Marion Sigaut, histoire d’un parcours
17 mars 2013 14:48, par Philippe de MacédoineBonjour Madame Sigaut,
J’ai écouté avec attention toutes vos conférences sur internet (j’habite à 2000 km de la France) et je voudrais faire référence aux deux dernières qui ont été mises en ligne sur ce site ainsi que cette entrevue.
Sur la base des éléments que vous mettez en avant, tout le monde peut naturellement conclure à l’impuissance du clergé et de la monarchie face à des groupes de puissance tels que les Jansénistes. Cela, en effet, permet de faire le clair sur des "préjugés" qui nous ont été inculqués depuis notre enfance par l’enseignement public et les médias.
Cela dit, je tire personnellement une conclusion qui va légèrement à rebours de ce qui est dit sur ce site en règle générale et dont je voudrais vous faire part. De mon point de vue, ce que vous décrivez démontre l’absolue ineptie de la monarchie pendant l’Ancien Régime, avant même le déclenchement du moment des lumières ; ceci du fait de son incapacité à faire le droit simplement. En gros, la monarchie était moribonde au XVIIIe siècle, et pas uniquement pour des raisons philosophiques. Je pense que les événements initiateurs en furent les guerres de religion et le fait que la noblesse ne portait plus l’épée mais le fusil, ce qui donne moins de crédit aux grands soldats.
La chute de la Monarchie était certainement dans la logique de l’Histoire.
Je ne remets pas en cause le fait que les bases idéologiques et les modes opératoires de la Révolution furent critiquables. Ceci dit, à la lumière de ce qu’on vient de dire, elle ne fut en fait qu’un épiphénomène. D’ailleurs, juste après, on a pris les mêmes et on a recommencé.
Le seul moment à mon sens où cette gangrène s’est arrêtée temporairement, c’est la terreur et le comité de salut public. On notera au passage que Robespierre était Rousseauiste et donc pas corrompu par les idées sordides de Voltaire et des Encyclopédistes.
J’en conclus pour dire que le régime n’a aucune importance (à part la parenthèse rappelée ci-avant) et que la question fondamentale réside dans le modus operandi de la délégation de souveraineté populaire vers des couches intermédiaires (noblesse corrompue ou bourgeoisie d’affaires).
Cela donne encore plus de sens à la réflexion de Chouard si on veut éviter l’arbitraire.
Cordialement ;
Alain Soral et E&R
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