir. » Dans un autre traité, l’Enchiridion, Augustin regrettait la persistance des chrétiens à vénérer leurs morts, parfois avec des banquets ostentatoires, tout en concédant que les funérailles chrétiennes, si elles ne sont d’aucune utilité pour les morts, sont néanmoins une consolation pour les vivants. [7]

Plutôt que d’essayer d’éradiquer le culte des ancêtres, l’Église s’est imposée comme le seul médiateur entre les vivants et les morts : les chrétiens pouvaient contribuer au salut des défunts en achetant des messes, ou par des aumônes que l’Église utiliserait pour nourrir et vêtir les pauvres. L’idée que les vivants pouvaient aider à soulager les souffrances des morts ordinaires a donné naissance à la doctrine du purgatoire, et à une source majeure de revenus pour l’Église. [8]

Si les vivants pouvaient, par l’intercession exclusive de l’Église, venir en aide à leurs morts souffrants, l’inverse n’était pas vrai. Seuls les saints qui avaient été officiellement admis au Ciel pouvaient conférer des bénédictions aux vivants (mais pas à leurs descendants, car, étant chastes, ils n’en avaient pas). [9] Les morts ordinaires, consumés par leurs peines purgatoires, ne pouvaient rien faire pour leurs parents mortels, et tous les signes que l’on croyait parfois recevoir d’eux n’étaient que des ruses du diable. Tous les rites, histoires ou croyances qui ne s’intégraient pas à la doxa cléricale furent interdits et entrèrent dans la clandestinité, se fondant lentement dans le folklore féerique, d’une manière que j’ai documentée dans mon livre La Mort féerique. [10] En érodant considérablement les liens de solidarité entre les morts et les vivants, le catholicisme a progressivement transformé la « mort solidaire » en « mort solitaire », selon l’expression de Philippe Ariès. [11]

De plus, la doctrine du péché originel, pierre angulaire du christianisme, implique que notre généalogie est spirituellement toxique, et que nous devons en être purifiés en naissant de nouveau « par le sang du Christ » dans le baptême (Éphésiens 2:11-13). De plus, « il est bon pour un homme de ne pas se marier », sauf pour celui qui ne peut s’empêcher de forniquer (1 Corinthiens 7). L’insistance de Jésus lui-même sur le salut personnel s’accompagne d’une forte hostilité aux liens du sang : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14 :26). Appliquant ce commandement à la lettre, les saints offerts comme modèles aux fidèles étaient réputés avoir rompu leurs liens familiaux et renoncé à toute possession mondaine. L’une des vies de saint les plus connues au Moyen Âge était celle de saint Antoine, le père du monachisme. Après avoir entendu pendant la messe Matthieu 19 :21 (« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi »), Antoine, issu d’une famille riche, « sortit aussitôt de l’église, donna les biens de ses ancêtres aux villageois », vendit le reste et donna l’argent aux pauvres, et enferma sa sœur dans un couvent. Puis il se retira dans le désert et vécut seul jusqu’à la fin de ses jours.

Bien sûr, on trouve des hommes saints vivant des existences solitaires et ascétiques dans des pays non chrétiens. L’Inde est un bon exemple. Mais Louis Dumont, un indianiste, a montré que le christianisme diffère des traditions indiennes d’une manière fondamentale. Les Indiens admettent que certains individus délaissent leur existence sociale pour rechercher l’illumination, tant que ces individus ne remettent pas en question l’ordre social et sa dynamique holistique, mais restent les exceptions qui confirment la règle. Le christianisme, selon Dumont, a bouleversé cet équilibre civilisationnel en déclarant que la sainteté est la seule vie parfaite et le seul chemin direct vers le Ciel, et que le salut hors de ce monde est la vocation de tout chrétien. En faisant du salut une affaire personnelle pour tous, le christianisme a centré l’individu sur lui-même et jeté les bases de l’individualisme occidental moderne, en passant par la démocratie (de « une âme par personne » à « un vote par personne »). [12]

La théorie atomique de l’âme, qui ne varie pas d’Augustin à Thomas d’Aquin, peut être considérée comme la source métaphysique de l’atomisation de la société occidentale. Chaque homme a une âme et une seule, qui ne lui vient pas de ses parents, mais de Dieu, lequel égrène les âmes comme les perles d’un chapelet. Seul le péché originel est transmis génétiquement.

Le pouvoir débilitant du christianisme n’échappait pas aux Romains qui, après le sac de Rome par les Wisigoths d’Alaric en 410, reprochèrent aux chrétiens d’avoir porté malheur à Rome en interdisant le culte immémorial des dieux pénates. Augustin a écrit La Cité de Dieu en réponse à cette accusation. Il argue que les souffrances endurées par Romains sont une bénédiction qui les a rapprochés de Dieu. Quant aux vierges violées, elles n’ont pas péché et donc leur âme est restée sans tache (sauf si elles ont éprouvé du plaisir). Dans sa fameuse Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain (1819), Edward Gibbon a fait écho à l’opinion des païens romains selon laquelle les chrétiens, avec les yeux fixés sur la Cité de Dieu, ont causé la chute de l’Empire romain :

« Cette indifférence indolente ou même criminelle pour le bien public les exposait au mépris et aux reproches des païens. On demandait aux partisans de la nouvelle secte quel serait le destin de l’empire, assailli par les Barbares, si tous les sujets adoptaient des sentiments si pusillanimes. À cette question insultante les apologistes du christianisme répondaient en mots obscurs et équivoques. Tranquilles dans l’attente qu’avant la conversion totale du genre humain, la guerre, le gouvernement, l’Empire romain, le monde lui-même, ne seraient plus, ils ne voulaient pas révéler aux idolâtres cette cause secrète de leur sécurité. On peut encore observer ici que la situation des premiers chrétiens se rapportait fort heureusement à leurs scrupules religieux, et que leur aversion pour une vie active, contribua plutôt à les détourner de servir l’État ou l’armée, qu’à les exclure des honneurs civils et militaires. » [13]

 

La fin du paganisme catholique

 

Il se peut que l’histoire de Radbod soit aujourd’hui hors de propos, puisque le christianisme est désormais la religion de nos ancêtres européens depuis, paraît-il, vingt générations ou plus. Et il est vrai que l’Église catholique a incarné l’identité européenne pendant plus d’un millénaire. En 1920, on pouvait encore déclarer, avec Hilaire Belloc : « l’Église est l’Europe, et l’Europe est l’Église » (Europe and the Faith, 1920). Mais le catholicisme de mes grands-parents n’avait pas grand-chose en commun avec le catholicisme d’aujourd’hui. Le premier différait du second comme un corps vivant de chair et de sang diffère d’un transi en décomposition.

Or la dimension charnelle du catholicisme était en grande partie constituée de paganisme. En effet, la thèse selon laquelle l’exclusivisme chrétien a détruit les traditions cultuelles européennes doit être tempérée par une antithèse : en pratique, cet exclusivisme était un inclusivisme dans une large mesure. Pour s’enraciner, l’Église a dû embrasser les traditions qu’elle ne pouvait étouffer. C’est ce que montre James Russel dans son ouvrage sur The Germanization of Early Medieval Christianity. [14] La vénération des ancêtres, en l’occurrence, semble avoir été peu affectée par la christianisation jusqu’à la réforme grégorienne : l’archéologie mortuaire en Gaule montre que, du Ve au VIIIe siècle, les morts étaient enterrés avec des vêtements, des bijoux, des animaux, des céramiques, des pièces de monnaie et des armes. [15] Triin Laidoner montre quant à lui dans Ancestor Worship and the Elite in Late Iron Age Scandinavia que le culte des morts persista dans la chrétienté nordique jusqu’à la fin du Moyen Âge :

« Le fait que les lois des XIIIe et XIVe siècles mentionnent souvent les sacrifices et les offrandes aux tumulus et que les ancêtres étaient clairement l’épine dorsale de l’ordre social et des normes économiques et juridiques montre que les traditions relatives aux ancêtres étaient si profondément établies en Scandinavie qu’elles ont survécu longtemps après la conversion au christianisme, et même jusqu’à l’ère moderne. » [16]

Malheureusement, tout ce qui restait du paganisme christianisé, le Concile de Vatican II l’a balayé. L’effondrement de la pratique religieuse commence alors, et avec lui la dissolution de la communauté villageoise, dont l’église était le point de ralliement. Ce processus est bien décrit par Patrick Buisson dans son récent ouvrage, La Fin d’un monde. Buisson reconnaît que Vatican II n’était pas pas le seul facteur : les tracteurs ont dévalorisé la solidarité rurale, et les pesticides se sont avérés plus efficaces que l’eau bénite. Néanmoins, avec Vatican II, l’Église, au lieu d’apporter au peuple un contre-poids à la modernité, lui a emboité le pas. « Le choix de l’Église en faveur d’une lutte implacable contre les superstitions favorisa à terme la déchristianisation en désincarnant la vie religieuse, en la privant de ce qui faisait d’elle une expression du sensible et du sentimental ; une rémanence des structures mentales archaïques. » Buisson dresse un portrait nostalgique de ce catholicisme, et fait sienne l’opinion du médiéviste Emmanuel Le Roy Ladurie selon laquelle la meilleure part du catholicisme était son paganisme :

