Le surgissement d’Hamza La Douane dans l’actualité brûlante de la France caniculisée n’est pas un hasard. Ce petit Franco-Maghrébin divise parce qu’il est ambivalent : il y a en lui la racaille insupportable, l’ado qui emmerde les darons, et il y a aussi l’enfant espiègle, plein d’imagination, qui a tout compris aux réseaux et à la médiatisation. C’est un enfant du siècle.
Le bien et le mal en Hamza, comme en chacun de nous,
sauf que chez lui, c’est plus voyant !
On rejette sa délinquancitude (son attitude délinquante, mais il manque vraiment des mots en français, faut les fabriquer) mais on envie sa liberté, qui semble totale. La liberté de l’enfant fascine les adultes.
La liberté, c’est aussi ce qui chez le délinquant fascine les bourgeois, ou les normopathes. Le fait de se permettre plus de choses, et de choses interdites, fascine : pourquoi est-ce que lui fait ce qu’il veut, et pas moi ? Pourquoi est-ce qu’il pille, vole et viole, comme Gengis Khan, et pas moi ?
La liberté de La Douane aurait été un bon sujet pour le bac de philo. Son humour, sa créativité, la construction habile de sa propre personne publique !, sont le produit d’un enfant délinquant mal éduqué par son père, qui doit bien rigoler dans sa barbe.
Un enfant-roi, mais pas bobo
Comment faire France avec ça ? C’est la grande question. On sait, au fond de nous, que ceux qui vivent en France et la détestent sont en général des gens qui n’ont pas le niveau, qui sont fascinés par ce qui leur est supérieur, et auquel ils ne peuvent accéder, culturellement, économiquement, médiatiquement.
𝗭É𝗥𝗢 𝗠𝗘𝗥𝗖𝗜 : 𝗶𝗹𝘀 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝗲𝗽𝗮𝘀 𝗴𝗿𝗮𝘁𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘂𝗻 𝗱û !
Sur les ponts du métro, les bénévoles de Maraudes pour tous distribuent des repas gratuitement, principalement à des clandestins subsahariens et maghrébins. Le gars répète… pic.twitter.com/1s3mFC5dnZ— Rafael Sereti (@RafaelSereti) July 9, 2026
La haine de la France est souvent une haine du déclassé pour cette classe classieuse qui a quand même mis plus de mille ans à se construire, et à fonder une culture – presque une civilisation ! – spectaculaire. Que le monde nous envie encore, malgré vingt ans de destructions sarko-macroniennes.
Faire France avec des gens qui nous haïssent et qui nous ont été injectés de force (tout le monde ici a compris qui avait ouvert nos portes pour nous affaiblir), c’est une gageure, et c’est l’exploit, en cours, de la France éternelle. C’est, au fond, un défi chrétien : assimiler des haters, des jaloux, des pas-au-niveau. Faut dire les choses comme elles sont. On ne met pas dans ce sac ceux qui viennent en France parce qu’ils l’aiment ou l’admirent, évidemment.
Refaire France (grande à nouveau)
Certains disent que c’est impossible, qu’il faut une remigration (bonjour la difficulté, c’est 1962 puissance 10 dans l’autre sens), ce sont les identitaires ; d’autres disent que c’est possible, ce sont les gauchistes, qui n’aiment pas la France. Y a -t-il une troisième voie qui éviterait une guerre civile (par la droite) et une dissolution du pays (par la gauche) ? C’est tout notre travail.
Le Monde, après la victoire des Bleus contre les vaillants Marocains, a sorti un papier qui montre toute la gêne bourgeoise sur le sujet de l’assimilation, du racisme et de l’antiracisme. Comme souvent, l’article en dit plus sur la position malaisante du média que sur le sujet en question. La Pravda va tenter de nous démontrer, avec une maladresse de pachyderme, que le vivre-ensemble est possible, tout en nous montrant que c’est pas gagné. Il s’agit d’un reportage à Barbès, où un grand écran (qui n’a pas été volé) pour le match a été installé.
À l’angle de la rue Bervic et du boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement, au cœur du « Paris arabe », une petite foule s’agglutine, jeudi 9 juillet, devant les vitrines de l’Union de la jeunesse internationale, un lieu culturel hybride, chic et décontracté, très « Nouvelle France », installé dans les locaux de l’ancien grand magasin Tati. L’intérieur est bondé, mais de l’extérieur, on peut suivre le quart de finale France-Maroc de la Coupe du monde de football, sur un écran visible du trottoir. Maillots rouges, aux couleurs du drapeau du royaume chérifien, maillots bleus et même blancs ou verts aux couleurs de l’Algérie. Mais ces derniers ont choisi leur camp : ils soutiennent la France, « juste pour donner le seum aux Marocains », comme l’explique un vendeur de cigarettes de contrebande du métro Barbès-Rochechouart, qui refuse de donner même son prénom.
On sent que le concept de Nouvelle France va faire des heureux dans la presse gauchiste : ça permet de ne pas mettre arabe entre parenthèses, comme dans le début de l’article. Ouf, la chance ! On résume : les Marocains se tiennent bien, comprendre en creux que le problème, ce sont les Algériens en France. Mais la Pravda ne peut pas aller aussi loin, elle laisse comprendre. Comprendre que les Algériens sont des voleurs et ont des alliances à géométrie variable, on appelle ça de la duplicité.
Le racisme inconscient du Monde
Le papier est donc sournoisement raciste, et devrait être dénoncé par la LICRA ou SOS Racisme, la LDH et tout le train bien-pensant répressif. Ensuite, le reportage à Barbès s’applique à un Franco-Marocain, Bilel, qui se définit ainsi : « C’est ça notre culture. La tête ici, un pied là-bas. Un peu de luxe, un peu de harissa. » Pour changer des voleurs, pardon, des vendeurs à la sauvette, Le Monde a trouvé le couple idéal. On entraperçoit en passant toute l’impuissance ahurie de notre police... sauf il s’agit pas de fracasser les Gilets jaunes et tracasser les Français solvables.
Une touriste anglo-saxonne en pleurs explique à des policiers qu’elle s’est fait voler sa chaîne en or. Ils la regardent désolés et assourdis par les klaxons. Dounia et Saïd préfèrent s’éloigner sans traîner. Ils habitent une banlieue cossue de la capitale ; elle est cadre dans l’humanitaire et lui médecin. Saïd a fabriqué une cape faite d’une moitié de drapeau français et d’une autre de drapeau marocain : « L’avant-match était bien stressant, il fallait choisir un camp. J’ai fini par choisir de ne pas choisir. J’aime mes deux pays. Donc je ne pouvais pas être déçu ce soir. » Il n’y a qu’une chose qui a énervé Dounia : « Les Algériens, qui sont toujours contre la France, sauf quand elle joue contre le Maroc. »
Personne n’a dit que ce serait facile, mais on constate une chose, toujours la même : l’assimilation est plus facile quand on grimpe dans la société. On peut alors garder ses deux cultures sans que ce soit conflictuel, bien au contraire. On peut même parler d’enrichissement. Dans le cas contraire, il y a conflit, intérieur, puis, souvent, extérieur.
Conclusion : il n’y a que le développement, intellectuel ou économique, sinon les deux. Et à la base de ce développement, une seule chose, l’éducation. C’est là où on retombe sur le père d’Hamza. Son fils a un incroyable talent, mais ce talent risque d’être détruit par un défaut d’éducation. C’est la théorie du diamant non poli.










