Se joue actuellement le procès en appel des quatre personnes qui ont participé, de près ou de loin, au harcèlement du professeur en ligne, harcèlement qui a mené à son assassinat. L’assassin, lui, est mort, abattu par les policiers en 2020. Il s’agit des deux amis du terroriste, d’un parent d’élève (la fameuse collégienne de quatrième qui n’a pas assisté au fameux cours), et d’un prédicateur islamiste.
On commence par l’analyse linéaire du Figaro.
En première instance, ces quatre individus ont pris entre 13 et 16 ans ferme. La défense se fonde sur le retournement : Paty aurait fait preuve de discrimination envers ses élèves musulmans, le départ de feu selon les avocats des accusés. L’enseignant est donc accusé rétroactivement, post-mortem, d’islamophobie. Le Monde résume la réaction de la famille.
Face à ces accusations, la famille de Samuel Paty fait bloc. Parents, sœurs, nièce, ex-compagne sont venus rappeler « l’humanisme » du professeur assassiné. « Cela me dégoûte d’entendre tout ça. Nous n’accepterons jamais que Samuel soit traité d’islamophobe ou de raciste. Cette rumeur nous anéantit », dénonce sa mère. « Je vis un procès dans un procès comme toute ma famille », souligne l’une de ses sœurs, Mickaëlle Paty.
Ce que dit une des sœurs de Samuel, Gaëlle, est intéressant :
« La complexité ne lui faisait pas peur. C’est pour cela qu’il avait décidé de montrer les caricatures et d’éveiller ses élèves à l’esprit critique », détaille-t-elle. « Son cours était peut-être maladroit », mais « il voulait protéger » les élèves.
Protéger des élèves de 4e en leur montrant des caricatures volontairement islamophobes, c’est une défense maladroite. Des élèves de 4e n’ont pas le niveau pour juger d’une telle affaire, leur montrer ces caricatures, c’est presque de la pornographie. Ce n’est évidemment pas une raison pour mourir, ni une raison donnée à l’assassin.
La stratégie de l’avocat rencontre néanmoins une difficulté. Même les enseignants qui ont pu être en désaccord avec Samuel Paty ne jugent pas son cours discriminatoire. « Nous avions un désaccord sur un point de vue pédagogique (…). J’ai jugé que l’une des caricatures n’était pas appropriée pour des élèves de 4e », relève l’enseignante de lettres Sophie C. Mais Samuel Paty « n’avait pas l’intention de blesser ou d’attiser la haine. C’était tout le contraire. Il voulait engager des discussions », tempère-t-elle.
Des discussions politiques sur un sujet archi complexe avec des élèves de 4e ?
L’affaire Charlie est si complexe, que l’introduire brutalement dans une salle de classe peuplée d’ignorants, ne peut être que contre-productif. De là à imaginer une décapitation quelques jours après... D’ailleurs, pour dire la complexité de la chose, la plupart des journalistes (mainstream) ne l’ont pas comprise : elle remonte à un niveau qui n’est pas le leur, intellectuellement et idéologiquement parlant.
En invoquant et en montrant les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, l’enseignant commet une erreur sans le savoir : il fait entrer son cours dans la politique, et la politique brûlante, car Charlie Hebdo, sous la conduite d’un Philippe Val secondé par Caroline Fourest, est devenu un torchon sioniste islamophobe. On parle du Charlie de 2006, des caricatures reprises d’un journal danois, trois ans avant le départ de la paire maudite en 2009 : lui pour la direction de France Inter, elle pour la télé publique. Deux sacrées promotions, non ? Et décidées par qui ? Les deux descendront du train en marche, dont les freins auront été bloqués, train qui roule vers la catastrophe, six ans plus tard.
Fourest quitte Charlie en 2009, après le départ de P. Val à la direction de France Inter. Elle et F. Venner disent s’y sentir « à l’étroit », ne plus apprécier la « tradition “bête et méchante” qui refait surface à Charlie ».(Mediapart, 23 février 2017)
Samuel Paty, qui n’est évidemment pas responsable de son assassinat, fournit aux « islamistes » un argument de poids : il remet les caricatures, le prétexte pour l’élimination de l’équipe en 2015, sur le devant de la scène. Il s’est charbisé sans le savoir. Il se met une cible dans le dos selon la logique tordue des commanditaires de l’attentat de janvier 2015, qui ne sont évidemment pas dans les sables irako-syriens.
Il sera assassiné cinq ans après les douze de Charlie, en octobre 2020. Les caricatures diffusées servent donc les intérêts à la fois islamistes et sionistes, les deux étant mêlés, comme en Syrie depuis 2011 avec des djihadistes manipulés par les puissances occidentales et financés par les pétromonarchies pour éliminer Assad et son État, certes brutal, mais laïc et nationaliste. Charlie, Assad, Paty, c’est une même filiation terroriste.
Dix jours auparavant, Samuel Paty montre deux caricatures de Mahomet issues du journal satirique Charlie Hebdo lors d’un cours d’enseignement moral et civique sur la liberté d’expression avec ses élèves de quatrième (après avoir proposé aux élèves choqués de « sortir »). Cela provoque la colère de Brahim Chnina, père d’une élève de l’enseignant qui n’était pourtant pas présente au cours incriminé. Celui-ci, ainsi que le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, publient alors sur divers réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles ils insultent Samuel Paty. Son nom et l’adresse de l’établissement scolaire où il exerce y sont divulgués. Les vidéos ainsi diffusées prennent un aspect viral, suscitant de nombreux messages haineux à l’encontre de l’enseignant, jusqu’à la perpétration de l’assassinat. (Wikipédia)
Samuel Paty, comme les journalistes et dessinateurs de Charlie en 2015, est entré à son corps défendant dans une zone de turbulences contrôlée et brouillée par les services de différents pays, qui agissent masqués, et qui disposent d’exécutants pas forcément au courant de la véritable fonction de leurs officiers traitants.
On trouve toujours un candidat au djihad à exciter, dans ce milieu, surtout quand ça passe par le Net et les vidéos d’engagement, voire de sacrifice, à la gloire du califat. Sur ce sujet de l’embrigadement, Gilles Kepel a entièrement raison. L’entité américano-sioniste détecte et utilise ces territoriaux perdus de la république pour agir dans l’intérêt d’oligarchies qui ont besoin de la terreur pour imposer leurs vues, leur « sécurité », leur notion de la liberté surveillée, et leur définition des amis et des ennemis.
Montrer les caricatures du Prophète ne mène pas à la mort, mais ce blasphème est détourné par des forces très spéciales pour choquer la population et jeter l’opprobre sur tous les musulmans. C’est exactement ce qu’il s’est passé depuis 2015. Et ce n’est pas pour rien qu’en 2014 Manuel Valls, avant d’être récompensé par le poste de Premier ministre, a reçu ses ordres du pouvoir profond.
Donc Rothschild a demandé un entretien avec Epstein pour s’occuper du cas Dieudonné un mois avant que Manuel Valls ne déclare que Dieudo était l’ennemi public numéro un et interdise tous ses spectacles pic.twitter.com/q1QiAfgUcW
— JEAN AIMARRE 2 (@aimarre_2) February 2, 2026
Dieudonné ou Valls, qui est l’ennemi de la France ?
Vous avez quatre heures.


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