« Polyphonie plus que syncrétisme entre Dieu, les hommes et la nature, la religion populaire affichait une sorte de piété dionysiaque faite de sincérité et de truculence, de pulsion et de trépidation. Vers la fin des années soixante, le jeune clergé, de plus en plus d’origine urbaine, n’était plus culturellement disposé à tolérer semblables accommodements. »

« L’effervescence de la fête surtout, cette exubérante dépense de forces physiques qui délivrait le “corps-outil” des fatigues du travail de la terre, qui libérait les hommes d’une vie quotidienne austère et répétitive, apparut comme la plus déroutante des énigmes pour ces intellectuels petits-bourgeois mal préparés au choc des cultures et qui, de surcroît, n’avaient jamais travaillé de leurs mains. Beaucoup, retrouvant les accents du jansénisme, s’insurgèrent dans leurs sermons contre ce qu’ils appelaient les “vestiges du paganisme” et prirent pour cible les usages populaires. » [17]

 

 

La foi de ceux qui « demandent la pluie et le beau temps » a été bannie : fini les rites agraires de bénédiction des semences et des moissons ! Le catholicisme a cessé d’être « la religion des saints », « une religion de médiation, une longue supplique ininterrompue à l’adresse de ces intercesseurs si proches et si bienveillants. » De nombreuses statues ont été retirées des absides où elles nichaient. Le miraculeux a été discrédité, et les processions, occasions de fêtes où se mêlaient eau de vie et eau bénite, ont été abandonnées comme autant de reliquats païens indignes de la nouvelle Église des Lumières.

Le culte de Marie, si enraciné que Notre-Dame d’Ici n’était jamais confondue avec Notre-Dame d’Ailleurs, est devenu suspect. Paul VI fronça les sourcils en novembre 1964 : « Que les fidèles se souviennent qu’une véritable dévotion ne consiste nullement dans un mouvement stérile et éphémère de la sensibilité, pas plus que dans une vaine crédulité. » Pendant des siècles, rappelle Buisson, l’icône de la mère de Dieu avait été « la figure hypostasiée de toute maternité », et les politiques natalistes avaient toujours pu compter sur Marie comme une alliée sûre. La chute de la natalité a suivi de très près celle de la fréquentation religieuse, même si, là encore, ce n’était pas le seul facteur.

Le sentiment religieux a été rationalisé. Le catholicisme populaire festif d’autrefois avait peu de contenu dogmatique. Mais maintenant que les volutes mystérieuses du latin s’étaient dissipées, les générations qui avaient été éduquées dans des écoles laïques étaient sommées de déclarer chaque dimanche qu’elles croyaient littéralement que Jésus était né d’une vierge et ressuscité d’entre les morts. La récitation du credo en français a été, je pense, l’un des pires coups portés au catholicisme : les gens d’honneur n’aiment pas mentir, surtout devant Dieu.

Il est cependant illogique de voir Vatican II comme une trahison du christianisme originel : c’est au contraire sa victoire ultime. Les clercs qui ont dirigé le Concile étaient les dignes héritiers des pères de l’Église, ces intellectuels urbains entichés de la dernière imposture juive et déterminés à détruire, à la manière biblique, tous les faux dieux des Gentils. Vatican II fut simplement le dernier coup porté par le christianisme contre le paganisme européen.

On ne peut, bien sûr, faire porter à Vatican II l’entière responsabilité de la rapide érosion de ce que le catholicisme traditionnel avait préservé du culte des ancêtres – ce qui n’était pas grand-chose, mais mieux que rien. Mai 68 est aussi passé par là, traînant dans la boue la piété filiale et les reliquats du patriarcat. Ajoutant l’insulte à l’injure, Halloween, cette parodie satanique de l’ancienne fête celtique des morts, profane maintenant notre jour des morts catholique.

Maintenant que les Européens ont totalement abandonné tout sentiment de dette envers leurs morts, les jeunes se soucient peu de la bénédiction de leurs parents, le mariage a cessé d’être une alliance de familles, engendrer ne répond qu’au « désir d’enfant », et les anciens, n’attendant rien au-delà, ne veulent plus mourir, préférant prolonger leur solitude en se faisant injecter du sang frais. Quant à la solidarité ethnique, elle n’est qu’une nostalgie impuissante si elle n’est pas enracinée dans la solidarité familiale et clanique. Or, seul un peuple dont l’esprit a été façonné par le christianisme depuis de nombreuses générations peut s’être laissé convaincre que « les races n’existent pas », et s’être rendu vulnérable à l’accusation de racisme au point d’accueillir des envahisseurs hostiles au nom de principes moraux universalistes, et de tout leur pardonner. La hiérarchie catholique approuve cette évolution. On ne peut l’en blâmer, car il n’y a rien dans le christianisme d’intrinsèquement favorable à la solidarité raciale ou ethnique. Le Dieu de l’Évangile qui ne connaît et n’aime que les individus – contrairement au Dieu de la Torah, qui ne connaît que les tribus et les nations – sera de peu d’aide dans les luttes à venir.

Je ne veux pas suggérer que, si suffisamment de foyers construisaient un autel pour leurs ancêtres, nos nations seraient sauvées. La « Danse des Esprits » n’a pas sauvé les Sioux en 1890. Mais je prévois le monde à venir comme un chaos social et moral où la capacité de survie, de résistance, de santé, de joie et d’épanouissement, dépendra de la construction de familles enracinées généalogiquement et géographiquement, et structurés par une sacralisation religieuse des liens de sang.

Nous voulons refonder une société organique. Or un organisme, depuis le niveau cellulaire, se caractérise par ses frontières. Lorsque les frontières de la nation ont été détruites – frontières physiques, mais aussi culturelles – lorsque le contrat social devient ouvertement hostile à la famille, alors s’impose la nécessité de rebâtir la forteresse du clan. L’avenir civilisationnel passe par une conscience de clan.

Il est peut-être souhaitable que les familles résistantes puissent, si elles en éprouvent le besoin, trouver un soutien dans le catholicisme, mais ce ne pourra être que dans un catholicisme émancipé de sa hiérarchie vaticane, qui assume à nouveau son héritage romano-barbare et renoue avec les valeurs anthropologiques fondamentales de celui-ci, y compris le patriarcat et la piété filiale. Car telle était la religion de nos pères.

Laurent Guyénot

 

Notes

[2Peter Brimelow, Alien Nation : Common Sense About America’s Immigration Disaster, HarperPerennial, 1991, p. xxi.

[3William Hearn, The Aryan Household, its Structure and its Development, 1879, pp. 26-29.

[4Martin P. Nilsson, Greek Popular Religion, Columbia UP, 1940.

[5Numa-Denis Fustel de Coulanges, La Cité antique (1864), sur remacle.org.

[6L’expression est de Jan Assmann, Le Prix du monothéisme, Flammarion, 2007.

[7Michel Lauwers, La Mémoire des ancêtres. Le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen Âge (Diocèse de Liège, XIe-XIIIe siècles), Beauchesne, 1997, p. 79.

[8Dominique Iogna-Prat, Ordonner et exclure. Cluny et la société chrétienne face à l’hérésie, au judaïsme et à l’islam, 1000-1150, Aubier, 1998.

[9Peter Brown, Le Culte des saints, son essor et sa fonction dans la chrétienté latine, Cerf, 1996.

[10Laurent Guyénot, La Mort féerique. Anthropologie du merveilleux (XIIe - XVe siècle), Gallimard, 2011.

[11Philippe Ariès, L’Homme devant la mort, tome 1 : Le Temps des gisants, Seuil, 1977.

[12Louis Dumont, Essais sur l’individualisme. Une perspective anthropologique sur l’idéologie moderne, Seuil, 1983, p. 35-81.

[13Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain (1819), tome I, chapitre XV. 

[14James C. Russel, The Germanization of Early Medieval Christianity : a Sociohistoric Approach to Religious Transformation, Oxford University Press, 1994, p. vi.

[15Bonnie Effros, Merovingian Mortuary Archaeology and the Making of the Early Middle Ages, University of California Press, 2003.

[16Triin Laidoner, Ancestor Worship and the Elite in Late Iron Age Scandinavia : A Grave Matter, Routledge, 2020.

[17Patrick Buisson, La Fin d’un monde, Albin Michel, 2001, p. 228-229.

Voir aussi, sur E&R :

Chrétien de Troyes et le Conte du Graal – Une fenêtre sur la culture médiévale

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Chrétien de Troyes et le « Conte du Graal » – Une fenêtre sur la culture médiévale est un documentaire réalisé par Laurent Guyénot en collaboration avec ERTV et Kontre Kulture ! Le Conte du Graal est le cinquième roman du poète français Chrétien de Troyes. Sa date de composition est inconnue mais elle est souvent placée vers 1180. Ce roman raconte d’abord l’histoire de Perceval, jeune homme devenu (...)
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Le 13 février 2022 à 15:26 par Bonni
#2905608

merci Laurent Guyénot d’analyser sans cesse nos sociétés et de nous proposer les fruits de votre réflexion. merci à E&R de nous les transmettre...

