On va se confesser tout de suite : la très jolie femme sur la photo, ce n’est pas l’historienne Sophie Bessis, qui évoque la fabrication du concept fallacieux de judéo-christianisme, mais Laura Raim, la journaliste (franco-américaine) d’Arte qui présente le programme.
C’est un biais sexiste, oui, mais c’est plus fort que nous, c’est la faute de l’alpha. Laura parle exactement comme Agnès Jaoui, même intonation, même prononciation, mais elle est cent fois plus belle. Et brillante avec ça. Ça nous change de l’horrible Nadia Daam, horrible au sens intellectuel, qui se pavane sur les plateaux avec son egotrip sous forme de livre, dénué de toute thèse. Tenez, pour vous montrer qu’on ne raconte pas de conneries, un extrait de sa prose dans Match.
Avant d’écouter la thèse de Sophie Bessis, on va rester cinq minutes sur le patriarcat et le mâle alpha, puisque c’est lui qui est sur la sellette. C’est pour montrer que toutes les femmes, même les plus averties, ne sont pas contre un vrai mâle. Ici, après Nadia qui tortille du popo, Vivi fend l’armure féministe.
Que voilà une sortie courageuse, à contre-courant ! Ce n’est pas le cas de Maïa Mazaurette, qui tient à jour son body count (Thaïs lui expliquerait qu’elle détruit sa valeur sur le marché de l’amour), mais même mille mecs dans son lit ne feront pas d’elle une Laura Raim, une femme qui attire naturellement – donc sans parler de cul du matin au soir comme Maïa – les hommes. C’est cruel, oui, mais c’est ainsi. Admirons Maïa exécuter le malalfa.
Depuis les années 2010, l’intérêt pour les mâles alpha a doublé sur Google, avec une nette augmentation juste après la pandémie de Covid-19, et un pic en 2023, selon GoogleTrends. C’est le moment où des influenceurs ultraviolents, comme Andrew Tate, connaissent leur heure de gloire. Cette histoire-là se prolonge actuellement sur Instagram ou TikTok. Elle inspire des kilomètres de programmes mêlant coaching, fitness et nutrition – trois obsessions de gonzesse, si je peux me permettre cette perfide remarque. [...]
Bilan des courses : outre que le mâle alpha est une fiction, la plupart des conseils donnés par les promoteurs d’une masculinité « hardcore » sont contre-productifs en matière de séduction. Jouer les gros bourrins machos ne garantit pas le succès sexuel, encore moins quand on prend des stéroïdes, connus pour des effets secondaires tels que l’atrophie des testicules, la diminution des performances sexuelles ou la stérilité temporaire. Aller à la salle de sport, en revanche, peut se révéler utile – et excellent pour la santé.
Tout n’est pas faux, et c’est même parfois drôle, on pense aux « obsessions de gonzesse ». De plus, on imagine que la Maïa ne va pas se laisser choper sur Tinder par des crevettes déconstruites... Au fait, quel rapport entre le patriarcat et notre sujet ? Eh bien, c’est le matriarcat juif, mais qui ne l’a pas toujours été.
Pour illustrer le grand amour chrétien que portent certains rabbins, et l’indéfectible union judéo-chrétienne, on se tourne vers l’adorable rav Touitou.
Punaise, c’est Touitou ou Tue-tout ?
Laura à la confesse dans Libération (2 septembre 2025)
Pour la cinquième saison des Idées larges, qui démarre le 19 septembre, elle a choisi d’inviter l’historienne Sophie Bessis pour répondre à l’une des nombreuses questions qui la tracassent : « L’Occident est-il “judéo-chrétien” ? C’est vrai, pourquoi l’Occident judéo-chrétien soutient-il inconditionnellement Israël ? Nétanyahou se réclame de l’Europe. Le projet sioniste est européen. Theodor Herzl en parle comme tel. Quand on se demande : “Pourquoi l’Europe laisse-t-elle faire le génocide à Gaza ?”, peut-être qu’il y a là des clés de compréhension. »
Ne pas aborder le conflit israélo-palestinien « devenait insupportable, c’était l’éléphant dans la pièce ». Elle regrette seulement d’avoir attendu si longtemps pour y consacrer une émission. On lui demande si elle tient à ce que le terme « génocide » apparaisse dans cet article, elle n’hésite pas à dire « oui ». « C’est très intime, la judéité. Je sais cependant que je veux transmettre cet héritage. Pour la première fois, j’ai célébré Hanoukka avec mes enfants, je ne l’avais jamais fait de ma vie. Ma famille n’est ni pratiquante ni croyante. Simplement, je ne veux pas qu’Israël ait le monopole du judaïsme. Il y a deux ans, je leur ai dit : “Ecoutez, je vous le dis, vous êtes juifs, voilà. On va allumer des bougies !” Ils étaient contents, même s’il y a un côté artificiel. »
Bon ben, pour le coup, une vraie judéo-chrétienne !


et
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