Xavier Moreau – Ze la menace !, Crise des carburants, Bunker Poncins
26 juin 15:55, par MauricePas d’affolement, pourquoi la Bourse chute malgré un faible endettement ?
La politique du gant retourné.
La logique, un État stratège et actionnaire majoritaire : Comme en Chine, l’État russe reprend la main sur les "leviers de commande" de l’économie. Les grandes entreprises énergétiques (Gazprom, Rosneft) et bancaires (Sberbank, VTB) sont sous contrôle étatique direct ou indirect. La Bourse n’est plus un marché libre, mais un outil de financement des priorités nationales, exactement comme les bourses de Shanghai et Shenzhen sont calibrées pour financer les "industries stratégiques" chinoises.
la Bourse n’est pas qu’un outil financier, c’est aussi un enjeu de souveraineté.
L’idée que les capitaux étrangers sont une menace pour la souveraineté est un vieux leitmotiv en Russie, particulièrement depuis les années 1990, où l’arrivée massive de capitaux occidentaux était perçue comme une forme de néocolonialisme économique.
Le marché Russe ne refléte plus la réalité économique. Mais c’est justement ce que recherche le pouvoir : ne plus laisser les cours de Bourse être un indicateur de la confiance étrangère, et donc un levier de pression politique. Un marché décorrélé des flux mondiaux est un marché moins vulnérable aux "attaques spéculatives".
Le contrôle de l’épargne nationale. En absorbant l’épargne des citoyens via des obligations d’État à taux élevé, l’État russe transforme sa dette intérieure en un outil de cohésion sociale et de financement de la guerre, sans avoir à dépendre des bons vouloirs des prêteurs internationaux.
ce que l’Occident appelle "l’effondrement de la Bourse russe" est perçu par Moscou comme la preuve que sa stratégie de résilience fonctionne. Le marché est devenu un instrument aux ordres de l’État, un outil de financement intérieur plutôt qu’une vitrine ouverte sur le monde.
Pour financer ses besoins, l’État emprunte à des taux exorbitants (autour de 16%). Cela pompe l’argent des banques et des citoyens, qui auraient pu investir dans des entreprises privées. In fine, l’État se renforce, mais le secteur privé souffre. Ce n’est plus une économie de marché, mais une économie d’État.
Un peu ce qui se passait dans les grandes largeurs pendant la période Gaullienne.
Alain Soral et E&R
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