Le 14 février 2022 à 01:42 par Jusqu’où va-t-on descendre ?
#2905945

Bernatd Lugan, dans un propos qui avait été relayé sur E&R, comparait les occidentaux aux africains en disant que ces derniers, même jeunes, sont souvent capables de fournir les noms complets de leurs ancêtres au delà de la génération des grands parents.

Le 14 février 2022 à 10:44 par Laurent Guyénot
#2906115

@ jusqu’où va-t-on descendre ? A ce propos, voir sur Twitter sur Yannick Noah : "Après le décès de son père, il a quitté la France pour devenir chef de son village au Cameroun" : Peut-on lui reprocher d’avoir choisi la terre de son père plutôt que celle de sa mère ? La mort a rapproché le père et le fils, et YN nous fait comprendre que la cérémonie funéraire africaine y est pour beaucoup : "les gens sont très spirituels." À soixante ans, Yannick se donne pour mission "la transmission", et pour destin d’accomplir le rêve de son père. De ce point de vue, bravo l’Afrique !

Le 17 février 2022 à 10:58 par Nostalgia
#2908024

Pourquoi pas s’il peut se le permettre ? La vie doit y être plus saine et moins stressante que chez nous. Il a un peu changé physiquement comme tout le monde mais j’ai reconnu immédiatement son sourire. Dieudo le connaît-il ? Il pourrait y emmener sa famille.

Le 13 février 2022 à 15:31 par Anonyme
#2905615

Le culte est à Dieu uniquement.

Le 13 février 2022 à 23:36 par Antinomas
#2905924

Le culte est à Dieu certes, mais le Décalogue ordonne aussi : "Honore ton père et ta mère afin d’avoir longue vie sur la terre que Dieu t’a donnée". Les ancêtres doivent donc, même pour l’Eglise traditionnelle, être vénérés à défaut d’être adorés. Cela rejoint d’ailleurs cette pensée maurrassienne selon laquelle nous serons à jamais débiteurs de ceux qui nous ont précédés. Le manque de piété filiale de nos sociétés, et pas seulement l’irréligion, contribue à notre perte. Merci à Guyénot de nous l’avoir rappelé dans son magnifique exposé.

Le 14 février 2022 à 11:15 par Paz
#2906150

Étrange omission de ce commandement du décalogue en effet...

Le 14 février 2022 à 16:57 par Laurent Guyénot
#2906432

Pas de culte des saints ? Pas de culte de Marie ? Vous êtes calviniste, je suppose.

Le 14 février 2022 à 23:09 par Anonyme
#2906617

Dans l’Exode :

Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.

Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles.

Nous pouvons rendre hommage à Marie, aux envoyés de Dieu, aux anges, aux hommes pieux, aux martyrs, aux parents..mais en aucun cas, leur vouer un culte ou les vénérer à l’égal de Dieu. Sinon, ce serait de l’idôlatrie. C’est Dieu seul qui est l’Eternel. Tout à part Lui, périt. Et c’est Lui donc, que nous devrions vénérer.

Le 14 février 2022 à 23:10 par Anonyme
#2906619

Dans l’Exode :

Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.

Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles.

Nous pouvons rendre hommage à Marie, aux envoyés de Dieu, aux anges, aux hommes pieux, aux martyrs, aux parents..mais en aucun cas, leur vouer un culte ou les vénérer à l’égal de Dieu. Sinon, ce serait de l’idôlatrie. C’est Dieu seul qui est l’Eternel. Tout à part Lui, périt. Et c’est Lui donc, que nous devrions vénérer.

Le 13 février 2022 à 16:09 par merci
#2905645

"renouer avec...le PATRIARCAT" pour sauver la France !!! Merci de me confirmer ce qui m’a toujours paru d’une telle évidence, il suffit de voir la gueule des femmes d’aujourd’hui livrées à elles-mêmes. Car ce sont elles, oui je dis bien ELLES qui ont détruit la famille, par le divorce (qu’ELLES demandent) ultra massif, ce sont ELLES qui se barrent parce que monsieur ne "les aiment pas assez, ne s’investissent pas assez" (peut être aiment-ils trop leur pays et ces putes prennent ça pour du non-amour à leur encontre ? s’investissent-elles pour cela, d’ailleurs, ELLES ?) et parce que il y a toujours mieux ailleurs et parce que le monde peut être parfait si on veut et parce que ceci et parce que cela gnagnagna...ce sont ELLES qui, par là, ont permis l’effondrement de l’agriculture de l’industrie de la religion (cf la fin d’un monde de Patrick Buisson ou les livres de Todd , entre autres) et de la solidarité raciale, parce que toutes ces choses c’est pas "sexy" et puis c’est ringard et puis c’est rétrograde et puis on peut pas "revenir en arrière" etc etc...et donc il n’y a aucun mal à envahir le pays afin de faire les enfants à notre place (avortement et regroupement familial) et le travail (et le chomage !!) à notre place jusqu’à remplacer numériquement la population !!!!! Je délire ? il suffit juste de les écouter parler, ce à quoi je suis par mon travail obligé tous les jours. Rétablir le patriarcat ou disparaitre, merci d’avoir rappeler cette évidence

Le 13 février 2022 à 21:12 par Troubadour
#2905870

Bonjour, je suis curieux mais quel est votre métier ?

Le 14 février 2022 à 11:33 par Macarel
#2906177

Les femmes ont le travers on est tous d’accord.

Mais QUI a permis le divorce ?

Loi de 1884 - Naquet Loi de 1975 - Simone Veil

Faut pas confondre politique et sociologie.

Quand la loi pousse au vice, vous attendez vraiment que la masse résiste d’elle-même ?

Le 14 février 2022 à 15:40 par Gopfdami
#2906387

@merci Il y a pas mal de "mecs" qui laissent aussi tomber leur femme pour se barrer avec des plus "jeunes". On remarquera d’ailleurs dans ce domaine qu’il n’y a pas de solidarité féministe ;) Les personnes les plus mysogines que je connaisse sont souvent des femmes car elles disposent d’un "détecteur" à salopes et pétasses que la plupart des hommes n’ont pas !

Le 14 février 2022 à 19:02 par oui
#2906507

@macarel : je suis bien d’accord avec votre analyse. Cependant, le zèle absolument sans gêne avec lequel les femmes se jettent dans ce genre de saloperie est ce qu’il y a de plus haïssable. C’est certes le politique qui vote ces merdes mais il se le permet aussi en fonction du sociologique qu’il a. Pour cette raison les femmes ne peuvent pas être les égales des hommes et le patriarcat doit être rétabli, sinon ce pays marche droit vers la mort. J’espère avoir été plus précis

Le 13 février 2022 à 16:29 par fivet
#2905663

Le christianisme n’est pas le culte d’un Dieu jaloux.C’est dans l’ancien testament,que l’on trouve ce dieu jaloux ,qui n’est pas Dieu

Le 14 février 2022 à 09:28 par Sedevacantiste
#2906060

Le Dieu de l’Ancien Testament est le même que celui du nouveau... C’est Vatican II qui fait la distinction entre les deux. Soit dit en passant, Vatican II n’est pas un phénomène récent mais la manifestation exacerbée d’une tendace, pas nécessairement entièrement mauvaise d’ailleurs, présente en tout temps, et même dans toutes les religions.

Le 13 février 2022 à 17:03 par Joël
#2905695

Laurent, Merci. C’est très complet et très bien écrit. Nos jeunes ne vénèrent malheureusement plus les morts. Avec les incinérations et la dispersion des cendres dans la nature, ça risque d’être pire. Entretenons les tombes de nos ancêtres car après notre disparition, nous ne pourrons pas trop compter sur nos enfants et leurs descendants pour le faire.

Le 13 février 2022 à 19:05 par kantor
#2905797

De mémoire, il me semble, même surement, qu’il existe un tatouage qui a comme appellation" A nos morts...". C’est un vieux motif simpliste, un squelette me semble t il. Que portaient les anciens truands et donc taulards ou militaires...Rien à voir avec les motifs contemporains qui ressemblent à des représentations publicitaires...

Le 13 février 2022 à 21:07 par Léon
#2905865

On part toujours du principe qu’il y a une crise spirituelle, que c’est la source de tous de nos maux. Mais la crise elle est surtout matérielle, physique. Même la plus sincère ou véritable des fois, le meilleur des esprits, ne changera rien aux conditions matérielles.

D’ailleurs c’est moins la religion(ou la politique) que la technique qui a transformé les peuples sur la terre entière. Les romains où les catholiques n’ont jamais vaincus personne par leurs idées.

