Non, rien à voir avec le « good cop bad cop » du cinéma, là on parle de bon flic et de mauvais flic, à savoir celui qui ne prend pas d’enveloppes, et celui qui en prend. Pour un risque mesuré, un dérapage contrôlé, le salaire passe de 2 000 à 5 000 par mois. À se demander si la basse rémunération du flic de base n’est pas une incitation à la magouille...
Au moment où toutes les institutions sont en train de se casser la gueule en France, les médias, la justice, la police, le politique, Mediapart, le site anti-flics de Plenel, diffuse avec un vice consommé le témoignage d’un policier corrompu.
On n’arrive pas à vraiment détester ce gars qui prend des enveloppes à des dealers, qui leur sort des dossiers, et qui se paye une fois des vacances de luxe en Autriche. On sait que ce n’est pas bien, pas la peine de nous le répéter. Mais comme il le dit lui-même, il ne tabasse pas des jeunes (nous on a plutôt pensé aux Gilets jaunes).
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S’il y a des flics corrompus, selon nous, le tabasseur de Gilets jaunes est le plus corrompu d’entre tous, par rapport à sa noble mission de protection de la population – et pas seulement de l’oligarchie, on le rappelle –, il y a aussi des flics corrupteurs.
Dans le monde de la presse, on en a connus. Ils vous proposent des affaires (pas forcément terribles, mais elles correspondent au statut de leur « cible », ce qui veut dire qu’on ne pesait pas lourd pour eux), des facilités (par exemple une entrée sur le mail privé d’une personnalité), des infos (souvent people), tout ça contre du cash. Il y a une porosité entre les champs, pour reprendre le pseudo-concept de Bourdieu.
Les dealers, qui génèrent beaucoup de cash, investissent dans l’information : à un certain niveau, c’est essentiel. Certains savent ainsi à quelle sauce ils vont être mangés, si un dossier avance sur eux, si les flics sont déjà à leurs trousses, via filatures, écoutes et compagnie.
Si les flics gagnaient 5 000 balles par mois, il n’y aurait probablement plus de corruption, mais le niveau, avec tout le respect qu’on doit au policier de terrain, ne serait pas le même non plus : des surdiplômés s’arracheraient le job !
Au Mexique, les cartels achètent presque qui ils veulent, entre policiers, juges et politiques. Ceux qui refusent la main (noire) tendue sont sur la liste des morts en puissance. En France, on n’en est pas encore là, mais ça en prend tranquillement le chemin. Des informations commencent à sourdre sur un député bénéficiant de la générosité d’un cartel de la côte. Il est impossible que les ports de Marseille et du Havre ne voient pas le cash arrivé de la mer se transformer en fleuves, en rivières et en ruisseaux à l’intérieur des terres.
Voilà pour la police, on n’ira pas plus loin, le sujet du narcotrafic demande plus d’approfondissement. Dans l’armée aussi, avec les contrats d’armement, le remplacement des armes, la corruption existe. Pour ceux qui ont fait leur service militaire, elle était partout, tout se dealait : les clopes, la bouffe, les VG (voyages gratuits pour les appelés), l’essence (là, c’était chasse gardée de la hiérarchie), jusqu’aux petits travaux des appelés (du bâtiment) dans les baraques des sous-offs...
On dit ça, on dit rien. Mais comme dirait l’autre, la corruption, c’est l’huile dans les rouages de la démocratie. Les pays totalitaires n’ont pas de leçons à recevoir des démocraties, de ce point de vue. Même sous le pouvoir de fer de Mao, les Chinois trichaient avec le nombre d’enfants dans les campagnes en graissant la patte des communistes et miliciens locaux. Alors en France, sous chaos ultralibéral...


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