Thomas Boussion – Le néo-racialisme blanc
25 janvier 04:52, par Langue et Poiesis1. Parler de neo-racialisme légitime en le justifiant par le Bénin et le Togo, alors que ces pays n’ont pas la même histoire, pas le même rapport à l’ethnie, au pouvoir politique, pas la même géographie, pas la même histoire intellectuelle, c’est quand même un peu fort de café. Les formes historiques en jeu en Afrique et en Europe ne sont absolument pas les mêmes, bien que la colonisation ait été une forme de tentative de l’Europe d’intégrer, plus ou moins par la force, les formes historiques européennes au paradigme africain.
2. Cela dit, je veux bien admettre que le neo-racialisme de Fuentes ou Rochedy soit la conséquence d’un sentiment d’insécurité identitaire (que l’on peut comprendre), lié à un métissage forcé et historiquement trop rapide (pour la France), et à un communautairisme américain qui n’a cessé de s’exacerber en Amérique, amplifiant ainsi des tensions déjà présentes au début du XXe (voire bien avant). L’autre raison de ce neo-racialisme comme réaction émotionnelle (qui se comprend) de peur et (plus rationnelle) de recherche de paradigme commun au service d’une harmonie sociale mise à mal par les phénomènes sus-cités, renvoie également à une désorientation de la haute politique par des élites toujours plus déconnectées du réel du peuple et des petites gens qui travaillent. Le neo-racialisme est donc un symptôme d’une crise radicale de l’Occident qui a dominé le monde culturellement et économiquement.
Par corollaire, on remarque qu’il y a même des différences historiques majeures au sein même de "l’Occident de l’Ouest", qui interdisent donc de faire des analogies à l’emporte-pièce et appellent donc à la rigueur la plus fondée.
3. Je rappelle que la Russie de Poutine, bien que multiethnique et multi confessionnelle, et beaucoup plus proche de nous du point de vue historique, philosophique, social, n’a pas eu fondamentalement besoin d’une quelconque racialisme : elle a simplement replacé à son sommet un pouvoir politique souverain, cohérent, soucieux de l’intérêt du peuple et du bien commun interne, tout en ouvrant des possibilités à chaque communauté de suivre son "culte", mais surtout en affirmant quand même le christianisme orthodoxe comme la religion majoritaire.
Conclusion : le neo-racialisme semble être bien une fausse question qui contribue à éclater l’analyse en une multitude de parties de plus en plus segmentées entre elles, sans possibilité de synthèse. Ca s’appelle le diviser pour régner.
Alain Soral et E&R
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