Pas plus que les idéologies des 16-20e siècles n’ont triomphées de par leur pertinence ou leur justesse... C’est le phénomène technique qui à imposé les idées. (Ou l’éducation/endoctrinement des masses mais c’est là aussi un problème d’organisation technique).

Les idées "progressives" d’aujourd’hui s’imposent aussi par la technique (nouvelles technologies)

Que vaut les clan si il est dépossédé de tous ses moyens de subsistance/résistance et de toute son autorité sur son propre territoire ? La encore l’Etat s’est imposé par la technique.

Bref, on cherche encore là une solution "intellectuelle" , métaphysique à des problèmes très concret d’organisation matérielle.

Le 14 février 2022 à 09:28 par JL29
#2906061

Certes, cependant avant de construire un objet, il faut d’abord le concevoir.

Le 14 février 2022 à 13:33 par Léon
#2906313

Mais l’objet est déjà crée ! On l’a vu partout dans le monde cette dernière décennie , les gens savent très bien ce qu’ils veulent, et ce qu’il ne veulent pas !

Ils n’ont simplement pas les moyens techniques de parvenir à leur fins. C’est pour ça, que pour moi, c’est avant tout une crise matérielle, et non une crise intellectuelle.

D’ailleurs les pouvoirs en place savent très bien qu’intellectuellement ils ont perdus depuis longtemps, il n’y a même plus débat. Le problème n’est pas philosophique, il a cessé de l’être il y a bien longtemps. D’ailleurs on pourrait même argué qu’il n’y a jamais eu de crise spirituelle ou religieuse depuis des siècles : Seulement des prises de pouvoir permises par la technique.

Le 16 mai 2024 à 10:31 par Puck974
#3364295

Avec l’affaire des Boeings qui deviennent dangereux pour des raisons de politiques de recrutement socialement correctes mais dénuée de bon sens, on voit bien que le problème est d’abord celui de la mentalité collective. C’est elle qui fera que la technique sera fructueuse ou désastreuse...

Le 13 février 2022 à 22:41 par goy pride
#2905908

Le culte des ancêtres qui est ni plus ni moins le besoin de se remémorer ses ancêtres et la conscience de ce qu’on leur doit..est quasiment universel et instinctif chez l’homme. Mon père avait retrouvé une vieille photo de son père prise après un championnat d’athlétisme où il avait remporté l’épreuve de saut en hauteur (champion de France Junior) Photo noir et blanc vintage, dans un joli cadre...Du coup mon père a accroché cette photo à un mur de la maison permettant de voir tous les jours ce grand-père décédé depuis déjà plusieurs décennies.

Le 14 février 2022 à 01:11 par Jedem das Seine
#2905941

« Vais-je rejoindre mes ancêtres dans l’au-delà, après ma mort ? » Wulfram lui dit sans ambages que c’était hors de question, puisque ses ancêtres, n’ayant pas été baptisés, étaient tous en enfer, tandis que Radbod rejoindrait les bienheureux au paradis. Radbod a alors retiré son pied en déclarant qu’il préférait vivre en enfer avec ses ancêtres que de passer l’éternité au paradis avec une bande de saints mendiants.

Le seul type de Leader politique pouvant être mon Roy. La race, le sang, le clan, la culture (et non l’inverse, via quelques marchants sémites venus porter "leurs bonnes paroles" de nomades comploteurs...)

Si vous voulez du changement, mon bon Monsieur de Guyénot, il faudrat définitivement vous débarrasser de cette illusion à-la-française :

- vouloir ménager le chou de nos ancêtres et les chèvres Dei ...

(Reste à savoir la chronologie exactes de nos origines respectives, n’est-ce pas, mon bon Monsieur de Guyane...)

Le 16 février 2022 à 00:57 par Alain Soral
#2907322

Je n’aime pas du tout ce ton de connard arrogant ! Tu es qui, toi, pour la ramener ici ? AS.

Le 14 février 2022 à 06:06 par Peter29910
#2905987

Remarquable article ! Merci Laurent Guyénot !

Le 14 février 2022 à 09:01 par ladko
#2906050

Faites des recherches généalogiques, vous en apprendrez beaucoup sur vous-même...

Le 14 février 2022 à 11:23 par Paz
#2906164

Oui papa, on va faire ça

Le 14 février 2022 à 14:12 par ladko
#2906335

Je n’ai pas dit des recherches de paternité.

Le 14 février 2022 à 09:13 par Sedevacantiste
#2906056

Le culte ou la vénération des ancêtres est sous une forme ou une autre un des fondements de toute civilisation. Il n’a nullement été détruit par le christianisme mais par la Révolution, spécialement le Code Civil de Napoléon, et la République. En Asie le culte des ancêtres a dégénéré en une religion dont il constitue l’élément essentiel. Le christianisme, loin de le détruire, l’a rétabli, élevé, purifié. Il ne s’agit pas d’invoquer un ancêtre mythique devenu un mystérieux "Dieu souterrain", mais de prier nos aïeux et nos frères déjà parvenus dans le Monde supérieur avec lesquels nous restons en communion et que nous rejoindrons un jour. Lire à ce sujet "L’esprit famillial" de Mgr Delassus.

L’affirmation de Wulfram est parfaitement exacte, et la réponse de Radbord n’est rien d’autre que l’antique rébellion de la nature contre la grâce.

Faire passer les Romains comme les persécuteurs chrétiens des païens est un peu fort quand on connaît la violence inouïe des siècles de persécutions païennes contre les chrétiens...

En faisant du salut une affaire personnelle pour tous, le christianisme a centré l’individu sur lui-même et jeté les bases de l’individualisme occidental moderne

Il faut tordre la doctrine chrétienne pour tenir un tel résonnement. Sans rentrer dans les détails théologiques : si le Salut est individuel, il est absolument inséparable du collectif. L’individu centré sur lui-même ne peut pas se sauver, il se sauve en étant centré sur Dieu et sur les autres, jusqu’au sacrifice de soi. Son lien et son comportement avec les autres est absolument déterminant. Il y a aussi la notion de communion des saints, qui a été déformé pour donner le... communisme. Lire l’abbé Fleury sur les Mœurs des chrétiens par ex.

Reprocher aux chrétiens la chute de l’Empire romain - en donnant raison aux superstitions païennes - est un peu fort quand on pense aux invasions barbares païennes et à la décadence romaine païenne. Au contraire, ce sont bel et bien les chrétiens qui ont maintenu l’héritage culturel de l’Empire romain, à commencer par la langue.

l’Église a dû embrasser les traditions qu’elle ne pouvait étouffer.

L’Eglise n’a jamais prétendu détruire les cultures des peuples qui se convertissaient (librement, faut-il le rappeler) !

Le christianisme n’a rien contre la solidarité raciale ou ethnique...

Les messes pour "la pluie et le beau temps" existent toujours dans les missels traditionnels.

Le credo est vrai en toute langue.

Le 15 février 2022 à 11:55 par paramesh
#2906862

L’Eglise n’a jamais prétendu détruire les cultures des peuples qui se convertissaient (librement, faut-il le rappeler) !

tu te fous de la gueule du monde : les conversions volontaires individuelles ont toujours été ultra marginales, et c’est valable pour TOUTES les religions, c’est le monarque qui se convertit (pour des raisons purement économiques ou politiques et le peuple suit en traînant les pieds parce qu’il n’a rien à dire. De plus si tu détruis une religion tu détruis obligatoirement une culture (si tu détruis la vérité tu détruis la connaissance) pas besoin d’en avoir conscience ou volonté de le faire. deuxièmement il est normal que la religion d’un dieu personnel boulverse la culture païenne de Rome fondée sur une religion d’état . Rome en prenant le christianisme pour nouvelle religion officielle a signé son arrêt de mort car les valeurs du christianisme primitif n’étaient que morales (le positif pour Rome rongée par la coruption des corps et des esprits) les valeurs guerrières et étatiquespropres à la culture romaine en étaient totalement absente. l’alliance entre Rome et le christianisme a d’ailleurs détruit les deux. Le christianisme devenant l’Eglise romaine, un outil politique plus que spirituel. quant aux persécutions, qu’elles soient contre les chrétiens, les juifs les religions dites orientales ou plus tard les paiens, ce sont des actes politiques occasionnels fomentés par les empereurs contre des sédicieux. c’est pas nouveau, ça continue de nos jours. le martyr chrétien pensait mourir pour sa foi alors qu’il n’était éliminé que parce qu’il était considéré comme un problème polique

Le 15 février 2022 à 18:25 par Sedevacantiste
#2907140

les conversions volontaires individuelles ont toujours été ultra marginales, et c’est valable pour TOUTES les religions, c’est le monarque qui se convertit (pour des raisons purement économiques ou politiques et le peuple suit en traînant les pieds parce qu’il n’a rien à dire.

Pour ce qui est du christianisme, né dans la persécution, il n’y a rien de plus faux. La plupart des premiers convertis chrétiens n’avaient aucun intérêt matériel à le faire. Clovis n’a pas tenu compte d’intérêts politiques pour se convertir. Ce sont les conversions forcées qui étaient marginales et interdites par l’Eglise. Charlemagne a naïvement essayé, il s’est fait rappeler à l’ordre.

