Ça tombe le soir de Noël, et ce n’est pas un hasard. Il s’agit d’une double provocation, puisque l’État algérien réclame des réparations et des excuses pour les dommages collatéraux, il est vrai saignants, de la colonisation en Algérie.
Le Parlement algérien a approuvé, mercredi 24 décembre, une proposition de loi qualifiant la colonisation française (de 1830 à 1962) de « crime d’État » et réclamant à la France « des excuses officielles », au moment où Paris et Alger traversent une crise diplomatique majeure. [...]
Cette loi liste les « crimes de la colonisation française », jugés imprescriptibles : « essais nucléaires », « exécutions extrajudiciaires », « pratique de la torture physique et psychologique » à large échelle et « pillage systématique des richesses ». Elle affirme aussi qu’une « indemnisation complète et équitable pour tous les dommages matériels et moraux engendrés par la colonisation française est un droit inaliénable pour l’État et le peuple algériens ». (France Info)
L’économie algérienne va mal, et sa situation diplomatique s’est aggravée depuis la reconnaissance par une bonne partie de l’ONU et des États-Unis des droits du Maroc sur le Sahara espagnol. Deux bonnes raisons pour réclamer des dizaines de milliards à l’ancien pays colonisateur. Qui ne tente rien n’a rien, surtout avec le dossier Trogneux à Alger en 63.
D’un autre côté, le coût caché de l’accord franco-algérien de 1968, notamment sur les travailleurs algériens en France et leurs avantages, s’élève à deux milliards par an, en francs constants (jusqu’à aujourd’hui). Tout ça pour n’avoir pas le droit d’expulser des milliers de délinquants algériens qui gonflent nos prisons.
Outre-Atlantique, les Afro-Américains ont réclamé 1 400 milliards de dollars de réparations pour « les émeutes raciales, le lynchage et la discrimination institutionnelle ». On n’a pas encore le montant que Tebboune nous demande, mais on va commencer à mettre de l’argent de côté pour continuer à se faire cracher dessus, ce qui n’améliore pas les relations entre les communautés sur le sol français.
Un calcul risqué de la part du gouvernement algérien, qui prend en otage ses propres ressortissants. Et qui pousse, disons-le tout net, les électeurs français à voter RN, soit pied-noir. C’est ce que veulent les Algériens ? Ça risque d’être nettement moins confortable ici comme là-bas...
De plus, les Français d’aujourd’hui, pas responsables de 1830, continuent à payer des dizaines de millions d’euros en retraites bidon pour des centenaires algériens inexistants, sans oublier les hospitalisations gratos et l’afflux de faux mineurs mais vrais délinquants. Ça aussi, c’est cadeau. Soyons justes : indemniser l’Algérie pour les crimes de la colonisation, pourquoi pas, comme le soutient le gauchiste Guénolé.
Donnant donnant !
Dans ce cas, l’Algérie doit nous reverser ce que nos pères ont investi en infrastructures là-bas en 130 ans. Et ça a grevé les comptes de la nation, les économistes étant d’accord pour dire que le retard français d’après-guerre (1945) par rapport aux pays d’Europe du Nord est dû aux investissements lourds, et pas toujours rentables, dans notre empire, en Algérie principalement.
En réalité, le serpent de mer des réparations cache un isolement croissant de l’Algérie sur la scène internationale, un pays qui se ferme au monde et dont la jeunesse n’a qu’une envie : partir. La France ne pourra pas éternellement servir de contrefeu au désastre économique et social algérien, qui avait tout en 1962, et qui a presque tout perdu, et si peu produit. Ce sont les Français qui ont mis en marche l’économie pétrolière, et c’est encore la France qui a acheté du gaz bien au-delà de son prix, ce qui est, avouons-le, un système réparatoire qui ne dit pas son nom.
Aujourd’hui, dans la CAN, l’Algérie pourra rencontrer non pas la France, mais le Maroc, pays organisateur, qui a le vent en poupe (avec Trump dans le dos). Heureusement que les peuples sont moins agressifs que leurs dirigeants.
« Les Marocains sont nos frères, les Tunisiens aussi. »
Les dirigeants sont une chose, les peuples en sont une autre.


et
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