En pleine attaque américaine, Netflix ressort une série de Spielberg contre les aliens
2 mars 11:02, par SevCela paraitra peut-être exagéré à certains, mais quand même... à y bien réfléchir, qu’est devenu le cinéma depuis qu’il a été récupéré par la puissance industrielle yankee ?
Je n’hésite pas à dire que chaque fois qu’un individu s’installe dans un fauteuil de cinoche (contraction de cinéma-moche), il n’en est pas conscient mais il s’auto inflige un traitement à la "Orange mécanique" (la fameuse séquence où le personnage principal (Malcolm McDowell alias Alex Delarge) est immobilisé sur un fauteuil, paupières maintenues ouvertes, obligé de mater une litanie d’images plus ou moins violentes et anarchiques. La méthode de lessivage de cerveau imaginée par l’auteur du livre du britannique Anthony Burgess.
La seule différence aujourd’hui c’est que le Sujet... assujetti, s’y installe de lui même et à la place des fixations et écarteurs de paupières, il a son litre de pop corns ou sa glace à sucer... et il paye cher de surcroit. Les organisateurs du Grand Lessivage de cervelle ramollie ne pouvaient mieux imaginer.
Encore une invention française habilement récupérée, comme tant d’autres, par la Babylone du 20ème s. et transformée en Kärcher à intelligence. A ensuite déboulé la télé, un outil encore plus efficace puisqu’il s’est installé au coeur même des foyers en échange, là encore, d’une ponction de pognon public dont l’audit en cours du courageux Alloncle fait découvrir le mécanisme de racket et de distribution particulièrement gerbatoire.
La question va en agacer quelques uns, je m’en doute, mais quand même, posons-la... : A-t-on vraiment besoin du cinéma pour s’élever ? Beaucoup me répondront qu’on "peut quand même se faire plaisir !"... et ils auront raison, mais pourquoi sommes-nous devenus aussi accros aux "offres culturelles" alors que nous subodorons tous que sous l’offre gît bel et bien une machine redoutablement efficace pour formater, conditionner, téléguider, crétiniser et dénaturer ?
C’est que la profonde humaine nature est câblée selon la recherche sans fin du plaisir, de la jouissance et de la diversion. Toute l’industrie du divertissement repose là-dessus ainsi que celle de l’économie basée sur la jouissance d’objets et stimulée par le "conflit mimétique" de Girard.
Pourtant, se passer de tout ça est tout à fait faisable. Et même si demain internet disparaissait (on peut rêver), l’humain retrouverait le plaisir inouï de la contemplation des beautés du monde à disposition. Encore faudrait-il que les EYES WIDE SHUT se rouvrent enfin...
Alain Soral et E&R
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