Petite digression, je suis moi-même converti, et je peux vous dire que s’il s’était agit seulement de mon intérêt matériel ou politique, il est très, très clair que je ne l’aurais jamais fait...

De plus si tu détruis une religion tu détruis obligatoirement une culture

Ce n’est pas vraiment le point de vue chrétien, qui considère les autres religions comme ayant une réminiscence de la vérité déformée par des siècles de transmission hasardeuse, et donc la conversion comme une sorte de restauration, raison pour laquelle la religion chrétienne semble parfois "absorber" les cultes des peuples qui se convertissent. De plus, les éléments culturels purifiés du paganisme étaient conservés. Il y avait d’ailleurs une diversité de cultures extraordinaire dans les pays chrétiens du temps du christianisme, qui s’est perdue avec son déclin.

l’alliance entre Rome et le christianisme a d’ailleurs détruit les deux.

Rome est devenue chrétienne quand elle n’avait plus de pouvoir. L’alliance politique la plus ancienne et déterminante de l’Eglise est avec la France...

quant aux persécutions (...) ce sont des actes politiques occasionnels fomentés par les empereurs contre des sédicieux. (...) le martyr chrétien pensait mourir pour sa foi alors qu’il n’était éliminé que parce qu’il était considéré comme un problème polique

Il y a de tous les cas de figures, mais il arrive que la foi chrétienne soit le seul motif de persécution - cela s’est vu souvent - même si le politique peut évidemment y être plus ou moins mêlé. A noter cependant qu’il n’y a aucun mouvement de sédition chrétien sous l’Empire Romain, les chrétiens ayant toujours été fidèles aux Empereurs.

Le 14 février 2022 à 09:42 par lio
#2906070

(Je vis en Asie, entre Indonésie, Vietnam et Cambodge, et connais les pays voisins. Depuis très longtemps) Ne pas perdre de vue le mal terrible qu’a pu faire la société de consommation, la télé, les films d’Hollywood : la vénalité a explosé, l’amour au sens européen et a fortiori latin, n’existe pas, les relations sexuelles sont quasi-animales (pénétration-éjaculation), ce qui augmente encore plus (après l’attrait de l’argent) l’attraction exercée par les blancs sur les femmes asiatiques. Il y en a qui s’en satisfont (les jeunes touristes en goguette genre working-class australienne qui font à peine mieux), mais les latins adultes pas du tout : la recherche d’une fille/femme "pouvant devenir normale" est une occupation à temps partiel, et quand on la trouve, on la garde. Bien sûr, on rencontre des malades de 60+ (j’ai en tête un prof de français retraité) qui vous lâchent fièrement "j’en ai tiré 2365", ce qui même à 35/45€ la mauvaise passe d’une heure représente un budget (une pensée pour le contribuable qui paye leurs retraites. Il y a beaucoup de fonctionnaires français retraités, en Asie). Il faut savoir que la relation au corps en Asie n’est pas du tout la même que "chez nous". Il est courant que ce soit la sœur ou même le boyfriend ou le mari qui livre la fille trouvée dans Badoo ou Tinder chez le client et l’attende dehors. Une bonne partie des couples ont explosé, le père, vite fatigué de devoir faire deux voire trois boulots (à 180€ par mois) s’est barré après le 2ème enfant, la mère les refile à sa mère - pas nécessairement à proximité - et bosse dur, voire michetonne en plus à côté, pour vivre, en envoyant de l’argent à sa mère. Le père, lui, va vivre la jeunesse qu’il n’a pas eu, avec d’autres comme lui, entre petits jobs et combats de coq et biture à l’arak ou équivalent selon les pays. Ce sont les femmes qui tiennent l’Asie (du sud-est au moins) sur leurs épaules. Admirables de courage, elles parviennent, dans des pays où rien n’est gratuit, à élever leurs gosses très correctement et même parfois à les envoyer à l’université. Un des drames de ces pays étant que la classe dominante, même quand elle n’est pas musulmane, a réussi à mettre dans la tête du peuple que "la politique et le sexe, c’est tabou". Pour le sexe, elles s’arrangent. Par contre, personne ne veut s’intéresser à la politique, et tous subissent. Fatalistes...et avides d’argent, comme peuvent l’être les pauvres devant les vitrines de mobiles et de fringues. Le shopping est roi.

Le 15 février 2022 à 12:12 par paramesh
#2906880

ah c’est merveilleux, tu généralises ce qui est une exception. (je mettrai de côté la sexualité asiatique qui a ses propres codes). bien sûr que ce que tu dis existe mais cela est limité à certains milieux citadins particulièrement pervertis, à croire que tu ne fréquentes pas beaucoup le vrai peuple traditionnel, celui des campagnes. à part le fait que le divorce soit chose courante (mais qui ça gène quand un père est facilement remplaçable question amour et autorité dans la famille de la mère. il n’y a pas de famille monoparentale pas plus qu’il n’y a de vieux isolés dans ces pays (sauf exception, toujours bien sûr). Au contraire de toi, même si la vénalité a explosé, je trouve que la société est encore vaillante pour protéger ses racines (j’habite en Thailande mais je connais bien la Birmanie et le Laos). j’ai l’impression que tu travailles dans une ONG pour avoir une vision si étriquée de la situation

Le 15 février 2022 à 18:46 par anonyme
#2907151

@Paramesh

J’ai aussi habité en Thaïlande et je partage la même vision que paramesh. Tu me fais penser à ces gens tjs à la recherche de grand titres pour une raison que toi seul pourrais expliquer. Un jour, j’avais regardé un reportage de deux jeunes qui essayaient de vérifier les dires d’une personne importante qui avait affirmé que des "centaines de millier" de filles travaillaient à Pattaya et ça dans les pires conditions. Après avoir eux-mêmes lancé une enquête approfondie, ils avaient présenté leur recherche auprès du type (un thaïlandais) qui avait fait cette affirmation (en fait le nombre de filles ne faisait même pas le dixième). Le type ne savait tout simplement pas quoi répondre et commençait à bégayer devant les caméras. J’éprouvais de la peine pour lui. A propos, j’ai habité à Pattaya (ville que j’adore). Oui, il y a bcp de putes mais pas plus qu’ailleurs. Pattaya est même considéré comme une ville pour familles. Si tu veux vraiment versé une larme pourquoi tu ne vas à Las Vegas ? Sans doute parce que cela se passe en occident et en occident il n’y a pas de misère, c’est ça ?

Le 14 février 2022 à 10:25 par MleMAUDIT
#2906098

Il existe aujourd’hui une forme de culte de l’ancêtre qui s’est préservé dans les balkans et qu’on appel la slava. Il s’agit aussi d’un culte qui réunit toute la famille autour d’un festin et qui se transmet de père en fils. On a perdu la signification première de cette "fête familiale" (culte à présent voué aux saints/icones), mais le fait est que l’église (ici l’église orthodoxe serbe) a préservé/intégré ce culte (et bons nombre d autres coutumes) dit païen. J’ai aussi entendu dire que les familles enterraient leurs morts au sein de leur demeure et il y a tout un mythe autour de l ancetre qui garde la maison et sa famille (de facto remplacé par les saints). Malheureusement, une grande majorité de ces pratiques ont disparu avec l’arrivée de la modernisation (et notamment pendant la période communiste) à l’exception de la plus importante, la Slava. Ps : Pour rester dans le thème géographique et celui du livre de Mr. Guyénot il y a un rapprochement intéressant à faire. Je n’ai pas encore eu la chance de me procurer ce livre, mais dans le résumé il y a toute une partie sur la réécriture historique faite par l’Eglise catholique (plus particulièrement les jesuites) qui entre en débat chez les historiens de la région. Bien que le sujet ne sois pas le recentisme, cela risque tout de même d’impacter (dans une certaine mesure) les dogmes historique qui se sont établies ces trois derniers siècles. Selon une partie des historiens (appartenant à l’école autochtoniste), le récit sur l’arrivée des slaves dans les balkans au 6ème et 7ème siecle aurait débuté avec la falsification de certains documents (provenant de l’empire "byzantin", de la Serbie, etc) parvenu à eux après l’arrivé des ottomans. L’un de ces documents est "De administrando Imperio", écrit par Constantin VII Porphyrogenete (empereur du 10e siecle), mais dont la plus ancienne version date du 16e/17e siècle. Ce récit, qui n’a aucun appuie matériel (l’archéologie, l’ethnologie, la linguistique et la génétique semble prouver au contraire qu’il y a une continuité depuis le néolithique), n’a été démocratisé qu’au 19ème siècle par les historiens germanistes, alors que dans le meme temps (et jusqu’à cette periode), le reste de l’Europe nommait les Serbes/slaves du sud Illyriens/Dalmates/Triballes, et affirmait que l’origine des slaves se trouvait dans les Balkans (à l’instar de Cyprien Robert ou Ami Boué en France).

Le 14 février 2022 à 12:19 par Laurent Guyénot
#2906237

Merci pour cette piste S’il y a des modèles de culte ancestral au sein de la chrétienté, ils méritent d’être connus. Et que ces modèles soient à chercher dans l’orthodoxie slave ne m’étonne pas. Mais de quel livre parlez-vous ? Dans l’article Wikipedia sur la "Slava", je vois cité un livre de Lioubomir Mihailovitch intitulé La Slava ou la fête baptismale serbe, mais il me semble introuvable.

Le 14 février 2022 à 17:33 par Sedevacantiste
#2906452

S’il y a des modèles de culte ancestral au sein de la chrétienté, ils méritent d’être connus.

J’imagine que vous devez connaître l’Esprit familial de Delassus, qui brosse l’histoire de la famille et ses moyens de perpétuation dans le temps, puisque c’est ce dont il s’agit dans le fond, le culte des ancêtres proprement dit n’en étant qu’un des éléments - il y est d’ailleurs évoqué.

Il existait entre autres la tradition du livre de raison. Mais surtout pour retrouver une vraie transmission familiale, le principal est avant tout de retrouver la liberté testamentaire, abolie par Napoléon, ainsi que la liberté éducative, abolie par Ferry. Pas de perpétuation familiale sans ça. C’est une des racines de notre esclavage actuel...

J’avais entendu dire que le culte des ancêtres serait à l’origine des polythéismes grecs et romains notamment, les ancêtres se transformant peu à peu en Dieux au fil des générations. Vous connaissez le sujet sans doute mieux que moi.

Le 15 février 2022 à 08:31 par Laurent Guyénot
#2906727

@ Sedevacantiste Je ne connais pas Delassus, mais je viens de télécharger son livre sur archive.org. Merci. Concernant la transformation des morts (plutôt les grands morts héroïques, bienfaiteurs, etc) en dieux comme origine du polythéisme, c’est la thèse de Fustel de Coulange, redevenue dominante en anthropologie aujourd’hui (ayant liquidé la thèse de la mythologie comparée dont Dumézil était le dernier représentant). Mais je pense qu’il ne faut pas faire trop de réductionnisme : il y a des dieux cosmiques qui ont une autre origine. Mais tout se mélange un peu dans les cultes populaires ; les morts s’occupent du temps et des récoltes (d’où la transformation du surnaturel funéraire en surnaturel féerique dans le folklore européen, comme je l’ai montré dans La mort féerique). @MleMaudit Passionnant, ce sujet de la Slava. Je trouve ceci, qui confirme en passant que l’orthodoxie est beaucoup mieux compatible avec les particularismes nationaux :

La Slava est appelée en serbe Krsna Slava et représente une fête baptismale d’un Saint Patron protecteur du foyer familial. C’est une fête religieuse familiale dans laquelle on rappelle la gloire de Dieu à travers la fête d’un Saint, pour lequel on organise un festin autour duquel on partage le blé, le pain et le vin. Chaque famille est porteuse d’une Slava. Elle a donc la responsabilité de fêter le Saint, dont elle a hérité, le jour de sa fête correspondant à sa mort sur Terre. La particularité de l’orthodoxie est qu’il existe, mis à part la liturgie partagée par toutes les églises, des spécificités culturelles au peuple et aux différentes Églises orthodoxes russe, grecque, serbe et bulgare. La culture nationale est ainsi représentée à travers l’orthodoxie. La Slava est donc spécifique aux Serbes, par le fait qu’ils soient le seul peuple de confession orthodoxe à célébrer cette fête. La Slava commence par la préparation du pain, du blé et du repas, effectuée habituellement la veille, dans la maison familiale. etc.

Le 15 février 2022 à 12:45 par MleMAUDIT
#2906905

Reponse à Monsieur Guyénot : La bibliographie de ce thème est très difficile d’accès. Les auteurs/ethnologues sont exclusivement serbes (Cajkanovic,Trojanovic,Nodilo) et les traductions sont très rares. Il doit exister une littérature plus accessible mais moins pertinentes à mon avis. Pour ce qui est du livre que vous m’avez cité, je n’en ai pas encore entendu parler. Cependant, je peux vous donner quelques infos utiles qui peuvent peut-être vous aider dans vos recherches (et ouvrir de nouvelles pistes). Il existait notamment ce qu’on appelle la Zadruga, une forme de société coopérative et familiale/clanique qui s’est maintenu en milieu rural jusqu’au 20e siècle. Il est intéressant de noter qu’au même titre que la Slava, la Zadruga fut présente chez tous les slaves avant de se retrouver uniquement ches les serbes. Néanmoins toutes formes de recherches s’arrête lorsqu’on essaie de trouver leur point de depart et un point commun avec les populations antiques ou préhistoriques (Un travail remarquable a été fait par le Milan Budimir sur ce sujet au niveau linguistique). Pourtant, avec les sites archéologiques qui ont été découvert au siècle dernier sur ce territoire (Lepenski Vir), certains chercheurs remonte le culte des ancêtre au mesolitique balkanique. Ce qui a été découvert sur ce site montre exactement ce qui a été décrit par Čajkanović (ethnologue dont le thème centrale a été le culte des ancetre dans les coutumes et le folklor serbe) mort deux décennies avant ces découvertes : dans ces œuvres, il affirme (selon les "souvenirs" et coutumes de ces contemporains) qu’à une époque lointaine, on enterraient les morts sous l’"ognjište" (emplacement destiné à faire du feu) ou sous le seuil et que ces morts représentaient les gardiens de la maison. Les depouilles découvertes dans ce site quelques décennies plus tard montrent exactement la même chose. Cette hypothèse est rarement exposé dans les milieux intellectuels et aucune étude comparative n’a été faite suite à ces decouvertes (encore moins avec la culture Vinča). Pour aller plus loins dans ces recherches, il faudrait au moins émettre l’hypothèse que la théorie de l’invasion slave et celle de l’apport de la langue indo-européenne par une invasion peut être discuté (en recontextualisant historiquement et politiquement l’apparition de ces théories et en les mettant face aux découvertes archéologiques cités plus haut, à la génétique et à l’ethnologie comparé)(Mario Alinei en donne une piste)

Le 14 février 2022 à 15:32 par Gopfdami
#2906380

Article très intéressant. C’est peut-être ce lien toujours présent entre ses ancêtres et les vivants en Asie en général qui fait que le Japon a eu 18 fois moins de morts du covid que la France (à moins que ça ne soit un comptage moins "faussé" des morts du et avec le Covid) ? Une population de 126 millions d’habitants, plus vieille et plus densément peuplée que la nôtre.... qui s’occupe mieux de ses vieux car futurs ancêtres ? Au niveau des consciences, ça joue aussi peut-être sur le degré de corruption de Big Pharma sur les individus ? Pour finir, je voulais faire remarquer que la façon dont on célèbre la Toussaints et la fête des morts en Guadeloupe par exemple, n’a rien à voir avec ce qui se passe en métropole. Un reste de l’animisme africain mélangé au catholicisme avec des traces de vaudou.

Le 14 février 2022 à 19:32 par Renart
#2906524

Quelques remarques sur ce texte suggestif et fondé, aux conclusions imparables.

1) les agapes sur les tombes des morts étaient coutumières il y a peu encore dans l’Europe slave et baltique. En Bretagne et au pays de Galles aussi, c’était la "nourriture des âmes-souffles" (boued an Anaon ; bwyd cenaid y meirw) déposée sur les tombes. 2) Dans les données indo-européennes, directes ou reconstruites, il convient de distinguer des périodes, qui vont du début de ce groupe (paléolithique final) à sa dialectalisation (aux âges des métaux), si j’ai bien compris les récents acquis de la recherche (notamment les travaux de J. Haudry). 3) Les "Lois de Manou" indiennes (MDS) précisent qu’aucun culte n’est dû au-delà de la troisième génération. La raison est que les ptri rejoignent alors la troupe informelle des Esprits, qui se confond avec les daimones du peuple (âmes à naître) ou avec la troupe des esprits qui repasse sur terre durant l’eschatologie annuelle ("mesnie, chasses", etc.). 4) Par conséquent, pas de culte des ancêtres sans appartenance à un groupe ethno-culturel. Le culte civique de la Cité est différent et paraît s’émanciper des conceptions lignagères, mais c’est pour renforcer la philia commune. 5) Il n’y a pas de "paganisme catholique", c’est contradictoire dans la doctrine et la pratique, bien qu’on perçoive ce que recouvre cette expression. La "conversion" des Européens s’est faite par une suite de pressons administratives et une longue adaptation. Malentendu fondateur, mainmise calculée de la part des évangélisateurs décidés à imposer leur vérité. A cet égard la modernité marque la fin d’une ambiguïté. On peut le regretter. 5) Et en France ? Le culte des ancêtres claniques ou lignagers est l’exact opposé de la doxa universaliste, qui s’est spécialement manifestée dans la pensée française. Pourtant, les notions demeurent...

Il est vain de penser réconcilier "l’Occident" avec ses morts sans que les Européens ne renouent d’abord avec les notions d’ethnie, avec leurs langues ancestrales et leurs territoires, qui sont aussi des terreaux spirituels, sans qu’ils reconsidèrent la mort et la nature même, sans qu’ils fassent retour à ce que d’aucuns appelaient "le visage originel".

Le 14 février 2022 à 19:56 par Ben
#2906532

Augustin ( Saint) n’est pas carthaginois mais numide né à thageste aujourd’hui Souk Ahras en Algérie. selon Pline l’ancien : il a une origine exclusivement berbère. rétablissons l’hIstoire .

Le 15 février 2022 à 09:04 par Laurent Guyénot
#2906747

Wikipedia :

Augustin appartient à une famille punique de la classe aisée, ... Augustin se considérait comme punique.

Punique = Carthaginois Il semble qu’Augustin parlait le punique, presque identique à l’hébreu.

Le 15 février 2022 à 19:48 par Ben
#2907213

Pardonnez -moi d’insister, et loin de moi de réduire votre excellent article pour ce simple détail, je persiste néanmoins dans mon codex.

Augustin d’Hippone a été et restera numide, il l’est de par sa mère Monique (Sainte) berbère d’Hippone et du lieu où il est originaire, Hippone ville qui appartenait au royaume de l’antique Numidie.

Le nom Monique est formé sur la racine Monn, nom indigène bien attesté.

la langue punique était une langue sémitique du sous groupe cananéen, parlée à travers toutes l’Afrique du Nord et d’autres terres contiguës. Au temps d’Augustin, on parlait le « Neo-Punique » langue fortement influencée par les langues berbères locales, pour preuve, le nombre considérable d’inscriptions libyques ( paléo-berbères)

Certes ! Augustin parlait le carthaginois, il parlait également le latin, pour autant cela ne fait de lui un romain. Augustin, n’est pas Carthaginois mais bien Numide d’Hippone ( Souk- Ahras) en Algérie, désolé la terre ne ment pas.

Le 16 février 2022 à 14:31 par Laurent Guyénot
#2907627

Je m’incline. J’ai peut-être fait une fixation sur Carthage, parce que je suis intrigué par l’hypothèse d’une origine carthaginoise (donc phénicienne) de la chrétienté latine en particulier. Tertullien et Cyprien sont bien carthaginois, n’est-ce pas ? D’après ce que j’ai lu, non seulement le punique est très proche de l’hébreu, mais il y a de bonnes raisons de penser que depuis la destruction de Carthage par les Romains (et peut-être déjà depuis la destruction de Tyr par Alexandre le Grand), les Phéniciens sont attirés dans la sphère judaïque. En tout cas, il y a un mystère certain autour de ces chrétiens d’Afrique du nord ou de Syrie qui parlent si bien l’hébreu et sont si attachés à la Torah, mais ne sont pas juifs.

Le 16 février 2022 à 22:32 par Aino Corona
#2907833

@Laurent Guyénot

Merci de toujours prendre le temps de répondre aux commentateurs, de débattre, et même dans le cas échéant, d’avoir l’humilité de reconnaître une erreur ( mineure ).

Merci aussi pour votre travail et pour vos articles qui ouvrent de nouveaux horizons. J’ai ,de plus, l’impression qu’ils sont de plus en plus nombreux. Ce qui est une très bonne chose.

Respectueusement.

Le 14 février 2022 à 23:20 par Thib
#2906622

Je ressens toujours chez Guyénot une certaine défiance pour le catholicisme, qui est justement celle qu’on retrouve chez certains païens. Comme catholique, cela ne m’est pas agréable. Mais pour autant, je lis chacun de ses articles avec beaucoup d’intérêt : ses réflexions et son opinion sont vraiment stimulantes et instructives. Car mon Dieu notre histoire n’est pas un long fleuve tranquille, et heureusement.

Le 16 février 2022 à 03:44 par Lérins
#2907353

Catholique comme vous Thib, je comprends 5/5 votre sensation dont la raison me semble être que Laurent - avec l’extrême audace intellectuelle qu’on lui connait - porte le fer là où ça fait mal, et j’apprécie infiniment votre honnêteté de vous reconnaitre stimulé car il ne cherche jamais à blesser quiconque, ni même à convaincre.

"Qui m’aime me suive" telle semble être sa devise, sur les chemins escarpés de la découverte, et peut-être un jour de l’émerveillement. Il nous en a déjà délivré quelques éblouissantes pistes (Les Kennedy etc.). En totale cohérence avec ce site E&R, qui ne cesse d’ausculter le réel, sans la moindre complaisance.

Le 16 février 2022 à 08:01 par John Titor
#2907383

La plupart d’entre eux sont d’anciens athées gauchistes, comme le montre souvent leurs physique.Ce sont souvent des gens qui ont un problème avec les autres blancs, ils detestent donc le christianisme car ils l’assimilent à la religion des gens normaux.Y’a pas vraiment d’autre chose à chercher chez eux, ils sont paiens car c’est ce qui se rapproche le plus des cultes des peuplades du tiers-monde qu’ils admirent, étant dans l’impossibilité de changer leurs origines ethniques. En plus comme il s’agit de religion mortes il y’a plus de 1000 ans, et qu’elles ne possèdent pour ainsi dire par de règles écrites, on peut y mettre ce que l’on veut, ce qui se revele pratique lorsque l’on se est inadapté à la vie en société.

Le 15 février 2022 à 08:06 par Zhuge Liang
#2906715

Au Vietnam, pays communiste d’ "ultra-droite", églises comme pagodes poussent toujours comme des champignons. Le Christ présente de nombreuses similitudes avec le Bouddha, vécu et message (certains verraient ses "années perdues" en Inde), les deux religions font plutôt bon ménage. Le culte des ancêtres y est largement répandu mais c’est plus le matérialisme américain qui le menace que tout autre religion. Le pratiquant depuis plus d’une décennie, un Vietnamien soixantenaire s’en étonnait car ses propres enfants (qu’on imagine facilement nouveaux riches à Saïgon) ne le font plus (génération Doi Moi). PS : Concernant les paroles du Christ, il ne faut jamais oublier à qui il était censé s’adresser spécifiquement, et ce n’était ni toujours des Chrétiens ni à vocation universelle.

Le 15 février 2022 à 23:10 par Roger
#2907303

Le pardon de Kergoat - Quéménéven, certes les papacitos qui se croient plus celtes que celtes en buvant de l’huile d’olive et en votant Zemmour (Bolloré Goldschmidt -papier OCB, fait tourner) ne comprendront rien. Mais nous, nous savons !

Le 16 février 2022 à 15:23 par anonyme
#2907648

On a perdu le culte de nos ancêtres ainsi que de tant d’autres choses, dont notre identité collective, pour avoir tourné le dos à la religion en général. La laïcité qu’on nous a vendu à marche forcée, nous a transformés en agnostiques en perdition.

Le 17 février 2022 à 07:11 par Tator
#2907934

Il m’apparaît qu’il y néanmoins chez les catholiques une tendance marquée plus fortement dans les campagnes à vouloir faire vivre le lien avec des disparus . Selon moi de par la place centrale de la mort dans le dogme et le culte , l’accent mis sur les liens , père fils , mère fils , l’idée du lien de sang symbolique devenu spirituel et transcendant , et précisément au coeur du culte , ont pu favoriser des interprétations qui ont maintenu les rites antérieurs et cela dans les populations des campagnes La contradiction apparente , du fait de l’absence de clarté sur la nature de l’âme et d’un devenir vague pour les défunts , malgré les paroles tranchantes de Jésus , l’église a laissé faire et même favoriser les traditions dès lors qu’elles pouvaient épouser le christianisme . On t’offre la vie éternelle mais tu peux cultiver l’ignorance et la mort , mais on va créer des cimetières , on centralise , c’est mieux que le grand père sous la maison , ou les os et le crâne au dessus du foyer , a l’extrême on mange ses morts , ça existe . Là où les choses deviennent délirantes , ça a été d’exsposer Jésus sur la croix , partout , tu n’adore pas Jésus mais sa souffrance et puisqu’il est mort pour tes péchés , c’est un peu ta faute s’il doit connaître le calvaire . Super ! Mais bon ça va passer si tu mange sa chair et boit son sang . Quand ils ont prêché ça dans l’empire romain , les chrétiens sont passés pour des cannibales , puis un saut qualitatif , pour des mangeurs d’enfants . A mon avis c’est le coup de l’eau en vin qui a intéressé le romain .

Le 17 février 2022 à 10:01 par Nostalgia
#2907989

Créez les arbres genealogiques de votre père et de votre mère si ce n’est déjà fait et complétez-les en remontant le plus loin possible dans le temps (au moins jusqu’au 19e siècle, et c’est là qu’on se rend compte que la "Révolution" française n’était pas loin). Vous trouverez des infos dans les Mairies des grandes villes et aux Archives Départementales. Rédigez une petite autobiographie pour vos enfants et petits-enfants ou alors un genre de CV très détaillé. Interviewez et enregistrez vos grands-parents. Entretenez les tombes de vos ancêtres en compagnie de vos enfants et petits-enfants. Allez-y au moins deux fois par an, arrachez les mauvaises herbes, nettoyez et polissez les inscriptions en cuivre, expliquez-leur qu’il faudra redorer les inscriptions gravées sur les pierres tombales et aider les mairies à garder à jour leurs fichiers pour le renouvellement des concessions. Si vous devez choisir une nouvelle pierre tombale pour une tombe récente, choisissez une pierre qui la recouvrira complètement car il ne faudra pas trop compter sur vos descendants pour venir y arracher les mauvaises herbes après votre décès. Rendez-vous de temps à autre sur les tombes d’ancêtres situées dans d’autres communes que la vôtre car vous risquez d’avoir des surprises (tombes saccagées - par exemple plaques de leurs ancêtres dévissées sur la stèle et brisées - pour diverses raisons, comme chez mes grands-parents. J’ai tout de suite compris pourquoi et quels pouvaient en être les auteurs potentiels). N’oubliez pas de fleurir les tombes pour Noël, Toussaint et Pâques. Il y a des fleurs et plantes très résistantes, qui tiennent longtemps sans arrosage même en hiver comme les pensées, la bruyere, et au printemps, après les gelées, les dipladenia à retirer avant les gelées de la Toussaint. Il existe aussi des lanternes se chargeant au soleil le jour et brillant la nuit (en vente à Cora à moins de 10 euros). Donc pas beaucoup d’entretien. Encadrez des photos de vos ancêtres et offrez-les à vos enfants. Si vous êtes abonnés à Famileo, ajoutez- y de temps à autre des photos de vos ancêtres et de leurs tombes, pour vos enfants et leurs enfants. Bonne chance et bon culte des ancêtres.

Le 18 février 2022 à 14:29 par Tator
#2908788

Déjà de leur vivant je ne pouvais pas les encadrer , alors maintenant qu’ils sont morts . Néanmoins j’ai participé à une cérémonie destinée à leur éviter un séjour en enfer , c’est un devoir qu’on ne peut accomplir que dans le détachement et le pardon . Et bien que ce rituel se fasse généralement 12 jours après le décès , me semble-t-il , il peut être fait ou répété n’importe quand . Selon ma foi , celui qui devient saint et libéré délivré du même coup 12 générations avant lui et 12 après lui . C’est pourquoi celui qui s’abandonne au service d’amour pour Dieu , n’a plus aucun devoir à accomplir , ni de règles à suivre , néanmoins s’il en va de l’intérêt spirituel de tous il s’y conforme pour l’exemple .

Le 18 février 2022 à 16:50 par Bé Bé
#2908873

Disons à nos proches que nous les aimons, aidons-les à grandir et remercions-les pour l’Amour inconditionnel qu’ils nous donnent et nous ont donné. Beaucoup d’Amour, de Tendresse, de Lumière dans nos Cœurs confiants et reconnaissants.

Remercions nos ancêtres pour tout ce qu’ils nous ont apporté.

Le 19 février 2022 à 11:55 par Blaise
#2909331

Et si on n’arrive pas à faire le deuil des morts ? Jeunes et moins jeunes. Nous aurions besoin d’une baguette magique, comme dans les contes de fée. Ou sans baguette magique, le miracle du baiser du Prince qui reveille Blanche Neige. Grâce à sa marraine la fée.

Certains paieraient cher pour faire revenir des morts, même âgés, qui voulaient encore vivre et formaient de nombreux projets. L’ex-réveil d’un membre décédé de ma famille sonne régulièrement sans qu on n y touche, toujours après 10h. Signification ? Au moins une foi par semaine Si j’arrivais a le faire revenir avec la certitude qu il le souhaite vraiment, je serais prêt à renoncer a la moitié de l’héritage que je toucherai après le décès de son conjoint. auquel je souhaite de vivre encore aussi longtemps qu’il le souhaite La vie n’a pas de prix. Le bonheur non plus. Ni l’amour.

Le 20 février 2022 à 15:17 par René
#2910065

Je suis particulièrement content de lire cet article de Laurent Guyénot, car je suis convaincu qu’il y a là un débat nécessaire. Bien qu’il me semble que tout ça a déjà été largement et très profondément analysé à la fin du XIXème par Nietzsche. (Voir son amitié avec Wagner qui était en train de remettre au premier plan les mythes anciens et sa grande déception lorsque celui-ci se convertit au catholicisme (de la fin du XIXème)). Il semble que cet auteur soit encore largement inconnu ou dénigré (certes il ne gagne pas grand chose à être défendu ou "expliqué" par un Rochedy par exemple). Mais apparemment encore trop de gens (à en juger par les commentaires reçues souvent) refusent ce débat. Pourtant c’est pour nous, en France, un débat crucial. Et qui va très loin. Je pense que se considérer comme un être issu et appartenant à un groupe, lié à une terre (la terre de ces ancêtres) est certainement la base de la légitimité : combien de français son aujourd’hui convaincu que la France a toujours été une terre de passage de peuple divers... Par ailleurs, il faut répéter qu’il y a une grande différence entre individualité et individualisme. Ce même individualisme est je crois plutôt le fait des penseurs des "lumières" et autres apôtres de la religion du Progrès (bien que cela ait une origine chrétienne mais en opposition à celui-ci, ou comme la promesse de sa réalisation concrète -le Progrès nous promet un paradis sur terre, plus dans le ciel). Aimer sa terre, c’est la base. L’aimer, sans vouloir la juger ou l’améliorer. C’est une des différences fondamentales qui existent entre les Anciens et les modernes : les uns l’ acceptent, la respectent, la révérent, les autres la jugent et veulent la changer. Les uns ont le cultes des Ancêtres, les autres le culte de la jeunesse !

Le 10 mai 2024 à 08:02 par Wali
#3361265

Les traditions orientales auxquelles vous faites référence distinguent « la voie des ancêtres » (pitri-yana) et « la voie des dieux » (deva-yana). En Chine, la première voie est confucianiste, la seconde voie est taoïste.

La voie des ancêtres est plus ou moins liée à la perspective de la réincarnation (comprendre : transmigration), ce qui n’est pas le cas des religions du salut qui maintiennent l’état individuel dans ses prolongements posthumes (cf. René Guénon, « Salut et délivrance », Initiation et réalisation spirituelle). Il est donc normal que l’Occident chrétien ait un rapport différent au culte des ancêtres, bien que, comme vous le dites très bien, on le retrouve dans la doctrine du purgatoire.

Il faut rappeler, comme s’en sont rappelés les Russes, que c’est l’Eglise qui est détentrice des influences spirituelles dans les religions du salut. La perspective de solidarité ethnique à laquelle vous appelez n’est pas forcément contradictoire avec la perspective spirituelle catholique.

Le 18 mai 2024 à 19:11 par Puck974
#3365513

Merci à l’auteur pour ce texte magnifique d’abord parce qu’il met les pieds dans le plat de la question nationale et qu’il le fait dans les grandes largeurs ou, plutôt en plongeant dans la profondeur de la question religieuse.

Il est savoureux de constater qu’après avoir répudié René Girard il marche sur ses brisées (peut-être à l’insu de son plein gré ?) puisqu’il met en avant, avec raison, je crois, le pouvoir rassembleur et réconciliateur des morts qui sont ainsi source de vie (en paix) pour leur descendance.

Là où j’ai une petite inquiétude c’est que sa logique argumentative, tout en lui laissant envisager un possible retour à une forme de catholicisme associant patriarcat et piété filiale, invite à "une sacralisation religieuse des liens de sang".

Je ne suis pas spécialiste mais ceci me paraît clairement anti-chrétien. Parce que la fraternité des hommes unis par la même foi en Christ est alors perdue ; puisque la logique du sang réintroduit les discriminations raciales déjà présentes aux temps bibliques. C’est un retour à la pensée tribale et aux logiques de réconciliation violente.

Toute la beauté de ce qui se voit en Asie et qui est proprement christique de part la charge de responsabilité que l’individu est invité à assumer pour le bien du collectif se trouve perdue dès lors que se trouve réintroduit quelque chose d’aussi terriblement matériel que la lignée. Ce qui compte c’est de se reconnaître comme vraiment semblables, de manière à pouvoir se faire confiance. Le sang n’offre pas (plus ?) de garanties suffisantes sous ce rapport. C’est pour cela qu’on faisait porter des stigmates à ceux qui étaient sortis du droit chemin et à qui on ne pouvait plus faire confiance. Grâce à leurs marques on savait devoir s’en tenir à l’écart.

Les nations européennes ont été bâties par une foi catholique qui a su rassembler des peuples très divers, et c’est le cas en particulier de la France. C’est l’unité de la foi qui faisait le vivre ensemble en confiance. Le commencement de la fin est venu avec la Réforme. Mais il est clair que l’Eglise ne peut jeter la pierre à personne. Elle est la première responsable.